A Marseille, les huit habitants de l'immeuble effondré extraits des décombres et identifiés

Un pompier pulvérise de l'eau d'une fenêtre d'un immeuble voisin sur les décombres de la "rue Tivoli" un jour après l'effondrement d'un immeuble dans la rue, à Marseille, dans le sud de la France, le 10 avril 2023 (Photo, AFP)
Un pompier pulvérise de l'eau d'une fenêtre d'un immeuble voisin sur les décombres de la "rue Tivoli" un jour après l'effondrement d'un immeuble dans la rue, à Marseille, dans le sud de la France, le 10 avril 2023 (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 12 avril 2023

A Marseille, les huit habitants de l'immeuble effondré extraits des décombres et identifiés

  • Depuis dimanche, une centaine de marins-pompiers étaient à pied d’œuvre, 24 heures sur 24, pour retrouver les disparus, avec toujours l'espoir de retrouver des survivants
  • «Ce soir Marseille est en deuil. Huit de ses enfants sont morts. C’est un drame pour toute la ville», a réagi le maire de Marseille, Benoît Payan

MARSEILLE: Plus d'espoir à Marseille, où les deux derniers corps prisonniers des gravats de l'immeuble soufflé par une explosion dimanche ont été retrouvés mercredi, après quatre jours de recherches, portant à huit morts le bilan définitif de ce drame vraisemblablement dû à une fuite de gaz.

Dans un nouveau communiqué, la procureure de Marseille a égrené les noms et âges des nouvelles victimes identifiées: Marion Blox et Mickaël Lequeux, le couple de trentenaires du 2e étage ; Anna Sinapi et Jacky Morand, le couple d'octogénaires du rez-de-chaussée.

Ils rejoignent ainsi la liste des huit habitants de cet immeuble du 17 rue de Tivoli, dans le quartier animé du Camas, soufflé dimanche à 00h46, en plein cœur du week-end de Pâques.

Mardi, la police scientifique avait déjà pu identifier Nicole Gacon, 65 ans, qui vivait au rez-de-jardin ; Antoinietta Alaimo, épouse Vaccaro, 88 ans, habitante du premier étage ; et enfin Jacques et Anne-Marie Praxy, 74 ans tous les deux, le dernier couple du 3e étage.

Depuis dimanche, une centaine de marins-pompiers étaient à pied d’œuvre, 24 heures sur 24, pour retrouver les disparus, avec toujours l'espoir de retrouver des survivants, retirant plus de 1.000 m3 de gravats, avec la pince d'une grue d'abord, puis à la main, "centimètre par centimètre".

Dans la seule nuit de mardi à mercredi, 15 camions-bennes de gravats avaient encore été extraits, ont expliqué les marins-pompiers, en précisant qu'ils devaient maintenant procéder à "une action de consolidation d'urgence" des murs porteurs des bâtiments adjacents encore debout et qui menacent de s'effondrer, au 11 et 19 de la rue, "avec du béton projeté". Un 2e immeuble, au numéro 15, s'était déjà effondré, quelques heures après le numéro 17.

Cette situation de fragilité dans le quartier a entraîné l'évacuation de quelque 300 personnes, dont plusieurs familles.

"Ce soir Marseille est en deuil. Huit de ses enfants sont morts. C’est un drame pour toute la ville", a réagi le maire de Marseille, Benoît Payan, en annonçant que les opérations de déblaiement se poursuivraient jusqu'à jeudi soir.

Plainte contre X du fils d'une victime 

Du côté de l'enquête, le parquet de Marseille a également confirmé la plainte contre X pour homicide involontaire déposée par Bruno Sinapi, le fils de Mme Sinapi.

Dans un témoignage recueilli par France 2, il accusait nommément la voisine du premier étage, "une dame qui perdait la tête" et "avait des problèmes récurrents avec le gaz". Et il mettait en cause les services sociaux, qui, prévenus, n'auraient, selon lui, rien fait concernant le gaz.

Mardi, le parquet avait aussi souligné les "difficultés à se servir du matériel au gaz" de cette dame de 88 ans.

