La BCE et le FMI saluent le projet de nouvelles règles budgétaires de l'UE

Le vice-président de la Commission européenne chargé de l'euro, du dialogue social, de la stabilité financière, des services financiers et de l'Union des marchés de capitaux, Valdis Dombrovskis, et le commissaire européen chargé de l'économie, Paolo Gentiloni, s'expriment lors d'une conférence de presse sur la révision du cadre de gouvernance économique de l'UE au siège de l'UE, à Bruxelles, le 26 avril 2023. (Photo, AFP)
Le vice-président de la Commission européenne chargé de l'euro, du dialogue social, de la stabilité financière, des services financiers et de l'Union des marchés de capitaux, Valdis Dombrovskis, et le commissaire européen chargé de l'économie, Paolo Gentiloni, s'expriment lors d'une conférence de presse sur la révision du cadre de gouvernance économique de l'UE au siège de l'UE, à Bruxelles, le 26 avril 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 28 avril 2023

La BCE et le FMI saluent le projet de nouvelles règles budgétaires de l'UE

  • La réforme du célèbre «Pacte de stabilité», que la Commission espère entériner d'ici la fin de l'année, est au programme d'une réunion des ministres des Finances de l'UE organisée vendredi et samedi dans la capitale suédoise
  • Le Pacte de stabilité avait été suspendu début 2020 pour éviter un effondrement de l'économie européenne touchée par la pandémie de Covid. Malgré la guerre en Ukraine, il doit être réactivé fin 2023

STOCKHOLM: La Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont salué le projet de réforme des règles budgétaires de l'Union européenne discuté vendredi par les ministres des Finances des Vingt-Sept réunis en Suède.

La BCE "se félicite" du projet présenté mercredi par la Commission européenne, a déclaré la présidente de l'institution monétaire Christine Lagarde.

Elle a salué "l'effort (de l'exécutif européen) pour parvenir à un compromis" malgré des "désaccords entre les pays qui font face à des défis différents", les écarts d'endettement étant très importants entre les Vingt-Sept.

Ce projet est "une bonne proposition" qui contient "plusieurs propositions que nous défendions", a affirmé Alfred Kammer, le directeur du FMI pour l'Europe, lors d'un point presse à Stockholm.

Le FMI souhaiterait toutefois que l'UE se dote d'"un conseil budgétaire indépendant" qui évaluerait les questions "de façon extérieure à la Commission", a-t-il plaidé.

La réforme du célèbre "Pacte de stabilité", que la Commission espère entériner d'ici la fin de l'année, est au programme d'une réunion des ministres des Finances de l'UE organisée vendredi et samedi dans la capitale suédoise. La proposition suscite encore d'importantes divergences parmi les Vingt-Sept.

Elle maintiendrait les limites emblématiques fixées pour le déficit des administrations publiques des États membres à 3% du Produit intérieur brut, et pour la dette publique à 60% du PIB.

Mais, afin de promouvoir l'investissement, la Commission souhaite donner aux Etats plus de marges de manoeuvre, et fixer des trajectoires d'amélioration des finances publiques moins drastiques et plus réalistes.

Les pays dits "frugaux" d'Europe du Nord, menés par l'Allemagne, ont critiqué un affaiblissement du Pacte de stabilité. Ils réclament des règles chiffrées contraignantes de réduction de l'endettement, valables pour tous, car ils craignent une mise en œuvre politisée et trop accommodante de la part de la Commission.

Les pays du Sud surendettés, comme l'Italie dont la dette atteint 150% du PIB, jugent au contraire la proposition trop sévère et insistent pour libérer davantage l'investissement public.

Le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis a reconnu que l'objectif des Vingt-Sept de conclure la réforme avant la fin de l'année était "très ambitieux". "A ce stade, c'est difficile de prévoir combien de temps durera le processus législatif", a-t-il déclaré.

