Affrontements autour d'une mosquée en Chine, déploiement policier et arrestations

La mosquée Niujie fermée à Pékin, le 3 avril 2022. Photo d'illustration. (AFP).
La mosquée Niujie fermée à Pékin, le 3 avril 2022. Photo d'illustration. (AFP).
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Publié le Mardi 30 mai 2023

Affrontements autour d'une mosquée en Chine, déploiement policier et arrestations

  • La ville de Nagu, située dans la province du Yunnan, a récemment accéléré un projet visant à raser quatre minarets et le toit du dôme de la mosquée de Najiaying
  • La région compte une communauté importante de membres de l'ethnie musulmane Hui qui subit des pressions dans le cadre d'une vaste campagne répressive

PEKIN: Des centaines de policiers ont été déployés et des personnes arrêtées dans une ville a majorité musulmane du Sud-Ouest du pays après des affrontements liés à un projet de démolition partielle d'une mosquée, ont affirmé des témoins à l'AFP.

La ville de Nagu, située dans la province du Yunnan, a récemment accéléré un projet visant à raser quatre minarets et le toit du dôme de la mosquée de Najiaying, a déclaré lundi un habitant qui a requis l'anonymat.

La région compte une communauté importante de membres de l'ethnie musulmane Hui qui subit des pressions dans le cadre d'une vaste campagne répressive.

Samedi, des dizaines de policiers munis de matraques et de boucliers ont repoussé la foule massée devant la mosquée qui leur lançait des objets, selon des vidéos circulant sur les réseaux sociaux et le témoin.

"Ils veulent procéder à des démolitions alors les gens sont allés les arrêter", a déclaré à l'AFP une habitante qui a également requis l'anonymat.

"La mosquée est, pour des musulmans comme nous, notre maison", a-t-elle ajouté. "S'ils essaient de la démolir, nous ne les laisserons pas faire".

Enquête ouverte dans le district de Tonghai

La police a procédé à un nombre indéterminé d'arrestations après ces affrontements et plusieurs centaines de membres des forces de l'ordre étaient toujours déployés dans la ville lundi, selon les deux témoins.

Les habitants vivant près de la mosquée ont connu des coupures Internet et des problèmes de connexion depuis samedi, ont-ils ajouté.

Dans un communiqué publié dimanche, le gouvernement du district de Tonghai, qui administre Nagu, a indiqué avoir ouvert une enquête au sujet d'"une affaire qui a gravement perturbé l'ordre social".

Il ordonne aux personnes impliquées dans ces affrontements de "mettre fin immédiatement à tout acte illégal et criminel" et entend "punir sévèrement" ceux qui refusent de se rendre.

Ceux qui se rendront volontairement aux autorités avant le 6 juin seront traités avec indulgence, selon le communiqué.

Contacté par l'AFP mardi, un responsable du département communication de Tonghai a démenti toute coupure d'Internet mais n'a pas souhaité faire d'autres commentaires.

La surveillance de l'ensemble des cultes s'est accrue depuis l'arrivée au pouvoir du président Xi Jinping il y a une décennie. Pékin assure vouloir lutter contre "le terrorisme" et l'extrémisme en réprimant les musulmans.

Des études occidentales accusent la Chine d'avoir interné plus d'un million de Ouïghours et de membres d'autres groupes ethniques musulmans depuis 2017 dans la région occidentale du Xinjiang. Ces dernières années, plusieurs pays occidentaux, dont les Pays-Bas, la Belgique, le Royaume-Uni, le Canada, la France ou les Etats-Unis ont dénoncé le "génocide" des Ouïghours, à travers une motion de leur Parlement ou une prise de position de leur gouvernement.

En dehors du Xinjiang, des mosquées ont été démolies ou "rénovées de manière coercitive" pour correspondre aux critères officiels de l'esthétique chinoise, a déclaré David Stroup, un spécialiste des Hui à l'Université britannique de Manchester.


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
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  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".