Du côté du Centre communal d'action sociale (CCAS) de la ville de Marseille, contacté par l'AFP, on confirme avoir été alerté par Anna Sinapi et Jacky Morand, "inquiets de l'isolement social de Mme Vaccaro". Et effectivement, une assistante sociale du service était venue chez elle, le 30 mars, en présence d'un bénévole des Petits frères des pauvres et de ses voisins du rez-de-chaussée.

"Il a alors été convenu de mettre en place une aide ménagère, ainsi que de prévoir des travaux dans sa salle de bain, pour des questions d'accessibilité. Mais la question du gaz n'a jamais été évoquée", insiste-t-on au CCAS.

Une certitude:  l'enquête judiciaire sur les origines du drame, ouverte pour homicides involontaires, privilégie toujours "l'hypothèse d'une explosion due au gaz ayant causé l'effondrement de l'immeuble", dans lequel ni les services de GRDF ni les marins-pompiers de Marseille n'ont "effectué d'intervention dans les six mois précédents cet événement", a précisé la procureure mercredi.

"Le mécanisme ayant conduit à cette explosion restera à déterminer à l'issue d'investigations et d'opérations d'expertises qui seront nécessairement longues et complexes", ajoute-t-elle.

Quant à l'exploitation des compteurs de gaz trouvés dans les décombres, notamment celui de Mme Vaccaro, elle est toujours en cours. Seuls les appartement du rez-de-chaussée et du premier étage étaient encore raccordés au gaz.

A la cicatrice de la rue d'Aubagne, où huit personnes avaient péri en 2018 dans l'effondrement d'un immeuble insalubre, s'ajoute donc cette nouvelle plaie, à quelques centaines de mètres à peine. Avec le même terrible bilan.


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.


Opération avec Audemars Piguet: Swatch dit à l'AFP avoir constaté des «problèmes» dans une vingtaine de magasins

L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
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  • A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.
  • Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis

ZURICH: L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi.

"Le jour du lancement, il y a eu des problèmes dans environ une vingtaine de magasins Swatch sur 220 dans le monde où Royal Pop a été lancée, car les files d’attente des personnes intéressées étaient extrêmement longues et l’organisation faite par certains centres commerciaux n’était pas suffisante pour contenir cette ruée", a indiqué le groupe suisse.

"La réaction à la collection Royal Pop dans le monde est phénoménale et la demande est immensément élevée", a ajouté le groupe horloger, qui compare le lancement de ce modèle avec Audemars Piguet à celui du modèle MoonSwatch en 2022, en partenariat avec Omega.

Avant l'ouverture samedi, de longues files d'attentes s'étaient formées durant la nuit devant les boutiques Swatch. L'affluence a viré au chaos à l'ouverture dans certaines villes, nécessitant l'intervention de la police et la fermeture immédiate de certains magasins.

"Comme pour le MoonSwatch, cela s'est quelque peu 'normalisé' après le jour du lancement", a précisé le groupe suisse, "surtout après que nous avons de nouveau communiqué que la collection Royal Pop serait disponible durant plusieurs mois".

Dans l'ouest de la région parisienne, au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), quelque 300 personnes, venues avant l'ouverture du magasin Swatch du centre commercial Westfield Parly 2, ont été dispersées samedi par la police à l'aide de gaz lacrymogène.

A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.

Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis.

Propriétaire de 16 marques, Swatch avait déjà lancé une coopération en 2022 avec Omega, une des marques de prestige du groupe. Devant son succès, l'entreprise avait renouvelé l'opération en 2023 avec Blancpain, autre marque du groupe, connue notamment pour ses montres de plongée.

Mais pour le modèle lancé samedi, la collaboration a lieu cette fois avec une marque externe au groupe, Audemars Piguet. Cette marque indépendante compte parmi les plus prestigieuse de l'horlogerie suisse.


En plein conflit au Moyen-Orient, le G7 Finances à Paris au chevet de l'économie mondiale

Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois. (AFP)
Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois. (AFP)
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  • A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales
  • "On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement"

PARIS: Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois.

