Franck Riester: la France est une terre d’opportunités pour les investisseurs saoudiens

Franck Riester à Arab News en français: "Notre premier défi est de sortir de la crise. Tant au plan économique que sanitaire, la coopération internationale est la clé. C’est le sens de l’initiative ACT-Accelerator, ou ACT-A, qui vise à mettre les futurs vaccins contre la Covid-19 à la disposition du monde entier." (AFP).
Franck Riester à Arab News en français: "Notre premier défi est de sortir de la crise. Tant au plan économique que sanitaire, la coopération internationale est la clé. C’est le sens de l’initiative ACT-Accelerator, ou ACT-A, qui vise à mettre les futurs vaccins contre la Covid-19 à la disposition du monde entier." (AFP).
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Publié le Vendredi 11 décembre 2020

Franck Riester: la France est une terre d’opportunités pour les investisseurs saoudiens

  • L’Arabie saoudite est un partenaire économique important, et nous souhaitons renforcer encore cette dynamique
  • La France est une terre d’opportunités pour les investisseurs saoudiens qui cherchent à diversifier leur portefeuille

Ministre délégué auprès de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Franck Riester est également ancien ministre de la Culture et ancien maire de Coulommiers. À 46 ans, il est aujourd’hui chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité.

Après son déplacement du 23 au 25 novembre en Jordanie puis aux Émirats arabes unis, le ministre délégué est optimiste quant à l’importance du rôle de la France dans la région.

Arab News en français a pu s'entretenir avec lui pour discuter du sommet du G20 de Riyad, des investissements français en Arabie saoudite, ainsi que de coopération bilatérale pour combattre le terrorisme.

Vous rentrez tout juste d’une tournée aux Émirats arabes unis et en Jordanie. Vos rencontres ont-elles été fructueuses?

Comme vous le savez, les prises de position du président de la république sur la laïcité ont fait l’objet de manipulations et ont suscité un certain nombre d’incompréhensions au sein du monde musulman. Je me suis donc déplacé en Jordanie pour dissiper les malentendus et rappeler la force des liens, notamment économiques, qui nous unissent. Il ne peut y avoir de malentendus entre partenaires et amis. Dans le même esprit, je me rendrai prochainement en Arabie saoudite et au Koweït.

Je me suis déplacé en Jordanie pour dissiper les malentendus et rappeler la force des liens, notamment économiques, qui nous unissent. 

J’ai également passé quarante-huit heures aux Émirats arabes unis pour amplifier nos relations économiques, tout particulièrement dans les secteurs d’avenir. Je pense notamment à la fintech [technologie financière], la Greentech [éco-innovation], l’intelligence artificielle, la ville durable ou encore les transports, où la coopération franco-émiratie est intense. J’ai pu mesurer la force de notre partenariat stratégique, que nous avons réaffirmé pour les dix années à venir en juin dernier. L’Expo 2020 de Dubaï, qui aura lieu l’an prochain et où la France sera naturellement présente, marquera une nouvelle étape de notre partenariat. Je me suis engagé à m’y rendre.

Quel rôle pour la France au sein du G20, à la lumière des nouveaux défis – crise économique, pandémie, terrorisme?

Avec ses partenaires européens, la France entend assumer un certain leadership dans l’élaboration des réponses que nous apportons collectivement aux grands défis mondiaux. Nous nous engageons notamment en faveur d’un véritable renouveau du multilatéralisme, car nous avons la conviction que l’échelon multilatéral est l’échelon d’action le plus pertinent. C’est vrai en matière de sécurité ou de climat, ça l’est également en matière commerciale. C’est pourquoi nous souhaitons une réforme profonde de l’Organisation mondiale du commerce, qui apaise les tensions commerciales et permette de mieux utiliser les règles du commerce pour répondre aux enjeux de développement durable.

En termes d’attractivité, sur une échelle de 1 à 10, où se place l’Arabie saoudite pour la France?

L’Arabie saoudite est un partenaire économique important, et nous souhaitons renforcer encore cette dynamique. Le Royaume compte parmi les 40 pays prioritaires que nous suivons étroitement en matière d’attractivité. Le réseau diplomatique français est pleinement mobilisé pour identifier et accompagner les projets d’investissements en France qui pourraient provenir d’Arabie saoudite.

