Lancement de Vision Golfe: favoriser les synergies entre la France et les acteurs clés du Golfe

Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique et Bandar Ibrahim Al Khorayef, ministre saoudien de l'Industrie et des ressources minières. (Photo, fournie)
Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique et Bandar Ibrahim Al Khorayef, ministre saoudien de l'Industrie et des ressources minières. (Photo, fournie)
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Publié le Mercredi 14 juin 2023

Lancement de Vision Golfe: favoriser les synergies entre la France et les acteurs clés du Golfe

  • L’événement Vision Golfe 2023 a été lancé en grande pompe aujourd’hui à Paris, au ministère de l’Économie, des Finances, de l'Industrie et de la Souveraineté industrielle et numérique
  • La séance d’ouverture, menée par le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal Abbas, proposait de réfléchir à la problématique de la géopolitique des ressources en 2023

PARIS : L’événement Vision Golfe 2023 a été lancé en grande pompe aujourd’hui à Paris, au ministère de l’Économie, des Finances, de l'Industrie et de la Souveraineté industrielle et numérique, sous le haut patronage du président français, Emmanuel Macron. Cette nouvelle plate-forme vise à promouvoir la coopération commerciale dans des marchés à fort potentiel de croissance. Cette conférence de deux jours est l’une des concrétisations des développements politiques, économiques et culturels de ces dernières années entre la France et les pays du Golfe. Elle a pour objectif de réunir les principaux acteurs économiques de ces deux régions du monde (ministres, dirigeants de PME, start-up et cadres supérieurs).  

L’idée est d’adopter les meilleures pratiques destinées afin d’établir des partenariats durables et de trouver des opportunités de coopération et d'investissement dans divers secteurs. «C’est la première fois que nous réunissons pendant deux jours les principaux acteurs économiques des pays du Golfe ainsi que leurs partenaires français. C’est le témoignage le plus éclatant de l’importance que nous accordons à la relation entre la France et les États du Golfe», déclare en ouvrant la conférence Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique.  

Lutte contre le changement climatique 

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 Cette conférence de deux jours est l’une des concrétisations des développements politiques, économiques et culturels de ces dernières années entre la France et les pays du Golfe. (Photo, fournie)

La lutte contre le changement climatique est au cœur des premiers échanges. «C’est parce que les États du Golfe se sont collectivement engagés dans cette transition climatique, parce qu’ils ont pris la mesure du défi et ont aussi les ressources naturelles – et, n'hésitons pas à le dire, les ressources financières – pour financer cette transition énergétique qui va coûter très cher que cela a beaucoup de sens que la COP28 soit attribuée à l’un de ces États», précise Bruno le Maire. Ce dernier, qui représentait le chef de l’État français, a appelé à faire «confiance» aux États du Golfe pour participer à la lutte contre le changement climatique afin d’«apporter des réponses concrètes». 

Le ministre français affirme par ailleurs: «Les États du Golfe jouent un rôle décisif pour la transition énergétique; l’Arabie saoudite, le Qatar, Oman , le Bahreïn, les Émirats arabes unis [EAU], le Koweït sont des pays décisifs pour cette transition. [...] L’ancien monde, c’est le Golfe qui rime avec pétrole. Le nouveau monde, ce sont les États du Golfe qui investissent massivement dans les énergies renouvelables et dans la lutte contre le réchauffement climatique.» Il ajoute que «le meilleur symbole de tout cela est le fait que la COP28 à Dubaï sera présidée par l’un de ces États du Golfe et mon ami Sultan al-Jaber».  

Prenant la parole à son tour, Laurent Saint-Martin, PDG de Business France depuis janvier 2023, a remercié les participants de cette 1re édition à laquelle participaient plus de sept cents personnes, dont trois cent cinquante sont issues des pays du Golfe.  

«Dans un monde en proie aux crises de toutes natures, les pays du Golfe offrent un réservoir considérable d’opportunités à nos entreprises à l’export et à nos territoires en investissements potentiels. Pour nos exportateurs, les opportunités d’affaires sont extrêmement nombreuses dans tous les secteurs d’activité: produits alimentaires, équipements et solutions pour les industries agroalimentaires ou pour l’élevage et l’aquaculture; AgriTech et FoodTech; industrie aéronautique, environnement et ville durable, transports et mobilité, sécurité et défense, transition énergétique, hydrocarbures; intelligence artificielle (IA), Fintech, RetailTech, industries culturelles et créatives, jeux vidéo et métavers; santé, art de vivre, sport, décoration, mode et habillement, tourisme…», décline Laurent Saint-Martin.  