"Je pense qu'aujourd'hui, on va montrer que le multilatéralisme, c'est utile et que ça fonctionne", a déclaré lundi matin aux journalistes le ministre français de l'Economie et des Finances Roland Lescure.

A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales, jusqu'à l’allié américain, devenu imprévisible sous Donald Trump.

Ce dernier, qui a de nouveau menacé l'Iran d'anéantissement dimanche, laisse entrevoir une reprise prochaine des frappes et la fin de la fragile trêve en vigueur depuis le 8 avril.

"On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement", a détaillé Roland Lescure.

"La manière dont la croissance mondiale, aujourd'hui, se déroule, est clairement insoutenable", a-t-il estimé. "Nous devons (...) nous engager les uns les autres pour faire en sorte qu'on retrouve un modèle de croissance plus soutenable".

Ormuz 

En haut des priorités des grands argentiers du G7: les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient et du blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, essentiel au transport d'hydrocarbures et d'engrais dont les cours ont bondi.

En réaction, le Fonds monétaire international (FMI) s'attend à une croissance mondiale plus modeste et une inflation plus élevée en 2026.

"Cette guerre nuit fortement au développement économique. C'est pourquoi tout doit être mis en œuvre pour y mettre un terme définitif, rétablir la stabilité dans la région et garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz", a déclaré dans un communiqué le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil.

"Le G7 est le cadre approprié pour discuter de ces enjeux urgents avec les Etats-Unis et les autres pays du G7", a-t-il ajouté.

Une nouvelle libération de stocks stratégiques de pétrole, comme celle décidée en mars, n'est toutefois pas à l'ordre du jour, selon Roland Lescure. Il s'est toutefois montré prêt à "discuter de ça" si nécessaire, "si jamais on arrive à ouvrir le détroit d'Ormuz" et que les navires mettent du temps à circuler de nouveau normalement.

Ces craintes inflationnistes ont engendré ces derniers jours un fort mouvement de vente des bons d'Etat, et donc de hausse des taux d'intérêt des dettes souveraines.

Interrogée à ce sujet en marge de l'ouverture du G7 Finances, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde s'est dite "toujours préoccupée, c'est mon job !"

Vulnérabilités et dépendances 

Les ministres tenteront aussi d'aplanir les désaccords sur le commerce international après l'imposition de surtaxes douanières par Washington.

Alors que ces déséquilibres alimentent les tensions commerciales, géopolitiques et financières, et compromettent la croissance mondiale, une reconnaissance commune de la situation serait déjà considérée comme une grande avancée par la présidence française.

Cette réunion du G7, qui rassemble aussi les gouverneurs de banques centrales des pays membres, intervient quelques jours après la visite de Donald Trump à Pékin.

Ce sommet n'a pas donné d'annonces majeures, les deux chefs d'Etat n'ayant pas discuté des droits de douane. Les deux premières puissances économiques mondiales ont conclu une trêve commerciale en octobre.

Parmi les autres sujets mis sur la table, seront abordés "les matériaux critiques, les terres rares", a dit Roland Lescure. "Les terres rares, c'est le chaînon manquant de l'électrification. (...) Si on n'a pas accès aux terres rares de manière indépendante, on va manquer ce chaînon."

Ces dernières années, les pays producteurs et transformateurs, Chine en tête, ont parfois restreint certaines exportations de ces composants essentiels pour des pans entiers de l'économie mondiale, ou profité de leur situation dominante pour influer sur les prix.

"Il faut qu'on fasse pour les matériaux critiques ce qu'on a fait sur l'énergie dans les années 1970", une cause commune, avait déclaré M. Lescure à la presse la semaine dernière.

Le ministre allemand met aussi l'accent sur la guerre en Ukraine: "Nous ne perdons pas de vue la brutale guerre d'agression de la Russie même si le monde a les yeux tournés vers le Moyen-Orient: le peuple d'Ukraine peut compter sur notre soutien" dans le financement de sa défense.