Retraites: promulgation éclair, Macron parlera lundi soir

Manifestations après que le Conseil constitutionnel français a approuvé les éléments clés de la réforme des retraites, à Nantes, dans l'ouest de la France, le 14 avril 2023 (Photo, AFP).
Manifestations après que le Conseil constitutionnel français a approuvé les éléments clés de la réforme des retraites, à Nantes, dans l'ouest de la France, le 14 avril 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 15 avril 2023

Retraites: promulgation éclair, Macron parlera lundi soir

  • L'Élysée a annoncé à la mi-journée que le chef de l'État s'adresserait aux Français lors d'une allocution lundi soir, a priori à 20H00
  • L'intersyndicale mise sur le traditionnel rendez-vous du 1er mai qu'elle souhaite transformer en «journée de mobilisation exceptionnelle et populaire» contre le cœur de la réforme, la retraite à 64 ans

PARIS: Emmanuel Macron s'adressera dès lundi aux Français, après la promulgation express de la réforme des retraites, qui a saisi syndicats et oppositions samedi et montré la volonté du président de relancer vite son deuxième quinquennat entravé par la crise sociale et politique.

La "loi du 14 avril 2023 de financement rectificative de la Sécurité sociale pour 2023", signée vendredi soir par le chef de l'État après la validation de l'essentiel de la réforme par le Conseil constitutionnel, a été publiée au Journal officiel très tôt samedi.

L'Élysée a annoncé à la mi-journée que le chef de l'État s'adresserait aux Français lors d'une allocution lundi soir, a priori à 20H00.

Emmanuel Macron s'exprimera "dans une logique d'apaisement", pour "faire le bilan" des trois mois de crise, et "regarder aussi ce qui a avancé à côté des retraites", a promis le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, citant la baisse du chômage et des impôts, l'augmentation du nombre d'apprentis, etc.

Mais refusant d'entrer dans l'"agenda" d'après-crise de l'exécutif, tous les syndicats ont fait part de leur "détermination" à poursuivre le combat contre le recul de l'âge légal à 64 ans. En commençant par décliner une invitation mardi à l'Élysée, reçue officiellement à l'heure où la loi était paraphée par le président.

Cette publication ultra-rapide, alors que l'intersyndicale unie depuis trois mois de contestation "avait demandé "solennellement" au président de "ne pas promulguer la loi", est "totalement honteuse", a dénoncé la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, évoquant "une radicalisation inquiétante du pouvoir".

"Depuis le début, le mépris renvoyé aux travailleurs aura été constant. Mais leur dignité dans la rue est plus forte", a réagi son homologue à la CFDT Laurent Berger, pour qui "la sagesse démocratique exigeait" d'attendre.

Un signe de "mépris" et d'une "fébrilité", a dénoncé de son côté le numéro un du PS Olivier Faure, qui a promis un "harcèlement démocratique" pour revenir sur les 64 ans. "C'est un hold-up démocratique", a renchéri l'insoumis François Ruffin.

"Absurde affichage d'arrogance", a tweeté Jean-Luc Mélenchon, tandis que des députés RN encourageaient à "utiliser le bulletin de vote" en 2027.

«Colère cheminote»

L'intersyndicale mise sur le traditionnel rendez-vous du 1er mai qu'elle souhaite transformer en "journée de mobilisation exceptionnelle et populaire" contre le cœur de la réforme, la retraite à 64 ans.

En attendant, les quatre syndicats représentatifs de la SNCF ont annoncé "une journée d'expression de la colère cheminote", dès jeudi.

Et la CGT a évoqué des actions à venir dans tous les secteurs jeudi ainsi que le 28 avril.

Renouer avec les syndicats ne sera pas chose aisée. "Il y aura du ressentiment, des cicatrices", glisse un proche.

Dans la rue, des manifestations ont accompagné de huées vendredi la validation partielle par le Conseil constitutionnel du texte, auquel il a seulement retranché quelques "cavaliers législatifs" tel l'index senior.

Des rassemblements se sont tenus à Paris, Lille, Toulouse, Strasbourg, Marseille ou encore Rennes, où notamment les portes d'un poste de police du centre-ville et du centre des congrès sis dans l'ancien couvent des Jacobins, ont été incendiées brièvement.

Jeudi, la 12e journée de mobilisation avait livré le deuxième plus faible score de mobilisation depuis le début du mouvement (380 000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur, 1,5 million selon la CGT).

Borne parle samedi 

Fragilisée depuis l'adoption de la réforme par 49.3 à l'Assemblée, Élisabeth Borne s'exprimera samedi après-midi, à l'occasion du Conseil national du parti présidentiel Renaissance à Paris.

Elle a fait part cette semaine des conclusions de ses consultations à Emmanuel Macron, qui l'avait chargée de trouver les voies pour "élargir la majorité". Sans résultat probant à ce stade.