Les récentes réformes sur la kafala – les travailleurs étrangers n’auront plus besoin de l’autorisation de leur employeur pour changer d’emploi, voyager ou quitter l’Arabie saoudite, à partir de mars 2021 – sont-elles de nature à encourager les investissements français dans le Royaume?

La France est d’ores et déjà très présente en Arabie saoudite, où elle est le troisième investisseur avec plus de 5 milliards d’euros d’investissements directs. Les autorités saoudiennes ont placé l’attractivité du Royaume et la diversification de l’économie saoudienne au cœur du programme Vision 2030. Nous nous attachons à sensibiliser l’ensemble des acteurs français à cet objectif. La création d’un ministère de l’Investissement ainsi que les réformes économiques en cours, dont celles de la kafala, sont des signaux positifs.

Prévoyez-vous une augmentation des flux d’investissement de l’Arabie saoudite vers la France? Si oui, comment?

La progression notable des investissements saoudiens en France ces dernières années est un signe encourageant et nous pouvons aller encore plus loin. Nous sommes d’ailleurs honorés d’accueillir le premier invité saoudien au sommet «Choose France 2021», au château de Versailles, organisé par le président de la République.

Pour aller plus loin, je crois qu’il nous faut aller au-delà des partenariats traditionnels dans le secteur immobilier et hôtelier, où se concentre encore aujourd’hui la grande majorité des investissements saoudiens. Car la France, c’est aussi un écosystème d’innovation leader en Europe, qui compte parmi les plus dynamiques du monde.

Nous sommes honorés d’accueillir le premier invité saoudien au sommet «Choose France 2021», au château de Versailles, organisé par le président de la République.

Avec le plan France Relance, nous mobilisons des moyens inédits pour consolider ce leadership, dont 30 milliards d’euros sur deux ans d’investissements pour la transition écologique. Notre ambition est de devenir la première grande économie décarbonée européenne à l’horizon 2050.

La France est une terre d’opportunités pour les investisseurs saoudiens qui cherchent à diversifier leur portefeuille en l’élargissant aux énergies vertes, aux hautes technologies et aux secteurs d’avenir où l’excellence du savoir-faire français est reconnue dans le monde entier.

Comment évaluez-vous cette édition du G20 en matière d’avancées des relations commerciales entre l’Arabie saoudite et la France?

Les réunions du G20 sont avant tout des sommets de chefs d’État et de gouvernement destinés à élaborer des réponses communes aux défis mondiaux. Ce n’est pas le lieu pour traiter des questions bilatérales. En matière commerciale, nous avons un certain nombre de projets en cours avec l’Arabie saoudite. Nous les suivons de près, avec l’objectif de densifier encore les relations que nous entretenons déjà.

Quel bilan faites-vous de la gestion de ce G20 par l’Arabie saoudite?

Je tiens à remercier l’Arabie saoudite pour l’organisation de ce sommet. Le G20 de Riyad a permis d’obtenir des résultats satisfaisants dans de nombreux domaines prioritaires pour la France et ses partenaires européens. En matière de santé notamment, les chefs d’État et de gouvernement se sont entendus pour considérer les vaccins contre la Covid-19 comme un «bien public mondial» afin d’y garantir un accès équitable.

Il faut le saluer, le G20 est parvenu à un accord sur la suspension du service de la dette pour 77 États fragiles, et sur un cadre pour le traitement des dettes à venir

Le G20 a également envoyé un signal positif en termes de lutte contre le réchauffement climatique: conformément à la feuille de route tracée par l’accord de Paris, ses signataires se sont engagés à relever leur niveau d’ambition et à réviser à la hausse leurs contributions nationales dans la perspective de la Conférence de Glasgow de 2021 sur les changements climatiques, ou COP26.

Enfin, et il faut le saluer, le G20 est parvenu à un accord sur la suspension du service de la dette pour 77 États fragiles, et sur un cadre pour le traitement des dettes à venir. Au moment où de nombreux États peinent à faire face aux conséquences financières de la crise économique et sanitaire, cela pose les bases de restructurations de dettes souveraines au cas par cas, dans un cadre multilatéral auquel souscrit la Chine.

