La carrière de Henry Kissinger, magistrale leçon de diplomatie et art de la gouvernance

Vénéré par beaucoup et détesté par certains, Kissinger est devenu l’incarnation du pouvoir américain à son apogée, projetant l’ombre portée de la Pax Americana à travers le monde et devenant synonyme de l’Amérique de la guerre froide (AFP/Getty Images)
Vénéré par beaucoup et détesté par certains, Kissinger est devenu l’incarnation du pouvoir américain à son apogée, projetant l’ombre portée de la Pax Americana à travers le monde et devenant synonyme de l’Amérique de la guerre froide (AFP/Getty Images)
L’ancien Secrétaire d’État américain Henry Kissinger assiste à une cérémonie de remise de prix en l’honneur de sa carrière diplomatique à Washington DC, le 9 mai 2016. (Fichier AFP)
L’ancien Secrétaire d’État américain Henry Kissinger assiste à une cérémonie de remise de prix en l’honneur de sa carrière diplomatique à Washington DC, le 9 mai 2016. (Fichier AFP)
Le secrétaire d’État américain Henry Kissinger avec le roi Faiçal (droite) d’Arabie saoudite à Riyad en 1973. Sur la gauche se trouve le prince Salmane, aujourd’hui roi d’Arabie saoudite (Archives AN)
Le secrétaire d’État américain Henry Kissinger avec le roi Faiçal (droite) d’Arabie saoudite à Riyad en 1973. Sur la gauche se trouve le prince Salmane, aujourd’hui roi d’Arabie saoudite (Archives AN)
Le président américain Jimmy Carter (à droite) consulte l'ancien secrétaire d'État Henry Kissinger le 15 août 1977 à la Maison Blanche sur les propositions de paix au Moyen-Orient. (AFP)
Le président américain Jimmy Carter (à droite) consulte l'ancien secrétaire d'État Henry Kissinger le 15 août 1977 à la Maison Blanche sur les propositions de paix au Moyen-Orient. (AFP)
L'ancien secrétaire d'État américain Henry Kissinger rencontre le Premier ministre français Jacques Chirac (à droite) à l'hôtel Matignon le 26 mars 1986 à Paris. (AFP)
L'ancien secrétaire d'État américain Henry Kissinger rencontre le Premier ministre français Jacques Chirac (à droite) à l'hôtel Matignon le 26 mars 1986 à Paris. (AFP)
Le secrétaire d'État américain Henry Kissinger marche dans la rue à Paris le 19 février 1975. (AFP)
Le secrétaire d'État américain Henry Kissinger marche dans la rue à Paris le 19 février 1975. (AFP)
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton (à droite) et l'ancien secrétaire d'État américain Henry Kissinger participent ensemble à des « conversations sur la diplomatie, modérées par Charlie Rose », au département d'État à Washington le 20 avril 2011. (AFP)
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton (à droite) et l'ancien secrétaire d'État américain Henry Kissinger participent ensemble à des « conversations sur la diplomatie, modérées par Charlie Rose », au département d'État à Washington le 20 avril 2011. (AFP)
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Publié le Samedi 27 mai 2023

La carrière de Henry Kissinger, magistrale leçon de diplomatie et art de la gouvernance

  • Le centenaire met en lumière l'empreinte du réfugié allemand devenu le chef diplomate de l'Amérique sur le monde d'après-guerre
  • Le concepteur de la Pax Americana sous Nixon continue d'exercer une influence en tant que conseiller informel auprès des grands et des bons du monde

LONDRES : Anwar el-Sadate, Mao Tsé-Tong, Richard Nixon et le roi Faisal sont parmi les dirigeants qui ont marqué le XXe siècle. Ce que leurs histoires et leurs héritages ont en commun, c'est l'impact des efforts d'une figure minuscule mais néanmoins d’une importance considérable : Henry Kissinger. Allemand, américain, soldat, officier du renseignement, universitaire de Harvard, homme d'État et homme d'affaires à la fois, cet oracle géopolitique fête ses 100 ans ce weekend.

Vénéré par beaucoup et détesté par certains, Kissinger est devenu l’incarnation du pouvoir américain à son apogée, projetant l’ombre portée de la Pax Americana à travers le monde, tantôt prônant les valeurs américaines, tantôt étouffant les mouvements révolutionnaires et soutenant les juntes militaires.