Perspectives de partenariats  

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Vision Golfe a pour objectif de réunir les principaux acteurs économiques de ces deux régions du monde (ministres, dirigeants de PME, start-up et cadres supérieurs). (Photo, fournie).

«Sur le volet attractivité, les très importantes capacités d’investissements, tant publiques que privées, couplées aux “visions”, les plans nationaux de développement, de modernisation et d’investissement élaborés par la plupart de ces États offrent de très belles perspectives de partenariats», indique le directeur de Business France, qui veut mettre en œuvre une stratégie ambitieuse. Le but est de soutenir l’internationalisation de l’économie de l’Hexagone à travers l’accompagnement du développement des entreprises françaises exportatrices à l’international, la prospection et l’accueil des investissements étrangers créateurs d’emplois en France. «La France n’a jamais été aussi attractive. Pour la quatrième année consécutive, nous sommes premiers au classement Ernst and Young [EY] des pays les plus attractifs d’Europe. Comme vous le savez, la dernière édition du Sommet Choose France, en mai dernier, a battu tous les records avec 13 milliards d’euros d’investissements annoncés pour plus de 8 000 emplois créés partout en France. L’ambition portée par France 2030 est devenue un point de repère pour les investisseurs du monde entier», souligne Laurent Saint-Martin, qui appelle ses «amis du Golfe » à saisir cette opportunité. 

Quelles réponses communes face aux défis mondiaux? 

La séance d’ouverture, menée par le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal Abbas, proposait de réfléchir à la problématique de la géopolitique des ressources en 2023: quelles réponses communes face aux défis mondiaux? «La pandémie de Covid-19 a servi de leçon sur le plan mondial au sujet de la manière dont il convient de collaborer sur le plan géopolitique pour ne pas affecter négativement les chaînes d’approvisionnement», affirme M. Abbas. Ce dernier tient par ailleurs à rappeler que le média avait lancé sa version en français en 2020. «En 2022, la Russie a envahi l’Ukraine […] et, en 2023, nous nous sommes réveillés avec Chat GPT et nous réfléchissons aujourd’hui à son impact sur l’éducation et le business. Nous sommes là également pour discuter de tout cela.» 

Face à lui, Bandar Ibrahim Alkhorayef, ministre de l'Industrie et des Ressources minières de l’Arabie Saoudite, indique que «malgré les défis auxquels l’économie mondiale se trouve confrontée, les pays du Golfe offrent une infrastructure propice à l’investissement et l’attraction des talents».  

En outre, il fait part des grandes ambitions de l’Arabie saoudite dans le secteur industriel et minier. «La stratégie industrielle du Royaume met en avant douze domaines regroupés en secteurs et destinés à renforcer la résilience: se concentrer sur la sécurité alimentaire, les produits pharmaceutiques et l'armée. Parmi les secteurs de premier plan, citons, entre autres, le développement de l'exploitation minière et de la transformation, la vente de matières premières ainsi que des champs axés sur les industries du futur qui positionnent l'Arabie saoudite à la pointe de la fabrication et de l'automatisation.» 

«Dans le domaine pharmaceutique, aujourd'hui, […] il existe une belle collaboration avec les entreprises françaises [automatisation et fabrication de pointe]. L'avenir de notre industrie misera beaucoup sur la technologie, l'adaptation de l'IA, l'impression 3D et la fabrication additive», souligne M. Alkhorayef. 

«Il y a un véritable intérêt de la part de différents partenaires à développer une vision positive du pays et de la façon dont il peut représenter non seulement un marché fort, mais aussi une fenêtre sur d'autres marchés. L'Arabie saoudite est en train de se transformer en une puissance industrielle, mais nous la voyons aussi devenir une plaque tournante logistique solide pour différents acteurs», ajoute-t-il. 

«Nous recherchons des entreprises pour apporter de la technologie en Arabie saoudite», précise le ministre saoudien. Il s’agit de renforcer un objectif commun entre la France et le Royaume et de construire des partenariats sur le long terme. 

Jasem Mohamed al-Budaiwi, secrétaire général du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), affirme que «l’Union européenne est le deuxième partenaire commercial après la Chine». Il ajoute que la relation de la France avec le Golfe présente deux aspects, d’une part de pays à pays, et d’autre part à travers l’UE.  

