Benalla, as de la débrouille devenu roi de l'embrouille

L'ancien garde du corps du président français Alexandre Benalla arrive au tribunal de Paris à Paris le 9 juin 2023, pour son procès en appel pour avoir agressé un jeune couple lors de la manifestation du 1er mai en 2018. (Photo Christophe ARCHAMBAULT / AFP)
L'ancien garde du corps du président français Alexandre Benalla arrive au tribunal de Paris à Paris le 9 juin 2023, pour son procès en appel pour avoir agressé un jeune couple lors de la manifestation du 1er mai en 2018. (Photo Christophe ARCHAMBAULT / AFP)
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Publié le Vendredi 09 juin 2023

Benalla, as de la débrouille devenu roi de l'embrouille

  • Longtemps il n'a été que l'ombre portée d'Emmanuel Macron, sa silhouette trapue, sa courte barbe et ses yeux noirs relégués en arrière plan des photos, avant d'en devenir le sujet principal
  • A 31 ans, Alexandre Benalla a associé son patronyme à l'affaire la plus embarrassante du premier quinquennat Macron, dont les répliques ont enrayé la bonne marche du pouvoir

PARIS: Homme à tout faire de la campagne en 2017 qui s'est rendu indispensable par son dévouement auprès du couple Macron, Alexandre Benalla a profité de sa position au plus près du sommet de l'Etat, jusqu'à la faute, qui le conduit vendredi de nouveau devant un tribunal.

Longtemps il n'a été que l'ombre portée d'Emmanuel Macron, sa silhouette trapue, sa courte barbe et ses yeux noirs relégués en arrière plan des photos, avant d'en devenir le sujet principal. A 31 ans, Alexandre Benalla a associé son patronyme à l'affaire la plus embarrassante du premier quinquennat Macron, dont les répliques ont enrayé la bonne marche du pouvoir.

Issu d'un quartier populaire d'Evreux, ce fils de professeurs titulaire d'une licence de droit s'est rapidement orienté vers les métiers de la sécurité, sa passion. En 2010, il intègre le service d'ordre du PS, formé par son chef emblématique Eric Plumer, qui se souvient d'un jeune homme "calme et posé", "très sérieux dans les missions" assignées.

«C'est le couteau suisse»

Après avoir accompagné un temps Martine Aubry, M. Benalla travaille brièvement pour Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif: "Je m'en suis séparé au bout d'une semaine après une faute professionnelle d'une première gravité: il avait provoqué un accident de voiture en ma présence et voulait prendre la fuite", avait-il raconté.

M. Benalla débarque en macronie début juillet 2016, recruté par Ludovic Chaker, alors secrétaire général d'En Marche. D'abord bénévole, il est embauché à l'automne par le mouvement pour assurer la sécurité d'Emmanuel Macron et devient rapidement une figure connue et appréciée du premier cercle du candidat.

"Il a été repéré comme quelqu'un qui réglait les problèmes pratico-pratiques de manière très efficace. Il pense à tout, c'est le couteau suisse", témoigne un pilier de la campagne. "Il était là tout le temps. Il venait ouvrir le bureau à 6H30 si personne n'avait pris le +slot+ de la permanence de sécurité. C'est lui qui faisait la nuit si personne d'autre ne le faisait", abonde un autre.

En campagne, dans certaines situations tendues comme à l'usine Whirlpool d'Amiens, M. Benalla est aussi celui qui dit au candidat "c'est possible" quand les policiers chargés de la protection de M. Macron renâclent. En cela, le chef de l'Etat lui restera reconnaissant: "Quoiqu'il advienne dans cette affaire, je n'ai pas à oublier cet engagement", lance M. Macron quand le scandale éclate.

«Gadgets»

Récompensé par un poste de chargé de mission à la chefferie de cabinet, dédié aux déplacements du président, M. Benalla s'immisce dans les failles du système: "il voulait tous les gadgets", soupire un conseiller du Palais. Passeports diplomatiques, badge d'accès à l'hémicycle de l'Assemblée, voiture de fonction...

Réserviste dans la gendarmerie dans l'Eure, où il officia aux côtés du futur ministre des Armées Sébastien Lecornu, il obtient aussi en 2017 le grade élevé de lieutenant-colonel. Et un port d'arme lui est alloué, malgré un premier refus du ministère de l'Intérieur.

Il cultive, avec Vincent Crase, un ami de dix ans, lui aussi employé à la sécurité de la campagne et salarié d'En Marche, des amitiés troubles, comme avec l'homme d'affaires Alexandre Djouhri.

Jusqu'à être soupçonné d'avoir conclu en juin 2018 un juteux contrat de protection pour la famille d'un sulfureux oligarque russe. Un "deal" désormais au coeur d'une enquête du Parquet national financier.

Un an de prison ferme en première instance

Dans le même temps, M. Benalla participe à une réflexion sur la refonte de la sécurité de l'Elysée. Projet qui a pu susciter des inimitiés, notamment au sein du ministère de l'Intérieur.

Sa chute a commencé lorsqu'il a été identifié dans une vidéo, filmée lors des défilés du 1er mai 2018 et diffusée par Le Monde en juillet. Il y est identifié en train de violenter un manifestant.