Devant les cadres de Renaissance, Mme Borne pourrait livrer quelques pistes pour la suite... dont elle devrait rester un acteur. Mais avec les mêmes difficultés faute de majorité absolue.

Olivier Véran a confirmé samedi que le passage progressif de l'âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans commencerait bien dès septembre prochain, au rythme d'un trimestre par an. La réévaluation de certaines petites pensions de retraites sera lancée au même moment.

D'ici là, les oppositions promettent de ne pas désarmer. L'entrée en vigueur de la réforme "marquera la rupture définitive entre le peuple français et Emmanuel Macron", a prévenu Marine Le Pen.

Députés et sénateurs socialistes ont prévu de déposer un texte législatif demandant l'abrogation de la réforme des retraites.

Retraites: 3 gardes à vue, enquête ouverte après les heurts à Rennes

Trois hommes ont été placés en garde à vue après les heurts survenus vendredi soir dans le centre de Rennes lors d'une manifestation non autorisée en réaction à la validation de la réforme des retraites par le Conseil constitutionnel, a-t-on appris samedi auprès du parquet.

L'un des hommes est soupçonné de "violences sur personne dépositaire de l'autorité publique" et les deux autres de "destruction par moyens dangereux", en l'occurrence des feux de poubelles, a précisé à l'AFP le procureur de la République de Rennes, Philippe Astruc.

M. Astruc souligne que ces trois mesures de garde à vue ne sont pas liées à l'incendie, vendredi soir par des manifestants près de la place Sainte-Anne, de la façade d'un poste de police et de la porte d'un ancien couvent reconverti en centre de congrès.

A la suite de ce que le procureur qualifie de "graves événements", le parquet a saisi la direction territoriale de la police judiciaire de Rennes pour "dégradation par incendie" de ces deux bâtiments, "sous la qualification de dégradation par moyen dangereux et association de malfaiteurs".

La peine encourue pour de tels délits est de dix ans d'emprisonnement, précise M. Astruc.

Le poste de police, vide au moment des faits, a été incendié au moyen notamment de poubelles enflammées. Les flammes ont été éteintes au bout de quelques minutes après l'intervention d'un canon à eau de la police, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Quelques minutes plus tard, peu avant 22H00, les manifestants avaient mis le feu à la porte du Couvent des Jacobins, un ancien édifice religieux reconverti en centre des congrès. Le début d'incendie a également été maîtrisé rapidement avec l'intervention du canon à eau.

"Les dégradations et attaques ce soir à Rennes contre un commissariat et le Couvent des Jacobins, par des casseurs déterminés à en découdre, sont inacceptables", avait réagi sur Twitter le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. "Les auteurs seront poursuivis".

Une nouvelle manifestation contre la réforme des retraites est prévue samedi après-midi à Rennes.


Sophie Adenot, "une fierté française" et "un horizon pour les petites filles", selon Macron

Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
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  • Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace, lors d’une opération de maintenance de l’ISS
  • Emmanuel Macron et plusieurs responsables politiques ont salué cet exploit comme une « fierté française » et une journée historique

PARIS: Le président Emmanuel Macron a salué mardi la sortie dans l'espace de Sophie Adenot, qualifiant l'événement de "fierté française" et voyant dans l'astronaute "le visage de tous les possibles".

"En devenant la première Française à sortir dans l'espace, Sophie Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini", a-t-il écrit sur X, parlant de "l'heure des pionnières".

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées comme Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, qui a félicité sur X l'astronaute et colonel de l'armée de l'air dont la sortie marque une "journée historique".

Plus tôt dans la journée, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué les "savoir-faire collectifs de haut niveau" nécessaires à l'opération, et le rôle de la France: "première nation spatiale européenne".

"Immense fierté", a simplement commenté Bruno Retailleau, le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle.

Sophie Adenot, en mission dans la Station spatiale internationale (ISS), est devenue mardi la première astronaute française à sortir dans l'espace pour réaliser une opération délicate visant à remplacer une antenne de communication entre l'ISS et la Terre.


La question des retraites se (ré)invite dans la rentrée politique

Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
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  • Les retraites s’imposent au cœur de la campagne présidentielle, avec des propositions allant d’un recul de l’âge légal à 65-67 ans à son maintien ou sa baisse
  • Le gouvernement envisage aussi de limiter la revalorisation des pensions des retraités les plus aisés pour réaliser des économies budgétaires

PARIS: Report de l'âge de départ à la retraite ou pas ? Jusqu'à 67 ans ? Plutôt des économies sur les pensions des plus aisés ? Les retraites se sont imposées ces derniers jours comme le premier thème d'une rentrée politique cruciale dans la perspective de la présidentielle.