L’Arabie saoudite va à présent transmettre sa présidence à l’Italie, et nous poursuivrons notre engagement l’année prochaine pour que le G20 continue de jouer son rôle de promotion d’une mondialisation mieux régulée et plus durable.

Quels défis à l’aune de la pandémie?

Notre premier défi est de sortir de la crise. Tant au plan économique que sanitaire, la coopération internationale est la clé. C’est le sens de l’initiative ACT-Accelerator, ou ACT-A, qui vise à mettre les futurs vaccins contre la Covid-19 à la disposition du monde entier.

C’est le sens de la réflexion, promue notamment par la France, pour rendre les circuits commerciaux mondiaux plus résilients et plus durables, pour sécuriser les chaînes de valeur dont dépend notre approvisionnement en produits stratégiques, pour verdir les pratiques commerciales multilatérales afin de mettre les échanges internationaux au service d’une croissance soutenable au plan environnemental.

C’est aussi le sens des efforts que déploie le gouvernement français pour diversifier ses partenaires économiques et approfondir les relations bilatérales à fort potentiel.


La canicule "recule" mais la pression sur le système de santé va durer "plusieurs jours", prévient Matignon

Une enseigne de pharmacie affiche 44 °C à Thionville, dans le nord-est de la France, le 26 juin 2026, en pleine vague de chaleur. (AFP)
Une enseigne de pharmacie affiche 44 °C à Thionville, dans le nord-est de la France, le 26 juin 2026, en pleine vague de chaleur. (AFP)
  • La canicule recule en France, mais ses effets sanitaires devraient se poursuivre plusieurs jours, avec une pression élevée sur les hôpitaux et une hausse des décès, notamment à domicile
  • Le gouvernement maintient un niveau de vigilance élevé face aux risques d'incendies et prévoit un bilan de cette crise pour renforcer la préparation aux futures vagues de chaleur

PARIS: La canicule "recule" mais ses effets sanitaires "restent devant nous" pendant "plusieurs jours", ont indiqué samedi les services du Premier ministre Sébastien Lecornu, à l'issue d'une nouvelle cellule interministérielle de crise (CIC) sur la vague de chaleur inédite, à laquelle il a assisté en visio.

"Si la canicule recule, ses effets sur la pression sur le système de santé, eux, restent devant nous: un plateau haut va s'installer pendant plusieurs jours, par effet de latence sanitaire (déshydratation, décompensations, hospitalisations différées)", a écrit Matignon dans un compte-rendu de la réunion qui s'est tenue samedi matin.

Matignon appelle à la "vigilance de tout un chacun" en confirmant, comme déjà évoqué par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, "une hausse du nombre de décès, principalement à domicile, cohérente avec un pic différé" et liée à "l'isolement de certaines personnes âgées ou fragiles".

En revanche, "aucune situation anormale dans les Ehpad n'a été remontée", soulignent les services de M. Lecornu, attentif à ne pas répéter les erreurs qui avaient marqué la canicule de 2003, qui a fait 15.000 morts, dont beaucoup de personnes âgées.

Matignon fait valoir "l'efficacité des mesures mises en place par les équipes sur le terrain et les nombreux investissements réalisés ces dernières années".

Le système de santé "connaît un pic d'activité lié à la canicule" qui "justifie le maintien" de la mobilisation à son niveau le plus élevé (plan Orsan 3) et le "déclenchement des plans blancs" dans les hôpitaux concernés, détaille Matignon.

Dans un autre message à la presse, le Premier ministre se dit "prêt" sur le volet des feux de forêts, alors que les départs de feu et les interventions des services d'urgence sont "plus élevés" que l'année dernière.

Le gouvernement invite à "la vigilance" du fait de "la sécheresse de la végétation et de l'arrivée du mistral et de la tramontane", en rappelant qu'une "régulation des moissons" a été mise en œuvre pour éviter les départs de feu, ainsi que les investissements déjà engagés pour la sécurité civile.

