Arménie-Azerbaïdjan: Pachinian dit avoir accepté une rencontre avec Aliev le 25 mai à Moscou

Le président russe Vladimir Poutine accueille les dirigeants arménien et azerbaïdjanais, Nikol Pachinian et Ilham Aliev, pour des pourparlers à Moscou (Photo, AFP).
Le président russe Vladimir Poutine accueille les dirigeants arménien et azerbaïdjanais, Nikol Pachinian et Ilham Aliev, pour des pourparlers à Moscou (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 19 mai 2023

Arménie-Azerbaïdjan: Pachinian dit avoir accepté une rencontre avec Aliev le 25 mai à Moscou

  • Cette annonce intervient alors que les ministres des Affaires étrangères de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan doivent se réunir vendredi à Moscou
  • Pour l'heure, le président azerbaïdjanais n'a pas confirmé sa présence

EREVAN: Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a dit jeudi avoir accepté de rencontrer le président azerbaïdjanais Ilham Aliev le 25 mai à Moscou, lors de pourparlers sous l'égide de Vladimir Poutine, en pleines tensions entre ces deux pays du Caucase.

"Nous avons reçu de la Russie une proposition pour organiser une rencontre trilatérale au plus haut niveau, sous la médiation du président russe, le 25 mai. Nous avons accepté cette proposition", a indiqué Nikol Pachinian lors d'une réunion gouvernementale.

Pour l'heure, le président azerbaïdjanais n'a pas confirmé sa présence.

Cette annonce intervient alors que les ministres des Affaires étrangères de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan doivent se réunir vendredi à Moscou pour des pourparlers de paix.

Un regain de tensions a eu lieu ces derniers jours entre les deux pays, qui se disputent le contrôle du Nagorny Karabakh, une région majoritairement peuplée d'Arméniens ayant fait sécession de Bakou avec l'aide d'Erevan.

Ces deux ex-républiques soviétiques se sont affrontées lors de deux guerres en un peu plus de trente ans. La dernière, en 2020, s'est soldée par une écrasante victoire de l'Azerbaïdjan qui a repris d'importants territoires.

Malgré un cessez-le-feu parrainé par Moscou, des affrontements éclatent régulièrement dans le Nagorny Karabakh et à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Mercredi, l'armée a annoncé la mort d'un soldat blessé par des tirs des forces azerbaïdjanaises, tandis qu'un militaire arménien et un militaire azerbaïdjanais ont été tués la semaine dernière dans d'autres affrontements.

Parallèlement, les efforts internationaux de médiation s'intensifient.

Des discussions ont eu lieu pendant quatre jours début mai à Washington entre des délégations arménienne et azerbaïdjanaise. Dimanche, MM. Aliev et Pachinian se sont retrouvés à Bruxelles lors des négociations sous l'égide de l'UE.

Jeudi, Nikol Pachinian a affirmé que, lors de ces négociations bruxelloises, les deux camps s'étaient entendus pour reconnaître leur intégralité territoriale respective, saluant une "étape importante vers la paix".

M. Pachinian a assuré que des "progrès" avaient été accomplis pour rédiger "le texte final d'un accord de paix".

Une nouvelle rencontre entre MM. Pachinian et Aliev sont aussi prévus le 1er juin en Moldavie, impliquant le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz.

Ces initiatives occidentales sont vues d'un mauvais œil par la Russie, qui fait le Caucase comme son pré carré.

Interrogé pour savoir comment Washington a vu l'initiative russe, en pleine guerre en Ukraine, le porte-parole adjoint du département d'Etat, Vedant Patel, a répondu que les États-Unis jugeaient "bienvenues" les discussions directes entre les deux parties.

"Nous estimons que ces discussions directes sont d'une importance cruciale et nous sommes heureux qu'elles se tiennent", a-t-il dit. "Qu'elles se déroulent à Arlington (dans la banlieue de Washington), à Bruxelles ou à Moscou, nous continuons d'appuyer sur cet effort" de paix.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.