Les dates-clés du second mandat d'Emmanuel Macron

Le président français Emmanuel Macron salue la foule depuis sa voiture alors qu'il quitte le centre-ville après une visite en Alsace sur le thème de la réindustrialisation, à Sélestat, dans l'est de la France, le 19 avril 2023. (AFP).
Le président français Emmanuel Macron salue la foule depuis sa voiture alors qu'il quitte le centre-ville après une visite en Alsace sur le thème de la réindustrialisation, à Sélestat, dans l'est de la France, le 19 avril 2023. (AFP).
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Publié le Samedi 22 avril 2023

Les dates-clés du second mandat d'Emmanuel Macron

PARIS : Un an après sa réélection, Emmanuel Macron affronte un climat de fièvre politique et sociale exacerbée par la promulgation de son impopulaire réforme des retraites. Voici les événements marquants des douze premiers mois de son second mandat.

Perte de la majorité absolue à l'Assemblée

Le 24 avril 2022, Emmanuel Macron est réélu avec 58,5% des suffrages. Le "front républicain", destiné à faire barrage à l'extrême droite, a perdu de sa vigueur: la candidate du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, engrange un score inédit (41,6%) et l'abstention atteint un niveau record (28%).

La nomination, laborieuse, de la Première ministre Elizabeth Borne, arrive le 16 mai.

A l'issue des législatives de juin, marquées par une abstention historique (52,4%) et une double percée de la gauche et du RN, les macronistes ne conservent que 250 sièges (dont 172 du groupe Renaissance, ex-LREM) sur 577, à 39 voix de la majorité absolue.

C'est une gifle pour le président, qui perd également deux précieux relais à l'Assemblée, Richard Ferrand et Christophe Castaner. Trois nouveaux ministres sont battus.

Yaël Braun-Pivet devient la première présidente de l'Assemblée nationale.

Plan de sobriété, grèves et premières pénuries

Faute de majorité, Mme Borne dégaine dix "49.3" et déjoue douze motions de censure pour faire voter les budgets 2023 de l'Etat et de la Sécurité sociale.

En octobre, elle entame les impopulaires réformes des retraites et de l'assurance-chômage sur fonds de grèves (enseignants, soignants, transports).

Le gouvernement présente un plan de "sobriété" énergétique pour éviter les coupures l'hiver. Sur fond de guerre en Ukraine, il lance une renationalisation d'EDF et un vaste programme nucléaire.

Une grève de plus de 35 jours pour les salaires dans les raffineries et dépôts de carburants, entamée fin septembre par la CGT, provoque des pénuries et s'étend aux centrales nucléaires.

Outre une ristourne gouvernementale sur les carburants et un bouclier contre la hausse des prix énergétiques, des mesures d'aide au pouvoir d'achat sont décidées.

Des proches mis en cause par la justice

Le 23 septembre, le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler est mis en examen pour "prise illégale d'intérêts" dans une enquête en lien avec l'armateur italo-suisse MSC.

Le 3 octobre, le garde des Sceaux Eric Dupont-Moretti est renvoyé en procès pour "prise illégale d'intérêts" dans une affaire de contentieux avec des magistrats.

Leur maintien en poste est vivement critiqué.

Bras de fer sur les retraites

Elisabeth Borne dévoile le 10 janvier la réforme pour reporter l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans à l'horizon 2030.

Le 19 janvier, une première mobilisation intersyndicale réunit plus de deux millions de manifestants (selon la CGT), 1,12 million (selon la police). Plus d'une dizaine de journées de mobilisation suivront.

L'examen en première lecture, entamé sous haute tension à l'Assemblée le 6 février, s'achève le 17, sans débat ni vote sur la mesure-phare du report à 64 ans. En cause: le véhicule législatif choisi par le gouvernement pour faire passer sa loi, qui restreint la durée des débats, et les milliers d'amendements déposés notamment par La France insoumise.

Des grèves affectent transports, dépôts de carburant/raffineries, l'électricité/gaz, l'éducation. Les images de poubelles qui s'accumulent dans la capitale font le tour du monde, un peu plus d'un an avant les JO de Paris.

Le 11 mars, le Sénat adopte le texte.

Faute de certitude sur le vote de certains Républicains (LR), l'exécutif décide le 16 mars une adoption du texte sans vote, selon l'article 49.3. Deux motions de censure contre le gouvernement sont rejetées le 20, dont une, transpartisane, écartée de justesse.