Le Premier ministre se félicite aussi que "de nombreux choix" ces derniers jours aient "bien fonctionné dans la gestion de crise", citant l'interdiction de la consommation d'alcool lors de la Fête de la musique ou l'"effet" des investissements pour l'hôpital issus du Ségur de la Santé.

Mais il reconnaît que "d'autres points peuvent devenir préoccupants en cas de canicules répétées et doivent être traités : rafraîchissement des hopitaux, robustesse des réseaux d'eau, électrique, SNCF".

Il a demandé de ce fait un "bilan" de cette canicule "pour en tirer des conclusions de planification", alors que l'exécutif est critiqué pour n'avoir pas suffisamment anticipé la crise climatique.


Macron reçoit lundi le sultan d'Oman, acteur-clé du détroit d'Ormuz

Le président français Emmanuel Macron s'adresse à la presse à l'issue de la réunion des chefs d'État du Groupe des cinq européens (E5) et du secrétaire général de l'OTAN, le 24 juin 2026, à la Chancellerie à Berlin, en Allemagne. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'adresse à la presse à l'issue de la réunion des chefs d'État du Groupe des cinq européens (E5) et du secrétaire général de l'OTAN, le 24 juin 2026, à la Chancellerie à Berlin, en Allemagne. (AFP)
  • Le président Emmanuel Macron recevra lundi le sultan d’Oman, Haïtham ben Tariq, pour renforcer les relations bilatérales et défendre une réouverture libre du détroit d’Ormuz
  • Les deux dirigeants évoqueront la désescalade régionale, la sécurité maritime et le renforcement de la coopération franco-omanaise

PARIS: Emmanuel Macron va recevoir lundi le sultan d'Oman Haïtham ben Tariq pour la première visite en France du dirigeant du pays du Golfe riverain du détroit d'Ormuz, auprès duquel il plaidera pour la réouverture "libre et sans condition" de ce passage maritime stratégique.

"Les échanges permettront de réaffirmer l'importance du soutien à la désescalade régionale et aborderont la sécurisation des voies maritimes qui passe par un passage libre et sans condition dans le détroit d'Ormuz", a déclaré vendredi la présidence française dans un communiqué.

Malgré l'accord conclu mi-juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur: Téhéran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre et auxquels Washington s'oppose.

Ce passage large d'une trentaine de kilomètres entre l'Iran et Oman, est ultrastratégique: 20% du commerce mondial d'hydrocarbures y transitait avant la guerre. Et son blocage, durant le conflit, a eu un lourd impact sur toute l'économie mondiale.

La France et le Royaume-Uni ont rassemblé une coalition de pays non belligérants prêts à mener une mission maritime de sécurisation et déminage d'Ormuz maintenant que les armes se sont tues.

A l'issue du sommet du G7 d'Evian, en France, le président français avait affirmé qu'il s'agissait d'une "proposition" qui dépendait "des accords passés entre l'Iran, les Etats-Unis d'Amérique, avec l'accord aussi d'Oman".

Or le président américain Donald Trump n'avait manifesté qu'un intérêt relatif en public pour cette mission. Les capacités de déminage en mer des pays de la coalition avaient toutefois attiré son attention durant le G7, selon un diplomate participant au sommet.

Emmanuel Macron et le sultan d'Oman s'entretiendront d'abord à la mi-journée au palais de l'Elysée, où des accords seront signés, puis s'exprimeront tous deux dans l'après-midi à l'ouverture d'un forum d'affaires dans un hôtel de la capitale française.

Cette visite "confirme la relation renforcée entre la France et le Sultanat d'Oman dans de nombreux domaines, notamment économique, scientifique, culturel ou encore industriel", estime l'Elysée.


