Nord: quatre morts, dont trois policiers, dans un «grave accident» de la route

Des bouquets de fleurs sont disposés à l'entrée du commissariat de Roubaix, dans le nord de la France, le 21 mai 2023, à la suite d'un accident de la route à Villeneuve-d'ascq, causant la mort de quatre personnes dont trois policiers appartenant à ce commissariat. (Photo, AFP)
Des bouquets de fleurs sont disposés à l'entrée du commissariat de Roubaix, dans le nord de la France, le 21 mai 2023, à la suite d'un accident de la route à Villeneuve-d'ascq, causant la mort de quatre personnes dont trois policiers appartenant à ce commissariat. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 21 mai 2023

Nord: quatre morts, dont trois policiers, dans un «grave accident» de la route

  • Les personnes décédées sont trois fonctionnaires du commissariat de police de Roubaix et le conducteur de l'autre véhicule impliqué, selon la préfecture du Nord
  • Les trois policiers, deux hommes et une femme membres d'un équipage de Police Secours, étaient âgés de 24 et 25 ans, selon une source policière et des sources syndicales

ROUBAIX: La police nationale "en deuil": quatre personnes, dont trois jeunes policiers, sont mortes, et deux passagers ont été grièvement blessés dimanche matin, dans un accident de la route dont les circonstances exactes font l'objet d'un enquête entre un véhicule de police et une voiture, dans la métropole lilloise.

Les personnes décédées sont trois fonctionnaires du commissariat de police de Roubaix et le conducteur de l'autre véhicule impliqué, selon la préfecture du Nord.

Les trois policiers, deux hommes et une femme membres d'un équipage de Police Secours, étaient âgés de 24 et 25 ans, selon une source policière et des sources syndicales.

Une "jeune fille" qui était dans le véhicule de police a été transférée en "urgence absolue" au centre hospitalier de Lille, comme le passager du second véhicule, a indiqué la procureure de Lille, Carole Etienne. Le pronostic vital de cette passagère n'était plus engagée en début d'après-midi, a-t-elle précisé.

Selon la procureure, les policiers l'accompagnaient à l'hôpital pour qu'elle y soit examinée en tant que "victime potentielle" d'autres faits. Selon une source policière, il s'agit d'une adolescente de 16 ans.

"Toutes mes pensées vont aux familles des victimes à qui j'adresse mes condoléances. Plein soutien aux blessés", a réagi sur Twitter le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, évoquant un "très grave accident de la circulation". Selon son entourage, il se rendra lundi matin au commissariat de Roubaix.

Collision «très violente»

Accouru dans la matinée, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, se trouvait dans l'après-midi au commissariat, où une cellule psychologique a été ouverte, a indiqué une source policière.

Une minute de silence y a été observée, selon Arnauld Boutelier, secrétaire zonal adjoint du syndicat Alliance.

La procureure a indiqué qu'il était encore trop tôt pour déterminer les circonstances exactes de l'accident, et le parcours des passagers de la voiture tiers.

Elle a précisé que la "collision apparemment très violente" s'était produite vers 7h00, sur la RD 700 au niveau de Villeneuve-d'Ascq, quand la voiture de police "qui se trouvait sur une bretelle d'accès percute ou est percuté par un véhicule Alfa Romeo". "Le véhicule de police a été retrouvé en contre-bas de la voie, dans le fossé".

Selon une première source policière, le véhicule tiers arrivait à contre-sens et le choc a été frontal. "C'est une des hypothèses", a nuancé une source proche du dossier.

L'avant du véhicule policier, extrait du fossé, a été quasi-complètement écrasé, selon le photographe de l'AFP sur place.

Les deux occupants de l'autre véhicule "sont défavorablement connus de la police pour alcool, usage de stupéfiants et outrages", selon une autre source policière.

Selon cette même source, un témoin a déclaré avoir vu le véhicule de police circulant à une vitesse normale percutée par un véhicule arrivant à contre-sens.

Sur les lieux de l'accident, la sous-préfète de l'arrondissement de Lille Fabienne Decottignies a déploré "un véritable drame pour la police nationale".

