Cisjordanie: Éruption de violences après la mort d'un détenu palestinien en grève de la faim

Rassemblement de Palestiniens qui tiennent des affiches à la suite de la mort du prisonnier palestinien Khader Adnan pendant une grève de la faim dans une prison israélienne, près de Jénine, en Cisjordanie occupée par Israël, le 2 mai 2023 (Photo, Reuters).
Rassemblement de Palestiniens qui tiennent des affiches à la suite de la mort du prisonnier palestinien Khader Adnan pendant une grève de la faim dans une prison israélienne, près de Jénine, en Cisjordanie occupée par Israël, le 2 mai 2023 (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 03 mai 2023

Cisjordanie: Éruption de violences après la mort d'un détenu palestinien en grève de la faim

  • Une grève générale a eu lieu en Cisjordanie occupée en hommage à Khader Adnan, 44 ans, dirigeant du Djihad islamique, originaire de la ville d'Arraba, au sud de Jénine
  • Les autorités israéliennes ont annoncé mardi à l'aube qu'Adnan était mort dans sa cellule de la prison de Nitzan

RAMALLAH: De violents affrontements ont éclaté mardi entre des jeunes Palestiniens et les forces de l'armée israélienne à la suite de la mort en détention d'un dirigeant militant palestinien qui avait fait une grève de la faim pendant 86 jours.

Une grève générale a également eu lieu en Cisjordanie occupée en hommage à Khader Adnan, 44 ans, dirigeant du Djihad islamique, originaire de la ville d'Arraba, au sud de Jénine.

Les autorités israéliennes ont annoncé mardi à l'aube qu'Adnan était mort dans sa cellule de la prison de Nitzan. Il avait refusé de manger en guise de protestation contre son maintien en détention sans inculpation depuis le 5 février.

À l'annonce de la nouvelle, les factions palestiniennes de Bethléem, Hébron, Ramallah, Naplouse, Tulkarem et Jérusalem ont annoncé une grève générale et accusé les Israéliens d'être à l'origine de sa mort. Les magasins sont restés fermés et de nombreux élèves ont été renvoyés chez eux.

Des sources médicales palestiniennes ont rapporté que des balles en métal recouvertes de caoutchouc, tirées par les forces israéliennes, ont blessé cinq Palestiniens tandis que des dizaines d'autres ont inhalé du gaz lacrymogène provenant de coquilles lancées par les troupes israéliennes.

Les manifestants ont exigé qu'Israël soit tenu responsable de ses crimes contre les prisonniers palestiniens.

Dans un message adressé aux autorités israéliennes, la femme d'Adnan a déclaré : «Contemplez bien les visages de mes enfants, et vous verrez chez eux ce que vous n'avez pas vu chez Khader Adnan.»

L'Autorité palestinienne a également condamné la mort d'Adnan et exigé que les Israéliens remettent son corps à sa famille afin qu'il puisse être enterré dans sa ville natale.

Des groupes palestiniens ont accusé les Israéliens de négligence médicale, affirmant qu'Adnan aurait dû être transféré dans un hôpital civil.

La Commission des affaires des prisonniers palestiniens a révélé qu'une autopsie devait être pratiquée sur le corps d'Adnan.

Les prisons israéliennes ont été placées en état d'alerte maximale en prévision d'une réaction des prisonniers palestiniens.

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a déclaré que tout détenu tentant une grève de la faim ou une émeute se verrait imposer des sanctions concernant ses droits et ses services.

Le Front populaire de libération de la Palestine a qualifié la mort d'Adnan d'«assassinat» d'un combattant qui était l'un des prisonniers les plus éminents «ayant lancé les batailles de grèves de la faim pour rejeter la détention administrative».

Le Hamas a déclaré qu'il tenait le gouvernement israélien entièrement responsable de la mort d'Adnan.

Adnan a été arrêté 12 fois et a passé environ huit ans dans les prisons israéliennes, la plupart du temps en détention administrative.

