Soudan: Les affrontement se poursuivent après l’échec de la trêve

Partout, la nourriture, l'argent et le carburant commencent à manquer et l'ONU alerte sur le quadruplement des prix dans certaines régions de ce pays parmi les plus pauvres au monde  (Photo, Reuters).
Partout, la nourriture, l'argent et le carburant commencent à manquer et l'ONU alerte sur le quadruplement des prix dans certaines régions de ce pays parmi les plus pauvres au monde (Photo, Reuters).
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Publié le Samedi 13 mai 2023

Soudan: Les affrontement se poursuivent après l’échec de la trêve

  • Les tractations vont se poursuivre pour parvenir à une trêve permettant l'acheminement de l'aide
  • Un témoin dans le sud de Khartoum a fait état vendredi du passage d'avions de chasse et de bruits d'explosions et de combats

KHARTOUM: Des frappes aériennes, des explosions et des tirs de DCA ont secoué vendredi Khartoum et ses environs, après la signature d'un accord sur l'ouverture de couloirs pour permettre l'évacuation des civils soudanais des zones de combat et l'acheminement de l'aide humanitaire.

Les émissaires des deux généraux qui se disputent le pouvoir ont signé dans la nuit de jeudi à vendredi à Jeddah, en Arabie saoudite, ce document de quatre pages, qui ne mentionne pas de trêve, après quasiment quatre semaines de combats qui ont fait plus de 750 morts, 5.000 blessés, plus de 730.000 déplacés ainsi que quelque 200.000 réfugiés dans les pays voisins, selon l'ONU.

Après six jours de négociations sous l'égide de l'Arabie saoudite et des Etats-Unis, les émissaires de l'armée du général Abdel Fattah al-Burhane et des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo, ont signé cette "déclaration de Jeddah pour la protection des civils au Soudan".

Les tractations vont se poursuivre pour parvenir à une trêve permettant l'acheminement de l'aide, pouvant aller jusqu'à dix jours, selon le département d'Etat américain.

Le représentant de l'ONU au Soudan, Volker Perthes, qui se trouvait à Port-Soudan, poumon commercial du pays sur la mer Rouge (est) a salué un "premier pas important".

Le principal est "que les deux parties se soient engagées à poursuivre les discussions sous la médiation" américano-saoudienne, a souligné M. Perthes, disant s'attendre à ce que les "pourparlers sur le cessez-le-feu reprennent aujourd'hui ou demain (vendredi ou samedi)".

Washington et Ryad ont annoncé jusqu'ici avoir obtenu une demi-douzaine de promesses de trêve, jamais respectées. Mais "c'est la première fois que nous avons une déclaration commune", a relevé l'émissaire de l'ONU.

Darfour «coupé» du pays 

Un témoin dans le sud de Khartoum a fait état vendredi du passage d'avions de chasse et de bruits d'explosions et de combats. Un autre dans le nord de la capitale a dit avoir entendu "des frappes aériennes et des tirs de batteries antiaériennes".

A l'est du Nil, dans la grande banlieue de la capitale, des habitants ont rapporté d'intenses frappes aériennes qui ont fait trembler leurs maisons.

Au Darfour, dans l'ouest frontalier du Tchad, des témoins ont signalé des tirs d'artillerie sur la ville d'El-Geneina, auxquels tentaient d'échapper les habitants.

La situation est particulièrement sensible au Darfour, ravagé dans les années 2000 par une répression sanglante. Selon l'ONU, 450 personnes ont été tuées à El-Geneina dans les récents combats auxquels participent, outre militaires et paramilitaires, des civils armés et des combattants tribaux ou de groupes armés locaux.

Les habitants du Darfour "sont coupés" du reste du pays, a affirmé à l'AFP Mohamed Osman, chercheur pour l'ONG Human Rights Watch (HRW), citant les pillages des magasins, du marché et de l'hôpital d'El-Geneina.

Depuis quatre semaines, des millions de Soudanais, principalement à Khartoum, sont barricadés chez eux, survivant à une chaleur étouffante pratiquement sans eau courante ni électricité.

Partout, la nourriture, l'argent et le carburant commencent à manquer et l'ONU alerte sur le quadruplement des prix dans certaines régions de ce pays parmi les plus pauvres au monde.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que 60% des centres de santé à Khartoum sont fermés.

"L'OMS est prête à envoyer plus de 110 tonnes de matériel médical d'urgence de Port-Soudan", vers 13 destinations, mais a besoin d'assurances sur la sécurité de leur acheminement, a déclaré un porte-parole de l'ONU, quelques heures avant l'annonce de l'accord.

