À Tunis, la ministre italienne de l'Intérieur évoque la migration clandestine

Le président tunisien Kais Saied recevant la ministre italienne de l'Intérieur Luciana Lamorgese au palais de Carthage, le 27 juillet 2020. (AFP/HO/PRESIDENCY PRESS SERVICE))
Le président tunisien Kais Saied recevant la ministre italienne de l'Intérieur Luciana Lamorgese au palais de Carthage, le 27 juillet 2020. (AFP/HO/PRESIDENCY PRESS SERVICE))
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Publié le Lundi 27 juillet 2020

À Tunis, la ministre italienne de l'Intérieur évoque la migration clandestine

  • « Nous avons discuté de l'augmentation de nombre de migrants arrivant en Italie depuis la Tunisie et le président s'est montré compréhensif », a déclaré Luciana Lamorgese
  • Le président Saied a souligné pour sa part que « l'approche sécuritaire ne suffit pas » face aux migrations irrégulières: c'est un phénomène « essentiellement humanitaire dont les causes doivent être abordées »

TUNIS: La ministre italienne de l'Intérieur Luciana Lamorgese a rencontré lundi à Tunis le président tunisien Kais Saied, avec qui elle a évoqué la lutte contre les migrations clandestines, alors que les Tunisiens ont constitué le plus important contingent de migrants arrivés illégalement en juillet.

Cette visite intervient au lendemain de l'interception par Tunis de plusieurs bateaux partis clandestinement en direction de l'Italie, transportant quelques dizaines de candidats à l'exil, dont plusieurs sont morts noyés selon des médias locaux.

Mme Lamorgese a également rencontré son homologue Hichem Mechichi, désigné samedi pour former le futur gouvernement.

« Nous avons discuté de l'augmentation de nombre de migrants arrivant en Italie depuis la Tunisie et le président s'est montré compréhensif », a déclaré Mme Lamorgese, selon des propos traduits par la présidence tunisienne.

Elle a souligné que « la décision des autorités italiennes de régulariser la situation de certains migrants ne concerne que ceux qui sont arrivés dans le passé et pas ceux qui arrivent actuellement ».

Le président Saied a souligné pour sa part que « l'approche sécuritaire ne suffit pas » face aux migrations irrégulières: c'est un phénomène « essentiellement humanitaire dont les causes doivent être abordées », selon un communiqué de la présidence.

Il a appelé à « une coopération entre les différents Etats afin de trouver des solutions pour assurer la survie de ces migrants dans leur pays d'origine », estimant que cela relève d'une « responsabilité collective ».

Samedi et dimanche, la Garde nationale tunisienne a intercepté plusieurs embarcations clandestines transportant quelques dizaines de candidats à l'exil vers l'Italie, ont indiqué des médias locaux. L'une aurait fait naufrage dimanche avec 16 personnes à bord non loin de Mahdia, dont 13 ont été secourus. Une autre aurait été interceptée au large de l'île touristique de Djerba, avec 12 passagers dont 7 ont été sauvés.

Plus de 11.800 personnes sont arrivées en Italie illégalement entre le 1er janvier et le 26 juillet 2020, selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), davantage que sur la même période en 2019 (3.500), mais bien moins que l'année précédente. Environ 45% des migrants arrivés en juillet étaient des Tunisiens, selon la même source.


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.

 


Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud

Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud
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  • Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani
  • Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média

BEYROUTH: Un prêtre a été tué lundi par des tirs d'artillerie de l'armée israélienne dans un village du sud du Liban, particulièrement touché par la reprise du conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), des habitants et une source médicale à l'AFP.

La victime, Pierre Raï, était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l'écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d'évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani.

Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média.

Un second tir sur la maison a blessé le prêtre et trois autres habitants, selon des résidents du village, qui ont raconté à l'AFP être accourus sur place avec des secouristes de la Croix rouge libanaise.

Le prêtre a plus tard succombé à ses blessures, a affirmé une source médicale.

Les motivations de l'attaque israélienne contre cette maison située en bordure du village restent pour l'instant inconnues.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël qui mène depuis des représailles massives.

L'armée israélienne a ordonné à plusieurs reprises aux habitants d'une vaste partie du sud du Liban de partir, provoquant un exode massif.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d'habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

"Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix", avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme "une zone rouge", c'est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés de la zone partisans du Hezbollah.

 


Liban: nouvelle frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth

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  • L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth
  • Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan

BEYROUTH: L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) et les images de l'AFPTV.

Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au Hezbollah, implantée notamment dans les fiefs de la formation.