UBS en bonne santé pour absorber un Credit Suisse malade

Le président suisse Alain Berset (Photo, AFP).
Le président suisse Alain Berset (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 25 avril 2023

UBS en bonne santé pour absorber un Credit Suisse malade

  • L'intégration de Credit Suisse va être une opération «complexe» parsemée d'embûches, a prévenu Colm Kelleher, président d'UBS
  • Pour mener à bien cette intégration, la banque a rappelé son ancien patron Sergio Ermotti

ZURICH: UBS devrait afficher mardi de solides résultats trimestriels, une bonne santé dont le numéro un de la banque helvétique aura bien besoin pour digérer la fusion forcée avec sa rivale Credit Suisse.

Comme ses concurrentes dans le monde entier, le géant suisse devrait pâtir – non sans ironie pour une banque qui vient d'être forcée de racheter sa rivale au bord de la faillite – du manque d'appétit des entreprises pour les fusions, les acquisitions et autres entrées en Bourse.

Pour le premier trimestre, les analystes interrogés par l'agence suisse AWP tablent sur une baisse de son bénéfice net aux environs de 1,7 milliard de dollars (1,5 milliard d'euros), contre 2,1 milliards de dollars un an plus tôt.

"Nous nous attendons à un trimestre plus faible dans la banque d'affaires", présagent les analystes de la Banque cantonale de Zurich.

Ses activités de banque de détail en Suisse devraient en revanche avoir bénéficié de la hausse des taux d'intérêts, selon eux.

Les banques américaines ont donné le ton.

Citigroup, Wells Fargo et Bank of America ont publié des résultats trimestriels meilleurs qu'attendu grâce à une hausse des revenus générés par les produits liés aux intérêts. Les banques d'affaires comme Goldman Sachs et Morgan Stanley ont en revanche été affectées par une baisse des opérations de marché.

La banque d'investissement représente environ un quart des revenus d'UBS.

Les investisseurs seront surtout à l'affût de détails sur la fusion avec Credit Suisse, qui s'est contenté lundi de publier un communiqué sur ses résultats trimestriels. Probablement les derniers de la banque dans sa configuration actuelle.

Ils ont montré la situation désespérée au début de l'année du numéro deux du secteur en Suisse.

"C'est plutôt la direction d'UBS qui sera susceptible de devoir répondre aux questions sur la situation de Credit Suisse", souligne Flora Bocahut, analyste chez Jefferies, dans une note de marché.

Entrées ou sorties de fonds

UBS a accepté le 19 mars, sous la pression des autorités suisses, d'acheter sa compatriote pour 3 milliards de francs suisses.

Sans ce sauvetage, Credit Suisse se serait vraisemblablement trouvé en cessation de paiement le 20 ou le 21 mars, a expliqué récemment le président de la Confédération Alain Berset.

Les résultats trimestriels de Credit Suisse ont montré l'urgence et la difficulté de la tâche qui attend UBS.

Les retraits de capitaux au premier trimestre se sont chiffrés à 61,2 milliards de francs suisses, s'ajoutant aux 110,5 milliards déjà extraits au quatrième trimestre.

Et, malgré un ralentissement, la situation ne s'est pas inversée après l'annonce du rachat.

Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote, compte aussi regarder l'évolution des entrées et des sorties de fonds chez UBS, a-t-elle indiqué, même si la fusion ne devrait pas donner lieu à des mouvements "dramatiques".

Entre autres, selon elle, parce que "déplacer des fonds vers des banques régionales plus petites n'est pas nécessairement la meilleure option pour les clients".

L'intégration de Credit Suisse va être une opération "complexe" parsemée d'embûches, a prévenu Colm Kelleher, président d'UBS.

Pour mener à bien cette intégration, la banque a rappelé son ancien patron Sergio Ermotti.

Aux commandes de 2011 à 2020, il a mené une grande restructuration qui a donné un nouveau souffle au géant bancaire mis à genoux pendant la crise financière de 2008 et sauvé in extremis par l'Etat fédéral.

Pour gérer une intégration extrêmement délicate du fait de la taille et de la complexité de la machine Credit Suisse, UBS a créé un poste de responsable du contrôle des risques. Cette dernière a aussi annoncé lundi que son actuel responsable de la gestion des risques resterait à son poste plus longtemps afin de l'épauler.

Cette intégration va être une tâche "herculéenne", a prévenu Lukas Gähwiler, vice-président d'UBS, lors d'une assemblée générale début avril.

Il a précisé que, dans un premier temps, la banque aurait besoin de davantage de collaborateurs pour réaliser cette intégration.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com