Le soutien propalestinien porte partiellement préjudice à la réélection de Marie Newman

Marie Newman, membre du Congrès de l'Illinois, présente sur cette photo lors d'un rassemblement d'Américains d'origine arabe, s'est attiré les foudres de l'establishment du parti en raison de sa position ferme contre les atrocités commises par le gouvernement israélien et en faveur d'un système d'assurance maladie pour tous. (Photo fournie)
Marie Newman, membre du Congrès de l'Illinois, présente sur cette photo lors d'un rassemblement d'Américains d'origine arabe, s'est attiré les foudres de l'establishment du parti en raison de sa position ferme contre les atrocités commises par le gouvernement israélien et en faveur d'un système d'assurance maladie pour tous. (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 21 avril 2023

Le soutien propalestinien porte partiellement préjudice à la réélection de Marie Newman

  • Dans un entretien accordé à Arab News, Marie Newman déclare que «certains dirigeants» du Parti démocrate l’avaient prise pour cible dans le cadre d’un redécoupage électoral
  • Marie Newman affirme qu’elle ne peut rester passive devant «la méchanceté et la haine dont est capable le gouvernement israélien»

CHICAGO: L’ancienne membre du Congrès Marie Newman – l’une des membres les plus proarabes et propalestiniens du Congrès – n’a pas été réélue l’année dernière en partie pour avoir critiqué le gouvernement israélien, mais aussi parce qu’elle s’est battue pour protéger les besoins en matière de soins de santé et qu’elle s’est opposée à l’influence croissante des comités d’action politique sur les élections.

Élue au Congrès en novembre 2020, elle n’a exercé ses fonctions que pendant un seul mandat. Elle représentait la 3e circonscription de l’Illinois, qui, selon une analyse du New York Times, compte l’une des plus fortes concentrations d’électeurs palestiniens et arabes.

Dans un entretien accordé à Arab News, Mme Newman déclare que «certains dirigeants» du Parti démocrate l’avaient prise pour cible dans le cadre d’un redécoupage électoral, la forçant à affronter un candidat plus haut placé au Congrès, Sean Casten, dans le 6e district nouvellement dessiné, ce qui a affaibli le soutien des électeurs palestiniens, arabes et musulmans.

«Le district a radicalement changé. Il ne nous restait que 40% de la circonscription. Les manigances politiques typiques de l’Illinois se poursuivent sans cesse, mais impossible de s’apitoyer sur son sort à ce sujet. Il faut vivre avec. Je pense que j’ai été franche sur quelques sujets que l’establishment du parti n’apprécie pas en général dans le pays», soutient-elle, notant que 20 à 25% des électeurs de l’ancien 3e district étaient arabes, musulmans et sud-asiatiques.

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Sur cette photo en date du 12 novembre 2020, la représentante Marie Newman arrive au quartier de Capitol Hill à Washington. (Images Getty /AFP)

«J’ai été très franche en m’opposant aux fonds accordés par les comités d’action politique et les entreprises, ainsi qu’à l’influence de ces dernières, ce qui a attisé la colère du parti. J’étais également très franche au sujet de l’assurance maladie pour tous. La raison pour laquelle nous n’avons pas tous de couverture médicale, c’est que nos politiciens acceptent l’argent des soins de santé, de l’industrie pharmaceutique et de tout ce qui y a trait. Un autre domaine sur lequel je me suis beaucoup exprimé est celui des droits humanitaires, parmi les habitants de ma circonscription. Cela leur tient véritablement à cœur. Et j'ajouterais qu'il n'y avait pas que les Palestiniens, les Arabes, les musulmans américains et les Américains d'Asie du Sud qui se sentaient concernés par ce sujet.»

Au cours de son unique mandat de deux ans, Marie Newman a présenté de nombreux projets de loi soutenant la communauté palestinienne et arabo-américaine et elle en a coparrainé plusieurs qui critiquaient le gouvernement israélien.

Elle a mené le combat avec le membre du Congrès du Wisconsin, Mark Pocan, pour mettre en lumière les démolitions de maisons et les expulsions de Palestiniens par Israël du quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem-Est en mai 2021, auquel trente membres du Congrès ont adhéré.

Elle a également soutenu le blocage d’un financement américain supplémentaire pour le «Dôme de fer», elle a critiqué le ciblage par Israël d’enfants palestiniens lors de raids et d’opérations militaires et elle a approuvé la reconnaissance du mot «Nakba» («catastrophe» en arabe) qui commémore la décision de l’Organisation des nations unies (ONU) de séparer la Palestine en deux États, plutôt qu’en un seul État démocratique unique pour les chrétiens, les musulmans et les juifs.

En conséquence, elle a souvent été attaquée par des militants pro-israéliens, des membres de droite du Congrès et même des membres du Parti démocrate, qui l'ont qualifiée d'«antisémite» parce qu’elle contestait les politiques du gouvernement israélien.