Un scandale, qui lui vaut d'être rejugé vendredi en appel à Paris après avoir été condamné à un an de prison ferme en première instance. Mais aussi un véritable feuilleton, alimenté par des révélations de presse, notamment sur sa rencontre au Tchad en décembre 2018 avec le président Déby dans un rôle d'émissaire pour un homme d'affaires israélien.

A la tête d'une entreprise de services de sécurité et défense (Comya) et consultant pour une ONG genevoise, M. Benalla, qui vit en Suisse avec son épouse et ses deux enfants, se rend régulièrement en Afrique (Mozambique, Mali ou encore Soudan) pour ses activités, ou plus récemment en Ukraine.

Lui qui s'emportait contre une "machine pour détruire (s)a réputation" affirme avoir coupé les ponts avec le monde politique. "Il a été lâché par tout le monde. Il est tout de même drôlement solide comme garçon", souffle un ami.


14 juillet : dans un Golfe en transformation, la France mise sur des partenariats de long terme

De gauche à droite : Sheikh Faisal Al Rawas, président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Oman ; Emmanuel Macron, président de la République française ; Gérard Wolf, MEDEF International ; et Lionel Rabin, président du Conseil d'affaires conjoint Oman-France. (Fournie)
De gauche à droite : Sheikh Faisal Al Rawas, président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Oman ; Emmanuel Macron, président de la République française ; Gérard Wolf, MEDEF International ; et Lionel Rabin, président du Conseil d'affaires conjoint Oman-France. (Fournie)
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  • Les pays du Golfe redéfinissent leurs partenariats autour de la sécurité, de l’innovation et de la création de valeur à long terme, au-delà des seuls échanges commerciaux
  • La France, grâce à son ancrage historique et à une coopération diversifiée, reste un partenaire stratégique pour des pays comme Oman et les Émirats arabes unis

DUBAÏ: Le 14 juillet ne se limite pas à la célébration de l’histoire et des valeurs françaises. Il offre aussi un regard sur la place de la France auprès de ses partenaires internationaux. Dans le Golfe, où les équilibres économiques et géopolitiques évoluent rapidement, les attentes en matière de coopération changent. Les États de la région ne recherchent plus uniquement des fournisseurs ou des investisseurs, mais des partenaires capables de s’inscrire dans la durée.

Sécurité, diversification économique, innovation technologique, souveraineté industrielle et développement des compétences sont désormais au cœur des relations entre les pays du Golfe et leurs partenaires internationaux. Dans un environnement régional en mutation rapide, les questions de défense et de sécurité sont de plus en plus liées aux enjeux économiques.

La relation entre la France et Oman illustre cette évolution. Pour Lionel Rabin, fondateur et Managing Director de Haltiqa – Bridging Energies et président du Oman–France Joint Business Council, « la relation avec la France illustre ce qui définit aujourd’hui un partenariat stratégique de long terme : la confiance, la continuité et la capacité à contribuer concrètement aux priorités nationales ».

Selon lui, la coopération franco-omanaise s’est progressivement étendue « à la défense, à l’énergie, à la logistique, aux infrastructures, à l’industrie, aux technologies et à l’intelligence artificielle », avec l’objectif de transformer le dialogue politique en projets économiques concrets.

Cette évolution concerne également les Émirats arabes unis, où la relation avec la France s’est renforcée autour de secteurs stratégiques. Agnèss Lopez Cruz, directrice de la CCI France-Émirats, souligne que ce partenariat repose sur « la qualité et la continuité du dialogue », mais aussi sur une coopération élargie à « l’énergie, l’innovation, les technologies de pointe et, de plus en plus, l’intelligence artificielle ».

Face aux incertitudes régionales et à la volonté des pays du Golfe de diversifier leurs économies, la France conserve plusieurs atouts : une présence historique, un dialogue stratégique établi et une coopération qui dépasse désormais les secteurs traditionnels.

À l’occasion du 14 juillet, l’enjeu est donc moins de dresser le bilan d’une relation historique que d’observer sa transformation. Dans un Golfe qui cherche à construire de nouveaux équilibres, les partenariats se mesurent désormais à leur capacité à accompagner les ambitions nationales sur le long terme.


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


14-Juillet et Coupe du monde: 7.000 policiers et gendarmes mardi à Paris et son agglomération

Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026.  (AFP)
Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026. (AFP)
  • Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez
  • Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés

PARIS: Un dispositif massif de 7.000 policiers et gendarmes et 2.000 sapeurs-pompiers sera déployé mardi à Paris et son agglomération pour assurer la sécurité des festivités du 14 juillet et prévenir tout débordement lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football qui opposera en soirée la France à l'Espagne.

Dans un communiqué, la préfecture de police de Paris (PP) a précisé que ce lundi, déjà, 3.000 policiers de la PP renforcés par 1.000 effectifs issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) seront mobilisés pour sécuriser le concert prévu sur le Champ-de-Mars et le spectacle de pyrotechnie et de drones dans la soirée.

Le lendemain, il s'agira de sécuriser le défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées, le dernier d'Emmanuel Macron en tant que chef de l'Etat, et de permettre, selon les termes de la PP, de faire en sorte que la demi-finale de la coupe du Monde "reste une fête pour le plus grand nombre".

Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés.

Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.