Alain Touraine, sociologue de l'action sociale

Sociologue français et expert de la société industrielle et du mouvement ouvrier, Alain Touraine pose pour une photographie dans son bureau à Paris, le 7 juin 2001. (Photo JOEL ROBINE / AFP)
Sociologue français et expert de la société industrielle et du mouvement ouvrier, Alain Touraine pose pour une photographie dans son bureau à Paris, le 7 juin 2001. (Photo JOEL ROBINE / AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 09 juin 2023

Alain Touraine, sociologue de l'action sociale

  • Féru d'histoire et d'économie, cet universitaire avait le souci permanent de mettre en action ses théories, n'hésitant pas à s'engager dans le champ politique
  • Veuf de la chercheuse chilienne Adriana Arenas Pizzaro décédée en 1990, il était père de deux enfants, Marisol, ex-ministre socialiste, et Philippe, professeur de médecine

PARIS: Grande figure de la sociologie et compagnon critique de la gauche, Alain Touraine, décédé vendredi à l'âge de 97 ans, a analysé les mouvements sociaux post-industriels, attentif aux groupes minoritaires.

Féru d'histoire et d'économie, cet universitaire avait le souci permanent de mettre en action ses théories, n'hésitant pas à s'engager dans le champ politique.

Son nom restera attaché à un champ d'études, à savoir les "nouveaux mouvements sociaux" comme les étudiants, les féministes, les écologistes ou les régionalistes, nés dans les années 1970, et à une méthode de travail, l'interventionnisme sociologique.

"Il faut quitter le calme rassurant des utopies et des prophéties, fussent-elles catastrophiques, pour descendre dans le mouvement, déconcertant mais réel, des relations sociales", assurait-il.

Père de deux enfants

Veuf de la chercheuse chilienne Adriana Arenas Pizzaro décédée en 1990, il était père de deux enfants, Marisol, ex-ministre socialiste, et Philippe, professeur de médecine.

Né à Hermanville-sur-Mer à côté de Caen le 3 août 1925, ce fils de médecin intègre Normale Sup' et obtient une agrégation d'histoire. Chercheur au CNRS de 1950 à 1958, il crée en 1956 le Centre de recherche de sociologie du travail de l'université du Chili. Il commence sa carrière par une étude sur des mineurs de charbon chiliens et aura toute sa vie des liens étroits avec l'Amérique latine.

C'est en 1955 qu'il publie sa thèse (dirigée par Georges Friedmann), "L'Évolution du travail ouvrier aux usines Renault", très remarquée. Deux ans plus tard, il fonde le Laboratoire de sociologie industrielle, qui devient en 1970 le Centre d'études des mouvements sociaux.

En 1960, il est nommé directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études en sciences sociales (EHESS). Docteur ès lettres en 1965, il enseigne de 1966 à 1969 à l'université de Nanterre.

«Révolution culturelle»

En mai 68, il est de ceux qui demandent la suppression des examens pour les étudiants en sciences sociales.

En 1981, il fonde le Centre d'analyse et d'intervention sociologiques, dont il laisse la direction à Michel Wieviorka en 1993.

S'il estimait que la gauche "n'a pas fait sa révolution culturelle", il a été longtemps proche de la CFDT et de la "deuxième gauche" et s'est ensuite employé à refonder l'idéologie socialiste.

Il a appartenu à la Commission de réforme des universités ou la Commission de réflexion sur la nationalité (1987). Aux élections européennes de 1994, il figure, parmi de nombreux intellectuels et personnalités politiques, sur la liste "L'Europe commence à Sarajevo", dirigée par le professeur Léon Schwartzenberg.

Manifeste pour la laïcité

Il signe en 1989 avec Gilles Perrault et Harlem Désir un manifeste pour la laïcité, publié dans l'hebdomadaire Politis. En 1996, scandalisé par le traitement "moralement et politiquement inacceptable" de la question des sans-papiers de l'église Saint-Bernard, il claque la porte du Haut-Conseil à l'intégration, dont il faisait partie depuis deux ans.