Blocages et grèves s'intensifient dans les raffineries, transports et ports. La première visite officielle du roi Charles III est reportée.

Le 14 avril, le président promulgue sa réforme quelques heures après la validation du Conseil constitutionnel.

Indignés, les syndicats refusent l'invitation de l'Elysée du 18 avril.

Cent jours

Après trois mois de silence médiatique, Emmanuel Macron s'exprime brièvement à la télévision le 17 avril: attentif à la "colère" des Français, il se donne "cent jours d'apaisement, d'unité, d'ambition et d'action au service de la France". Des milliers d'opposants répondent par des concerts de casseroles à travers le pays.


Le ramadan finira vendredi pour tous les musulmans en France

A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars. (AFP)
A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars. (AFP)
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  • La commission religieuse de la Grande mosquée, réunie mercredi après-midi, "a constaté l'impossibilité d'observer la nouvelle lune", affirme l'institution dans un communiqué
  • De ce fait "le mois de ramadan durera 30 jours" ce qui fixe à vendredi la date de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, mois de jeûne, de prières et de partage pour les cinq à six millions de musulmans vivant en France.

PARIS: Après un début en deux temps qui avait consterné les fidèles, le ramadan se terminera vendredi pour tous les musulmans de France, la Grande mosquée de Paris ayant elle aussi arrêté cette date pour l'Aïd el-Fitr.

La commission religieuse de la Grande mosquée, réunie mercredi après-midi, "a constaté l'impossibilité d'observer la nouvelle lune", affirme l'institution dans un communiqué.

De ce fait "le mois de ramadan durera 30 jours" ce qui fixe à vendredi la date de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, mois de jeûne, de prières et de partage pour les cinq à six millions de musulmans vivant en France.

Cette décision met un terme au pataquès qui avait entouré les dates du ramadan cette année en France, déploré par beaucoup comme un signe de division interne.

La Grande mosquée de Paris avait en effet fixé son début au 18 février, à rebours de la date du 19 arrêtée par de nombreuses autres institutions parmi lesquelles le Conseil français du culte musulman (CFCM), ex-instance de représentation de l'islam auprès des pouvoirs publics.

En ce qui concerne la fin du ramadan, le CFCM avait de longue date fixé à vendredi le jour de l'Aïd el-Fitr.

A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars.

La divergence dans la fixation des dates vient de la méthode retenue, selon que le calcul astronomique est ou non associé à l'observation de la lune.


Macron près de Nantes pour dévoiler le nom du futur porte-avions géant

Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron se rend à Indret pour dévoiler le nom du futur porte-avions français, qui remplacera le Charles de Gaulle en 2038
  • Le projet, estimé à 10 milliards d’euros sur 20 ans, représente un symbole de puissance militaire française et intègre une technologie américaine électromagnétique pour les catapultes, tout en restant évolutif pour accueillir drones et aéronefs futurs

PARIS: Un nouveau navire amiral, embarquant des drones et fort de trois catapultes: Emmanuel Macron se rend mercredi à Indret, près de Nantes, où il dévoilera le nom du futur porte-avions français dont la construction vient de débuter.

Le chef de l'Etat est attendu vers 15H00 sur le site du constructeur Naval Group où seront fabriquées les deux chaufferies nucléaires du bâtiment. Il remplacera en 2038 le Charles de Gaulle, sur lequel Emmanuel Macron s'est récemment rendu alors qu'il naviguait en Méditerranée orientale face aux risques d'extension de la guerre au Moyen-orient.

Le chef de l'État a donné le feu vert à la construction de ce porte-avions de nouvelle génération en décembre, concrétisant un projet en gestation depuis 2018. Ce déplacement devrait être l'occasion de dévoiler le nom du navire, dont la coque sera façonnée à Saint-Nazaire à partir de 2031.

Le "Richelieu" ? "François Mitterrand" ? Le "Marie Marvingt", pionnière de l'aviation ?  Ou encore le "Simone Veil", figure politique française ? Les paris vont bon train sur internet, en attendant le verdict présidentiel. Donner le nom d'une femme à un tel bâtiment serait en tout cas une première.

Ce nouveau fleuron, qui représentera 10 milliards d'euros d'investissements sur une vingtaine d'années, est d'ores et déjà paré de tous les superlatifs. "Ce sera le plus gros navire militaire construit en France, avec 77.000 tonnes contre 42.000 pour le Charles de Gaulle", relève l'Elysée.

Seuls deux pays au monde disposent de porte-avions nucléaires, les Etats-Unis (11 bâtiments) et la France. La Chine et l'Inde en ont à propulsion classique et les autres (Royaume-uni, Italie..) sont équipés de porte-aéronefs à décollage vertical.

De quoi faire du navire un symbole de la puissance militaire française, à l'heure où Emmanuel Macron met un accent particulier sur l'effort de défense, à l'image de son récent discours sur la dissuasion nucléaire qui marque l'augmentation de l'arsenal français et une coopération avec huit pays européens.

Ce futur bâtiment "sera capable à la fois de catapulter et de récupérer des avions. Actuellement, sur la plupart des porte-avions, vous catapultez et vous reconfigurez ensuite le pont pour récupérer, ce qui limite en termes de capacité opérationnelle", souligne la présidence.

- "Plan B" -

Avec trois rails de catapulte, au lieu de deux actuellement, il maximisera aussi la capacité d'envol des 40 aéronefs embarqués.

Un gros bémol toutefois: la technologie électromagnétique des futures catapultes relèvera de l'américain General Atomics, source de vulnérabilité potentielle dans un monde aux rapports de forces de plus en plus exacerbés.

"Le choix a été fait, et c'est un choix économique de travailler avec les États-Unis, qui est parfaitement cohérent, mais il existe bien évidemment d'autres plans, un plan B, si jamais on avait des contraintes particulières", assure toutefois un conseiller présidentiel.

Le bâtiment devra aussi être "évolutif" pour pouvoir accueillir tous les types d'avions qui seront déployés pendant sa durée de vie, mais aussi des drones, le nouveau défi militaire révélé par les guerres en Ukraine et au Moyen-orient.

Un enjeu énorme. "On ne peut pas se contenter de reproduire un outil qui a été conçu à la moitié du siècle dernier", souligne le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon.

"Demain, le porte-avions ne sera pas qu'un porte-avions (..) Nous aurons besoin de drones qui vont pénétrer les défenses adverses, que ce soit des drones de combat ou des munitions téléopérées, de drones ravitailleurs, de drones de surveillance...", renchérit le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Nicolas Vaujour.

Vecteur de projection de puissance, les porte-avions représentent aussi des coûts astronomiques, en période de restriction budgétaire. "Sur un programme de près de 20 ans, nous sommes précautionneux", concède l'Elysée tout en maintenant l'estimation de 10 milliards d'euros.

La question d'un deuxième porte-avions continue aussi de se poser, alors qu'un seul bâtiment n'est disponible que 65% du temps. "A ce stade, non", répond-on toutefois à l'Elysée.


Un hommage national rendu au militaire français tué en Irak

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
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  • "La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital"
  • Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France

VARCES-ALLIERES-ET- RISSET: Emmanuel Macron a salué mardi, au début d'un conseil de défense sur le conflit au Moyen-Orient, la mémoire du major Arnaud Frion "mort pour la France" en Irak, auquel la ministre des Armées Catherine Vautrin a aussi rendu un hommage solennel au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère) où il servait.

"Le major Frion est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une attaque de drones perpétrée par une milice pro-iranienne, alors qu'il œuvrait à la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daech (État islamique, NDLR), à la défense de la souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité", a déclaré le chef de l’État.

"La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital", a-t-il ajouté.

Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France.

"La France n'oubliera pas le prix de la vie d'Arnaud Frion (...) ce prix douloureux, c'est celui de notre sécurité, de notre souveraineté, de notre liberté", a également affirmé Catherine Vautrin à Varces.

Face à elle, le cercueil du major est recouvert du drapeau bleu blanc rouge et de trois coussins sur lesquels reposent ses décorations, la croix de chevalier de la Légion d'honneur reçue à titre posthume et la tarte, béret distinctif des chasseurs alpins.

"Le parcours d'Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l'exemple, l'une des plus belles figures du soldat français", a salué la ministre au côté du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill.

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021.

Il a été frappé avec ses compagnons d'armes alors qu'il se trouvait dans une base placée sous l'autorité des combattants kurdes peshmergas, située au sud-ouest d'Erbil, à Mala Qara, dans le Kurdistan irakien. Ils y étaient déployés dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste État islamique.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques de drones Shahed imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.