Les commerces britanniques face à une crise historique

Un magasin de vêtements Topman à volets, exploité par Arcadia, dans le centre de Londres, le 30 novembre 2020 (AFP)
Un magasin de vêtements Topman à volets, exploité par Arcadia, dans le centre de Londres, le 30 novembre 2020 (AFP)
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Publié le Mercredi 02 décembre 2020

Les commerces britanniques face à une crise historique

  • Les grands magasins, avec la disparition de la vénérable chaîne Debenhams, et l'habillement, avec les déboires de Topshop, sont les derniers exemples en date cette semaine de ces bouleversements, qui affectent des dizaines de milliers d'emplois
  • Les enseignes de vêtements y sont très nombreuses et leur destin est souvent lié aux chaînes de grands magasins dont les imposants bâtiments sont des lieux incontournables des rues commerçantes

LONDRES : Dépassés par internet et accablés par la pandémie, les commerces physiques au Royaume-Uni traversent une crise historique, au prix de faillites en cascade et d'un changement de physionomie des centres-villes.

Les grands magasins, avec la disparition de la vénérable chaîne Debenhams, et l'habillement, avec les déboires de Topshop, sont les derniers exemples en date cette semaine de ces bouleversements, qui affectent des dizaines de milliers d'emplois.

Un paysage de moins en moins encombré

Le Royaume-Uni est historiquement un pays où les empires commerciaux sont légion, se livrant une vive concurrence.

Les enseignes de vêtements y sont très nombreuses et leur destin est souvent lié aux chaînes de grands magasins dont les imposants bâtiments sont des lieux incontournables des rues commerçantes.

Il faut remonter à la fin du XVIIIe siècle pour trouver les origines de Debenhams, qui a entamé sa liquidation cette semaine.

Ce modèle de magasins n'est plus dans l'air du temps, comme l'ont montré ces dernières années les retentissantes faillites de BHS et House of Fraser, ce dernier ayant été racheté par le milliardaire Mike Ashley avec un groupe renommé Frasers Group.

«Frasers Group et Marks & Spencer pourraient être les dernières chaînes de grands magasins importantes à tenir debout dans les centres-villes», remarque Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Erreurs de gestion et ventes en ligne 

Les déboires de ces commerces débutent bien souvent par des gestions hasardeuses de la part de propriétaire attirés par la course au profit.

Le groupe Arcadia, qui brillait il y a encore quelques années grâce à la renommée de son enseigne de prêt-à-porter Topshop, a souffert d'un sous-investissement chronique.

Les marques se sont éloignées des clients et ont raté le virage numérique.

Le propriétaire d'Arcadia, le controversé homme d'affaires Philip Green, a longtemps préféré prélever des dividendes généreux pour financer son train de vie de milliardaire.

Certaines enseignes ont ouvert des magasins à tour de bras, comme Debenhams après une introduction en Bourse en 2006, ce qui s'est retourné contre elles quand la fréquentation a baissé et que les loyers sont devenus trop élevés.

Elles ont été prises de vitesse ensuite par les achats sur internet, avec l'essor d'enseignes spécialisées dans la vente de vêtements en ligne comme Boohoo.

Ironie de l'histoire, le site internet de Debenhams a connu des problèmes techniques mercredi face à l'afflux de clients en quête de bonnes affaires avec l'écoulement des stocks.

 Le coup de grâce de la pandémie 

Debenhams, Arcadia, la branche britannique de la marque de lingerie Victoria's Secret, la chaîne de vêtements et articles pour la maison Laura Ashley ou celles d'habillement Peacocks, Jaeger, Oasis et Warehouse, la liste des victimes est longue.

Mercredi matin, Bonmarché, spécialisée dans les vêtements pour les femmes, a à son tour déposé le bilan.

Ces enseignes, déjà fragilisées, n'ont pas pu se relever de la fermeture forcée des commerces non essentiels pendant le confinement du printemps face à la crise sanitaire.

Pour Gordon Fletcher, professeur à l'école de commerce de l'Université de Salford, il faut s'attendre à d'autres faillites après Noël, une période cruciale pour les commerces.

Selon des chiffres du Centre for Retail Research, le commerce britannique a perdu 158.000 emplois depuis le début de l'année, sans compter les faillites de cette semaine.

Centres-villes chamboulés 

Si les artères commerçantes de Londres, comme Oxford Street, devraient rester des lieux attractifs pour les touristes, il n'en est pas de même dans de nombreuses villes.

Là, les rues commerçantes sont peu à peu défigurées avec les rideaux définitivement baissés et les locaux vacants.

«Nous ferons tout ce que nous pouvons pour relancer les centres-villes de ce pays», notamment avec un fond dédié d'un milliard de livres, a promis mercredi à la chambre des Communes le Premier ministre Boris Johnson.

Certaines municipalités tentent d'y construire des logements ou des espaces de loisirs.

M. Fletcher envisage lui par exemple la possibilité d'ouvrir les grands magasins aux marques plus locales.

«Le plus grand espoir réside dans l'utilisation des centres-villes pour autre chose que le commerce. Il y a déjà des salles de sports qui ont remplacé des distributeurs, mais cela peut aller beaucoup plus loin», selon lui.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.