La France a des responsabilités vis-à-vis des enfants détenus en Syrie selon un comité de l'ONU

Des Syriens attendent de quitter le camp d'al-Hol, dirigé par des Kurdes, qui détient des proches de présumés combattants du groupe de l'État islamique (IS), dans le gouvernorat d'al-Hasakeh, au nord-est de la Syrie. (Delil SOULEIMAN / AFP)
Des Syriens attendent de quitter le camp d'al-Hol, dirigé par des Kurdes, qui détient des proches de présumés combattants du groupe de l'État islamique (IS), dans le gouvernorat d'al-Hasakeh, au nord-est de la Syrie. (Delil SOULEIMAN / AFP)
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Publié le Jeudi 03 décembre 2020

La France a des responsabilités vis-à-vis des enfants détenus en Syrie selon un comité de l'ONU

  • La France a des responsabilités vis-à-vis des enfants de djihadistes français détenus en Syrie et ne prend pas les mesures nécessaires pour les protéger alors qu'ils y sont en grand danger, a estimé un comité de l'ONU
  • «Cette décision vient trancher une question juridique et dire que la France a compétence concernant ces enfants détenus de manière illégale dans le nord-est syrien", se sont réjouis deux avocats des familles, Me Marc Bailly et Me Martin Pr

PARIS: La France a des responsabilités vis-à-vis des enfants de djihadistes français détenus en Syrie et ne prend pas les mesures nécessaires pour les protéger alors qu'ils y sont en grand danger, a estimé un comité de l'ONU.

Dans un avis rendu le 2 novembre et dévoilé jeudi par le journal Libération, le Comité des droits de l'Enfant de l'ONU juge que la France, contrairement à ce qu'elle affirme, «exerce une juridiction sur ces enfants» et doit donc s'assurer qu'ils sont traités et protégés conformément aux conventions internationales qu'elle a signées.

Or, les plus de 200 enfants français détenus dans les camps du nord-est syrien dans des conditions «déplorables» y sont en danger «immédiat», estime le comité, qui évoque des «risques de dommages irréparables pour leur vie, leur intégrité physique et mentale et leur développement», dans cet avis dont l'AFP a obtenu copie.

La France, au vu notamment de ses relations avec les autorités kurdes locales, «a la capacité et le pouvoir de protéger les droits de ces enfants, en les rapatriant ou en prenant d'autres mesures» de protection, considère-t-il.

Le comité avait été saisi en 2019 par les avocats de familles d'une dizaine d'enfants français détenus en Syrie, qui contestent le refus de la France de reconnaître une quelconque responsabilité à leur endroit et réclament leur rapatriement.

«Cette décision vient trancher une question juridique et dire que la France a compétence concernant ces enfants détenus de manière illégale dans le nord-est syrien», se sont réjouis auprès de l'AFP deux avocats des familles, Me Marc Bailly et Me Martin Pradel.

«C'est une décision particulièrement novatrice et historique, car le Comité des droits de l'enfant dit que cette convention internationale sur les droits de l'enfant est opposable à la France même dans le nord-est syrien. Ça va imposer à la France d'être courageuse» et d'aller vers le rapatriement, ont-ils ajouté.

La France a jusqu'ici refusé de rapatrier en masse les quelque 150 adultes arrêtés pour avoir rejoint ces dernières années le groupe Etat islamique (EI), défait militairement en 2019, et détenus depuis en Syrie avec plus de 200 enfants.

Mettant en avant une politique du «cas par cas», Paris a jusqu'ici rapatrié 28 enfants, surtout des orphelins et quelques enfants confiés par les rares mères françaises ayant accepté de s'en séparer.

La France estime qu'il n'est pas de son ressort de juger les adultes, qui doivent selon elle doivent être jugés en Irak et en Syrie.


Bahreïn dénonce une "agression flagrante" après des frappes iraniennes

Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Bahreïn affirme avoir intercepté sept missiles tirés lors de frappes iraniennes visant son territoire et le Koweït, qu’il qualifie d’attaque contre sa souveraineté
  • Téhéran a revendiqué des tirs de missiles en représailles à des frappes américaines, ciblant notamment une base aérienne au Koweït et un site militaire américain à Bahreïn

MANAMA: Bahreïn, déjà ciblé en début de semaine, a dénoncé samedi les frappes menées par l'Iran contre son territoire et le Koweït voisin, disant avoir intercepté sept missiles.