«Je n’ai jamais fait preuve d’antisémitisme ou encore rabaissé les juifs ou les citoyens israéliens. J’ai critiqué le gouvernement israélien et j’ai été très claire là-dessus», souligne Mme Newman à Arab News.

«Le vrai problème, c’est qu’il y a des gens qui ne m’aiment pas parce que je suis contre la manipulation des politiciens ou des élections par les entreprises commerciales. J’étais très attachée à l’assurance maladie pour tous et à d’autres questions d’équité économique. Il y a énormément de problèmes, dont l’allégement de la dette étudiante, entre autres.»

Elle est fière de sa position sur les droits des Palestiniens, des Arabes et des musulmans, et de son attitude critique vis-à-vis du gouvernement israélien. «En ce qui concerne les droits humanitaires, j’ai donné haut et fort mon avis. Soyons clairs sur ce qui se passe réellement sur le terrain et sur les actes du gouvernement israélien. Ce qu’ils (les démocrates établis et manipulés par les entreprises) me reprochent, c’est que j’ai un mari juif. J’ai des enfants juifs. Ils ne pouvaient pas me traiter d’“antisémite”. C’était un problème pour eux.»

Elle affirme que lorsqu’elle était accusée à tort d’être antisémite, «ils s’en allaient, penauds. Je ne l'acceptais pas et je ne voulais pas que cela se produise. Cela a arrêté énormément de gens et ils ne le font plus autant qu'avant.»

Elle déclare que sa position en faveur des droits des Palestiniens, des Arabes et des musulmans était essentielle dans l’opposition à laquelle elle a fait face et qui l’a empêchée d’être réélue lors des élections du 28 juin 2022 face au candidat démocrate, Sean Casten.

«Je pense que le fait que je me sois exprimée avec force au nom des Américains arabes, des musulmans et des Américains d'origine sud-asiatique a joué un rôle important», explique-t-elle.

«Ils (ses détracteurs) n’ont pas apprécié mes positions à ce sujet et je pense que cela les a irrités. Il y a beaucoup d’enjeux qu’ils n’aiment pas.»

Elle ajoute: «La première fois que j’ai commencé à parler de l’argent des entreprises et des conditions en Palestine et en Israël, je me souviens avoir reçu plusieurs appels téléphoniques, pas seulement de donateurs, mais d’autres élus… il s’agissait d’avertissements, de menaces.»

L’Américaine d’origine palestinienne Shadin Maali, ancienne directrice des affaires du district de Marie Newman pour la 3e circonscription du Congrès, soutient que Mme Newman était une «voix active» en faveur des droits humanitaires pour tous, y compris les Palestiniens, les Arabes et les musulmans, aux États-Unis.

«La députée Newman a tendu la main à notre communauté comme aucun autre dirigeant élu ne l’avait fait dans le passé, afin de comprendre nos problèmes et de représenter équitablement le district sur toutes les questions, en particulier les droits de l’homme à l’intérieur de nos frontières et à l’étranger lorsqu’elle était au Congrès», précise Mme Shadin, qui occupe actuellement le poste de directrice principale de la croissance et des opérations pour EmgageUSA, une coalition d’organisations pour l’autonomisation des musulmans.

«La 3e circonscription disposait de la plus grande circonscription palestinienne du pays avant sa division. Marie Newman a été la première à tendre la main de manière très positive à la communauté et à assister à tous les événements.»

Être une femme l’a rendue vulnérable dans le milieu politique américain, indique-t-elle, avant d’ajouter: «Je vais le dire très clairement. Les hommes blancs de plus de 50 ans avec beaucoup d’argent ont toujours le dernier mot.»

Mais Mme Newman affirme qu’elle ne pouvait rester passive devant «la méchanceté et la haine dont est capable le gouvernement israélien». «Je ne crois pas du tout que le peuple israélien soit comme ça. Je ne crois pas du tout que le peuple juif soit ainsi. Selon moi, je pense que nous ferions mieux de comprendre que notre réputation est en danger lorsque nous ne prêtons pas attention aux droits humanitaires.»

Dans le cadre du redécoupage électoral, l’ancienne 3e circonscription du Congrès a été divisée en cinq circonscriptions, affaiblissant la cohésion politique de la communauté palestinienne, arabe et musulmane.

Certaines parties de l’ancienne 3e circonscription sont désormais représentées par Bill Foster, Sean Casten, Jesus «Chuy» Garcia, Lauren Underwood et Danny Davis.