Le Pacte de stabilité avait été suspendu début 2020 pour éviter un effondrement de l'économie européenne touchée par la pandémie de Covid. Malgré la guerre en Ukraine, il doit être réactivé fin 2023.

Ne pas conclure la réforme d'ici là ne serait pas un drame, a estimé le ministre allemand des Finances Christian Lindner. "Nous avons un Pacte de stabilité. Tant que nous n'avons pas de nouvelles règles, les règles actuelles s'appliquent et donc nous ne sommes pas dans le vide", a-t-il affirmé.

Le commissaire à l'Economie, Paolo Gentiloni, s'est cependant dit "optimiste sur le fait qu'on arrivera à de bons résultats", car, selon lui, "tous les Etats membres, malgré des points de vue différents, sont conscients du besoin d'aboutir à un accord".

Le fait que le projet suscite des critiques tant des pays "frugaux" du Nord que des pays du Sud prouve, selon lui, que le projet de réforme de la Commission est "très équilibré".


Le pétrole accentue sa flambée après de nouvelles frappes en Iran

L'armée américaine a mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran lundi, tandis que le président américain Donald Trump a rétabli un blocus du transport maritime iranien et proposé d'imposer une redevance de 20 % pour assurer la protection du détroit d'Ormuz. (Shutterstock)
L'armée américaine a mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran lundi, tandis que le président américain Donald Trump a rétabli un blocus du transport maritime iranien et proposé d'imposer une redevance de 20 % pour assurer la protection du détroit d'Ormuz. (Shutterstock)
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  • Le pétrole bondit après de nouvelles frappes en Iran et l'annonce du retour du blocus des ports iraniens
  • Les tensions autour d'Ormuz renforcent les craintes pour l'approvisionnement mondial

LONDRES: Les cours du pétrole accélèrent mardi leur ascension, après de nouvelles frappes en Iran, à quelques heures du rétablissement du blocus naval des ports iraniens annoncé par Donald Trump, qui a aussi dit vouloir de mettre en place un péage sur le détroit d'Ormuz.

En pleine escalade militaire entre Téhéran et Washington, les autorités locales ont rapporté de nouveaux bombardements américains sur la ville portuaire de Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire d'Iran, et au sud-ouest du pays, dans une zone pétrolifère proche de l'Irak et du Koweït.

Peu après avoir brièvement pris plus de 5%, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, montait de 4,93% à 87,41 dollars vers 10H55 GMT (12H55 à Paris). Celui de son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en août, progressait de 3,75% à 81,07 dollars.

Les deux références du brut ont atteint mardi des prix inédits depuis mi-juin, après s'être envolées jusqu'à plus de 10% la veille.

Le président américain a annoncé lundi sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz, avec la mise en place d'un nouveau blocus des ports iraniens, qui doit entrer en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

"La perte de pétrole brut iranien, qui a représenté en moyenne 2% de la demande mondiale depuis la signature du protocole d'accord" entre Washington et Téhéran le 17 juin - qui s'était traduit par la levée du précédent blocus - "se fera sentir sur les marchés mondiaux", note Vivek Dhar, de CBA.

L'analyste estime qu'environ 40 à 50% du pétrole ayant quitté le détroit d'Ormuz depuis le 18 juin est attribuable à l'Iran, contre une part de 10 à 15% avant la guerre.

"La véritable inconnue est la réaction de l'offre non iranienne" selon lui, car la République islamique "est désormais fortement incitée à rétablir son propre blocus".

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, Donald Trump a aussi dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Pour l'association d'armateurs Bimco, "le surcoût qui en résulterait constituerait un frein supplémentaire au transit" via Ormuz.

"Un tournant extraordinaire des événements est en train de se jouer au Moyen-Orient", résume John Evans, de PVM Energy, qui constate que "cette dégradation de la diplomatie et cette accélération des échanges de tirs ont pris le marché quelque peu de court".

Mais Donald Trump tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible", les consultations avec les médiateurs se poursuivant selon la diplomatie iranienne.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.