Turquie: Ogan, troisième homme de la présidentielle, place ses pions

Le président turc Recep Tayyip Erdogan rencontre l'ancien candidat présidentiel de l'Alliance ATA Sinan Ogan au bureau de Dolmabahce à Istanbul (Photo, AFP).
Le président turc Recep Tayyip Erdogan rencontre l'ancien candidat présidentiel de l'Alliance ATA Sinan Ogan au bureau de Dolmabahce à Istanbul (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 20 mai 2023

Turquie: Ogan, troisième homme de la présidentielle, place ses pions

  • Ce succès, Sinan Ogan l'attribue à «des nationalistes turcs, des kémalistes, des jeunes»
  • S'il n'est sans doute pas le faiseur de roi qu'il prétend être, Sinan Ogan accapare l'attention

ISTANBUL: Tous les regards sont tournés vers lui: Sinan Ogan, troisième homme de la présidentielle turque, profite de son score surprise au premier tour pour tenter de peser sur l'élection.

Le quinquagénaire à la haute stature a recueilli dimanche 5,2% des voix, illustrant la poussée des nationalistes qui, tous partis confondus, ont réuni 22% des suffrages lors des législatives qui étaient convoquées le même jour.

Avec son slogan "Le moment est venu", ce dissident du parti ultranationaliste MHP, formation alliée à Erdogan, a même enregistré 8,8% des voix dans la province conservatrice de Kayseri (centre).

Ce succès, Sinan Ogan l'attribue à "des nationalistes turcs, des kémalistes, des jeunes", a-t-il expliqué mardi à l'AFP. Ils "nous trouvent modernes", "nous voient comme les représentants de la nouvelle politique", "plus intellectuels", affirme-t-il.

Ses 2,8 millions d'électeurs, veut-il croire, "en ont marre des vieux visages de la politique", à commencer par ceux de Recep Tayyip Erdogan, 69 ans dont 20 au pouvoir, et Kemal Kiliçdaroglu, 74 ans et à la tête du parti social-démocrate et laïque CHP depuis 2010, qui s'affronteront lors d'un second tour inédit le 28 mai.

Pour les analystes, l'Alliance nationale menée par M. Kiliçdaroglu aura du mal à freiner l'élan de M. Erdogan au cours des deux prochaines semaines.

Certains estiment d'ailleurs que le chef de l'Etat n'aura pas besoin du soutien de M. Ogan pour décrocher un troisième mandat, la victoire lui ayant échappé d'un demi-million de voix environ au premier tour, sur 64 millions d'électeurs.

S'il n'est sans doute pas le faiseur de roi qu'il prétend être, Sinan Ogan accapare l'attention.

Rien ne dit cependant que ses soutiens du premier tour suivront ses éventuelles consignes de vote.

«Nationalisme anti-kurde»

Ce fils d'un paysan, qui a grandi dans la province d'Igdir (est) avant d'étudier le droit et les sciences politiques en Turquie puis à Moscou, se présente comme un défenseur de toujours de la Turquie.

Il affiche un nationalisme laïque fidèle aux principes du père fondateur de la Turquie moderne et du CHP, Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938), qui le distingue du parti d'Erdogan, ancré dans l'islam, explique Kürsad Ertugrul, professeur à l'Université technique du Moyen-Orient à Ankara.

Cette fidélité aux idées d'Atatürk "a attiré ceux qui se sont opposés à Erdogan mais qui n'étaient pas satisfaits de la stratégie de grande coalition de Kiliçdaroglu", qui mêle conservateurs, nationalistes et libéraux de centre-droit et de gauche, décrypte M. Ertugrul.

Elu député en 2011, l'année du soulèvement populaire en Syrie qui a dégénéré en guerre civile, Sinan Ogan a fait de l'immigration son cheval de bataille, surfant sur le fort sentiment anti-syrien en Turquie en promettant l'expulsion des 3,7 millions de réfugiés syriens vivant officiellement en Turquie.

La sécurité et la lutte contre les "terroristes" sont son autre priorité. Il accuse notamment le parti prokurde HDP, qui a appelé à voter pour M. Kiliçdaroglu, de liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), groupe qualifié de terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux qui combat l'Etat turc depuis le début des années 1980.

M. Ogan nie toutefois être "anti-Kurde", affirmant s'opposer uniquement au "terrorisme".

"Le nationalisme anti-kurde de la ligne représentée par M. Ogan rend très difficile la conclusion d'un accord avec M. Kiliçdaroglu", estime Kürsad Ertugrul.

Même si Kemal Kiliçdaroglu obtenait le soutien de Sinan Ogan, cela lui aliénerait probablement le soutien d'une partie des Kurdes, qui représentent environ un cinquième de la population turque, notent des analystes.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.