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Le secrétaire d’État américain Henry Kissinger avec le roi Faiçal (droite) d’Arabie saoudite à Riyad en 1973. (AFP)

Tout article aurait du mal à résumer une vie aussi longue et mouvementée. Né cinq ans après l'abdication du dernier empereur d'Allemagne, Kissinger possède des archives personnelles  estimées à 30 tonnes de documents.

Bien qu'il soit devenu synonyme de l'Amérique de la Guerre froide, les traces instantanément reconnaissables de son origine bavaroise dans sa voix grave ont révélé ses origines. Né de parents juifs allemands en périphérie de Nuremberg, le jeune Kissinger a fait preuve d'une audace qui allait plus tard incarner son assurance sur la scène internationale, défiant les nazis locaux afin d’assister à des matchs de football et se rebellant contre leurs restrictions.

Cependant, sa vraie détermination a commencé à se manifester lorsqu'il est devenu réfugié en Amérique dans les années 1930, fréquentant l'école la nuit et travaillant dans une usine de brosses à raser le jour.

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Le secrétaire d'État américain Henry Kissinger rencontre le président chinois Mao Zedong à Pékin le 17 février 1973. (fichier AFP)

Poursuivant ses études supérieures tout en travaillant, Kissinger a vu son parcours éducatif interrompu par le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Participant à la bataille des Ardennes, son service pendant la guerre a culminé avec l'administration et la dénazification des secteurs allemands libérés sous son contrôle.

L'enthousiasme de Kissinger pour son pays adoptif ne faisait que grandir ; il se souviendrait plus tard que cette expérience l’avait poussé à «se sentir comme un vrai Américain ».

La carrière de Kissinger est souvent étudiée en détail à partir de sa nomination en tant que conseiller à la sécurité nationale des États-Unis en 1969. Or, ses années d'après-guerre en tant qu'universitaire ont posé les bases de son association ultérieure à la realpolitik.

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Le secrétaire d'État américain Henry Kissinger avec le président égyptien Anouar Sadate au Caire en mai 1974. (AFP)

La vision du monde de Kissinger, ou weltanschauung, est caractérisée par des expressions telles que « L'Amérique n'a pas d'amis ou d'ennemis permanents, seulement des intérêts permanents ». Cette compréhension particulière du monde à travers le prisme des empires et de la politique des grandes puissances est fondée sur une conception du monde du XIXe siècle.

Il n'est donc pas surprenant que sa thèse de doctorat à Harvard s'intitule « Paix, légitimité et équilibre (A study of the Statemanship of Castlereagh and Metternich) ».

Cette étude académique de la période entre 1815 et 1914 est connue sous le nom de Concert européen, lorsque les grandes puissances cherchaient à maintenir un certain équilibre des pouvoirs et à soutenir la paix mondiale. Remarquable pour des personnalités comme Von Bismarck, dont la philosophie politique est souvent indissociable de la sienne, c'est cette période que Kissinger cherchait à refléter, remplaçant le rôle historique de la Grande-Bretagne par la superpuissance inégalée de l'Amérique du XXe siècle.

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Henry Kissinger et le président américain Richard Nixon en 1973. (AFP)

Alors que Kissinger devenait connu des décideurs politiques à Washington, son orientation vers une carrière politique était inévitable. Contrairement à ses pairs, sa solide formation académique lui fournissait la capacité d'agir en tant que conseiller interne sur les défis politiques de l’époque.

Si le moteur à réaction est devenu le symbole de la domination militaire et culturelle américaine de l'après-guerre, Kissinger a utilisé les voyages internationaux à des fins similaires pour remanier la diplomatie américaine. Sa nomination au poste de secrétaire d'État en 1973 n'était en réalité que la ratification formelle d'un rôle international croissant qu'il avait déjà commencé à jouer.

Cette année-là, Kissinger a été à l'avant-garde des efforts de la diplomatie navette pour remodeler le monde afin de faire avancer les intérêts américains. Ayant déjà ouvert la voie pour le sommet historique de 1972 entre Nixon, Zhou Enlai et le président Mao, Kissinger a rapproché la Chine du reste du monde, conduisant à la formalisation des relations entre les deux pays. Il a d’ailleurs joué un rôle crucial dans la médiation d'une entente antisoviétique entre les deux puissances.

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Alors que le président américain Richard Nixon (2e à gauche) rencontre la Première ministre israélienne Golda Meir, Henry Kissinger (3e à gauche) s'entretient avec d'autres responsables israéliens à Washington le 1ernovembre 1973. (AFP)

Alors que le monde observait après la guerre du Kippour, Kissinger, après sa participation à un coup d'État au Chili le mois précédent, a fait la navette entre les capitales arabes tout en organisant un pont aérien sans précédent d'armes vers Israël, basculant l'équilibre régional des pouvoirs, au point que l'État d'Israël n'a jamais été confronté à une invasion arabe depuis.

