Liban: le candidat du Hezbollah à la présidence s’entretient avec le patriarche maronite

Les leaders chrétiens libanais Sleiman Frangié (à gauche) et Samir Geagea (à droite) se serrent la main lors d’une rencontre parrainée par le patriarche Bechara Boutros Rahi à Bkerké, au Liban, le 14 novembre 2018. (Archive/Reuters)
Les leaders chrétiens libanais Sleiman Frangié (à gauche) et Samir Geagea (à droite) se serrent la main lors d’une rencontre parrainée par le patriarche Bechara Boutros Rahi à Bkerké, au Liban, le 14 novembre 2018. (Archive/Reuters)
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Publié le Mercredi 19 avril 2023

Liban: le candidat du Hezbollah à la présidence s’entretient avec le patriarche maronite

  • «Les développements régionaux se répercuteront sur le Liban d’une manière ou d’une autre», a déclaré Sleiman Frangié
  • Le vide présentiel plane sur le pays du Cèdre depuis que le mandat de l’ancien président Michel Aoun s’est achevé, à la fin du mois d’octobre

BEYROUTH: Sleiman Frangié, le candidat du Hezbollah à l’élection présidentielle du Liban, a souligné mardi que «les développements régionaux se répercuteront sur le Liban d’une manière ou d’une autre».

Il a précisé que le pouvoir ne l’intéressait pas. S’il est élu président, ce sera pour laisser son empreinte sur l’histoire du pays.

En effet, le vide présentiel plane sur le pays du Cèdre depuis que le mandat de l’ancien président Michel Aoun s’est achevé, à la fin du mois d’octobre.

Lors d’une visite surprise au patriarche maronite, Bechara Boutros Rahi, à Bkerké, M. Frangié a fait sa première déclaration depuis que le Hezbollah s’est engagé à le soutenir dans sa candidature.

Allié du régime syrien et proche du président Bachar al-Assad, M. Frangié a qualifié l’entretien avec le cardinal Rahi d’«extrêmement honnête et franc».

Selon lui, il ne faut pas «rester à l’écart du mouvement de règlement des conflits qui s’opère dans la région comme ce fut le cas en 1989 et 1990. À l’époque, certains politiciens se sont abstenus de prendre part à ce processus; les chrétiens ont payé le prix de cette décision».

Au sujet de sa visite en France, M. Frangié a précisé qu’elle lui avait permis de s’entretenir avec des responsables qui ont joué un rôle de médiateur dans la crise libanaise. D’après lui, elle a permis de soulever une série de questions et a ouvert le débat sur de nombreux sujets.

Il a ajouté: «J’ai répondu à certaines questions au sujet du soutien aux réformes et les relations avec le Fonds monétaire international [FMI] – qui entretient des contacts avec l’Arabie saoudite. J’ai répondu aux Français qu’il allait de soi que j’étais en faveur des réformes et de l’accord avec le FMI et que je soutiens tout gouvernement qui les mettra en œuvre.»

«Je n’ai entendu de veto contre moi que dans les médias libanais, et pas de la part de l’Arabie, de ses amis ou alliés!», s’est exclamé M. Frangié.

«Je suis prêt à engager un dialogue avec toutes les parties. Nous devons intégrer le mouvement de règlement des conflits qui se dessine dans la région», a-t-il ajouté. «J’appelle tous les politiciens à comprendre de quelle manière les choses évoluent. Nous souhaitons le meilleur aux Arabes et à l’Arabie saoudite.»

«Je suis né dans une famille panarabe. Je n’ai jamais nourri la moindre hostilité à l’égard d’un pays ami du Liban, en particulier l’Arabie saoudite», a-t-il précisé. «Nous souhaitons le meilleur pour les Arabes et nous refusons que les pays arabes soient agressés par qui que ce soit.»

Au sujet de ses relations avec Bachar al-Assad et le Hezbollah, M. Frangié a déclaré qu’elles avaient profité à l’ensemble du pays. Il a en outre fait savoir que le dossier des réfugiés syriens était abordé de manière à faciliter leur retour en Syrie.

Il a souligné que «la Syrie n’a jamais entravé le retour des réfugiés syriens, mais que c’est l’Europe et l’Occident qui s’y sont opposés», faisant remarquer que «le président Al-Assad ne s’est jamais opposé à ce retour».

Sleiman Frangié s’est dit «prêt à discuter d’une stratégie de défense qui sert les intérêts du Liban et dissipe les inquiétudes».

Leader du parti de la Brigade Marada, M. Frangié a été élu député en 1991. Il était à l’époque le plus jeune membre du Parlement. Il a ensuite été élu pour trois mandats successifs en 1992, 1996 et 2000.

Sleiman Frangié (57 ans) a déjà été nommé ministre à plusieurs reprises. En 1996, il a été ministre de la Santé dans le cabinet de Rafic Hariri. Son grand-père est feu le président Sleiman Frangié, et son père est l’ancien député et ministre Tony Frangié.


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

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  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".


Plus de 200.000 personnes sont parties du Liban vers la Syrie depuis le début de la guerre 

Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • "Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie
  • "Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR

GENEVE: Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels", a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.

"Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain", a-t-elle ajouté, précisant que "la grande majorité" de ces personnes, soit "près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau".

"Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar al-Assad en 2011.

Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.

Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait "un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes".

"Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie", a ajouté Mme al-Madaien.


Israël occupera une partie du sud du Liban après la guerre, déclare son ministre de la Défense

 Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
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  • "Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties"
  • "Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza"

JERUSALEM: Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz.

"A la fin de cette opération, Tsahal (l'armé israélienne, NDLR) s'installera dans une zone de sécurité à l'intérieur du Liban, sur une ligne défensive contre les missiles antichars, et maintiendra le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu'au Litani", fleuve qui s'écoule à une trentaine de kilomètres au nord de la ligne de démarcation entre Israël et le Liban, a déclaré M. Katz, dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties", a ajouté M. Katz.

"Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza, afin d'éliminer une fois pour toutes les menaces le long de la frontière qui pèsent sur les habitants du nord", a encore ajouté M. Katz en référence à deux villes de la bande de Gaza dévastées par les opérations militaires d'Israël dans sa guerre contre le Hamas après le 7 octobre 2023.

Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars du mouvement islamiste Hezbollah contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit.

Depuis lors, les frappes israéliennes massives sur le pays du Cèdre ont tué plus de 1.200 personnes et en ont blessé plus de 3.600, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. L'armée israélienne affirme elle avoir éliminé "850 terroristes" au Liban.

M. Katz ne cesse de multiplier les déclarations martiales à l'encontre du Liban et des Libanais.

Dimanche, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué lui avoir écrit pour exprimer ses "vives préoccupations concernant (des propos tenus récemment par des responsables israéliens) qui sapent le respect du droit international humanitaire" et dénotent selon elle une volonté de s'y soustraire.

Dans une copie de la lettre publiée par HRW, cette dernière lui reproche nommément ses propos du 16 mars, dans lesquels il menaçait déjà d'empêcher le retour des personnes ayant fui la région au sud du Litani.

"Utiliser le refus du retour des civils comme outil de négociation constitue un déplacement forcé, ce qui est interdit par les lois de la guerre et peut constituer un crime de guerre", écrit l'ONG.

Depuis le 2 mars, le Hezbollah a tiré "entre 4.000 et 5.000 roquettes, drones et missiles, ainsi que des mortiers (...) en direction d'Israël, certains en direction de nos troupes, d'autres vers des communautés civiles", a déclaré mardi le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne.