Twitter: des badges bleus de certification imposés sans consentement

Le logo Twitter est visible sur un panneau à l'extérieur du siège social de Twitter à San Francisco, Californie, le 28 octobre 2022 (Photo, AFP).
Le logo Twitter est visible sur un panneau à l'extérieur du siège social de Twitter à San Francisco, Californie, le 28 octobre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 23 avril 2023

Twitter: des badges bleus de certification imposés sans consentement

  • Autrefois gratuite, et gage d'authenticité et de notoriété, elle signifie désormais que l'utilisateur est abonné à Twitter Blue (pour 8 dollars par mois) et que son numéro de téléphone a été vérifié par la plateforme
  • Jeudi, les comptes qui avaient l'ancien badge bleu l'ont perdu, à moins de payer pour le nouveau, suivant la stratégie d'Elon Musk mise en place cet hiver

SAN FRANCISCO: Le système de vérification des comptes sur le Twitter d'Elon Musk semblait ne pas pouvoir devenir plus incompréhensible, et pourtant la perplexité régnait de plus belle samedi, les badges bleus faisant leur retour sur certains comptes de médias ou personnalités - qu'ils le veuillent ou non.

"Sur mon âme je n'ai pas payé pour Twitter Blue, homme de Tesla tu vas sentir passer mon courroux!", a tweeté le rappeur américain Lil Nas X, dont le profil affiche la coche bleue.

Autrefois gratuite, et gage d'authenticité et de notoriété, elle signifie désormais que l'utilisateur est abonné à Twitter Blue (pour 8 dollars par mois) et que son numéro de téléphone a été vérifié par la plateforme.

Jeudi, les comptes qui avaient l'ancien badge bleu l'ont perdu, à moins de payer pour le nouveau, suivant la stratégie d'Elon Musk mise en place cet hiver pour authentifier les utilisateurs et générer de nouveaux revenus.

Mais une partie infime des anciens usagers distingués se sont abonnés - moins de 5% des 407 000 profils concernés, selon le chercheur Travis Brown.

Vendredi et samedi, un nombre croissant de personnalités ont retrouvé une coche bleue, apparemment sans action de leur part, comme l'écrivain Stephen King, le champion de NBA LeBron James ou l'ancien président Donald Trump.

«Non, c'est non»

"Non, c'est non, les mecs", a tweeté samedi la journaliste spécialiste des technologies Kara Swisher, expliquant avoir été "vérifiée de force", sans son "consentement".

"Les gens doivent savoir: est-ce qu'Elon m'aime pour moi ou pour le 1,49 million de personnes qui me suivent?", a-t-elle ajouté, une heure après avoir affirmé qu'elle ne payerait pas "huit dollars par mois pour une coche bleue et des outils bofs".

De nombreux utilisateurs authentifiés malgré eux tenaient à faire savoir qu'ils n'y étaient pour rien, car le badge controversé est devenu un symbole de soutien à Elon Musk.

"Merci de noter que je n'ai pas souscrit à Twitter Blue, même si pour des raisons mystérieuses ma coche bleu apparaît de nouveau", a déclaré l'auteur Rick Wilson.

L'économiste progressiste et prix Nobel Paul Krugman, qui s'était moqué de l'"impulsivité mal contrôlée" d'Elon Musk en juillet dernier, a déclaré samedi : "je n'y suis pour rien et je ne paye certainement pas".

Le patron de Twitter, Tesla et SpaceX lui a répondu avec l'image d'un bébé barbouillé de sauce tomate, pleurant devant son assiette de pâtes et portant un bavoir estampillé de la coche bleue.

Vendredi, le dirigeant avait indiqué qu'il "payait personnellement pour quelques abonnements".

"Echec et mat", a-t-il mystérieusement tweeté samedi, au milieu des spéculations.

Grève

Des comptes de personnes décédées, comme le chef cuisinier américain Anthony Bourdain, ont aussi reçu le nouveau badge bleu.

Et de nombreux comptes officiels de médias l'ont également, même le New York Times qui avait perdu début avril sa certification après qu'Elon Musk eut qualifié l'information qui y est publiée de "propagande".

Certains grands groupes de presse ont un badge doré réservé aux "organisations vérifiées" qui payent au moins 1 000 dollars par mois.

Mais la radio publique américaine NPR et le groupe de médias public CBC Radio-Canada n'avaient toujours pas recommencé à tweeter à samedi.

Ces deux organisations ont récemment suspendu leurs activités sur Twitter pour protester contre les étiquettes que leur avait accolé Twitter: "média financé par le gouvernement" ou "affilié à l'Etat", des termes auparavant réservés aux médias non indépendants, financés par des gouvernements autocratiques.

Vendredi la plateforme d'Elon Musk a supprimé ces labels, y compris pour l'agence officielle chinoise Xinhua (Chine nouvelle) ou le russe RT.

"Est-ce que le but réel de tout ce remue-ménage autour de NPR était d'aider la Chine et la Russie? On dirait bien : en retirant les étiquettes de médias contrôlés par des Etats, Twitter aide la propagande", a souligné Kara Swisher samedi matin.

L'AFP n'a pas sollicité Twitter, qui ne répond plus officiellement à la presse que par un émoticône en forme de crotte.


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.