Dans les entrailles de l'Opéra Bastille, le ballet des machinistes

Des techniciens déplacent un décor de navette spatiale vers le studio pour une répétition de La Bohème de Giacomo Puccini à l'Opéra Bastille à Paris, le 26 avril 2023 (Photo, AFP).
Des techniciens déplacent un décor de navette spatiale vers le studio pour une répétition de La Bohème de Giacomo Puccini à l'Opéra Bastille à Paris, le 26 avril 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 30 avril 2023

Dans les entrailles de l'Opéra Bastille, le ballet des machinistes

  • Ce plateau mobile de 400 mètres carrés est multiplié par neuf à l'arrière-scène et sur les côtés, avec des cases permettant le stockage de décors
  • Inauguré en 1989, l'Opéra Bastille, le plus grand d'Europe (2 745 places), «a pour vocation de jouer trois à quatre spectacles en toute sécurité dans une même semaine»

PARIS: Sur l'immense plateau, on déplace le décor de "La Bohème" à l'aide de tracteurs électriques. Six étages en dessous, on démonte ou assemble d'autres décors: à l'Opéra Bastille, le travail des machinistes est un spectacle en soi.

Clou de ce spectacle: le plateau lui-même, capable de monter et de descendre entre le niveau de la scène et le sixième sous-sol pour transporter une centaine de tonnes de décors, en moins de 12 minutes.

Ce plateau mobile de 400 mètres carrés est multiplié par neuf à l'arrière-scène et sur les côtés, avec des cases permettant le stockage de décors. Chose rare, il dispose aussi d'une salle de répétition, réplique exacte de la scène.

Du premier siège de la salle jusqu'au "lointain" (le fond de la scène), il n'y a pas moins de 100 mètres, une vision de grandeur impressionnante que voit rarement le public.

Inauguré en 1989, l'Opéra Bastille, le plus grand d'Europe (2 745 places), "a pour vocation de jouer trois à quatre spectacles en toute sécurité dans une même semaine", explique à l'AFP Lionel Morin, chef de la machinerie de cette salle, la deuxième de l'Opéra de Paris avec le Palais Garnier.

Quelques jours avant la reprise de "La Bohème" de Puccini (2 mai-4 juin), ses équipes s’attellent à la mise en place des décors. Cette version de Claus Guth avait en 2017 hérissé une partie de la critique et du public en situant l'histoire... dans l'espace.

Une station spatiale de près de 12 tonnes est poussée au milieu de la scène par des machinistes juchés sur des tracteurs électriques.

Une fois les actes 1 et 2 terminés, les machinistes ont, en temps réel, les 30 minutes de l'entracte pour dégager la station vers les coulisses et ramener une autre pièce du décor, un sol lunaire. Tout cela grâce à un système sophistiqué de chariots motorisés, de rails et une tournette pour faire pivoter les différents éléments.

Les machinistes ne sont pas seuls: "électriciens, éclairagistes, accessoiristes et habilleurs sont là; on travaille en communion", précise Michel Foulquier, responsable de spectacle.

On charge les frises -- qui cachent les projecteurs -- et les porteuses pour lever ou descendre des décors lourds stockés dans les cintres, on utilise des nacelles télescopiques pour monter rapidement certains décors.

Bastille, "c'est une fourmilière, une grosse usine", résume pour l'AFP Sonia Allienne, machiniste depuis 20 ans dans la maison.

Sur les productions où il y a des précipités (changements de décors très rapides), "on n'a pas le droit à l'erreur... Chacun sait ce qu'il a à faire", dit-elle.

Une scène sous la Seine

Le nombre de machinistes varie entre 100 et 120, dont 90 titulaires. "On a une activité du lundi au dimanche, de 08H00 à minuit, donc il faut couvrir toutes ces plages horaires", explique Lionel Morin. "Il y a des équipes attitrées par spectacle, avec un minimum de 12 personnes sur le plateau".

Parfois, ils sont beaucoup plus nombreux, comme pour la production de "Der Rosenkavalier" de Strauss, où il y avait des tours à déplacer et qui a nécessité 40 personnes. D'autres fois, il faut aller très vite, avec "un effet de machinerie toutes les 30 secondes à 1 minute", raconte Michel Foulquier.

Parallèlement à l'équipe du plateau, d'autres machinistes s'affairent au niveau -6, à 25 mètres sous la scène, et même quelques mètres en dessous du niveau de la Seine.

Là, un curieux mélange de décors s'offre aux yeux.

"En ce moment, sur le plateau, nous avons +La Bohème+ qui va jouer en alternance avec la soirée Maurice Béjart", indique Lionel Morin.

"Et au -6, nous sommes en train de démonter +Nixon in China+, nous montons +L'Affaire Makropoulos+ qui va jouer en septembre et on finit le montage de +Roméo et Juliette+", présenté en juin. "C'est une grande chance", assure-t-il.


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
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  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

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« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.