Au siège de l’Unesco à Paris, les Émirats arabes unis lancent un fonds pour la préservation du patrimoine mondial en Afrique

Le siège de l'Unesco, à Paris, en France (Photo, Reuters).
Le siège de l'Unesco, à Paris, en France (Photo, Reuters).
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Publié le Vendredi 26 mai 2023

Au siège de l’Unesco à Paris, les Émirats arabes unis lancent un fonds pour la préservation du patrimoine mondial en Afrique

  • L’annonce coïncide avec les célébrations de la Journée mondiale de l'Afrique, le 25 mai
  • Les EAU ont également mis en place des initiatives qui visent à soutenir la préservation du patrimoine matériel et immatériel en Afrique

ABU DHABI: Les Émirats arabes unis (EAU), représentés par le ministère de la Culture et de la Jeunesse ainsi que par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, ont annoncé la création d'un fonds dédié au soutien de projets qui visent la préservation du patrimoine mondial, la conservation de documents et le renforcement des capacités dans plusieurs sites à travers le continent africain.

L'annonce a été faite lors d'un événement organisé par le groupe africain au siège de l'Unesco, à Paris, en France. Elle coïncide avec les célébrations de la Journée mondiale de l'Afrique, le 25 mai.

 

Les personnalités présentes

Participaient à cette rencontre cheikh Salem ben Khaled al-Qassimi, ministre de la Culture et de la Jeunesse, Audrey Azoulay, directrice générale de l'Unesco, le Dr Thomas Kaplan, président du Conseil de fondation d’Aliph, et Souayibou Varissou, PDG du Fonds pour le patrimoine mondial africain. En outre, des représentants et délégués africains auprès de l'Unesco, ainsi que des représentants d'organisations non gouvernementales et du secteur privé, étaient présents.

Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'une collaboration étroite avec l'Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit (Aliph) et le Fonds pour le patrimoine mondial africain (AWHF).

Le ministère de la Culture et de la Jeunesse représentera les EAU et sera un «partenaire platinum» de l’AWHF, qui est une organisation intergouvernementale créée en 2006 par l'Union africaine et l'Unesco dont le but est de conserver et de protéger le plus efficacement possible le patrimoine culturel et naturel d’Afrique. Son principal objectif est de relever les défis auxquels sont confrontés les États africains membres de l'Unesco dans la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial de 1972, notamment la sous-représentation des sites africains sur la liste du patrimoine mondial ainsi que la préservation et la gestion de ces sites. La contribution des EAU vise également à renforcer les capacités des communautés locales. Quant à l’Aliph, fondée par les EAU en 2017 en collaboration avec la France, elle mettra en œuvre trois projets au Soudan, en République démocratique du Congo et en Éthiopie.

À cette occasion, le ministre d'État au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Chakhbout ben Nahyane al-Nahyane, a déclaré que la vision des EAU consiste à renforcer les communautés locales, «à inspirer l'innovation et à créer des opportunités durables qui façonneront les générations futures. Ainsi, tout en renforçant le fondement de l'identité culturelle, nous stimulons le développement social et économique, favorisant un environnement de coexistence pacifique».

Il a ajouté: «Le lancement de ce fonds à l'occasion de la Journée mondiale de l'Afrique revêt une importance culturelle majeure. Cette journée, qui rappelle en effet la culture africaine et son esprit, marque également le 60e anniversaire de la création de l'Organisation de l'unité africaine [OUA], aujourd'hui connue sous le nom d'“Union africaine” [UA]. Cette convergence de dates historiques amplifie l'importance de nos efforts collectifs pour préserver et célébrer le patrimoine si riche de l'Afrique.»

Le ministre de la Culture et de la Jeunesse, Salem ben Khaled al-Qassimi, a pour sa part déclaré dans un communiqué: «Les Émirats arabes unis se sont engagés à préserver le patrimoine humain sous toutes ses formes et à renforcer les partenariats avec les organisations internationales qui travaillent activement dans ce domaine, car nous sommes convaincus de l'importance de la préservation de ce patrimoine pour les générations futures et du rôle qu'il joue. En effet, le patrimoine contribue grandement au dialogue interculturel et renforce la diversité, la tolérance, la coexistence et la paix dans les sociétés.»

Les EAU ont également mis en place des initiatives qui visent à soutenir la préservation du patrimoine matériel et immatériel en Afrique. En novembre 2022, le ministère de la Culture et de la Jeunesse, par l'intermédiaire de la Commission nationale des Émirats arabes unis pour l'éducation, la culture et la science, a conclu un accord avec l'Organisation du monde islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (Icesco) afin d'inscrire les jeux du patrimoine africain sur les listes représentatives du patrimoine culturel immatériel de l'Icesco et de l'Unesco.