La police «en deuil»

Des gerbes de fleurs étaient déposées en début d'après-midi devant le commissariat, dont l'une au nom du député Insoumis du Nord, David Guirault, a constaté une journaliste de l'AFP. Un habitant indique être venu "en tant que citoyen et parent", pour remercier les policiers de leur "sacrifice".

"C'est toute une profession qui est sous le choc", a réagi auprès de l'AFP le secrétaire national du syndicat Unité-SGP, Jean-Christophe Couvy.

"On fait vraiment un métier particulier, où il n’y a pas de petite mission anodine. La mort frappe parfois quand on ne s’y attend pas, toute mission comporte un risque", a-t-il souligné.

"La Police Nationale est en deuil. C'est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès en service de Manon, Steven et Paul", a également réagi, sur Twitter, le syndicat Alternative Police, affilié à la CFDT.

Douze membres des forces de l'ordre ont trouvé la mort ces quinze dernières années dans des accidents multi-meurtriers pour les forces de l'ordre, dont le dernier, survenu le 11 avril dans les Landes, avait coûté la vie à deux gendarmes qui tentaient de contrôler un véhicule roulant dangereusement à vive allure.


Budget: "Il ne serait pas sérieux de faire tomber le gouvernement" dans ce contexte international, affirme Wauquiez

Le président du groupe parlementaire Droite républicaine, Laurent Wauquiez, s'exprime lors d'un débat parlementaire sur le budget 2026 à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 31 octobre 2025. (AFP)
Le président du groupe parlementaire Droite républicaine, Laurent Wauquiez, s'exprime lors d'un débat parlementaire sur le budget 2026 à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 31 octobre 2025. (AFP)
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  • Laurent Wauquiez exclut toute censure du gouvernement, estimant qu’elle serait irresponsable dans le contexte international et budgétaire actuel
  • Le chef des députés LR juge le budget imparfait mais non idéologique, tout en critiquant le manque d’économies et la pression sur les grandes entreprises

PARIS: Le patron des députés LR Laurent Wauquiez a affirmé mercredi qu'il "ne serait pas sérieux de faire tomber le gouvernement" dans le contexte international actuel, écartant une censure de l'exécutif de Sébastien Lecornu de la part de la cinquantaine de députés LR.

"Dans le contexte international de danger qui est celui de la France et de menace d'une guerre commerciale, il ne serait pas sérieux de faire tomber le gouvernement et de laisser la France sans budget", a déclaré Laurent Wauquiez devant l'Association des journalistes parlementaires (AJP).

Le patron des députés LR a nié que ce budget soit "socialiste" comme l'a affirmé le patron de son parti Bruno Retailleau.

"Ce n'est pas un budget socialiste, ce n'est pas un budget de droite. C'est un budget qui est le fruit d'une situation politique pleine de tempêtes dans laquelle il n'y a pas de majorité dans notre Assemblée nationale", a-t-il expliqué.

Laurent Wauquiez a estimé que le travail parlementaire de la droite a permis d'éviter "l'hérésie fiscale" du projet de budget initial, tout en reconnaissant que la version adoptée par 49.3 est "imparfaite".

A ses yeux, le "gros point de noir de ce budget" est le manque d'économies sur les dépenses et le "poids mis sur les grandes entreprises".

Laurent Wauquiez a sévèrement taclé David Lisnard, le maire libéral de Cannes, qui a appelé mardi les élus de droite à faire tomber le gouvernement et dont la députée Alexandra Martin, qui porte les couleurs de son parti Nouvelle Energie au sein du groupe LR, a promis de voter la censure.

"Ceux qui veulent censurer ou ne pas censurer, la meilleure façon c'est d'avoir le courage de se présenter aux élections législatives", a affirmé le député de Haute-Loire, en allusion au patron de l'Association des maires de France (AMF). David Lisnard est candidat à sa réélection à Cannes en mars et il a annoncé qu'il se présenterait à la présidentielle l'an prochain, si la primaire à droite qu'il souhaite n'est pas organisée.