"Le ministère des Affaires étrangères condamne fermement ces nouvelles attaques", a-t-il écrit dans un communiqué. "Cette agression flagrante constitue une violation manifeste de la souveraineté des deux pays", a-t-il ajouté.

Les Gardiens de la Révolution iraniens avaient dit dans la nuit avoir tiré, en représailles à des frappes américaines, des missiles balistiques vers la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, où sont stationnés des appareils américains, et le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn.


L'Iran n'a pas à "intervenir au Liban", dit le président libanais

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  • Le président libanais Joseph Aoun a appelé l’Iran à cesser toute ingérence au Liban, affirmant la souveraineté du pays dans une interview à CNN
  • Il a également exhorté le Hezbollah à privilégier la diplomatie et la négociation comme seule voie pour résoudre le conflit avec Israël

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a sommé l'Iran de ne plus "intervenir" dans son pays, dans une interview à la chaîne CNN diffusée vendredi, et affirmé au Hezbollah soutenu par Téhéran que la diplomatie était la seule solution au conflit avec Israël.

"Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le dirigeant libanais à l'adresse de l'Iran.

"Le Hezbollah doit comprendre qu'il (n'y a pas) d'autre solution que de s'asseoir et de parler, pas d'autre moyen (...) de sauver ce qu'il reste sauf à travers la négociation et la diplomatie", a-t-il ajouté.


Liban: sept morts dans des frappes israéliennes sur Tyr, selon la défense civile

Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
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  • Des frappes israéliennes nocturnes à Tyr, dans le sud du Liban, ont fait au moins sept morts et plusieurs blessés, touchant notamment des zones proches d’un hôpital et des quartiers résidentiels
  • Israël annonce de nouvelles attaques contre le Hezbollah au nord du fleuve Litani et ordonne des évacuations, tandis que le conflit continue de provoquer de lourdes pertes civiles et des déplacements massifs

BEYROUTH: Des frappes nocturnes israéliennes sur la ville millénaire de Tyr, dans le sud du Liban, dont l'une près d'un hôpital, ont tué sept personnes, a indiqué vendredi à l'AFP une source au sein de la défense civile.

L'armée israélienne a annoncé de son côté qu'elle allait attaquer le Hezbollah dans trois localités au nord du fleuve Litani, à une quarantaine de km de la frontière, ordonnant à leur population d'évacuer.

Le mouvement pro-iranien avait rejeté jeudi un accord de cessez-le-feu annoncé la veille à Washington après des négociations entre le Liban et Israël, réclamant un retrait total des forces israéliennes qui occupent une partie du sud du pays.

A Tyr, une frappe tard jeudi soir a fait quatre morts et sept blessés, selon la Défense civile. Elle a dévasté le siège d'une banque et endommagé légèrement l'hôpital Jabal Amel, l'un des trois que compte la ville, a constaté le correspondant de l'AFP.

Une autre frappe sur un quartier résidentiel de la ville a tué trois personnes et en a blessé cinq autres dont deux enfants, selon la Défense civile.

Lundi, une frappe près de l'hôpital Jabal Amel avait tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel, selon le ministère de la Santé.

La ville côtière, qu'une partie de ses habitants refuse d'évacuer malgré les avertissements israéliens, est régulièrement pilonnée.

Des habitants s'étaient réfugiés dans le quartier chrétien exigu de la Vieille ville, épargné par les avertissements isaréliens, dormant dans leurs voitures ou sous des tentes.

Mais ils l'ont fui après qu'Israël a menacé mardi le quartier, accusant des membres du Hezbollah de s'y cacher, selon le correspondant de l'AFP.

Une frappe avait également visé mercredi soir les abords d'un parc où campent des dizaines de réfugiés syriens, selon le correspondant de l'AFP qui n'a pas fait état de victime.

Dans ce contexte, une pétition, appelant à exclure toute présence armée à Tyr - où le Hezbollah est fortement implanté - autre que celle de l'armée libanaise, a recueilli près de 250 signatures selon les organisateurs.

Une pétition similaire concernant Nabatiyé - autre grande ville du sud à majorité chiite - pratiquement désertée du fait des bombardements israéliens, a recueilli plus de 500 signatures.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.526 morts depuis le début du conflit le 2 mars, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.