Qadri Abou Bakr, chef de la commission des affaires des détenus et des anciens prisonniers, a déclaré à Arab News que Ben-Gvir avait admis avoir donné l'ordre de ne pas fournir à un prisonnier en grève de la faim de la nourriture ou les besoins élémentaires de la vie, ajoutant que cela s'ajouterait à une longue liste de crimes israéliens qui doivent être signalés à la Cour pénale internationale.

«La communauté internationale doit assumer sa responsabilité. Sans le soutien continu des Américains et des Européens à la puissance occupante, les choses ne seraient pas allées aussi loin», a-t-il souligné.

Qaddoura Fares, directeur du Club des prisonniers palestiniens, a expliqué à Arab News qu'Israël voulait utiliser le cas d'Adnan comme moyen de dissuasion contre d'autres prisonniers palestiniens.

Il y a actuellement environ 4 900 Palestiniens dans les prisons israéliennes, dont des femmes, des malades, des personnes âgées et des enfants.

Le gouverneur de Bethléem, Kamel Hamid, a signalé: «Nous ressentons une colère, une horreur et un choc écrasants face au crime commis par l'occupation, à savoir l'assassinat d'Adnan. Il s'agit d'un meurtre délibéré. Le peuple palestinien et les dirigeants ont perdu un combattant.»

Mahmoud al-Aloul, chef adjoint du mouvement Fatah du président, Mahmoud Abbas, a soutenu que la mort d'Adnan sera «ajoutée au registre des crimes de l'occupation».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée saoudienne intercepte des drones provenant d'Irak

Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
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  • Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak
  • Ceux-ci visaient des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense

RIYAD: Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense.

"Des attaques terroristes ont été lancées depuis le territoire irakien par des milices terroristes soutenues par l'Iran", a affirmé le ministère dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Riyad appelle l'Irak à empêcher les attaques 

L'Arabie saoudite a exhorté lundi le gouvernement de Bagdad à empêcher les attaques de drones lancées depuis son territoire, après avoir accusé des groupes armés pro-Iran basés en Irak, d'avoir ciblé le royaume.

Le royaume "réaffirme la nécessité pour le gouvernement irakien de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'empêcher que son territoire ne serve de point de départ à une agression", peut-on lire dans un communiqué des autorités publié par une chaîne de télévision officielle saoudienne.

 

 

 


Le Liban renforce le contrôle de ses ports, asséchant ainsi les sources de financement du Hezbollah

Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
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  • Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations
  • Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne

BEYROUTH : La confrontation entre le Liban et le Hezbollah ne se limite plus à la question des armes du groupe et à la mise en œuvre des engagements internationaux dans le Sud. Elle s’est étendue à une campagne plus large visant à renforcer le contrôle de l’État sur les ports maritimes, l’aéroport et les postes-frontières, afin de limiter l’influence du Hezbollah et de couper ses sources de financement illicites.

Depuis l’élection du président Joseph Aoun et la formation du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, les autorités ont mis en œuvre une stratégie sécuritaire et administrative visant à réaffirmer le contrôle souverain sur les points d’entrée terrestres, maritimes et aériens du pays.

Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations. Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne, l’aéroport de Beyrouth et le port de Beyrouth.

L’influence du Hezbollah recule

Alors que les mesures de lutte contre la contrebande et de contrôle des frontières continuent d’être renforcées, leurs effets sont déjà visibles, le Hezbollah perdant de son influence au sein d’institutions où il exerçait autrefois une emprise considérable.

Une source impliquée dans la surveillance des points de passage terrestres, maritimes et aériens du Liban a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein de ces installations avait diminué à un niveau sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle administration.

Selon cette source, ce changement a directement affecté les capacités financières et logistiques du groupe, qui, avant la dernière guerre, bénéficiait d’un environnement sécuritaire et administratif différent permettant la circulation des marchandises et des liquidités avec relativement peu de contraintes.