Deux tiers de la France en alerte canicule maximale, décrue des températures à l'horizon

A winegrower protects himself from the sun under an umbrella as he works in Burgundy vineyards in Gevrey-Chambertin, central-eastern France, on May 28, 2026 as a heatwave hits France. (AFP)
A winegrower protects himself from the sun under an umbrella as he works in Burgundy vineyards in Gevrey-Chambertin, central-eastern France, on May 28, 2026 as a heatwave hits France. (AFP)
  • La France reste fortement touchée par une canicule exceptionnelle, avec 61 départements toujours en vigilance rouge, même si une baisse progressive des températures est attendue à partir de l'ouest
  • La vague de chaleur perturbe les services publics et l'économie : hôpitaux sous tension, événements annulés ou reportés, coupures d'électricité et impacts sanitaires croissants en France et ailleurs en Europe

PARIS: Deux tiers de la France restent vendredi écrasés par une canicule d'ampleur exceptionnelle à l'échelle européenne, mais quelques départements sortent du niveau d'alerte maximale et une baisse progressive des températures pointe à l'horizon.

Avec 61 départements en vigilance rouge vendredi, la canicule reflue légèrement après le pic de l'épisode atteint la veille.

Onze de ces départements devraient passer en vigilance orange vendredi à 22H00, selon Météo-France, et treize autres seront rétrogradés samedi à 06H00.

"L'air le plus chaud va progressivement se décaler vers l'Est du pays", explique Météo-France, ajoutant que "de l'air plus frais commence à gagner par l'ouest et le nord-ouest".

Le préfet de police de Paris a averti qu'il était possible que des événements festifs prévus ce week-end, notamment la Marche des fiertés samedi, soient annulées par arrêté, alors que le système hospitalier est "saturé".

Une Marche des fiertés à Lyon prévue samedi a déjà été reportée à septembre, et les courses "We run" à Paris du week-end ont été annulées. Plusieurs milliers de personnes étaient attendues.

D'ici là, plus de 850.000 collégiens passent dès vendredi les épreuves du brevet. Si certains oraux du baccalauréat ont été reportés de quelques jours pour faire face à la vague de chaleur historique, le brevet des collèges est bien maintenu, avec le français au programme vendredi matin.

Les collégiens pourront, "évidemment", "à tout moment, au cours de l'épreuve, aller se rafraîchir, de l'eau sera distribuée", a affirmé jeudi sur France 2 le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.

Emmanuel Macron a assuré jeudi qu'un "gros travail a été fait" par la France contre le réchauffement climatique, mais qu'on "ne s'adapte pas à un pic" qui n'a "jamais eu d'équivalent dans notre histoire".

La chaleur ne se limite pas aux frontières de l'Hexagone, et ce sont au moins 101 millions d'Européens qui ont enduré des températures supérieures à 35°C jeudi.

Comme la Suisse, le Royaume-Uni a battu son record de chaleur pour un mois de juin, tandis que le service d'ambulances londonien a enregistré son "record historique d'interventions pour des urgences vitales" mercredi.

- "Mortalité en hausse" -

Les conséquences sanitaires commencent à émerger: au moins 212 décès pouvant être attribués à la vague de chaleur ont été recensés de dimanche à mercredi en Espagne, contre 98 à la même période 2025, selon des données publiées par l'Institut de santé Carlos III à Madrid.

De son côté, le maire de Paris Emmanuel Grégoire a évoqué une "mortalité en hausse", sans précision chiffrée, dans la capitale française où le thermomètre a franchi mercredi pour la quatrième fois en 150 ans les 40°C.

Les infrastructures souffrent également des températures, et 50.000 foyers étaient privés d'électricité, notamment dans les Yvelines (33.000), Hauts-de-Seine (7.400) et Gironde (5.700), selon le gestionnaire Enedis, qui a activé sa force d'intervention rapide électricité (FIRE).

L'activité économique est elle aussi perturbée, avec par exemple le célèbre fabricant de cocottes en fonte émaillée Le Creuset qui a suspendu sa production dans l'Aisne de mercredi après-midi jusqu'à lundi.

Les  canicules à répétition  sont  un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion d'énergies fossiles par les humains.

"Inévitablement, nous allons expérimenter plus de ce que l'on vient de vivre ces derniers jours", a prévenu mercredi Jim Skea, le président du Giec, groupe d'experts sur le climat travaillant pour le compte de l'ONU.

Le réchauffement dans certaines régions ou les océans va au-delà des prévisions des scientifiques, a-t-il expliqué.