Mineurs revenus de Syrie et d'Irak: un fichier créé pour une «meilleure coordination» de leur prise en charge

En octobre 2022, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti avait indiqué lors d'une audition devant le Sénat qu'environ 300 mineurs français ayant séjourné dans des zones d'opération de groupes terroristes étaient rentrés en France, dont 77 par rapatriement. (AFP)
En octobre 2022, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti avait indiqué lors d'une audition devant le Sénat qu'environ 300 mineurs français ayant séjourné dans des zones d'opération de groupes terroristes étaient rentrés en France, dont 77 par rapatriement. (AFP)
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Publié le Lundi 24 avril 2023

Mineurs revenus de Syrie et d'Irak: un fichier créé pour une «meilleure coordination» de leur prise en charge

  • Me Marie Dosé, avocate de familles de femmes et d'enfants retenus dans les camps du Nord-Est syrien, a expliqué avoir ressenti «de la honte, de la colère» en apprenant la création de ce fichier
  • «Ficher des enfants, c'est décider de les stigmatiser et c'est surtout refuser de les prendre pour ce qu'ils sont, des victimes», a-t-elle ajouté

PARIS: Un fichier devant permettre une "meilleure coordination" de la prise en charge des mineurs français revenus d'Irak et de Syrie a été créé début mars, selon un décret du Journal officiel dont l'AFP a pris connaissance lundi.

Ce décret interministériel, paru au JO le 7 avril et signé la veille par la Première ministre Élisabeth Borne, annonce "la création d'un traitement automatisé de données à caractère personnel relatif à la prise en charge des mineurs de retour de zones d'opérations de groupements terroristes (MRZOGT)".

Selon le texte, ce fichier doit permettre une "meilleure coordination des services compétents en matière de prise en charge administrative, judiciaire, médicale et socio-éducative des mineurs de retour des zones d'opération de groupes terroristes, en vue d'assurer leur protection et de prévenir leur engagement dans un processus de délinquance ou de radicalisation".

Le décret précise que les informations concernées "sont conservées jusqu'à la date à laquelle les (intéressés) acquièrent leur majorité", suite à quoi les données sont supprimées.

Me Marie Dosé, avocate de familles de femmes et d'enfants retenus dans les camps du Nord-Est syrien, a expliqué avoir ressenti "de la honte, de la colère" en apprenant la création de ce fichier, qu'elle dit vouloir faire annuler.

"On a maintenu des enfants en zone de guerre, dans des camps absolument sordides pendant plus de quatre ans en refusant de les rapatrier et quand enfin la France (...) est acculée à les rapatrier, elle les fiche", a-t-elle dit à l'AFP.

"Ficher des enfants, c'est décider de les stigmatiser et c'est surtout refuser de les prendre pour ce qu'ils sont, des victimes", a ajouté Me Dosé.

Après des années de rapatriements au cas par cas, la France a procédé à deux retours massifs de femmes et de mineurs en juillet et octobre 2022.

En octobre 2022, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti avait indiqué lors d'une audition devant le Sénat qu'environ 300 mineurs français ayant séjourné dans des zones d'opération de groupes terroristes étaient rentrés en France, dont 77 par rapatriement.

En janvier, 15 femmes et 32 enfants supplémentaires ont été rapatriés, une semaine après la condamnation de la France par le Comité contre la torture de l'ONU estimant que le pays avait failli à "l'obligation" de les protéger.

La France a déjà été condamnée en 2022 par le Comité des droits de l'enfant puis la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour son manque d'action dans le retour de femmes et de mineurs.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.