L'année s'est conclue par un accord pour mettre fin à la guerre du Vietnam, et la diplomatie hyperactive de Kissinger a été récompensée par le prix Nobel de la paix, ses activités internationales devenant un modèle pour la diplomatie américaine aux yeux de ses pairs et une tache sur sa carrière selon ses détracteurs.

CÉLÈBRES CITATIONS

  • On ne peut pas faire la guerre au Moyen-Orient sans l'Égypte et on ne peut pas faire la paix sans la Syrie.
  • Accepte tout de toi-même, je veux dire absolument tout. Tu es toi et c'est le commencement et la fin, pas d'excuses, pas de regrets.
  • Quatre-vingt-dix pour cent des politiciens donnent une mauvaise réputation aux dix pour cent restants.
  • Ce qui est illégal, nous le faisons immédiatement. Ce qui est anticonstitutionnel prend un peu plus de temps.
  • Le pouvoir est le meilleur aphrodisiaque.

Kissinger est souvent considéré comme ayant été le distributeur insensible du pouvoir américain dans le monde en développement. Bien qu'il ait réussi à défendre ses intérêts, sa vision –  d'un vaste puzzle mondial composé de pièces qui devaient être déplacées pour correspondre à l'émergence de l'Amérique en tant que puissance suprême mondiale –  a suscité la controverse.

Ayant déclaré un jour « Je ne suis pas intéressé par, et je ne connais rien de, la partie sud du monde » et « Ce qui se passe dans le sud n'a aucune importance », il est désormais clair qu'une certaine ignorance du monde plus large sous-tendait les interventions politiques et militaires plus décisives qu'il soutenait pour étendre l'influence de l'Amérique.

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Des manifestants se rassemblent sur la Place des Nations à Genève le 10 septembre 2010 pour protester contre la présence de l'ancien secrétaire d'État américain Henry Kissinger et son rôle présumé dans le coup d'État militaire de 1973 au Chili. (AFP)

Son implication dans le coup d'État au Chili, au Bangladesh, au Pakistan, au Timor oriental et dans les bombardements au Cambodge continue d'être un sujet de grand débat, résumé dans le traité de 2001 de Christopher Hitchens, « Le Procès d'Henry Kissinger ».

Plus tard dans sa vie, Kissinger affirmerait que les bombardements au Cambodge étaient essentiels pour stopper les incursions au Sud-Vietnam. En vérité, l'attention portée aux bombardements massifs ultérieurs des Khmers rouges par les États-Unis est beaucoup moins controversée aujourd'hui par rapport aux crimes du régime cambodgien et de son propre génocide dans les années 1970.

Néanmoins, la diplomatie intercontinentale de Kissinger était fidèle au modèle bismarckien dont il était issu, légèrement masquée par l'utilisation de la célèbre maxime du premier chancelier allemand : « La politique est l'art du possible ».

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Le président du Congrès national africain Nelson Mandela (à droite) salue l'ancien secrétaire d'État américain Henry Kissinger à son arrivée pour leur réunion à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 13 avril 1994. (AFP)

En fin de compte, il est encore remarquable que Kissinger, un homme qui a pris sa retraite il y a 50 ans, soit resté politiquement pertinent. À la tête de Kissinger Associates, il continue d'exercer une influence et une portée remarquables, en tant que conseiller par excellence des grands dirigeants mondiaux.

Le long adieu politique de Kissinger lui a donné l'occasion d'avoir le dernier mot sur un grand nombre des moments importants de sa carrière, un luxe dont ses pairs disparus n'ont pas profité. Sa pertinence, cependant, persiste, son plaidoyer en faveur de la coexistence avec la Chine et de la détente avec la Russie faisant de son expertise une valeur très recherchée dans les efforts déployés par l'un afin de perturber l'Amérique et par l'autre pour la supplanter totalement.

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Le président russe Vladimir Poutine (à droite) accueille l'ancien secrétaire d'État américain Henry Kissinger lors de leur rencontre à la résidence Novo-Ogaryovo près de Moscou le 6 juin 2006. (AFP)

Cependant, le rééquilibrage constant du pouvoir mondial n'est pas le principal intérêt de Kissinger aujourd’hui. Il a passé la dernière décennie à mettre en garde contre la montée de l'intelligence artificielle, qui menace de réécrire les règles diplomatiques, notamment pour un homme né à une époque où les armées utilisaient encore des cavaleries.

