Zelensky dément la capture de Bakhmout revendiquée par la Russie

Cette capture d’écran extraite d'un document diffusé le 20 mai 2023 sur le compte Telegram du service de presse de Concord - une société liée au chef du groupe mercenaire russe Wagner, Evgeniy Prigozhin - montre Evgeniy Prigozhin tenant un drapeau national russe devant ses soldats tenant les drapeaux du groupe Wagner à Bakhmut. (Photo par Handout / diverses sources)
Cette capture d’écran extraite d'un document diffusé le 20 mai 2023 sur le compte Telegram du service de presse de Concord - une société liée au chef du groupe mercenaire russe Wagner, Evgeniy Prigozhin - montre Evgeniy Prigozhin tenant un drapeau national russe devant ses soldats tenant les drapeaux du groupe Wagner à Bakhmut. (Photo par Handout / diverses sources)
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Publié le Lundi 22 mai 2023

Zelensky dément la capture de Bakhmout revendiquée par la Russie

  • La vice-ministre ukrainienne de la Défense Ganna Maliar a elle assuré que les forces de Kiev avaient «encerclé partiellement» Bakhmout grâce à leur percée récente sur les flancs au nord et au sud
  • La capture de Bakhmout, déjà conquise à plus de 90% par les forces russes ces derniers mois, a été revendiquée samedi à midi par le patron de Wagner

KIEV: L'armée ukrainienne affirme mener des contre-attaques dans la ville dévastée de Bakhmout, dont le président Volodymyr Zelensky a démenti la capture revendiquée par la Russie.

Le chef du groupe paramilitaire russe Wagner Evguéni Prigojine, dont les hommes sont en première ligne dans les combats, puis le ministère russe de la Défense avaient assuré samedi avoir "totalement libéré" Bakhmout, ville minière de l'est de l'Ukraine et épicentre de la bataille la plus longue et la plus meurtrière de la guerre débutée en février 2022.

Mais Volodymyr Zelensky, qui se trouvait lui au Japon pour un sommet du G7 au cours duquel il a récolté soutiens diplomatiques et aide militaire, a assuré dimanche que la ville "n'est pas occupée" par les troupes russes, après une série de déclarations ambiguës sur la situation sur place.

"Il n'y a rien dans cet endroit (...) juste des ruines et beaucoup de Russes morts", a-t-il lancé  en semblant suggérer que Bakhmout ne serait qu'une victoire à la Pyrrhus pour les Russes. Il a comparé les destructions sur place à celles causées par le bombardement à l'arme atomique par les Etats-Unis de Hiroshima en 1945.

Le commandant des forces terrestres ukrainiennes, Oleksandre Syrsky, a lui indiqué que ses troupes ne contrôlaient plus qu'une partie "insignifiante" de Bakhmout, tout en "continuant à avancer" sur les flancs au nord et au sud de la ville.

Selon la vice-ministre ukrainienne de la Défense Ganna Maliar, les forces de Kiev ont "encerclé partiellement" Bakhmout grâce à leur percée récente sur ces flancs tenus par des troupes régulières russes, ce qui rend selon elle "très difficile" la présence russe dans la ville.

Elle a une nouvelle fois affirmé que les défenseurs ukrainiens à Bakhmout même contrôlent toujours "certaines installations industrielles et infrastructures".

Un porte-parole de l'armée ukrainienne sur le front est, Sergiï Tcherevatyj, a indiqué dimanche soir que ses troupes menaient des contre-attaques dans Bakhmout et dans les environs.

Les forces russes "tentent de prendre le contrôle de toute la ville. Nos unités tiennent la défense de plusieurs bâtiments et d'un certain nombre de fortifications dans la partie sud-ouest" de Bakhmout, a-t-il déclaré à la télévision nationale.

Des affrontements violents ont eu lieu dans d'autres villes et villages de l'est, notamment Mariinka et Avdiivka dans la région de Donetsk, selon un communiqué de l'état-major ukrainien, qui indique que les Russes ont effectué quatre frappes de missiles et 45 frappes aériennes dimanche.

"Bakhmout et Mariinka restent l'épicentre des hostilités", indique le communiqué. "La bataille pour la ville de Bakhmut se poursuit".

La capture de Bakhmout avait été revendiquée samedi par le patron de Wagner Evguéni Prigojine, qui a assuré qu'il remettrait le contrôle de la ville aux troupes régulières russes le 25 mai.

M. Prigojine a insisté dimanche sur le fait que la ville avait été prise "jusqu'au dernier centimètre" dans ses "frontières légales". "Il n'y a pas un seul soldat ukrainien à Bakhmout", a-t-il dit.

Le président russe Vladimir Poutine avait félicité samedi les hommes de Wagner et l'armée russe pour "l'achèvement de l'opération (ayant permis de) libérer" Bakhmout et promis de décorer les militaires s'étant distingués dans cette bataille.

«L'enfer est à Bakhmout»

Si elle était confirmée, la prise de Bakhmout permettrait à la Russie d'afficher une victoire après une série de revers humiliants.

Elle interviendrait aussi avant une contre-offensive d'ampleur que Kiev dit préparer depuis des mois, forte des livraisons d'armes occidentales.

Volodymyr Zelensky a cependant admis cette semaine que l'Ukraine avait besoin de "plus de temps" pour mettre en œuvre cette contre-offensive destinée à reprendre aux Russes les territoires qu'ils occupent.

A l'issue d'une série d'entretiens avec les dirigeants des pays du G7, dont le président des Etats-Unis Joe Biden, il obtenu la promesse américaine de nouvelles livraisons de munitions, d'artillerie et de véhicules blindés, s'ajoutant au feu vert de Washington vendredi à la fourniture des avions de combat F-16 qu'il réclame depuis longtemps.

Moscou et Kiev ont subi d'importantes pertes à Bakhmout, ville de quelque 70.000 habitants avant l'offensive russe, aujourd'hui en grande partie détruite par les combats.

Cette bataille a aussi été le théâtre d'un conflit ouvert entre Evguéni Prigojine et l'état-major russe, envers lequel le patron de Wagner a multiplié les insultes, l'accusant de ne pas fournir à dessein à ses hommes assez de munitions pour les affaiblir.

Le ministère ukrainien de l'Intérieur a rapporté dimanche avoir évacué dix civils de Bakhmout. Le nombre d'habitants demeurant dans la ville dévastée est inconnu, mais probablement très faible.

"L'opération de sauvetage a été difficile sur la route au milieu des mines et sous les tirs des occupants", a-t-il indiqué. "Si l'enfer existe, il est à Bakhmout", a déclaré l'un des habitants évacués, cité par le ministère ukrainien.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.