Faux sacs Hermès: deux chefs présumés du réseau strictement sanctionnés

Ce réseau avait « des méthodes qui relèvent à la fois de logiques entrepreneuriales » et « du banditisme » (Photo, AFP)
Ce réseau avait « des méthodes qui relèvent à la fois de logiques entrepreneuriales » et « du banditisme » (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 03 décembre 2020

Faux sacs Hermès: deux chefs présumés du réseau strictement sanctionnés

  • Un «véritable atelier clandestin» y était géré dans le Rhône par un autre ex-salarié d'Hermès qui démarchait des employés en activité pour travailler sur leurs congés ou arrêts-maladie
  • Trois «intermédiaires», sept «façonneurs», cinq «fournisseurs», trois «acheteurs» et deux personnes soupçonnées de blanchiment et recel

PARIS : Des peines de deux et trois ans de prison ferme, assorties d'amendes de 200.000 et 300.000 euros, ont été requises mercredi à Paris à l'encontre de deux hommes soupçonnés d'avoir coordonné un vaste réseau de contrefaçon de sacs Hermès entre 2008 et 2012.

Après trois semaines d'audience, la procureure a souligné dans son réquisitoire « l'ampleur » de ce dossier, qui implique 26 personnes de 29 à 86 ans dont neuf ancien salariés d'Hermès - deux seront jugés ultérieurement du fait du coronavirus.

La magistrate a dépeint un « réseau international structuré, hiérarchisé » où chacun s'est vu « attribuer une mission précise » pour « servir une clientèle exigeante », qui achetait les « vrais-faux » sacs du modèle « Birkin » environ 18.000 euros.

Elle a décrit les « étapes » de fabrication: un maroquinier parisien achetait auprès du fournisseur italien d'Hermès des peaux de crocodile, ensuite vendues à un ancien salarié du groupe résidant à Hong-Kong. 

Ce dernier était approvisionné en kits de bijoux contrefaits par une entreprise basée dans les Yvelines, selon la procureure. L'assemblage des sacs a débuté à Hong-Kong pendant environ un an, avant d'être « relocalisé » en 2012 en France.

Un « véritable atelier clandestin » y était géré dans le Rhône par un autre ex-salarié d'Hermès qui démarchait des employés en activité pour travailler sur leurs congés ou arrêts-maladie, selon l'accusation. Enfin, les sacs étaient notamment revendus à deux Russes et une Chinoise, qui les commercialisaient en Europe de l'Est et en Asie.

Ce réseau avait « des méthodes qui relèvent à la fois de logiques entrepreneuriales » et « du banditisme », a estimé la magistrate, soulignant, au-delà du préjudice de la partie civile, les « recettes sociales et fiscales perdues ».

Elle a reconnu ne pas pouvoir chiffrer « avec certitude » le bénéfice généré mais a avancé l'estimation de 19 millions d'euros par an pour un millier de sacs.

A l'encontre des deux « organisateurs », elle a requis 4 ans d'emprisonnement dont un avec sursis et 300.000 euros d'amende, ainsi que 4 ans dont 2 avec sursis et 200.000 euros d'amende.

Pour trois « intermédiaires », sept « façonneurs », cinq « fournisseurs », trois « acheteurs » et deux personnes soupçonnées de blanchiment et recel, elle a demandé des peines allant d'une amende de 4.000 euros à deux ans dont un avec sursis et 200.000 euros d'amende. 

Un autre « réseau local », avec les mêmes fournisseurs, était organisé autour d'un artisan de Seine-Maritime et d'un revendeur notamment, à l'encontre de qui la procureure a requis 30 mois de prison dont 24 avec sursis et 10 mois avec sursis, ainsi que des amendes.

Les plaidoiries de la défense sont prévues jusqu'au 10 décembre.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.