En avril 2023, Marie Newman a été nommée directrice générale de Little City Foundation, une organisation de services sociaux au service des personnes souffrant de déficiences intellectuelles et de troubles du développement. Cette organisation s’occupe de plus de neuf cents personnes par l’intermédiaire de ses installations résidentielles, de ses programmes de jour et de son assistance à domicile dans le nord de l’Illinois.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Après l'afflux migratoire à Ceuta, mesures sécuritaires en France et Italie

Des migrants marchent le long du littoral de Ceuta après avoir franchi la frontière vers l'enclave espagnole, vus depuis les abords de la ville marocaine de Fnideq, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, le 31 juillet 2026. (AFP)
Des migrants marchent le long du littoral de Ceuta après avoir franchi la frontière vers l'enclave espagnole, vus depuis les abords de la ville marocaine de Fnideq, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • L'Italie et la France renforcent leurs contrôles aux frontières avec l'Espagne après l'entrée illégale d'environ 60.000 migrants à Ceuta
  • Cette crise ravive les tensions au sein de l'UE, tandis que Madrid appelle à l'unité et renforce les moyens de sécurité à Ceuta

CEUTA: L'Italie et la France durcissent samedi leurs contrôles frontaliers avec l'Espagne après l'entrée illégale cette semaine de quelque 60.000 migrants en provenance du Maroc dans l'enclave espagnole de Ceuta, ouvrant une crise au sein de l'Union européenne.

Dès jeudi, l'Italie avait annoncé vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, une mesure pour laquelle Rome a obtenu le soutien de la Finlande et du Danemark. Mais la proposition a été qualifiée de "démagogique" par l'Espagne.

La portée de cette proposition reste incertaine, des juristes consultés par l'AFP assurant qu'il est impossible de l'appliquer dans le cadre légal actuel.

Par ailleurs, à compter de samedi selon le ministère italien de l'Intérieur, des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne sont établis sur les ressortissants non européens arrivant d'Espagne.

En France, le nombre de policiers et gendarmes déployés en renfort à la frontière franco-espagnole est multiplié par cinq à compter de samedi, a annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Cette annonce faisait suite à la demande du président Emmanuel Macron de "renforcer les contrôles à la frontière avec l'Espagne".

De son côté, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré sur X: "ce n'est pas le moment de se diviser. C'est le moment de continuer à construire une Union européenne forte et unie".

Les images de cette crise ont déclenché une montée au créneau de la droite et de l'extrême droite européenne autour des contrôles aux frontières de l'espace Schengen.

- "Pas de futur" -

"Environ 60.000 personnes sont entrées dans notre ville", a déclaré le président du gouvernement local de Ceuta, Juan Vivas lors d'une conférence de presse vendredi, soit "70% de la population de Ceuta", et déplorant la mort de 34 migrants, dont beaucoup par noyades.

La plupart de ces migrants - en très grande majorité des Marocains, et principalement des jeunes hommes et des adolescents - seraient cependant retournés au Maroc, selon les autorités espagnoles.

Ceuta, petit territoire de 84.000 habitants situé à la pointe nord du Maroc, bordant le Détroit de Gibraltar, forme l'une des deux frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe (avec l'autre enclave espagnole de Melilla).

Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes de jeunes erraient dans les rues et le long de la plage de Ceuta, où sont déployés de nombreux militaires, notamment autour du port d'où partent les ferries pour le continent européen.

Vendredi soir, de nombreux policiers patrouillaient dans les rues de la ville, certains à moto poursuivant des groupes de jeunes hommes pour les disperser, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sur une plage, des dizaines d'hommes dormaient dans le sable, et certains ont allumé des feux, à quelques mètres d'un véhicule de police.

"Ils viennent car ils n'ont pas de futur au Maroc, ils tentent le rêve européen", selon Mohamed, 35 ans chauffeur de taxi à Ceuta qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Au poste-frontière aux alentours de minuit, devant un important déploiement policier et militaire, de nombreux jeunes rebroussaient chemin. Certains saluent les militaires qui leur indiquent la porte d'un "adiós!", ou "good bye!" avant de retraverser la frontière.

"La prochaine fois, je viens avec le passeport!", lance Oussam aux militaires, en se dirigeant vers la frontière. Le jeune homme de 25 ans, qui tient un salon de coiffure, dit avoir voulu quitter son pays car "c'est la misère au Maroc, on n'a pas de futur". Il est venu en nageant "trois kilomètres" : il rêve lui aussi de l'Europe mais en attendant, il rentre chez lui "pour prendre une douche et manger", car comme beaucoup, il n'a rien avalé depuis deux jours.

- Crise migratoire -

Arrivé vendredi matin avec son ministre de l'Intérieur, Pedro Sánchez a évoqué "une attaque, une violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne" et accusé des "mafias" d'être à l'origine de la rumeur d'ouverture de la frontière.

Le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé l'envoi immédiat de plusieurs dizaines de membres de la Garde civile et policiers, parmi lesquels huit plongeurs, ainsi qu'un bateau et des drones.