De son côté, le Dr Kaplan, président du conseil d'administration de la fondation Aliph, a affirmé: «Ces initiatives sont axées sur l'action, les résultats concrets et la flexibilité opérationnelle. Elles soulignent également l'urgence absolue de préserver le patrimoine culturel riche et diversifié du continent africain tout en prenant des mesures pour protéger des sites et des monuments au Soudan, en Éthiopie et en République démocratique du Congo, confrontés à la double menace des conflits et du changement climatique.»

Ces projets seront mis en œuvre en coopération avec les gouvernements locaux ainsi qu'avec des partenaires locaux et internationaux.

L'un des projets les plus significatifs du programme en cours sera la restauration de l'église Yemrehanna Krestos en Éthiopie, dans la région d'Amhara, considérée comme l'un des sites les plus emblématiques du pays. Ce site comprend un palais et une église qui date des XIe et XIIe siècles.


Découverte : Blossom Space à Djeddah

(Photo: Arab News)
(Photo: Arab News)
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  • Blossom Space excelle dans les articles de papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés

DJEDDAH : À Djeddah, Blossom Space combine charme, convivialité et créativité dans un seul et magnifique lieu. Dès que vous franchissez la porte, on a l’impression d’entrer dans les pages d’un livre d’histoires — un monde doux et rêveur, à mi-chemin entre une bibliothèque confortable et une boutique-cadeaux fantaisiste.

Le personnel est exceptionnellement gentil et accueillant, ajoutant une touche personnelle qui élève toute l’expérience.

L’extérieur est déjà séduisant, avec une façade en verre élégante et une enseigne lumineuse qui suggèrent un espace moderne et légèrement haut de gamme — discret mais intrigant, plutôt « trésor caché » qu’une boutique clinquante.

Une fois à l’intérieur, l’atmosphère se transforme en chaleur et charme. Des étagères en bois et un éclairage doux créent une ambiance apaisante, rappelant un coin lecture tranquille.

Les détails décoratifs — mini-carrousels, accents vintage, papeterie délicate — évoquent un sentiment nostalgique, presque de livre d’histoires. Les plantes suspendues apportent vie et fraîcheur, tandis que les présentoirs pastel offrent un rendu visuel plaisant, féminin et digne d’un tableau Pinterest.

Blossom Space brille dans la papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés. Pour ceux qui cherchent une expérience plus interactive, l’espace coloriage à l’étage est parfait pour se détendre et se ressourcer, offrant une échappée thérapeutique pour adultes et enfants.

Les activités de coloriage coûtent SR35 (9 $), et les expériences de décoration à la main SR65.

J’y suis allé deux fois. La première visite était agréable, même si certaines peintures étaient sèches et le café gratuit pouvait être meilleur. La deuxième fois, je suis venu avec un ami mais je ne voulais pas peindre, et on m’a demandé de payer l’entrée. Je comprends la politique, mais cela a été un peu décevant, surtout que l’endroit était vide.

Que vous soyez amateur de livres, passionné de papeterie ou simplement en quête d’une sortie différente et mémorable, Blossom Space ne déçoit pas.

Organisé, propre et débordant de charme, j’y retournerai sans hésiter. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ahmad Kaabour : la voix de Beyrouth s’éteint à 71 ans

Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
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  • Ahmad Kaabour est décédé à 71 ans à Beyrouth, après une longue lutte contre le cancer, laissant un héritage musical engagé et profondément lié à la mémoire de la ville
  • Son répertoire transforme Beyrouth en protagoniste, célébrant sa résilience, sa culture et ses traditions à travers plus de quatre décennies de carrière

​​​​​DUBAÏ: La disparition d’Ahmad Kaabour marque un chapitre essentiel de la mémoire musicale de Beyrouth. Figure emblématique de la chanson engagée et du patrimoine musical libanais, Kaabour aura traversé les décennies comme un témoin sonore des douleurs et des renaissances de sa ville natale. 

L’artiste s’est éteint à Beyrouth à l’âge de 71 ans, après une longue lutte contre le cancer. Né dans la capitale libanaise en 1955, il laisse derrière lui un héritage musical profondément ancré dans l’histoire et l’identité de la ville. Sa disparition marque la fin d’une voix qui a su chanter à la fois la douleur, l’espoir et la résilience de Beyrouth et du Liban.

Né dans une famille d’artistes, Kaabour commence à composer dès l’adolescence. En 1975, alors que le Liban s’enfonce dans la guerre civile, il compose la musique de « Ounadikom », sur des paroles du poète palestinien Tawfiq Ziad. La chanson devient un hymne de protestation et de solidarité, traversant générations et frontières.

