Daech est vaincu mais son idéologie menace toujours le monde, selon un général américain

Le général Matthew McFarlane (Photo, Getty Images/AFP).
Le général Matthew McFarlane (Photo, Getty Images/AFP).
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Publié le Mardi 25 avril 2023

Daech est vaincu mais son idéologie menace toujours le monde, selon un général américain

  • Les États-Unis et leurs alliés ont mené 37 opérations contre Daech en Irak et en Syrie en mars, au cours desquelles 9 militants ont été tués et 18 capturés
  • Selon le général Matthew McFarlane, le groupe conserve la capacité de se reconstituer et de mener des attaques dans la région et au-delà

WASHINGTON: Bien que le groupe militant Daech ait été militairement vaincu et ne détienne plus aucun territoire en Irak ou en Syrie, son idéologie perdure et menace toujours le Moyen-Orient et le reste du monde, a déclaré lundi un responsable militaire américain.

Le général Matthew McFarlane, commandant de l'opération Inherent Resolve, chargée d'éliminer la menace de Daech en Irak et en Syrie, a indiqué que malgré les efforts de l'armée américaine et de ses alliés dans la région, Daech avait toujours la capacité de se reconstituer et de perpétrer des attentats dans la région et au-delà.

S'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec Dana Stroul, secrétaire adjointe américaine à la Défense pour le Moyen-Orient, à laquelle Arab News a assisté, M. McFarlane a salué les efforts des partenaires de Washington en Irak et en Syrie, en particulier les Forces démocratiques syriennes, une milice du nord-est du pays qui comprend des forces kurdes et des forces tribales arabes. Cette milice mène la lutte contre Daech en Syrie, avec l'aide et le soutien de l'armée américaine sur le terrain, a-t-il expliqué.

«Grâce aux efforts de nos partenaires, soutenus par la coalition, nous avons constaté une diminution considérable des activités et de l'efficacité de Daech dans toute notre zone d'opération», a-t-il déclaré, ajoutant que le ramadan de cette année avait été l'une des périodes les plus pacifiques de ces dernières années.

Selon Mme Stroul, l'armée américaine et ses partenaires régionaux ont mené 37 opérations contre Daech en mars – 28 en Irak et neuf en Syrie – au cours desquelles neuf militants ont été tués et 18 capturés. Le plus important dans ces missions, a-t-elle ajouté, c'est qu'elles ne sont jamais menées par l'armée américaine seule, mais toujours avec des partenaires locaux.

Les opérations militaires américaines en Irak ont évolué vers un rôle de «conseil, d'assistance et d'habilitation», a noté Mme Stroul, les forces de sécurité irakiennes prenant la direction des opérations quotidiennes contre Daech.

Le 17 avril, l'armée américaine a participé à un raid d'hélicoptères dans le nord de la Syrie, au cours duquel Abd-al-Hadi Mahmoud al-Haji Ali, un haut responsable de Daech dans le pays, a été pris pour cible et tué.

«Ce raid porte un coup important aux opérations de Daech dans la région, mais n'élimine pas la capacité de Daech à mener des opérations», a déclaré l'armée américaine à l'époque.

«Bien que diminué, Daech reste capable de mener des opérations dans la région, avec la volonté de frapper au-delà du Moyen-Orient», a averti le général Michael Kurilla, chef du commandement central des États-Unis, après le raid.

Lundi, M. McFarlane a indiqué que les efforts des États-Unis pour empêcher la réémergence de Daech se poursuivaient à travers plusieurs mesures, notamment le rapatriement des détenus et des personnes déplacées qui se trouvent dans des camps au nord-est de la Syrie.

«Nous restons concentrés sur la défaite durable de Daech», a-t-il affirmé, ajoutant qu'il est essentiel pour la défaite à long terme du groupe que tous les détenus et les personnes déplacées, le plus souvent des parents de militants, soient renvoyés dans leur pays d'origine.

Jusqu'à présent, environ 1 300 personnes ont été rapatriées du camp d'Al-Hol en Syrie, qui reste un problème stratégique particulier pour les États-Unis et leurs alliés de la coalition.

Mme Stroul a indiqué qu'environ 10 000 militants de Daech avaient été arrêtés par les Forces démocratiques syriennes et qu'environ 50 000 personnes déplacées étaient détenues dans le camp d'Al-Hol.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.