Le centenaire continue d’attirer l’attention, avertissant récemment dans un livre sur la question que la course aux armements en matière d'IA est un « problème totalement nouveau » et « pour lequel il n'existe encore aucune théorie plausible sur la façon dont les États peuvent l'emporter ».

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L'ancien secrétaire d'État Henry Kissinger rencontre le président américain Donald Trump (à droite) à la Maison Blanche à Washington, le 10 octobre 2017. (AFP)

Nul ne doute que malgré ses nombreux défauts, Kissinger reste une figure publique qui a façonné une certaine époque. Cependant, il est un personnage infiniment plus complet que le maître intrigant de la realpolitik que ses détracteurs font de lui.

Cette carrière d'immenses réalisations et de controverses incessantes a été rendue possible grâce à un talent aussi brillamment éduqué que discret, deux qualités malheureusement absentes de la vie politique actuelle.

Il n'est pas impossible que, tout comme Kissinger a planifié l'extension de la domination américaine, en tant qu'étudiant de l'histoire impériale, il s'attendait également à observer son déclin. Mais on ne sait pas si cela est dû à la rapidité avec laquelle cela s'est produit ou à la longévité de Kissinger. Quoi qu'il en soit, il a probablement la réponse.

Zaid M. Belbagi est chroniqueur politique, et conseiller de clients privés entre Londres et le CCG. Twitter: @Moulay_Zaid

NDLR: L’opinion exprimée dans cette page est celle de l’auteur et ne reflète pas nécessairement le point de vue d’Arab News en français.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump menace de cibler les champs gaziers iraniens après des attaques contre le Qatar

Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
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  • Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar
  • Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump

DOHA: Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi.

Si l'Iran "décide imprudemment d'attaquer un pays tout à fait innocent, en l'occurrence le Qatar", alors "les Etats-Unis d'Amérique, avec ou sans l'aide ou le consentement d'Israël, détruiront massivement l'intégralité du gisement de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l'Iran n'a jamais vues ni connues auparavant", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar. Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump.

En représailles, l'Iran s'en est pris mercredi au complexe gazier qatari de Ras Laffan, plus important site de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Cela a de nouveau été le cas jeudi.

La compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, a fait état de "dommages considérables" causés à l'aube sur ce site.

Les incendies provoqués par l'attaque ont été maîtrisés en début de matinée, selon le ministère de l'Intérieur. Aucune victime n'a été signalée.

Pétrole à plus de 112 dollars 

Le Qatar est le deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) derrière les Etats-Unis et Ras Laffan son premier site de production de GNL.

Déjà mercredi, ce site avait subi des dommages "considérables" dans une attaque attribuée à l'Iran.

Aux Emirats arabes unis, Abou Dhabi a fermé un complexe gazier après la chute de débris de missiles interceptés

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déploré que ces attaques dans la région "ont franchi toutes les lignes rouges en ciblant des civils, des installations civiles et vitales".

Ce nouvel épisode dans la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran a de nouveau fait grimper le prix pétrole, poussant le baril de Brent au-delà des 112 dollars.

Les craintes d'une régionalisation du conflit à tout le Moyen-Orient s'accentue, l'Arabie saoudite ayant souligné jeudi se "réserver le droit" de répliquer militairement à l'Iran, qui cible régulièrement le pays avec des drones et des missiles.

Un couloir sécurisé pour Ormuz ? 

Le blocage par l'Iran du détroit stratégique d'Ormuz, par où circule d'ordinaire 20% du pétrole et du gaz mondiaux, reste au coeur de l'attention.

C'est au sud de ce passage, dans le golfe d'Oman, qu'un navire a de nouveau été touché jeudi par un "projectile inconnu", selon l'agence maritime britannique UKMTO. Un incendie s'est déclenché à bord du bateau. Un autre navire a été touché au large de Ras Laffan, selon l'UKMTO.

Réunie en urgence à Londres, l'Organisation maritime internationale (OMI) doit demander jeudi la mise en place d'un couloir maritime sécurisé pour évacuer les bateaux bloqués dans le Golfe persique.

L'organe onusien chargé de la sécurité en mer estime que 20.000 marins patientent actuellement à bord de 3.200 bateaux près du détroit d'Ormuz.

Après la réserve fédérale américaine mercredi (Fed), la flambée des prix de l'énergie due à la guerre dominera jeudi la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui redoute des conséquences sur l'inflation et la croissance.