Ces derniers mois, l’État libanais a également renforcé la surveillance technique en déployant des scanners modernes au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth et au poste-frontière de Masnaa. Ces équipements ont permis de freiner la contrebande de marchandises, de matières interdites et d’argent liquide via ces installations.

La source a ajouté que les passages illégaux, qui constituaient depuis des années l’épine dorsale du réseau logistique du Hezbollah, « ne jouent plus le rôle qu’ils jouaient autrefois », les autorités syriennes ayant renforcé les contrôles de leur côté de la frontière, parallèlement au renforcement des mesures de contrôle libanaises. En conséquence, le trafic transfrontalier illégal a chuté à des niveaux que la source a qualifiés de quasi négligeables.

Un changement fondamental

La source a noté que la situation aux points de passage non officiels avec la Syrie a radicalement changé par rapport aux années précédentes, lorsque des camions liés au Hezbollah auraient traversé régulièrement la frontière, profitant de la faiblesse de l’État et de la marginalisation des institutions officielles au profit du groupe et des réseaux de contrebande opérant dans son orbite.

Ces changements se sont étendus au-delà de la circulation des marchandises pour toucher les réseaux de financement du groupe. Une source officielle a fait état d’une baisse marquée des tentatives d’introduction au Liban, via l’aéroport, de sacs contenant de l’argent liquide et de l’or, ainsi que de la contrebande de pilules de Captagon et de haschisch, activités que la source a décrites comme figurant parmi les opérations illicites les plus importantes liées au trafic transfrontalier.

La source a également souligné l’importance de la décision du gouvernement d’interdire aux avions iraniens d’atterrir à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, affirmant que cela avait renforcé la pression sur les canaux d’approvisionnement du Hezbollah en fermant l’une des voies qui aurait été utilisée pour acheminer des liquidités et d’autres formes de soutien matériel au groupe.

Des responsables ont également qualifié la chute du régime de Bachar al-Assad de tournant le plus important — et de coup le plus dur — auquel le Hezbollah ait été confronté depuis sa création. La Syrie n’offrant plus ce qu’ils ont décrit comme un environnement logistique sûr, le Hezbollah et l’Iran ont perdu l’un de leurs principaux couloirs pour acheminer des armes et des fonds au Liban.

Une source sécuritaire a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein des institutions chargées de superviser les ports et les postes-frontières était devenue « quasi inexistante » à la suite d’une série de mesures sécuritaires et administratives visant à reconstruire les systèmes de contrôle au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri et au poste-frontière de Masnaa.

Selon cette source, ces mesures ont notamment consisté à réaffecter de nombreux agents de sécurité et du personnel administratif soupçonnés d’avoir été sous l’influence du Hezbollah et qui auraient facilité le passage de marchandises de manière quasi quotidienne. Cette restructuration, a précisé la source, a comblé des failles qui constituaient depuis longtemps des points faibles au sein des agences chargées de surveiller ces installations.

La source a ajouté que les autorités ne se sont pas limitées à des remaniements administratifs. Elles ont également ouvert des enquêtes et engagé des poursuites judiciaires à l’encontre de personnes soupçonnées d’avoir facilité le passage de marchandises, de sacs d’argent liquide et de bijoux pour le compte du Hezbollah au cours des derniers mois, dans le cadre d’une politique plus large visant à démanteler les réseaux d’influence du groupe au sein des institutions publiques.


Iran: les Gardiens de la Révolution stoppent six navires dans le détroit d'Ormuz

La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
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  • "La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour"
  • Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions

TEHERAN: La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat.

"La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour", a indiqué un correspondant de la télévision d'Etat depuis le Golfe.

Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions.

Samedi, les Gardiens, armée idéologique iranienne, avaient annoncé avoir stoppé quatre navires qui tentaient de traverser la partie sud du détroit après avoir tiré des coups de semonce.

Les forces armées iraniennes ont à plusieurs reprises empêché des navires de franchir ce passage maritime stratégique en effectuant ces tirs.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.