La France demande «un exercice de l'Otan» au Groenland, se dit «prête à y contribuer»

Donald Trump, à qui des journalistes demandaient mardi jusqu'où il serait prêt à aller pour acquérir le Groenland, a répondu: "vous le découvrirez". (AFP)
Donald Trump, à qui des journalistes demandaient mardi jusqu'où il serait prêt à aller pour acquérir le Groenland, a répondu: "vous le découvrirez". (AFP)
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  • "La France demande un exercice de l'OTAN au Groenland et est prête à y contribuer", a fait savoir la présidence française
  • Plusieurs pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, ont déjà envoyé du personnel militaire sur ce territoire pour une mission de reconnaissance en vue d'un exercice danois organisé avec des alliés de l'Otan

PARIS: La France veut un "exercice de l'Otan" au Groenland et est "prête à y contribuer", a indiqué mercredi l'Elysée, alors que le président américain Donald Trump répète qu'il veut s'emparer de ce territoire autonome danois.

Ses menaces concernant le Groenland ont jeté un froid dans les relations déjà complexes entre le président américain, qui doit s'exprimer mercredi au Forum de Davos, et les puissances européennes.

"La France demande un exercice de l'OTAN au Groenland et est prête à y contribuer", a fait savoir la présidence française.

Plusieurs pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, ont déjà envoyé du personnel militaire sur ce territoire pour une mission de reconnaissance en vue d'un exercice danois organisé avec des alliés de l'Otan, mais en dehors du cadre de l'alliance atlantique et donc sans l'implication des Etats-Unis.

Cela avait provoqué la colère de Donald Trump, qui avait menacé ses alliés participant à ces manœuvres d'imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu'à 25%.

Le dirigeant martèle que le Groenland, par ailleurs riche en minéraux, est vital pour la sécurité des Etats-Unis et de l'Otan face à la Russie et à la Chine. Un exercice de l'Otan à proprement parler permettrait d'impliquer Washington et d'afficher le fait que la sécurité en Arctique est prise au sérieux par les Européens, juge-t-on à Paris.

Donald Trump, à qui des journalistes demandaient mardi jusqu'où il serait prêt à aller pour acquérir le Groenland, a répondu: "vous le découvrirez".

"Je pense qu'il va se passer quelque chose qui sera très positif pour tout le monde", a-t-il assuré.


G7, Groenland, Russie: Macron face au défi de ne pas rompre le fil avec Trump

Emmanuel Macron tente un coup: il a proposé à Donald Trump un sommet du G7 à Paris avec la présence des Russes, toujours en quête d'un équilibre incertain pour contenir les poussées de fièvre de l'imprévisible diplomatie américaine, entre confrontation et accommodements. (AFP)
Emmanuel Macron tente un coup: il a proposé à Donald Trump un sommet du G7 à Paris avec la présence des Russes, toujours en quête d'un équilibre incertain pour contenir les poussées de fièvre de l'imprévisible diplomatie américaine, entre confrontation et accommodements. (AFP)
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  • "Mon ami", commence le président français dans un message privé qui n'aurait pas dû être publié mais a été révélé mardi par son homologue américain
  • "Nous sommes totalement alignés sur la Syrie. Nous pouvons faire de grandes choses en Iran. Je ne comprends pas ce que tu fais au Groenland", poursuit-il

PARIS: Emmanuel Macron tente un coup: il a proposé à Donald Trump un sommet du G7 à Paris avec la présence des Russes, toujours en quête d'un équilibre incertain pour contenir les poussées de fièvre de l'imprévisible diplomatie américaine, entre confrontation et accommodements.

"Mon ami", commence le président français dans un message privé qui n'aurait pas dû être publié mais a été révélé mardi par son homologue américain.

"Nous sommes totalement alignés sur la Syrie. Nous pouvons faire de grandes choses en Iran. Je ne comprends pas ce que tu fais au Groenland", poursuit-il.