Attentif aux revendications des groupes minoritaires, il étudie aussi bien les grèves françaises de fin 1995, que le zapatisme au Mexique, soutient l'instauration de la parité hommes- femmes dans la vie publique ou encore la semaine de quatre jours.

On lui devait des essais tels que "La Conscience ouvrière", "Le Communisme utopique", "Critique de la modernité", "La société post-industrielle", "Pourrons-nous vivre ensemble?" ou "Comment sortir du libéralisme ?" qui, en 1999, constatait la fin de l'État-providence à la française. Il a cosigné avec Ségolène Royal "Si la gauche veut des idées" (2008).

Lauréat 2010 du prestigieux prix Prince des Asturies, il était aussi très connu dans des pays comme la Pologne, où il avait reçu en 2012 une importante distinction pour ses travaux sur le mouvement Solidarité (Solidarno), premier syndicat indépendant du bloc soviétique, dans les années 80.


Sophie Adenot, "une fierté française" et "un horizon pour les petites filles", selon Macron

Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Short Url
  • Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace, lors d’une opération de maintenance de l’ISS
  • Emmanuel Macron et plusieurs responsables politiques ont salué cet exploit comme une « fierté française » et une journée historique

PARIS: Le président Emmanuel Macron a salué mardi la sortie dans l'espace de Sophie Adenot, qualifiant l'événement de "fierté française" et voyant dans l'astronaute "le visage de tous les possibles".

"En devenant la première Française à sortir dans l'espace, Sophie Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini", a-t-il écrit sur X, parlant de "l'heure des pionnières".

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées comme Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, qui a félicité sur X l'astronaute et colonel de l'armée de l'air dont la sortie marque une "journée historique".

Plus tôt dans la journée, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué les "savoir-faire collectifs de haut niveau" nécessaires à l'opération, et le rôle de la France: "première nation spatiale européenne".

"Immense fierté", a simplement commenté Bruno Retailleau, le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle.

Sophie Adenot, en mission dans la Station spatiale internationale (ISS), est devenue mardi la première astronaute française à sortir dans l'espace pour réaliser une opération délicate visant à remplacer une antenne de communication entre l'ISS et la Terre.


La question des retraites se (ré)invite dans la rentrée politique

Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • Les retraites s’imposent au cœur de la campagne présidentielle, avec des propositions allant d’un recul de l’âge légal à 65-67 ans à son maintien ou sa baisse
  • Le gouvernement envisage aussi de limiter la revalorisation des pensions des retraités les plus aisés pour réaliser des économies budgétaires

PARIS: Report de l'âge de départ à la retraite ou pas ? Jusqu'à 67 ans ? Plutôt des économies sur les pensions des plus aisés ? Les retraites se sont imposées ces derniers jours comme le premier thème d'une rentrée politique cruciale dans la perspective de la présidentielle.

Alors que le président Emmanuel Macron a dû suspendre sa réforme des retraites pour maintenir une certaine stabilité gouvernementale en fin de deuxième quinquennat, ce sujet explosif a été plus ou moins explicitement confié aux bons soins du futur locataire de l'Élysée.

Tous les candidats déclarés à l'élection d'avril et mai prochains ont un projet de réforme ou y travaillent.

- "Différences" -

Parmi eux, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui n'avait pu mener à bien à Matignon la première réforme des retraites voulue par le chef de l'État - par points et avec une augmentation de l'âge pivot - en 2020, en raison du Covid, défend un report de l'âge légal au delà des 64 ans votés en 2024 et suspendus depuis.

Pour maintenir l'équilibre financier du système, "la seule solution raisonnable est d'allonger la durée de vie active en repoussant l'âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans", avait déclaré le maire du Havre en septembre 2021.

