En Chine, la visite du «Camarade Musk» suscite l'enthousiasme

Elon Musk (en blanc), directeur général de Tesla, monte à bord de son jet privé avant de décoller de l'aéroport international de Pékin, le 31 mai 2023. (AFP).
Elon Musk (en blanc), directeur général de Tesla, monte à bord de son jet privé avant de décoller de l'aéroport international de Pékin, le 31 mai 2023. (AFP).
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Publié le Jeudi 01 juin 2023

En Chine, la visite du «Camarade Musk» suscite l'enthousiasme

  • En Chine, posséder une voiture Tesla est devenu ces dernières années le marqueur social de la classe moyenne
  • Zhu Qi, propriétaire d'une Tesla dans la ville de Changsha (centre), n'hésite pas à le dire: elle «vénère» Elon Musk pour son «grand charme personnel et son excellence constante dans son domaine» selon elle

PEKIN : Il est certes controversé en Occident, mais en Chine, c'est une superstar: Elon Musk, patron du constructeur américain de voitures électriques Tesla, a été salué comme le "Camarade Musk" par ses fans lors de sa visite dans le pays cette semaine.

Dans la deuxième économie mondiale, posséder une voiture Tesla est devenu ces dernières années le marqueur social de la classe moyenne.

Et la réussite économique du milliardaire américain de 51 ans suscite aussi l'admiration.

Zhu Qi, propriétaire d'une Tesla dans la ville de Changsha (centre), n'hésite pas à le dire: elle "vénère" Elon Musk pour son "grand charme personnel et son excellence constante dans son domaine" selon elle.

"La Chine n'est pas encore très ouverte... donc, que des gens comme lui viennent et partagent une partie de leurs connaissances avec nous, je trouve que c'est quelque chose d'important, dont notre pays et nos dirigeants peuvent s'inspirer", confie à l'AFP cette professeure d'université de 33 ans.

Mais "en raison de notre système d'éducation focalisé sur les examens, je pense qu'il est difficile pour la Chine de produire quelqu'un comme Musk, qui a acquis un statut de dirigeant mondial sur la base de ses intérêts personnels".

Arrivé mardi à Pékin avant de rejoindre Shanghai mercredi soir, Elon Musk, également patron du réseau social Twitter (inaccessible dans le pays asiatique), effectuait sa première visite en Chine en plus de trois ans, profitant de la levée des restrictions anti-Covid.

«Frère cheval»

Les réseaux sociaux chinois ont suivi avec enthousiasme chaque minute de son séjour, avec des publications sur Weibo - similaire à Twitter - cumulant des milliards de vues.

Elon Musk a été accueilli quasiment à l'image d'un dirigeant politique étranger, rencontrant à Pékin plusieurs membres du gouvernement, auprès de qui il a salué la "vitalité" du développement chinois.

A Shanghai, il a visité le site d'assemblage Gigafactory, inauguré par Tesla en 2019, selon les images publiées sur Weibo par Grace Tao, chargée des relations publiques du groupe dans le pays.

Son jet a finalement décollé de Chine jeudi matin.

Des photos de son dîner de bienvenue mardi - incluant 16 plats différents dont des fruits de mer, de l'agneau de Nouvelle-Zélande et des nouilles traditionnelles de Pékin, à la pâte de soja - sont vite devenues virales.

De nombreux internautes ne cachaient pas leur admiration pour cet homme qu'ils surnomment affectueusement "Frère cheval", en raison du premier caractère de son nom en chinois.

"Pour Musk, il n'y a pas de pays sur cette planète, seulement des marchés... pour vendre ses marchandises", soulignait l'un d'eux. "C'est exactement le genre de capitalisme sans frontières qu'il avait prédit".

«Heures supplémentaires»

Certains en profitaient pour se moquer des Etats-Unis, à un moment où les relations entre les deux pays sont particulièrement tendues.

Elon Musk "est apparemment le seul Américain bienvenu en Chine", notait un internaute sur Weibo.

"Biden doit se demander pourquoi la Chine refuse ses invitations à rencontrer les hauts fonctionnaires américains, mais déroule le tapis rouge pour Musk", s'amusait un autre.

Un mème circulant sur la plateforme cette semaine montrait un "Camarade Musk" à l'allure d'homme d'Etat, debout derrière un podium flanqué de drapeaux chinois, tandis que des fonctionnaires en costume applaudissaient à l'arrière-plan.

Mais tout le monde en Chine n'a pas succombé au charme d'Elon Musk.

Ainsi, certains ont noté que les photos de sa visite à l'usine de Shanghai, où il pose entouré de centaines d'employés, ont été postées à... minuit et demi.

Ces dernières années, de plus en plus de salariés du secteur de la tech ont justement critiqué les longues heures et le niveau élevé de stress auxquels ils sont soumis.

"Cela fait un peu dépassé d'obliger tant de gens à rester au milieu de la nuit juste pour prendre des photos", estimait un internaute.

"Vous faites tous des heures supplémentaires ce soir, hein?", s'est aussi interrogé un autre.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.