A Washington, le président américain Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale une de ses priorités, a jugé que les images de l'enclave espagnole de Ceuta ressemblaient à "l'invasion d'un pays", accusant sur X l'Espagne de mener des "efforts délibérés" ayant favorisé cette immigration clandestine.

Cette crise migratoire à Ceuta rappelle la précédente de 2021, lorsque des milliers de personnes avaient traversé la frontière à la faveur d'un assouplissement des contrôles par Rabat lors d’un différend diplomatique avec l'Espagne.

Plus de 10.000 migrants avaient alors atteint Ceuta depuis le Maroc en deux jours.


Le Pakistan fait état de négociations entre Washington et Téhéran

Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
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  • La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions
  • Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix

TEHERAN: Le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, a affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements américains sur l'Iran dans la nuit, et des tirs de représailles iraniens.

En attendant une éventuelle percée dans ces discussions, le conflit au Moyen-Orient s'étend à de nouveaux pays: après l'Irak, où des groupes pro-iraniens ont été ciblés par des frappes conjointes américaines et saoudiennes, l'Egypte a fait état d'une attaque de drone dans le port de Damiette (nord).

La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions.

Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient.

Plus tôt jeudi, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir "frappé des dizaines de cibles" des Gardiens de la Révolution en Iran.

Mettre fin à "l'escalade" 

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par cette puissante force armée de la République islamique, de "multiples missiles balistiques" contre "les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que ces missiles avaient été interceptés.

Les Gardiens ont, eux, annoncé jeudi que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine  dans le nord-ouest du pays, tandis que les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans des provinces méridionales.

Trois membres d'une même famille ont été tués dans une frappe contre une maison sur l'île de Qeshm, selon l'agence Fars.

Alors que l'Egypte a fait état d'une frappe de drone qui a touché deux navires, dont un américain, dans le port de Damiette mercredi, le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé la communauté internationale à mettre fin à "l'escalade" dans la région.

Il s'agit de la première attaque en Egypte depuis le début de la guerre. M. Sissi a précisé qu'une enquête se poursuivait sur les circonstances de l'attaque qui n'a pas été revendiquée.

Les rebelles Houthis au Yémen, alliés de Téhéran et qui contrôlent une partie des rives de la mer Rouge, ont dit ne pas être derrière cette frappe.

Des pays de la région accueillant des forces américaines ont été visés de nouveau jeudi.

Le Koweït a rapporté qu'une personne avait été tuée par un bombardement iranien sur une entreprise chinoise.

La Jordanie a de son côté annoncé avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran. Les Gardiens ont revendiqué avoir ciblé, en représailles à la frappe à Qeshm, des avions américains stationnés sur la base aérienne d'Al-Azraq.

"Notre tour" 

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait menacé mercredi le président américain Donald Trump.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes, ce qu'ils ont démenti.

Ces attaques à travers l'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué cette alliance de groupes armés irakiens qui inclut des factions pro-iraniennes.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les Houthis à l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite.

"La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a commenté pour l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision.


Les Etats-Unis reprennent leurs bombardements sur l'Iran

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
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  • L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones"
  • Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques"

TEHERAN: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays.

L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes", a écrit le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques" lors d'une "tentative d'attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que tous ces missiles avaient été interceptés.

La Jordanie, qui héberge des forces américaines sur ses bases, a de son côté annoncé jeudi matin avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran, qui n'ont pas fait de victime.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", avait prévenu mercredi le président américain Donald Trump dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait-il insisté plus tard devant la presse à la Maison Blanche.

Les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et d'Hormozgan.

"Une attaque américaine contre une maison d'habitation dans le quartier de Chah Tangu, à Qeshm, a tué trois membres d'une même famille: le père, la mère et leur enfant de deux ans", a écrit l'agence Fars sur Telegram, en citant l'Université des sciences médicales d'Hormozgan, ajoutant que deux autres enfants âgés de sept et neuf ans, blessés, avaient été hospitalisés.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes (ce qu'ils ont démenti).

Riposte inévitable 

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

"Notre riposte contre l'ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite", a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance armée irakienne pro-Iran.

Téhéran a condamné les frappes chez son voisin.

Dans la capitale iranienne, des habitants expriment leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les rebelles yéménites houthis pro-iraniens à l'Arabie saoudite.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...). La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a déclaré à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision. "Les deux bâtiments ont fait demi-tour à grande vitesse", selon la même source.

Ces nouvelles violences ont fait brièvement monter les cours du pétrole, avant qu'ils ne repartent à la baisse jeudi matin. "On craint que la guerre soit en train de s'étendre", a commenté auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste chez Lipow Oil Associates. "Ce qui n'aiderait en rien à rétablir les flux pétroliers" dans la région.