L’IRD à la rescousse de la Tunisie pour l’aider à rattraper son retard dans l’innovation

Le programme Apis a été mis en place en 2021 dans le cadre de la coopération tuniso-française. (Photo, AFP)
Le programme Apis a été mis en place en 2021 dans le cadre de la coopération tuniso-française. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 12 avril 2023

L’IRD à la rescousse de la Tunisie pour l’aider à rattraper son retard dans l’innovation

  • Le programme Apis, mis en œuvre en Tunisie par l’IRD dans le cadre de la coopération scientifique tuniso-française, est arrivé à point nommé
  • Initié en 2021 et bouclé fin 2022, Apis a été développé «dans l’idée de favoriser et soutenir la recherche ouverte et l’innovation responsable tunisiennes»

TUNIS: Mis en place dans le cadre de la coopération tuniso-française pour favoriser «des innovations à bas coût issues de la recherche scientifique et répondant aux besoins des populations et respectent les principes du développement durable», le programme baptisé «Accompagnement et promotion d’une innovation scientifique en Tunisie» (Apis) a atteint ses objectifs, selon l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Ces dernières années, la Tunisie a reculé dans presque tous les domaines, y compris celui de la valorisation de l’innovation issue de la recherche. À titre d’exemple, elle est passée en 2022 de la 71e à la 73e place (sur 132) au Global Innovation Index de l’Organisation internationale de la propriété intellectuelle (Ompi). Le programme Apis, mis en œuvre en Tunisie par l’IRD dans le cadre de la coopération scientifique tuniso-française, est arrivé à point nommé pour aider à redresser cette situation.

Initié en 2021 et bouclé fin 2022, Apis a été développé «dans l’idée de favoriser et soutenir la recherche ouverte et l’innovation responsable tunisiennes». Il avait trois objectifs: «accompagner la politique publique de recherche et d’innovation pour qu’elle réponde mieux aux défis socio-économiques du pays, identifier les acteurs de l’innovation en Tunisie et favoriser la valorisation de connaissances nouvelles générées dans le cadre de la coopération scientifique franco-tunisienne», explique Mme Aude Mathieu, chargée de communication et culture scientifique à l’IRD.

 

Non seulement les projets continuent à être soutenus, à la fois par le département de valorisation de la recherche de l’IRD, par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique tunisien, mais des discussions sont en cours avec différents bailleurs «qui nous ont contactés après la clôture du projet», indique notre source, pour discuter de l’après-Apis.

 

Concrètement, cet organisme a œuvré pendant deux ans à favoriser «des innovations à bas coûts» (“innovations frugales”) issues de la recherche scientifique, qui répondent aux besoins des populations et respectent les principes du développement durable au service de l’adaptation ainsi que de la résilience de la Tunisie et de sa population aux changements globaux». 

Cette initiative a été réalisée à travers neuf projets de valorisation accompagnés, dont deux dans des secteurs aujourd’hui particulièrement problématiques en Tunisie: la gestion durable de l’eau en milieu rural et la valorisation des déchets produits par les activités agricoles.

Ayant fait le constat depuis de nombreuses années du «manque de lien entre la science et la société», l’IRD s’est attaché en particulier à y remédier à travers ces projets. Deux exemples illustrent les progrès réalisés: l’application smartphone Citrig, développée dans le cadre du projet Piloteau, qui permet aux producteurs d’agrumes du Cap-Bon de savoir quand et en quelle quantité ils doivent irriguer leurs vergers, et le projet Biofert-Live: la start-up Biointrants Technologie et l’Institut de l’Olivier travaillent au développement d’un fertilisant écologique qui permettra de produire des fruits et légumes de meilleure qualité pour la santé.  

À ce jour, aucun des projets n’a donné lieu à la présentation par les porteurs des projets du programme Apis d’une demande de brevet, mais «sept sur les neuf projets de recherche accompagnés [hors programmes multiacteurs] ont été identifiés comme susceptibles de générer des droits de propriété intellectuelle valorisable économiquement», assure Mme Mathieu, pour qui Apis «a atteint les objectifs qu’il s’était fixés». Ce bilan a d’ailleurs été validé par le bureau d’étude MBA Consulting, chargé d’évaluer ce programme. Et ce n’est peut-être pas fini.

Non seulement les projets continuent à être soutenus, à la fois par le département de valorisation de la recherche de l’IRD, par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique tunisien, mais des discussions sont en cours avec différents bailleurs «qui nous ont contactés après la clôture du projet», indique notre source, pour discuter de l’après-Apis.

 


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
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  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.


Netanyahu : l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire»

Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué
  • Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran

JERUSALEM: Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.

L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.

Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.

 

 

 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".