Boycottées par l'opposition, législatives sans surprise au Venezuela

« Si vous voulez que nous relancions l'économie, que nous relancions le pays, que nous retrouvions nos salaires il faut aller voter », a déclaré le président Nicolas Maduro (Photo, AFP)
« Si vous voulez que nous relancions l'économie, que nous relancions le pays, que nous retrouvions nos salaires il faut aller voter », a déclaré le président Nicolas Maduro (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 06 décembre 2020

Boycottées par l'opposition, législatives sans surprise au Venezuela

  • Cette élection se déroule dans un pays qui traverse une profonde crise politique et économique, étouffé par une inflation galopante
  • Les sanctions américaines, qui comprennent un embargo pétrolier en vigueur depuis avril 2019, ont été au centre du discours de campagne chaviste

CARACAS: Les Vénézuéliens sont appelés à élire dimanche un nouveau parlement dans un scrutin sans suspense puisque l'opposition a appelé au boycott, le parti du président Nicolas Maduro s'apprêtant à récupérer la seule institution qui manquait à son pouvoir hégémonique. 

Quelque 14.000 candidats désignés par 107 partis sont en lice pour s'emparer des 277 sièges soumis au suffrage de 20,7 millions d'électeurs auxquels l'opposition a demandé de « rester à la maison ». 

Cette élection se déroule dans un pays qui traverse une profonde crise politique et économique, étouffé par une inflation galopante, paralysé dans d'interminables files d'attente pour faire le plein d'essence, fatigué du manque d'approvisionnement en eau et en gaz, et excédé par les brutales coupures de courant. 

Depuis novembre 2019, l'inflation a atteint sur un an 4.000%, a indiqué vendredi le parlement vénézuélien, aux mains de l'opposition depuis 2015. 

« Si vous voulez que nous relancions l'économie, que nous relancions le pays, que nous retrouvions nos salaires il faut aller voter », a déclaré le président Nicolas Maduro dans l'un de ses nombreux appels à la participation pour légitimer son « triomphe » annoncé. 

Le parti chaviste au pouvoir, du nom du président socialiste décédé Hugo Chavez (1999-2013), a activé tous les ressorts pour faire de ce vote un rendez-vous « historique » et contredire la participation d'à peine 30% prédite par les instituts de sondage. 

Pour Félix Seijas, directeur de l'institut Delphos, le chavisme « a un plafond électoral d'environ 5,5 millions de votants. Son souci est de savoir comment les faire venir aux urnes ». 

Rassemblements malgré la pandémie de coronavirus, propositions de lois élaborées par les citoyens « qui défendent la famille vénézuélienne », le leader du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), Jorge Rodriguez, a appelé les militants chavistes à se mobiliser « par millions » dimanche « pour dire stop aux sanctions, stop au blocus, respectez le Venezuela ». 

Les sanctions américaines, qui comprennent un embargo pétrolier en vigueur depuis avril 2019, ont été au centre du discours de campagne chaviste. 

Selon l'institut Datanalisis, ces sanctions suscitent 71% de rejet dans la population. Le leader de l'opposition Juan Guaido appelle pourtant à les « amplifier » et tiendra la semaine prochaine une consultation populaire sur laquelle il compte s'appuyer pour proroger son mandat au-delà de sa date d'expiration, le 5 janvier.  

Va-tout  

En choisissant une nouvelle fois de boycotter un scrutin qu'il estime sans garantie, après la présidentielle de 2018 ou le vote sur une Assemblée constituante en 2017, le leader de l'opposition, autoproclamé président par intérim et soutenu par une soixantaine de pays, Etats-Unis en tête, joue son va-tout avec cette consultation aux effets incertains.  

M. Guaido, dont la popularité s'est érodée, se montre pourtant confiant: « j'ai plus que de l'optimisme, j'ai des certitudes », dit-il, sans néanmoins savoir si les autorités autoriseront la tenue des points de consultation. 

Les Vénézuéliens auront également la possibilité de se prononcer via un vote électronique. 

Horacio Medina, membre du comité d'organisation de la consultation, espère franchir « un plancher de 7 millions » de participants, mais quel que soit le chiffre il sera remis en question. 

L'opposition avait déjà organisé une consultation indépendante en juillet 2017 contre l'Assemblée constituante proposée par Nicolas Maduro, recueillant 7,5 millions de voix. 

L'Assemblée constituante est toujours installée et depuis une décision de la Cour suprême, aux mains du chavisme, elle remplace même dans les faits l'Assemblée nationale en annulant toutes ses décisions. 

L'opposition compte surtout sur les condamnations internationales contre ces élections législatives, Juan Guaido répétant que « l'objectif de Maduro n'est même pas de gagner en légitimité » mais d'« anéantir l'alternative démocratique au Venezuela ». 

Washington a par avance qualifiées les législatives de « ni libres, ni justes », l'Union européenne a appelé sans succès à leur report et l'Organisation des Etats américains (OEA) n'y voit rien de démocratique. 

Vendredi, l'Association mondiale des juristes a estimé que ce vote va se résumer à « une fiction sans conséquences juridiques valables ». Elle demande que « la légitimité de l'Assemblée nationale », seul pouvoir contrôlé par l'opposition, soit préservée au-delà du 5 janvier afin de « garantir la protection des droits de l'homme dans le pays ». 

L'opposition a rassemblé ses soutiens à l'extérieur du pays, elle espère désormais raviver celui d'une population excédée par une crise économique sans fin. 


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.