L’indépendantiste Moetai Brotherson élu président de la Polynésie française

Il a été choisi par les 38 représentants indépendantistes de l'Assemblée, élus lors des élections territoriales du 30 avril (Photo, AFP).
Il a été choisi par les 38 représentants indépendantistes de l'Assemblée, élus lors des élections territoriales du 30 avril (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 13 mai 2023

L’indépendantiste Moetai Brotherson élu président de la Polynésie française

  • Cet ancien pilier de rugby de 53 ans, favorable à une transition douce vers l'indépendance, a été choisi par les 38 représentants indépendantistes de l'Assemblée, élus lors des élections territoriales du 30 avril
  • Dans un discours prononcé sans notes, Moetai Brotherson a assuré la France de son «respect» tout en appelant la population à ne «pas craindre l'indépendance», qui ne sera «jamais imposée» aux Polynésiens

PAPEETE : L'indépendantiste Moetai Brotherson a été largement élu vendredi président de la Polynésie française, par les représentants de l'Assemblée locale de cette collectivité du Pacifique Sud.

Cet ancien pilier de rugby de 53 ans, favorable à une transition douce vers l'indépendance, a été choisi par les 38 représentants indépendantistes de l'Assemblée, élus lors des élections territoriales du 30 avril.

«Respect»

Dans une Assemblée territoriale de 57 sièges, où les indépendantistes disposent ainsi d'une majorité absolue, les représentants ont accordé également 16 voix au président autonomiste sortant Edouard Fritch et trois à une autre candidate autonomiste, Nicole Sanquer.

La veille, ils avaient élu un autre indépendantiste, Antony Géros, à la tête de l'Assemblée.

Dans un discours prononcé sans notes, Moetai Brotherson a assuré la France de son "respect" tout en appelant la population à ne "pas craindre l'indépendance", qui ne sera "jamais imposée" aux Polynésiens.

"Avec responsabilité et respect, nous mènerons ensemble un travail exigeant pour répondre aux problématiques que rencontrent les Polynésiens au quotidien", a écrit sur Twitter le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, adressant ses "félicitations" au nouveau président.

Malgré la réinscription en 2013 de la Polynésie française sur la liste de l'ONU des territoires non-autonomes à décoloniser, la France n'a jamais souhaité engager de négociations autour de sa décolonisation.

Loin de l'esprit apaisé affiché par Moetai Brotherson, le nouveau président de l'Assemblée, Antony Géros, a estimé dans son premier discours que la France avait "usé de son autorité pour faire et défaire les majorités au gré de son intérêt, jusqu'à venir instrumentaliser les élus" pendant l'instabilité politique, entre 2004 et 2013.

Antony Géros, un proche d'Oscar Temaru, le président-fondateur du Tavini Huiraatira, représente la ligne radicale du parti indépendantiste polynésien, qui souhaite une indépendance rapide.

Moetai Brotherson a au contraire indiqué qu'il espérait un référendum d'autodétermination "dans 10 à 15 ans", estimant "ne pas pouvoir y arriver dans les cinq ans qui viennent dans de bonnes conditions".

Leur large majorité n'ayant pas grand chose à craindre de l'opposition autonomiste, la principale interrogation porte sur la cohabitation entre ces deux lignes, dont l'une va contrôler le gouvernement et l'autre l'Assemblée.

«L'indépendance»

"Il y a deux courants au (sein du) Tavini: celui d'Oscar Temaru qui veut vite l'indépendance et celui de Moetai qui veut prendre son temps", résume Georges Ravat, un vendeur de fruits de 57 ans.

"Mais les autonomistes, fallait les mettre dehors, ils ont fait trop d'erreurs pendant le Covid et il y a eu trop d'injustices dans les taxes", assure-t-il.

En Polynésie, la vague de dégagisme a frappé de plein fouet les autonomistes, dont certains, comme Edouard Fritch ou Gaston Tong Sang, étaient au pouvoir de manière quasi continue depuis une quarantaine d'années.

Avec des candidats plus jeunes et une campagne axée sur le pouvoir d'achat, les indépendantistes ont séduit au-delà de leur électorat traditionnel.

"Il n'y avait aucun changement, que des augmentations de taxes, alors maintenant on va voir si le nouveau gouvernement baisse le coût de la vie, parce que les courses et la cantine ont beaucoup augmenté", espère Jenny Faareoiti, une cuisinière de 40 ans.

"J'ai grandi dans une famille indépendantiste et nous, ce qu'on veut, c'est la liberté, ne plus dépendre de la France", revendique pour sa part Here Mehao, une étudiante en marketing.

D'autres redoutent une rupture avec la métropole, qui transfère chaque année 1,7 milliard d'euros pour financer l'Education, la Sécurité ou la Justice de cette collectivité du Pacifique Sud.

"On a besoin de cet argent, de cette nourriture qu'on importe", s'inquiète Hinatea Rei, une serveuse trentenaire. A ses côtés, le sommelier Raimana Holman renchérit, estimant, qu'on s'écraserait sur le récif sans l'aide de la France!"

Moetai Brotherson, lui, assure vouloir une transition douce, un développement social et durable. Il devrait présenter lundi son gouvernement, annoncé paritaire. Pour cause de cumul de mandats, il quittera son siège de député (Nupes) et sera remplacé par sa suppléante Mereana Reid Arbelot.

Le président indépendantiste du Congrès calédonien, Roch Wamytan, était à Papeete pour assister aux élections de ses alliés de toujours.

"Il nous faut travailler ensemble pour faire avancer notre projet politique, qui est l'indépendance", a-t-il déclaré à l'AFP. "Mais l'Etat français souhaite rester dans le Pacifique grâce à nous, grâce à nos Territoires, et ça va être horriblement compliqué", a-t-il ajouté.


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
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  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".


A Toulouse, deux policiers municipaux blessés à l'arme blanche

Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Des propos à caractère terroriste ont été signalés
  • Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc

TOULOUSE: Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc.

Des propos à caractère terroriste ont été signalés, a rapporté l'édile sur Facebook et sur X.

Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc.

Les deux agents, un homme et une femme, effectuaient une patrouille en plein coeur de Toulouse lorsqu'ils ont été agressés par un passant armé de plusieurs couteaux, selon le quotidien la Dépêche du Midi, citant l'adjoint à la Sécurité de Toulouse, Emilion Esnault.

Blessés aux bras durant l'affrontement, ils ont pu finalement maîtriser l'homme à l'aide de gaz lacrymogène, selon la même source.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.