«Les pays du Golfe sont des pays sérieux et nous œuvrons aujourd’hui à optimiser le rapprochement entre ces pays à travers de nombreux projets dont nous sommes fiers. «Le projet Gulf Railway [projet ferroviaire international, NDLR], que nous finirons en 2026, ce qui va relier les six pays du Golfe, les grands projets d’électricité, ainsi qu’une certaine unification douanière. Nous sommes unis et nous constituons un marché global a fort potentiel avec lequel il est intéressant de travailler.» 

Le CCG, un véritable partenaire pour la France 

C’est le même son de cloche du côté français: l’Hexagone, «en tant que pays qui appartient à l'Union européenne», s’est engagé à construire des partenariats «stratégiques et globaux», explique Anne Guéguen, directrice Mena au ministère français des Affaires étrangères. 

«Nous avons un besoin urgent de réinjecter l'esprit de coopération et de partenariat au centre de nos stratégies et c'est ce que nous voulons faire avec le CCG. Nous avons des relations globales avec chaque État membre du CCG dans la manière d'élaborer des plans d'action», précise-t-elle. 

Magali Cesana, chef de service des affaires bilatérales à la direction générale du Trésor, revient sur l’importance de la transition écologique mentionnée par le ministre de l’Économie. «Les challenges ont été immenses et divers ces dernières années. Cela nous montre la nécessité d’établir des collaborations. La transition économique est au cœur de nos priorités et, aujourd’hui, nous avons décidé de mettre tous les moyens sur la transition écologique.» 

Elle avoue avoir été «impressionnée par les changements de ces pays, par la diversification dans les pays du Golfe et par leur volonté d’être plus impliqués dans les transitions économiques». Elle insiste sur l’intérêt que manifestent les entreprises françaises pour ces démarches. «Nos entreprises sont impliquées dans cette diversification économique et elles veulent l’être encore plus. Il n’y a pas que la Chine et la Russie dans le monde et pas seulement les tensions qui existent entre ces pays», conclut-elle. 

Faisal Abbas, rédacteur en chef d'Arab News et modérateur de l’événement, révèle qu'Arab News en français s'engagera dans une étude YouGov pour évaluer l'appétit et les perceptions des investisseurs potentiels lorsqu'ils envisagent la France comme destination d'affaires. «L'étude Arab News YouGov sera réalisée pour le prochain sommet Vision Golfe et les résultats y seront discutés», a-t-il ajouté. 


Prêt à porter enfant: Okaïdi en difficulté, demande son placement en redressement judiciaire

Le groupe nordiste IDKIDS, spécialiste de l'univers de l'enfant, va demander mardi son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Lille Métropole pour la plupart de ses marques en France, dont son enseigne phare pour enfants Okaïdi. (AFP)
Le groupe nordiste IDKIDS, spécialiste de l'univers de l'enfant, va demander mardi son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Lille Métropole pour la plupart de ses marques en France, dont son enseigne phare pour enfants Okaïdi. (AFP)
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  • La procédure concerne ses marques Obaïbi (vêtements pour les 0 à 3 ans), Okaïdi (3-14 ans), Oxybul (jeux d'éveil) et la plateforme logistique IDLOG, précise le groupe qui emploie 2.000 personnes en France
  • En revanche, elle ne concerne pas sa marque haut de gamme Jacadi Paris, ni "les filiales étrangères et l'ensemble des franchises du groupe"

LILLE: Le groupe nordiste IDKIDS, spécialiste de l'univers de l'enfant, va demander mardi son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Lille Métropole pour la plupart de ses marques en France, dont son enseigne phare pour enfants Okaïdi.

L'audience est prévue à 16h00.

La procédure concerne ses marques Obaïbi (vêtements pour les 0 à 3 ans), Okaïdi (3-14 ans), Oxybul (jeux d'éveil) et la plateforme logistique IDLOG, précise le groupe qui emploie 2.000 personnes en France.

En revanche, elle ne concerne pas sa marque haut de gamme Jacadi Paris, ni "les filiales étrangères et l'ensemble des franchises du groupe".

La direction explique que cette demande de protection doit permettre de "redonner du temps et de la capacité financière" au groupe, qui doit "accélérer" sa "transformation".

Okaïdi, marque historique du groupe dont le siège est basé à Roubaix (Nord), réalise 600 millions d'euros de chiffre d'affaires dans le monde, dont 300 millions en France, selon une porte-parole du groupe.

Au total, IDKIDS est présent dans 70 pays, pour un chiffre d'affaires global de 800 millions d'euros et 6.000 salariés dans le monde.

Dans le centre de Lille, Carine Prestaut, retraitée venue acheter des vêtements pour ses petits-enfants chez Okaïdi, salue le bon rapport qualité-prix de l'enseigne. Mais elle reconnaît que la concurrence en ligne, "moins chère", est difficile à contrer: "tout le monde regarde au budget".

