Salesforce achète Slack et se relance dans la course contre Microsoft

Salesforce, le spécialiste des technologies de relation client, s'est offert Slack pour près de 28 milliards de dollars (Photo, AFP)
Salesforce, le spécialiste des technologies de relation client, s'est offert Slack pour près de 28 milliards de dollars (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 02 décembre 2020

Salesforce achète Slack et se relance dans la course contre Microsoft

  • «Nous sommes faits l'un pour l'autre» a déclaré Marc Benioff, le PDG et fondateur de Salesforce
  • Ce rachat est surtout le moyen de rester dans la course face à Microsoft, qui domine avec Amazon le cloud mondial

SAN FRANCISCO : Salesforce, le spécialiste des technologies de relation client, s'est offert Slack pour près de 28 milliards de dollars, une acquisition qui le place en meilleure position pour concurrencer Microsoft, mais ne le dispensera sans doute pas d'autres investissements s'il veut faire de l'ombre au géant informatique.

C'est le plus gros rachat de l'histoire du groupe fondé en 1999. La transaction, en numéraire et actions, valorise la messagerie d'entreprise à 27,7 milliards de dollars, selon un communiqué publié mardi.

« Nous sommes faits l'un pour l'autre » a déclaré Marc Benioff, le PDG et fondateur de Salesforce. « Ensemble, nous allons façonner le futur des logiciels d'entreprises et transformer la façon de travailler dans le monde du tout numérique ».

Marc Benioff a fait de sa société une référence des logiciels de gestion pour les entreprises, et aussi un monument de San Francisco, la tour Salesforce étant le plus haut gratte-ciel de la ville aux portes de la Silicon Valley.

L'homme d'affaires, qui a racheté en 2018 le célèbre magazine américain Time, est aussi connu pour sa vision - devenue banale - de la plateforme en tant que service sur abonnement. 

« J'ai regardé Slack grandir depuis six ans. Pour être honnête, ils me rappellent une autre super entreprise: Salesforce ! », a-t-il raconté pendant une conférence aux analystes mardi. « Je les vois par la fenêtre, ils sont juste à côté, on se fait coucou avec Stewart » Butterfield, le patron de Slack.

Maintenant ou jamais

Slack propose une plateforme avec des outils pour collaborer en ligne sur des projets entre collègues. La société cotée depuis juin 2019 a bien profité de la montée en flèche du télétravail.

Salesforce compte intégrer la technologie de Slack dans son propre logiciel, utilisé par les équipes de ventes et de marketing de nombreuses grandes entreprises dans le monde.

Ce rachat est surtout le moyen de rester dans la course face à Microsoft, qui domine avec Amazon le cloud mondial (informatique à distance) et dont les services numériques pour les sociétés (le cloud Azure, les outils d'Office 365 et la messagerie Teams) ont aussi le vent en poupe grâce à la pandémie.

« Malgré la compétition ardue de Microsoft, Slack est clairement un succès », a noté l'analyste Dan Ives de Wedbush. « Si Salesforce veut s'étendre au-delà de sa mine d'or des départements de ventes et marketing des entreprises, c'était maintenant ou jamais. C'est un véritable coup de semonce pour Microsoft ».

Salesforce domine largement le marché des logiciels de gestion de la relation client. Mais Microsoft lui a damé le pion en rachetant le réseau professionnel LinkedIn et se partage le secteur de la bureautique avec Google (Outlook versus Gmail, par exemple).

Le groupe a connu une forte croissance ces dernières années, récemment renforcée par les mesures sanitaires et les confinements, qui ont accéléré la transition numérique des entreprises. Salesforce, qui vaut près de 220 milliards de dollars, a dépassé IBM en capitalisation boursière fin 2018, et Oracle en juin dernier.

Longueur de retard

Il vient de réaliser un trimestre « record », selon son emphatique patron, avec 5,4 milliards de chiffre d'affaires engrangé d'août à octobre (+20% sur un an), pour 1,1 milliard de bénéfice net. « Aucune autre entreprise de logiciel ne croît à cette vitesse », a répété Marc Benioff. 

En 2019, Salesforce a acquis Tableau Software, une société spécialisée dans l'analyse de mégadonnées (big data), pour une valeur de 15,7 milliards de dollars.

Et ce n'est pas fini, selon l'analyste Patrick Moorhead. « Salesforce cherche maintenant à concurrencer Microsoft sur un nouveau terrain, celui de la collaboration en ligne. Cela ne va pas être facile et cela pourrait nécessiter des investissements supplémentaires dans la vidéo et la productivité individuelle ».

« Je ne pense pas que les clients de Microsoft vont abandonner Teams et le remplacer par Slack. Ou alors ils l'auraient fait quand Micorsoft était plus vulnérable », a-t-il ajouté.

En juillet, Slack a déposé une plainte pour concurrence déloyale devant la Commission européenne contre Microsoft, l'accusant de forcer la main des utilisateurs de ses outils Office en leur imposant la messagerie Teams.

« Avec le Covid-19, le marché a porté Teams à des niveaux records tandis que Slack a souffert de son absence de visioconférence », avait rétorqué un porte-parole du groupe de Seattle.

Slack a vu ses revenus progresser de 49% sur un an pour les mois de mai, juin et juillet, à 216 millions de dollars, et a nettement réduit ses pertes à seulement 68 millions. 


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.