Céréales ukrainiennes: Bruxelles envisage une prolongation des restrictions

Le ministre ukrainien de la politique agraire et de l'alimentation, Mykola Solskyi (G), s'entretient avec le ministre polonais de l'agriculture, Robert Telus, à son arrivée au Conseil "Agriculture et pêche" au siège de l'UE à Bruxelles, le 30 mai 2023. (AFP).
Le ministre ukrainien de la politique agraire et de l'alimentation, Mykola Solskyi (G), s'entretient avec le ministre polonais de l'agriculture, Robert Telus, à son arrivée au Conseil "Agriculture et pêche" au siège de l'UE à Bruxelles, le 30 mai 2023. (AFP).
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Publié le Mercredi 31 mai 2023

Céréales ukrainiennes: Bruxelles envisage une prolongation des restrictions

  • La Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et la Bulgarie ont unilatéralement interdit mi-avril l'importation de céréales d'Ukraine face à la saturation des silos sur leur territoire et à l'effondrement des prix locaux
  • «Il est nécessaire de prolonger ces restrictions au minimum jusqu'à fin octobre, et idéalement jusqu'à la fin de l'année, après les récoltes, sans quoi nous aurons un énorme problème», a indiqué M. Wojciechowski

BRUXELLES : Le commissaire européen à l'Agriculture, Janusz Wojciechowski, a jugé mardi nécessaire de prolonger "au moins" jusqu'à fin octobre les restrictions imposées par cinq Etats de l'UE sur l'importation de céréales ukrainiennes, en dépit de l'opposition de Kiev et des résistances d'une partie des Vingt-Sept.

Alors que la levée des droits de douane en mai 2022 a fait bondir l'afflux de produits agricoles ukrainiens dans l'UE, plusieurs pays riverains (Pologne, Hongrie, Slovaquie, Bulgarie) ont unilatéralement interdit mi-avril l'importation de céréales d'Ukraine face à la saturation des silos sur leur territoire et à l'effondrement des prix locaux.

Gardienne de la politique commerciale de l'UE, la Commission européenne avait conclu fin avril avec ces quatre Etats et la Roumanie un accord prévoyant jusqu'au 5 juin des "mesures de sauvegarde" pour leur permettre de bloquer sur leur sol la commercialisation de blé, maïs, colza et tournesol ukrainiens, à condition qu'ils n'empêchent pas leur transit vers d'autres pays.

"Il est nécessaire de prolonger (ces restrictions) au minimum jusqu'à fin octobre, et idéalement jusqu'à la fin de l'année, après les récoltes, sans quoi nous aurons un énorme problème", a indiqué M. Wojciechowski à l'issue d'une réunion des ministres de l'Agriculture de l'UE.

Il a cependant précisé que la Commission n'avait pas arrêté sa position.

"Le problème est qu'il y a désormais davantage de céréales dans les réserves des états riverains qu'en Ukraine. Nous devons prolonger les restrictions temporaires d'importation pour améliorer la situation", a-t-il ajouté, appelant à muscler les moyens logistiques pour désengorger les stocks de céréales.

Ces restrictions ont été dénoncées par le ministre ukrainien de l'Agriculture Mykola Solsky, présent à Bruxelles mardi: "Nous pensons que leur prolongation n'est pas la bonne marche à suivre, nous nous y opposons", a-t-il indiqué, estimant que cela ferait le jeu de Moscou.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait déjà fustigé des "mesures protectionnistes sévères, voire cruelles".

Les restrictions sont également contestées par 12 Etats de l'UE, dont la France et l'Allemagne, qui avaient exprimé mi-mai leurs "sérieuses inquiétudes" sur ce "traitement différencié au sein du marché intérieur" et réclamé "des discussions supplémentaires" sur l'aide de 100 millions d'euros proposée par Bruxelles pour les agriculteurs des cinq pays affectés.

"J'espère avoir convaincu les Etats membres que (cette aide) est juste, que les critères choisis sont équitables, j'espère qu'il n'y a plus d'obstacles au vote de cette aide, et qu'elle sera transférée aussi vite que possible aux agriculteurs", a assuré Janusz Wojciechowski.

Face aux difficultés des pays riverains de l'Ukraine, "il faut des réponse collectives et pas individuelles, sinon on ouvre la porte à quelque chose de mauvais pour l'esprit de la construction européenne", a cependant prévenu mardi le ministre français Marc Fesneau.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com