Au fil des années, Kaabour travaille aux côtés de figures majeures de la scène libanaise, devenant partenaire artistique de Ziad Rahbani et Marcel Khalifé, tout en naviguant entre engagement politique et sensibilité populaire. 

Cette ouverture à des influences internationales se manifeste également dans son adaptation de « Baddi Ghanni Lannas », version arabe de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Michel Berger, parue en 1985 sur l’album Différences. Dans cette relecture, Ahmad Kaabour conserve la mélodie poignante et épurée de l’original, tout en y insufflant des paroles arabes ancrées dans les réalités libanaises et, plus largement, arabes.

Là où Berger chantait l’exil et la marginalité, Kaabour en élargit la portée pour en faire un hymne à la dignité et à la présence des peuples, fidèle à son engagement artistique. Cette collaboration indirecte — où Berger est crédité pour la musique et Kaabour pour l’adaptation — illustre sa capacité à faire dialoguer les cultures tout en restant profondément enraciné dans son identité.

Le lien avec Beyrouth reste central dans son œuvre. « La3younak » (1993) est une véritable déclaration d’amour à la ville, diffusée largement dans les années 1990, notamment sur Future TV, et incarnant l’esprit d’une capitale en reconstruction  derrière sa mélodie douce et nostalgique, c’est une ville-personne qui se dessine : aimée, fragilisée, mais toujours debout. 

Cette fibre beyrouthine traverse aussi d’autres titres. Dans ses reprises, comme « Shu Beddak » après l’explosion du port de 2020, Kaabour transforme une chanson populaire en élégie contemporaine, appelant à la mémoire et à la responsabilité collective. Dans des registres plus festifs, comme « Allou Al Bayarek », associé aux traditions du Ramadan à Beyrouth, il célèbre les rituels et la vie quotidienne de la ville, inscrivant son œuvre au cœur de la culture et des traditions locales.

Au-delà de ses succès pour adultes, Kaabour n’a jamais négligé le jeune public. Ses spectacles pour enfants, souvent avec la troupe Firkat al-Sanabel et le Théâtre libanais de marionnettes, évitaient la simplification, mêlant rythme, histoire et réflexion sur le monde. Pour lui, la musique était un pont entre générations et un moyen de transmettre mémoire et émotion.

Avec plus de quatre décennies de carrière, Ahmad Kaabour laisse un héritage unique : Beyrouth, avec toutes ses blessures et ses espoirs, comme protagoniste de sa musique. Sa voix restera à jamais l'écho de la ville qu’il a tant aimée.


Le décès de Loana pourrait être dû à une chute, selon le parquet

Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours. (AFP)
Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours. (AFP)
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  • Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à la police judiciaire, et le corps a été transporté à l'institut médico-légal en vue d'une autopsie et d'analyses toxicologiques et de recherches d'éventuelles pathologies
  • "A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers en lien avec le décès", a ajouté le procureur

NICE: Le décès de Loana, première vedette de la télé-réalité en France, retrouvée morte mercredi à son domicile à Nice, pourrait être dû à une chute, sans intervention d'un tiers, a annoncé jeudi le procureur de Nice, Damien Martinelli.

Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours.

La porte de l'appartement étant fermée à clé de l'intérieur, les pompiers sont entrés par une fenêtre. Loana était "manifestement décédée depuis plusieurs jours", et son chien a également été retrouvé mort, selon le communiqué du procureur.

Une plaie à l'arrière du crâne et des ecchymoses dans la région lombaire laissent envisager que le décès puisse être lié à une chute en arrière.

Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à la police judiciaire, et le corps a été transporté à l'institut médico-légal en vue d'une autopsie et d'analyses toxicologiques et de recherches d'éventuelles pathologies.

"A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers en lien avec le décès", a ajouté le procureur.

La France avait découvert Loana Petrucciani (de son nom complet) en avril 2001 lorsqu'elle a vécu avec d'autres anonymes dix semaines durant 24 heures sur 24 sous l'oeil des caméras de M6.

Le succès du "Loft" a été immédiat et phénoménal et l'émission, considérée comme culte, a inspiré une série pour la plateforme de streaming d'Amazon, Prime Video, en 2024.

Mais Loana a quitté peu à peu le monde du show business et entamé un long déclin personnel, entre violences subies, problèmes de santé, tentatives de suicide, overdoses et épisodes psychiatriques.

"On peut dire que nous avons vécu un conte de fées. Une vie que jamais nous n'aurions osé imaginer. Un rêve éveillé, intense. Et puis, je t'ai vue tomber, te redresser, te battre, lutter, céder... Tu as tout donné, jusqu'au bout", a témoigné sur Instagram le chroniqueur Steevy Boulay, autre "lofteur" de la première édition.