Le président français Emmanuel Macron a appelé jeudi à un moratoire concernant "les infrastructures civiles", notamment énergétiques, après un échange avec Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

"Les populations civiles et leurs besoins essentiels, ainsi que la sécurité des approvisionnements énergétiques, doivent être préservés de l'escalade militaire", a-t-il souligné.

En presque trois semaines, la guerre a fait plus de 2.200 morts, selon les autorités, essentiellement en Iran et au Liban, deuxième principal front de guerre, où s'affrontent le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah et Israël.

 


Trump s'en prend aux pays de l'Otan qui ont rejeté sa demande d'aide

Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
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  • "Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé
  • "Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud

WASHINGTON: Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis.

"Je pense que l'Otan fait une erreur vraiment stupide", a-t-il déclaré à la presse depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, peu après avoir affirmé sur son réseau Truth Social qu'il n'avait plus besoin de leur aide pour sécuriser ce passage stratégique pour l'économie mondiale.

"J'ai longtemps dit que je me demandais si l'Otan serait jamais là pour nous. Donc ceci est, ceci était un grand test, parce que nous n'avons pas besoin d'eux mais ils auraient dû être là", a-t-il insisté.

"L'autre chose, qui est, je pense, très importante, c'est que nous n'avions pas à être là pour l'Ukraine", a ajouté le président américain, qui recevait le Premier ministre irlandais Micheal Martin à l'occasion de la Saint-Patrick.

"Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé.

"Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud, autres alliés ayant rejeté ses demandes d'assistance.

Dans le Bureau ovale, il a toutefois déclaré que les Etats-Unis "aimeraient avoir un peu d'aide" pour détecter des mines dans le détroit d'Ormuz.

Interrogé sur ses intentions concernant l'alliance de défense transatlantique, dont les Etats-Unis sont le pilier, le républicain est resté vague.

"Je n'ai rien de précis en tête", a-t-il déclaré, tout en lançant, après avoir parlé des dépenses que les Etats-Unis font pour l'Otan: "C'est certainement quelque chose à quoi nous devrions réfléchir".

Il a jugé que le Premier ministre britannique Keir Starmer avait fait une "grosse erreur" en rejetant sa demande d'aide, et a balayé l'opposition du président français Emmanuel Macron en déclarant que ce dernier quitterait bientôt ses fonctions.

 


Iran: l'armée israélienne dit avoir éliminé le général commandant la milice Bassidj

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  • "Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone
  • "Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution

JERUSALEM: L'armée israélienne a déclaré mardi matin avoir éliminé dans une frappe à Téhéran le général Gholamréza Soleimani, commandant du Bassidj, milice de volontaires islamistes chargés notamment du maintien de l'ordre en Iran.

Les médias israéliens affirment également qu'Ali Larijani, l'un des plus hauts dirigeants iraniens, a été la cible d'une tentative d'élimination dans une autre frappe au cours de la nuit.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone.

"Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avait été tué dans "une frappe ciblée à Téhéran".

Selon Kan, la radio TV publique israélienne, Ali Larijani, chef du Conseil suprême de la sécurité nationale, "a été la cible d'une tentative d'élimination". "Les résultats de la frappe sont encore en cours d'examen", a annoncé pour sa part la chaîne N12.

"Nous ciblons des éléments des Gardiens de la Révolution et de l'appareil répressif du régime", a déclaré l'armée, citant dans un communiqué son chef d'état-major.

"Des résultats préventifs significatifs ont été enregistrés cette nuit, susceptibles d'influencer l'issue des opérations et les objectifs de l'armée israélienne", a indiqué le lieutenant-général Eyal Zamir.

Depuis l'élimination du guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, au premier jour des frappes israélo-américaines en Iran le 28 février, M. Larijani est l'un des principaux visages du pouvoir iranien.

Avec les Gardiens de la Révolution, le Bassidj est depuis plusieurs jours la cible des frappes aériennes d'Israël. Cette milice recrute essentiellement dans la jeunesse, et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société.

Elle "fait partie de l'appareil armé du régime terroriste iranien" et a "mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l'usage de la force contre des manifestants civils", a commenté l'armée israélienne.

"L'élimination de Soleimani s'ajoute à celle de dizaines de hauts commandants des forces armées du régime iranien qui ont été éliminés au cours de l'opération, et constitue un nouveau coup dur porté aux structures de commandement et de contrôle du régime en matière de sécurité", affirme l'armée.