Alors que le président Emmanuel Macron a dû suspendre sa réforme des retraites pour maintenir une certaine stabilité gouvernementale en fin de deuxième quinquennat, ce sujet explosif a été plus ou moins explicitement confié aux bons soins du futur locataire de l'Élysée.

Tous les candidats déclarés à l'élection d'avril et mai prochains ont un projet de réforme ou y travaillent.

- "Différences" -

Parmi eux, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui n'avait pu mener à bien à Matignon la première réforme des retraites voulue par le chef de l'État - par points et avec une augmentation de l'âge pivot - en 2020, en raison du Covid, défend un report de l'âge légal au delà des 64 ans votés en 2024 et suspendus depuis.

Pour maintenir l'équilibre financier du système, "la seule solution raisonnable est d'allonger la durée de vie active en repoussant l'âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans", avait déclaré le maire du Havre en septembre 2021.

Comprise comme un projet de report à 67 ans, soit presque cinq ans de plus qu'à l'heure actuelle, la mesure colle à Édouard Philippe comme l'emblème d'un programme qu'il n'a pas encore présenté.

Lundi, en annonçant qu'il soutiendrait le maire du Havre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a affirmé qu'il espérait "le convaincre" de revenir sur cette mesure impopulaire.

- "Réflexion" -

La question des retraites s'est également imposée dans les discussions au sein du camp de l'actuelle favorite des sondages, Marine Le Pen.

Allié du Rassemblement national depuis les législatives anticipées de 2024, Éric Ciotti (UDR) a espéré dimanche "une évolution" du RN sur le relèvement de l'âge légal de départ.

Pour lui, non seulement "il faudra travailler plus longtemps" mais il souhaite aussi "ajouter un étage de capitalisation" au système actuel par répartition.

Or Marine Le Pen défendait encore avant l'été un retour aux 62 ans, voire 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, et ouvrait seulement la porte à une part de capitalisation "volontaire".

Une ligne qui ne convainc pas non plus le président du parti Jordan Bardella, dont les positions sur le sujet étaient plus proches de celles de l'UDR.

"Je sais que c'est un sujet qui, chez eux, est en cours de réflexion et qui, je l'espère, marquera une évolution par rapport aux positions passées", a affirmé Éric Ciotti.

- "Tous les retraités"-

Quant au gouvernement, plongé dans l'élaboration d'un budget 2027 dont l'adoption s'annonce plus que délicate dans une Assemblée fracturée à quelques mois de l'échéance présidentielle, il a relancé l'idée d'un gel partiel des pensions pour les plus aisés afin de freiner les dépenses.

S'il a promis de "préserver les retraités les plus modestes", le ministre des Finances Roland Lescure touche à un sujet sensible, sur lequel nombre de ses prédécesseurs se sont cassé les dents.

Les retraités votant davantage que les actifs, la question d'une moindre revalorisation des pensions est systématiquement rejetée par tous les camps politiques d'opposition.

Cette mesure de désindexation pourrait faire économiser plusieurs milliards d'euros, selon les modalités retenues. Reste à savoir quel seuil de pension serait défini et si l'opposition parlementaire laisserait passer cette nouvelle tentative.

Pas du côté de La France insoumise en tout cas. "Le gouvernement nous dit qu'on peut faire 6 milliards d'euros d'économies", a pesté mardi le député Manuel Bompard. "Si vous décidez de ne pas indexer la pension de retraite des personnes qui gagnent plus de 2.500 euros nets de retraite, vous avez une recette à peu près de 1,5 milliard d'euros", a-t-il argué, alertant sur une mesure qui toucherait en réalité "tous les retraités".


Canicule: vigilance orange levée dans les six derniers départements concernés

Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
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  • Les six derniers départements en vigilance orange canicule repassent au jaune, mettant fin au 5e épisode caniculaire depuis mai
  • Encore chaud mercredi, le temps se rafraîchira nettement jeudi avec pluies et orages

PARIS: Les six derniers départements en vigilance orange canicule (Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Var et Vaucluse) sont redescendus en jaune mardi matin, a indiqué Météo-France dans son bulletin de 06H00, marquant ainsi la fin du cinquième épisode caniculaire depuis mai.

"Sur la plupart des départements de la région PACA, sur la Corse ainsi que sur les départements rhodaniens, les conditions caniculaires caractérisées par la vigilance orange +Canicule+ auront duré environ trois semaines", précise l'institut météorologique.

"Cet après-midi de mardi sera encore chaude avec souvent de 34 à 37°C avant une nuit de mardi à mercredi plus fraîche que la précédente hors zones littorales", indique Météo-France dans son dernier point.

"L'après-midi de mercredi sera encore chaude avant une nette baisse des températures jeudi s'accompagnant d'une dégradation pluvieuse et orageuse", prévoit encore l'organisme.