«Obligation juridique»

Les deux camps se sont engagés par cet accord à "créer des passages sécurisés pour que les civils puissent quitter les zones de combats vers la direction de leur choix".

Ils ont également promis d'"autoriser et faciliter rapidement le passage de l'aide humanitaire" vers et dans le pays.

Au moins 18 employés humanitaires ont été tués.

La valeur de ces engagements pris envers les civils et sur l'aide humanitaire "dépendra entièrement de son respect ou non par les parties", a souligné l'Union européenne (UE) dans un communiqué, rappelant qu'ils "constituaient déjà des obligations juridiques depuis le début du conflit".

"Un cessez-le-feu durable, plutôt qu'un agenda pour y parvenir, est un impératif urgent", selon l'UE.

La coalition de la société civile chassée du pouvoir en octobre 2021 les deux généraux aujourd'hui en guerre, a salué la déclaration de Jeddah comme "un premier pas dans la bonne direction".

L'ONU, l'Union africaine et l'Igad, l'organisation régionale  de l'Afrique de l'Est, se sont également félicités d'"un premier pas important pour alléger les souffrances des Soudanais".


Liban: 14 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Photo prise à Tyr montrant des baigneurs sur la plage tandis que de la fumée s’élève d’une frappe aérienne israélienne à Deir Qanoun Ras Al-Ain (8 juin 2026, AFP).
Photo prise à Tyr montrant des baigneurs sur la plage tandis que de la fumée s’élève d’une frappe aérienne israélienne à Deir Qanoun Ras Al-Ain (8 juin 2026, AFP).
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait 14 morts et plus de 20 blessés, tandis que le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre les forces israéliennes
  • Malgré l’annonce par l’Iran de la fin de son opération contre Israël, Téhéran menace de représailles plus sévères si les attaques se poursuivent au Liban, tandis qu’Israël promet de continuer à frapper le Hezbollah

BEYROUTH: Quatorze personnes ont été tuées et plus d'une vingtaine blessées lundi dans des frappes israéliennes dans le sud du Liban, selon les autorités et la Croix-Rouge, Israël promettant de continuer à viser le Hezbollah pro-iranien malgré les menaces de nouvelles représailles de Téhéran.

"Le raid de l'ennemi israélien à l'aube aujourd'hui sur le village de Zifta dans la région de Nabatiyé" a fait sept morts, dont "un enfant syrien et une femme, et huit blessés dont deux femmes", a annoncé le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Dans la soirée, le ministère a indiqué qu'une frappe sur Tyr avait fait cinq morts et huit blessés. Plus tôt dans la soirée, l'armée israélienne avait lancé un appel à évacuer dans une zone de Tyr.

Une autre frappe dans la soirée a coûté la vie à deux personnes parmi lesquelles un enfant et fait dix blessés à Marwanieh, dans le sud, selon la même source.

Lundi, les frappes israéliennes se sont abattues sur plus d'une quinzaine de localités dans le sud du Liban, notamment à Tyr, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI, officielle).

L'une des frappes a "ciblé une voiture (...) près d'un bâtiment de la Croix-Rouge libanaise" dans cette ville côtière, selon la même source. Quatre secouristes ont été blessés dans cette frappe. Atteints par des éclats de verre, ils ont été hospitalisés, selon la Croix-Rouge.

Un photographe de l'AFP a vu un épais panache de fumée s'élever d'une route côtière de la ville.

Le Hezbollah a revendiqué pour sa part de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas contre le nord d'Israël.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés du Liban "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessés.

- "Actions plus sévères" -

Lundi à la mi-journée, après des frappes réciproques depuis la veille au soir entre l'Iran et Israël, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël.

Mais il a prévenu qu'"en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seraient entreprises".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a rétorqué que son pays "continuera(it) d'agir "contre le Hezbollah. Il a promis que "toute tentative iranienne d'établir un lien entre le Liban et l'Iran afin d'attaquer Israël recevra(it) une réponse d'une grande force"..

Téhéran insiste pour traiter en même temps le conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large au Moyen-Orient, tandis que les Etats-Unis souhaitent gérer le dossier libanais dans un second temps.

Israël avait mené dimanche une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, qui a fait deux morts, en riposte à des tirs ayant visé son territoire, après avoir prévenu qu'il frapperait Beyrouth en cas d'attaques du Hezbollah contre son territoire.

Il s'agissait des premières frappes sur la banlieue sud de la capitale depuis un nouvel accord de cessez-le-feu annoncé mercredi à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington. Une trêve précédente avait été annoncée le 17 avril sans jamais être respectée.

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah pro-iranien et Israël, les frappes israéliennes ont fait plus de 3.600 morts selon les autorités. 


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".