"On va bientôt devoir s'habiller uniquement sur internet. C'est bien triste, j'aime bien choisir, j'aime bien voir", regrette aussi Claude, une cliente de 70 ans.

A Marseille, Ana, mère de deux filles, estime qu'Okaïdi représente "la qualité, des vêtements bien coupés, des matières agréables", et craint la fermeture des boutiques car "les enfants ont besoin d'essayer".

"Impact salarial" 

IDKIDS dit subir un "effet sablier": le segment premium résiste en haut du marché, tandis que "le low-cost et l'ultra fast-fashion prospèrent" en bas, ce qui étrangle les enseignes du milieu de gamme comme Okaïdi.

"Okaïdi-Obaïbi subissent depuis plusieurs années la pression des coûts et de la concurrence (généralistes low-cost, fast-fashion, seconde main) qui ont fortement pesé sur les résultats de la marque en 2025", souligne encore le groupe.

Farida Khelifi, déléguée syndicale CGT chez IDKIDS, redoute un "impact salarial" avec "la fermeture de magasins", sans en connaître l'ampleur.

Selon elle, Okaïdi reste "une bonne marque", mais la baisse des ventes s'explique aussi par des collections jugées "moins tendances", avec un style "trop carnavalesque" et "cher pour la classe moyenne".

L'enseigne avait déjà annoncé en mars 2024 une "stratégie de simplification" qui s'était traduite par la suppression de 250 emplois dans le réseau et 50 au siège, selon une porte-parole du groupe.

A l'inverse, IDKIDS se félicite de la "trajectoire de croissance" de Jacadi, sa marque premium qui a réalisé en 2025 la "meilleure performance de son histoire" avec une rentabilité en hausse (+35%).

Le secteur français de l'habillement est confronté à des difficultés depuis plusieurs années: après le développement du commerce en ligne, le Covid-19 et l'inflation, le secteur subit désormais la concurrence de la seconde main et de la mode ultra-éphémère, symbolisée notamment par la plateforme asiatique Shein.

L'activité habillement/textile a reculé de 1,3% en 2025 et de 8,5% depuis 2019, selon l'Institut français de la mode (IFM).

De nombreuses autres entreprises françaises de prêt-à-porter ont connu de graves difficultés ces dernières années: IKKS, Camaïeu, Kookaï, Gap France, Pimkie, Comptoir des Cotonniers, Princesse Tam Tam... Cette crise a été fatale pour certaines d'entre elles, liquidées comme Kaporal et Jennyfer.

 


Le savoir-faire français à l’international : Gulfood 2026, tremplin pour l’export

L’édition 2026 de Gulfood a facilité le dialogue direct entre acteurs français et partenaires du Moyen-Orient, accélérant le développement de franchises et d’exportations. (Photo: Arab News en français)
L’édition 2026 de Gulfood a facilité le dialogue direct entre acteurs français et partenaires du Moyen-Orient, accélérant le développement de franchises et d’exportations. (Photo: Arab News en français)
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  • Gulfood 2026 confirme la puissance du savoir-faire français à l’international, avec 110 entreprises françaises mobilisées à Dubaï
  • De la restauration rapide premium à l’artisanat sucré, en passant par la fusion culinaire franco-émiratie, la France séduit le Moyen-Orient par la qualité, l’innovation et l’adaptabilité

DUBAÏ: Du 26 au 30 janvier 2026, Dubaï a une nouvelle fois confirmé son statut de carrefour mondial de l’alimentation à l’occasion de GULFOOD 2026, salon international du sourcing et de l’innovation Food & Beverage. Réparti entre Dubai Expo City et le Dubai World Trade Center, l’événement a rassemblé des milliers de professionnels venus échanger et développer des opportunités commerciales au sein de l’industrie.

Cette édition a marqué une présence française forte, avec 110 entreprises tricolores mobilisées sous l’impulsion de Business France, organisateur du pavillon national. Une ambition claire : réunir les acteurs français, émiratis et régionaux, faciliter l’accès aux marchés du Moyen-Orient et nourrir un dialogue durable dans une région à la scène gastronomique en pleine effervescence.

La restauration française à la conquête du Moyen-Orient

Parmi les acteurs présents, le groupe Delineo illustre la dynamique d’expansion de la restauration rapide premium française. « Il existe une vraie appétence au Moyen-Orient pour une restauration rapide, mais de qualité, portée par l’art de vivre à la française », explique Nicolas Richard, responsable du développement international du groupe.

