L'Inde, pays le plus peuplé: Des influenceurs hindous se déchaînent contre les musulmans

Des musulmans se rassemblent lors d'une congrégation à Ahmedabad (Photo, AFP).
Des musulmans se rassemblent lors d'une congrégation à Ahmedabad (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 03 mai 2023

L'Inde, pays le plus peuplé: Des influenceurs hindous se déchaînent contre les musulmans

  • «Je dis à tous mes clients hindous de faire plus d'enfants pour contrer les musulmans», explique à l'AFP M. Upadhyay
  • «Sinon, ils deviendront une menace et finiront par éliminer la religion hindoue de l'Inde»

NEW DELHI: Depuis que les Nations unies ont annoncé que la population de l'Inde avait dépassé en nombre celle de la Chine, des influenceurs hindous se déchaînent contre les musulmans, qu'ils accusent de faire trop de bébés afin de les supplanter, au risque d'alimenter une islamophobie déjà galopante.

Amit Upadhyay, pharmacien de métier, anime à ses heures perdues une page Facebook très populaire sur laquelle il diffuse de fausses données démographiques, depuis son domicile dans l'État de l'Uttar Pradesh.

À l'annonce des Nations unies le mois dernier, le pharmacien et ses 40.000 abonnés, loin de se réjouir, ont ressenti le besoin d'action.

"Je dis à tous mes clients hindous de faire plus d'enfants pour contrer les musulmans", explique à l'AFP M. Upadhyay. "Sinon, ils deviendront une menace et finiront par éliminer la religion hindoue de l'Inde".

«Prendre le contrôle»

M. Upadhyay publie régulièrement des messages islamophobes que ses abonnés s'empressent de diffuser.

Ainsi, en avril, il mettait déjà en garde contre un prétendu complot des musulmans visant à "multiplier leur population afin de prendre le contrôle de l'Inde".

L'Inde compte 1,4 milliard d'habitants, dont environ 210 millions de musulmans, mais le taux de natalité a baissé de manière générale ces dernières décennies, à l'instar des tendances mondiales.

La dernière enquête nationale sur la santé des familles, réalisée en 2021, a révélé un taux de fécondité de 2,0 enfants par Indienne, et de 2,3 pour les musulmanes contre 4,41 en 1992-1993.

Selon les prévisions du centre de réflexion Pew Research Center, la population musulmane indienne devrait atteindre 311 millions de personnes d'ici à 2050 contre 1,3 milliard pour les hindous.

Malgré leur progression, les musulmans resteront donc une minorité dans le pays de 1,7 milliard d'habitants au milieu du siècle, selon les projections du groupe de réflexion américain.

Pourtant, sur les réseaux sociaux, la fausse information selon laquelle l'Inde deviendra bientôt un pays à majorité musulmane est devenue virale.

Sur Facebook, un internaute remercie ironiquement les musulmans "d'avoir produit 5 à 10 enfants" chacun.

Un autre sur Twitter clame que la fin de la foi hindoue en Inde était proche, et que la constitution du pays serait remplacée par la "charia", la loi canonique islamique.

«Propagande»

Les idéologues nationalistes hindous disséminent depuis des années des théories du complot, selon lesquelles les musulmans œuvrent à supplanter la suprématie numérique hindoue.

Elles ont parfois été reprises par le Bharatiya Janata Party (BJP), parti nationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi.

En 2019, Rakesh Sinha, membre du BJP, a présenté au Parlement un projet de loi sur le contrôle de la population qui proposait de limiter le nombre d'enfants par ménage indien à deux. Il avait obtenu le soutien de 125 députés.

Toutefois, le projet de loi, qui a suscité un tollé, a été retiré après un discours de M. Sinha sur la disparité soi-disant flagrante entre les taux de natalité hindous et musulmans.

"Les hindous se marient une fois et ont deux enfants, alors que les musulmans se marient quatre fois et ont tellement d'enfants qu'ils peuvent avoir leur propre équipe de cricket", affirmait récemment Ishwar Lal, membre d'un groupe nationaliste hindou affilié au BJP, dans une allocution publique.

À la même période, à Haridwar, un lieu de pèlerinage hindou sur les contreforts de l'Himalaya, le prêtre Ravindra Puri exhortait une foule de fidèles hindous à mener une contre-offensive démographique.

"De deux enfants, les hindous sont passés à un enfant, cela provoque un déséquilibre au sein de la population", déplorait-il, avant de préconiser de faire trois enfants : "un pour servir la nation, un pour s'occuper du foyer et un pour servir la religion en devenant prêtre".

L'ancien chef des élections indiennes, S.Y. Quraishi, lui-même musulman, a beaucoup écrit sur la propagation de fausses informations concernant le taux de natalité des musulmans. Il souligne qu'il s'agit d'un outil de "propagande" important pour les nationalistes hindous.

"Ils incitent les hindous à faire plus d'enfants en créant la peur que les musulmans ne les supplantent en nombre", dit-il à l'AFP. "Cela n'arrivera jamais".


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Short Url
  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Short Url
  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.