Comprise comme un projet de report à 67 ans, soit presque cinq ans de plus qu'à l'heure actuelle, la mesure colle à Édouard Philippe comme l'emblème d'un programme qu'il n'a pas encore présenté.

Lundi, en annonçant qu'il soutiendrait le maire du Havre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a affirmé qu'il espérait "le convaincre" de revenir sur cette mesure impopulaire.

- "Réflexion" -

La question des retraites s'est également imposée dans les discussions au sein du camp de l'actuelle favorite des sondages, Marine Le Pen.

Allié du Rassemblement national depuis les législatives anticipées de 2024, Éric Ciotti (UDR) a espéré dimanche "une évolution" du RN sur le relèvement de l'âge légal de départ.

Pour lui, non seulement "il faudra travailler plus longtemps" mais il souhaite aussi "ajouter un étage de capitalisation" au système actuel par répartition.

Or Marine Le Pen défendait encore avant l'été un retour aux 62 ans, voire 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, et ouvrait seulement la porte à une part de capitalisation "volontaire".

Une ligne qui ne convainc pas non plus le président du parti Jordan Bardella, dont les positions sur le sujet étaient plus proches de celles de l'UDR.

"Je sais que c'est un sujet qui, chez eux, est en cours de réflexion et qui, je l'espère, marquera une évolution par rapport aux positions passées", a affirmé Éric Ciotti.

- "Tous les retraités"-

Quant au gouvernement, plongé dans l'élaboration d'un budget 2027 dont l'adoption s'annonce plus que délicate dans une Assemblée fracturée à quelques mois de l'échéance présidentielle, il a relancé l'idée d'un gel partiel des pensions pour les plus aisés afin de freiner les dépenses.

S'il a promis de "préserver les retraités les plus modestes", le ministre des Finances Roland Lescure touche à un sujet sensible, sur lequel nombre de ses prédécesseurs se sont cassé les dents.

Les retraités votant davantage que les actifs, la question d'une moindre revalorisation des pensions est systématiquement rejetée par tous les camps politiques d'opposition.

Cette mesure de désindexation pourrait faire économiser plusieurs milliards d'euros, selon les modalités retenues. Reste à savoir quel seuil de pension serait défini et si l'opposition parlementaire laisserait passer cette nouvelle tentative.

Pas du côté de La France insoumise en tout cas. "Le gouvernement nous dit qu'on peut faire 6 milliards d'euros d'économies", a pesté mardi le député Manuel Bompard. "Si vous décidez de ne pas indexer la pension de retraite des personnes qui gagnent plus de 2.500 euros nets de retraite, vous avez une recette à peu près de 1,5 milliard d'euros", a-t-il argué, alertant sur une mesure qui toucherait en réalité "tous les retraités".


Canicule: vigilance orange levée dans les six derniers départements concernés

Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Short Url
  • Les six derniers départements en vigilance orange canicule repassent au jaune, mettant fin au 5e épisode caniculaire depuis mai
  • Encore chaud mercredi, le temps se rafraîchira nettement jeudi avec pluies et orages

PARIS: Les six derniers départements en vigilance orange canicule (Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Var et Vaucluse) sont redescendus en jaune mardi matin, a indiqué Météo-France dans son bulletin de 06H00, marquant ainsi la fin du cinquième épisode caniculaire depuis mai.

"Sur la plupart des départements de la région PACA, sur la Corse ainsi que sur les départements rhodaniens, les conditions caniculaires caractérisées par la vigilance orange +Canicule+ auront duré environ trois semaines", précise l'institut météorologique.

"Cet après-midi de mardi sera encore chaude avec souvent de 34 à 37°C avant une nuit de mardi à mercredi plus fraîche que la précédente hors zones littorales", indique Météo-France dans son dernier point.

"L'après-midi de mercredi sera encore chaude avant une nette baisse des températures jeudi s'accompagnant d'une dégradation pluvieuse et orageuse", prévoit encore l'organisme.