Avec ses trois enseignes – La Croissanterie, Maison Pradier et Roberta Caffè – Delineo exploite près de 300 points de vente, dont une soixantaine à l’international. Déjà implanté en Afrique, en Europe de l’Est et en Arabie saoudite, le groupe voit en Gulfood un accélérateur stratégique pour identifier un master franchisé capable de déployer ses concepts dans l’ensemble de la zone Moyen-Orient. Standardisation des produits emblématiques, adaptation des recettes aux goûts locaux et accompagnement à 360° des partenaires sont au cœur du modèle.

L’artisanat sucré français séduit les marchés du Golfe

La Maison de Florentins, artisan depuis 1965, participait pour la première fois à Gulfood. Reprise il y a cinq ans par Emma Ducarouge et son mari Yann, l’entreprise est spécialisée dans le florentin, décliné aujourd’hui en huit parfums, ainsi qu’en une gamme de florentines à base de macaron.

Déjà présente en Arabie saoudite, la marque vise une clientèle large – grande distribution, boutiques spécialisées, hôtellerie – malgré les contraintes logistiques liées au chocolat. « La qualité artisanale française reste un argument fort, même sur des marchés très concurrentiels », souligne la dirigeante.

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La Maison de Florentins, artisan depuis 1965. (Photo: Arab News en français)

Le goût de la Bretagne à l’export

Autre facette du pavillon français : le patrimoine régional. Régals de Bretagne, entreprise familiale spécialisée dans les spécialités bretonnes, faisait le déplacement pour explorer de nouveaux horizons. « Notre objectif est d’aller sur les marchés du grand export, notamment les Émirats et le Moyen-Orient, que nous connaissons encore peu », confie Marie-Aude Honoré, directrice des ventes.

Kouign-amann, gâteaux bretons, biscuits feuilletés ou crêpes : tous les produits sont fabriqués en France, avec une grande capacité d’adaptation. Recettes sans alcool, parfums spécifiques comme la datte ou le miel, flexibilité sur les volumes… autant d’atouts pour séduire des marchés exigeants en quête d’authenticité et de premium.

Le miel français, entre gourmandise et bien-être

Même logique pour Les Abeilles de Malescot, jeune entreprise familiale du Lot-et-Garonne spécialisée dans les préparations à base de miel français. « Gulfood était l’occasion idéale de rencontrer des distributeurs locaux et de tester l’appétence du marché », souligne Clara Charle, cofondatrice.

Miels aromatisés à la fleur d’oranger, à la rose, confiseries artisanales, préparations bien-être : la marque mise sur des produits naturels, transformés sur un seul site, sans intermédiaires. L’objectif à terme : intégrer les rayons des supermarchés de la région et co-construire, avec des partenaires locaux, des recettes adaptées aux goûts du Golfe.

Quand la gastronomie devient un terrain de fusion culturelle

Au-delà des produits, Gulfood 2026 a aussi été un espace d’échange culinaire. Huit expériences gastronomiques ont rythmé le pavillon France, réunissant chefs français et émiratis, dont Christophe Prud’homme, Ahmed Darweesh et Inès Chatti.

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Le chef Christophe Prud’homme lors d’une session culinaire au pavillon France à Gulfood 2026. (Photo: Arab News en français)

Chef émirati influent, Ahmed Darweesh incarne cette nouvelle génération qui revisite la cuisine traditionnelle à travers les médias. « L’idée de mêler cuisine émiratie et techniques françaises m’a tout de suite séduit. C’est nouveau, et le public adore voir ces échanges culturels en direct », explique-t-il.

Cette fusion s’est incarnée dans une collaboration avec la cheffe pâtissière française Inès Chatti, fondatrice de Ines Chatti Pâtisserie, basée à Dubaï. Ensemble, ils ont imaginé des propositions gourmandes mêlant pâte à choux, cardamome, pistache, fleur d’oranger, safran et rose. « Ma pâtisserie est très florale, très gastronomique. J’aime tisser des ponts entre cultures, savoir-faire et univers, comme je le fais déjà avec des maisons de luxe », confie-t-elle.

À travers la diversité de ses entreprises, de ses chefs et de ses territoires, la France a affirmé à Gulfood 2026 une vision claire : innovation, qualité, adaptabilité et dialogue interculturel. Dans une région où la gastronomie est un marché stratégique, l’édition 2026 confirme que l’avenir de l’alimentation se construit collectivement — et résolument à l’international.


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.