Irak: tensions autour d'un camp de réfugiés kurdes pour des liens avec le PKK

Fondé en collaboration avec l'ONU, ce camp situé à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest d'Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, accueille plus de 10 000 résidents. (Photo, AFP)
Fondé en collaboration avec l'ONU, ce camp situé à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest d'Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, accueille plus de 10 000 résidents. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 20 mai 2023

Irak: tensions autour d'un camp de réfugiés kurdes pour des liens avec le PKK

  • Depuis des décennies, la lutte opposant la Turquie au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), mouvement kurde turc classé "terroriste" par Ankara, a débordé dans le nord de l'Irak
  • Historiquement, les résidents de Makhmour sont des personnes ayant fui le sud de la Turquie au milieu des années 1990 pour trouver refuge de l'autre côté de la frontière, dans le nord irakien

SOULEIMANIYEH: Des tensions ont éclaté samedi autour du camp de Makhmour abritant des réfugiés Kurdes de Turquie dans le nord de l'Irak, ont indiqué trois responsables, l'armée irakienne tentant de renforcer la sécurité dans ce secteur, où le PKK est régulièrement visé par la Turquie.

Depuis des décennies, la lutte opposant la Turquie au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), mouvement kurde turc classé "terroriste" par Ankara, a débordé dans le nord de l'Irak, où les deux camps disposent de positions militaires ou de bases arrières.

Historiquement, les résidents de Makhmour sont des personnes ayant fui le sud de la Turquie au milieu des années 1990 pour trouver refuge de l'autre côté de la frontière, dans le nord irakien.

Fondé en collaboration avec l'ONU, ce camp situé à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest d'Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, accueille plus de 10 000 résidents et dispose aujourd'hui d'une administration locale avec son propre service de sécurité --armé.

Interrogé par l'AFP, un haut responsable sécuritaire irakien a indiqué samedi sous couvert d'anonymat que "l'armée envisageait d'ériger une clôture, une entrée (unique) pour que le camp soit sécurisé".

L'objectif: "sécuriser le camp et régulariser les déplacements", a-t-il précisé, assurant qu'il s'agissait de "questions sécuritaires" en lien avec la présence de "familles du PKK" parmi les résidents.

Rachad Kalali, un responsable local de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), un des deux partis historiques du Kurdistan irakien, a indiqué à l'AFP que "les résidents du camp ont manifesté pour rejeter les mesures de l'armée".

"L'armée irakienne veut construire une clôture autour du camp, avoir une entrée unique et retirer les armes" aux habitants, a-t-il souligné.

Un responsable de l'administration locale du camp a confirmé. Parmi les quatre conditions évoquées par une délégation sécuritaire du gouvernement, "la surveillance du camp doit être assurée par la police et l'armée.

Et la police locale devra retourner dans le camp", a précisé cette source.

En 2021 le président Recep Tayyip Erdogan s'en était directement pris à Makhmour, la Turquie accusant le PKK d'y faire la loi.

"Nous n'allons pas permettre que l'organisation séparatiste et funeste utilise Makhmour comme l'incubateur du terrorisme", avait-il affirmé en juin 2021 sur Twitter.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.


Plus d’un million de Libanais risquent de souffrir de la faim d’ici août, avertit l’ONU

Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
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  • Les récents progrès en matière de sécurité alimentaire ont été anéantis par une forte escalade de la violence, replongeant le Liban dans un état de crise, selon des analystes
  • Cette situation intervient alors que les autorités israéliennes émettent un nouvel ordre de déplacement visant 16 zones du sud du Liban, enjoignant les habitants à se rendre dans la ville voisine de Saïda

​​​​​​NEW YORK : Plus d’un million de personnes au Liban risquent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, alors que la violence, les déplacements massifs et les difficultés économiques aggravent une situation humanitaire déjà fragile, a averti l’ONU mercredi.

Cette annonce intervient le même jour où les autorités israéliennes ont émis un nouvel ordre de déplacement pour 16 zones situées au sud du fleuve Litani, demandant aux habitants de se relocaliser dans la ville voisine de Saïda.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que ce nouvel ordre accentue les pressions liées aux déplacements à travers le pays, alors que les civils continuent de payer le prix des hostilités en cours.

Les femmes et les enfants restent particulièrement touchés, a-t-il ajouté, avec des rapports faisant état d’une hausse des détresses psychologiques. Beaucoup font face à des difficultés accrues liées au déplacement, à la séparation familiale et à la dégradation des conditions économiques. Les abris surpeuplés augmentent également le risque de violences basées sur le genre, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées.

« Nous et nos partenaires répondons aux besoins croissants là où l’accès le permet », a déclaré Dujarric aux journalistes à New York, tout en soulignant que les opérations humanitaires restent limitées par un accès restreint aux zones touchées.

La crise est encore aggravée par la détérioration des conditions de sécurité alimentaire. Une nouvelle analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial conclut que les progrès récents ont été inversés par la récente escalade de la violence, replongeant le Liban dans une situation de crise.

Les dernières données de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire indiquent qu’environ 1,24 million de personnes — soit près d’une sur quatre parmi celles évaluées — devraient faire face à une insécurité alimentaire de « phase 3 » (niveau de crise) ou pire d’ici août. Cela signifie que les ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation sévères, comme sauter des repas ou vendre des biens essentiels pour pouvoir se nourrir.

Malgré l’ampleur de la crise, le financement des efforts humanitaires reste gravement insuffisant. L’appel éclair pour le Liban n’a jusqu’à présent recueilli qu’un peu plus de 117 millions de dollars, soit seulement 38 % des 308 millions nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents.

Dujarric a averti que sans un soutien financier immédiat supplémentaire et un meilleur accès humanitaire, la situation risque de se détériorer davantage, exposant des millions de personnes à un risque accru de faim et de précarité dans les mois à venir. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com