Le Royaume-Uni pourrait avoir tué jusqu’à 32 civils lors de la campagne contre Daech en Syrie, selon une ONG

Les États-Unis ont signalé que 1437 civils pourraient avoir été tués lors de la campagne aérienne contre Daech entre août 2014 et mai 2023. (Photo, AFP)
Les États-Unis ont signalé que 1437 civils pourraient avoir été tués lors de la campagne aérienne contre Daech entre août 2014 et mai 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 23 mars 2023

Le Royaume-Uni pourrait avoir tué jusqu’à 32 civils lors de la campagne contre Daech en Syrie, selon une ONG

  • Selon une enquête de l’organisation Action on Armed Violence (AOAV), au moins neuf attaques de la Force aérienne royale (RAF) ont fait des victimes civiles entre 2016 et 2018 en Syrie
  • L’enquête remet en cause l’affirmation du ministère britannique de la Défense selon laquelle ses opérations n’ont fait qu’une victime civile lors de la campagne aérienne contre Daech

LONDRES: Les frappes aériennes lancées par l’armée britannique en Syrie pourraient avoir tué jusqu’à 32 civils, selon des recherches menées par une ONG.

Selon la BBC, l’organisation Action on Armed Violence (AOAV), qui enquête sur les conflits dans le monde entier, a précisé que ses recherches avaient montré qu’au moins neuf attaques de la Force aérienne royale (RAF) avaient fait des victimes civiles entre mars 2016 et 2018.

Elle remet ainsi en cause l’affirmation du ministère britannique de la Défense selon laquelle ses opérations n’ont fait qu’une seule victime civile au cours de la campagne aérienne britannique contre Daech, qui a duré sept ans.

Un porte-parole du ministère a affirmé que le personnel militaire examinait les preuves et les données de mission de chaque opération, et qu’il n’existait «aucune preuve» de victimes civiles dans les frappes aériennes sur lesquelles l’AOAV a enquêté.

Un communiqué du ministère indique qu’il n’a «rien identifié qui montre que de telles pertes civiles ont été causées en Syrie». Il indique également que «le RAF minimise toujours le risque de pertes civiles grâce à ses procédures de ciblage rigoureuses (...) mais qu’aucune aucune preuve n’a été identifiée dans ces cas».

Selon les recherches de l’ONG, «au moins 26 civils auraient été tués» lors des frappes aériennes de la RAF au cours de cette période de deux ans et «jusqu’à 32 civils pourraient avoir été tués».

L’AOAV a utilisé les décès de civils «autodéclarés» pour obtenir ce chiffre, le personnel militaire de la coalition dirigée par les États-Unis contre Daech ayant signalé la forte probabilité de pertes civiles à la suite d’une opération. L'ONG a estimé que les rapports étaient «crédibles» pour huit des neuf frappes aériennes de la RAF.

Elle a comparé les rapports avec les données de mission internes du ministère de la Défense et les informations du Commandement central américain, ainsi que d’autres ONG. Le seul décès de civil reconnu par le ministère britannique de la Défense est survenu en mai 2018, lorsqu’un motocycliste a été tué par un drone Reaper qui visait des combattants de Daech.

Cependant, un autre rapport concernant d’éventuels décès de civils, que le ministère a démenti, portait sur une opération de la RAF en mai 2017, lorsque des avions Tornado ont attaqué sept cibles de Daech à Mossoul, en Irak.

Cet incident a donné lieu à une «autodéclaration» de la part du personnel de la coalition, le New York Times ayant constaté que trois civils se trouvaient à proximité de l’une des cibles de la frappe, selon les données de la mission américaine.

Les données précisent que «l’explosion provoquée par la frappe du site où se trouvait le mortier était suffisamment importante pour conclure que toute personne située dans le rayon de l’explosion a été gravement blessée ou tuée lors de la frappe».

Les États-Unis ont signalé que 1437 civils pourraient avoir été tués lors de la campagne aérienne contre Daech entre août 2014 et mai 2023.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.