Il propose d'"organiser une réunion du G7 à Paris jeudi après-midi", et se dit prêt, "en marge" de ce sommet, à "inviter les Ukrainiens, les Danois, les Syriens et les Russes".

Une présence officielle de dirigeants russes à Paris serait inédite depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine il y a bientôt quatre ans. La Russie a été expulsée du G8, redevenu G7, à la suite de l'annexion de la Crimée par Moscou en 2014, même si Donald Trump a plusieurs fois exprimé le vœu de la réintégrer.

La réponse du président américain n'a pas été rendue publique, et rien ne dit à ce stade que ce sommet se fera. Le Kremlin a assuré n'avoir reçu aucune invitation.

Emmanuel Macron estime avoir appris à gérer sa relation avec Donald Trump lors du premier mandat à la Maison Blanche et depuis son retour il y a un an.

Face à des tensions à nouveau au plus haut en raison de la volonté américaine de s'emparer du Groenland, territoire autonome danois, et des menaces de taxes douanières accrues contre les Etats européens qui s'y opposent, le président français tente de jouer sur les codes de la diplomatie disruptive de son homologue.

"Le président Trump aime faire des opérations. J'ai un peu le même tempérament, donc je comprends très bien", avait reconnu Emmanuel Macron en octobre au sujet de ses "coups" qui sèment souvent la sidération.

Accusé d'être trop accommodant il y a deux semaines sur le Venezuela, le chef de l'Etat français est monté en première ligne pour défendre la souveraineté du Danemark et du Groenland, en dépêchant des militaires sur l'île arctique aux côtés de l'Allemagne notamment.

Puis il a été le plus ferme des dirigeants de l'UE à s'élever contre les menaces douanières, en demandant d'activer son "instrument anti-coercition", considéré comme le "bazooka" en cas de guerre commerciale.

Parallèlement, Paris a été le premier grand pays à dire clairement "non" à l'invitation américaine à un "Conseil de la paix" qui ressemble à un substitut de l'ONU, mais totalement à la main de Donald Trump.

Fin de mandat 

Ce dernier a réagi à ce refus en moquant son homologue français, dont "personne ne veut car il va bientôt terminer son mandat", et en agitant le spectre de droits de douane de 200% sur les vins et champagnes.

Hasard du calendrier, cette séquence intervient le jour de la diffusion, prévue mardi sur la chaîne France 2, d'un documentaire dans lequel on voit Emmanuel Macron appeler le dirigeant américain en mai depuis Kiev pour lui dire que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accepté sa proposition de cessez-le-feu. "Prix Nobel pour ça!", "tu es le meilleur", répond l'intéressé.

Les deux hommes, qui avaient cassé les codes, chacun à sa manière, pour arriver aux affaires en 2017, avaient d'abord noué une relation particulière, entre séduction et rapport de forces. Mais la vraie-fausse idylle a depuis connu des hauts mais aussi beaucoup de bas.

A tel point qu'Emmanuel Macron est régulièrement accusé, en France et parfois en Europe, d'en faire trop pour plaire à Donald Trump.

L'ex-président François Hollande a estimé que son successeur à l'Elysée avait tort de vouloir ménager l'Américain "pour essayer de l'influencer" et de "tout faire pour garder Donald Trump sur le terrain européen".

C'est bien la stratégie d'Emmanuel Macron: "garder Trump au plus près de nous" lorsque les intérêts européens sont en cause, sur l'Ukraine, le Groenland ou le commerce. "Gérer ses à-coups" et les poussées de tensions, quitte à avaler des couleuvres, quand monter au créneau serait peine perdue.

"Il pense qu'il faut choisir ses batailles", analyse Célia Belin, chercheuse au Conseil européen pour les relations internationales. "C'est un principe de réalité: quand la gesticulation ne sert à rien, ça nous rend à la limite plus faibles", dit-elle à l'AFP.

Selon elle, "l'Europe a besoin que la France", pays doté de l'arme nucléaire et porteuse par tradition gaulliste d'une voix à part, "se mette plus en avant dans la confrontation avec Trump".