Macron inaugure VivaTech mercredi avec un plan sur l'IA

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors de l'événement Viva Technology (VivaTech) consacré aux start-ups et à la technologie, le 17 juin 2022 à Paris. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors de l'événement Viva Technology (VivaTech) consacré aux start-ups et à la technologie, le 17 juin 2022 à Paris. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 14 juin 2023

Macron inaugure VivaTech mercredi avec un plan sur l'IA

  • Au programme de cette édition: plus de 2 200 exposants, des conférences de grands patrons internationaux, ainsi que 10 000 représentants d'entreprises, malgré un ticket d'entrée à 620 euros et des stands qui s'arrachent à parfois plus de 100 000 euros
  • Chantre de la «start-up nation» depuis 2017, le chef de l'Etat arpentera comme chaque année les allées pour rencontrer des entrepreneurs avant un discours prévu vers 17h00 et consacré à l'intelligence artificielle et à l'innovation

PARIS: Pour l'ouverture mercredi de VivaTech, le plus grand salon européen de la tech, Emmanuel Macron présente un plan pour soutenir l'IA française et plus globalement les start-up de la "French tech", en panne de financements après deux années fastes.

Au programme de cette septième édition: plus de 2 200 exposants, des conférences de grands patrons internationaux, ainsi que 10 000 représentants d'entreprises, malgré un ticket d'entrée à 620 euros et des stands qui s'arrachent à parfois plus de 100 000 euros.

Mais c'est aussi un événement destiné à populariser la tech, avec des innovations spectaculaires ou ludiques. On y découvrira un masque de ski avec réalité augmentée, un exosquelette pour les soignants, une start-up qui réveille les conducteurs assoupis, un Van Gogh animé par l'intelligence artificielle, des robots à roulettes, des drones, des véhicules à hydrogène... Près de 100 000 visiteurs sont attendus pour la journée grand public samedi.

Chantre de la "start-up nation" depuis 2017, le chef de l'Etat arpentera comme chaque année les allées pour rencontrer des entrepreneurs avant un discours prévu vers 17h00 et consacré à l'intelligence artificielle et à l'innovation.

Son intervention à la porte de Versailles s'inscrit dans le cadre d'une semaine consacrée à la souveraineté industrielle française, des médicaments à l'aviation.

"Dans le domaine de l'intelligence artificielle, je veux que la France soit championne et se positionne en pointe de cette nouvelle révolution industrielle. Demain, au salon VivaTech, je ferai des annonces pour que nous accélérions sur le financement, la formation, la recherche. En Européens, nous devons aussi avancer pour réguler et maîtriser cette technologie", a-t-il tweeté mardi.

Musk attendu vendredi

Plus précisément, Emmanuel Macron devrait annoncer de nouveaux financements pour l'IA à la française, dont les modèles de langage francophones, ainsi que des mesures pour encourager les investissements dans l'innovation.

Côté régulation, il souhaite "préempter" certaines dispositions du futur règlement européen sur l'IA pour les mettre en place en France sans attendre, notamment l'obligation d'informer l'utilisateur qu'un contenu est produit par une intelligence artificielle, a précisé l'Elysée.

A ses côtés sur scène, Arthur Mensch, PDG de Mistral, une start-up dans l'IA fondée par des pointures venues de Google et Meta (Facebook) et qui vient de lever 105 millions d'euros, un des records français du secteur.

En amont, le chef de l'Etat a d'ailleurs convié à déjeuner vendredi des experts du sujet. Dont le responsable de la recherche en IA de Facebook Yann Le Cun, qui a plaidé pour le développement de modèles en "open source" (code ouvert) et doit lui aussi intervenir à VivaTech.

Mais la vraie star du salon cette année sera sans doute Elon Musk, le patron de Twitter, Tesla et SpaceX, qui s'offre le dôme du Palais des Sports et ses 4 000 places pour un discours très attendu, la France espérant notamment être choisie pour une future usine Tesla.

Un choix emblématique pour un patron de la tech: c'est dans cette salle de spectacle que, dans les années 1990 et 2000, aux grandes heures de l'Apple Expo à Paris, Steve Jobs venait présenter les nouveautés de la marque à la pomme devant des milliers de fans fascinés.


Un hommage national rendu au militaire français tué en Irak

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
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  • "La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital"
  • Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France

VARCES-ALLIERES-ET- RISSET: Emmanuel Macron a salué mardi, au début d'un conseil de défense sur le conflit au Moyen-Orient, la mémoire du major Arnaud Frion "mort pour la France" en Irak, auquel la ministre des Armées Catherine Vautrin a aussi rendu un hommage solennel au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère) où il servait.

"Le major Frion est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une attaque de drones perpétrée par une milice pro-iranienne, alors qu'il œuvrait à la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daech (État islamique, NDLR), à la défense de la souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité", a déclaré le chef de l’État.

"La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital", a-t-il ajouté.

Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France.

"La France n'oubliera pas le prix de la vie d'Arnaud Frion (...) ce prix douloureux, c'est celui de notre sécurité, de notre souveraineté, de notre liberté", a également affirmé Catherine Vautrin à Varces.

Face à elle, le cercueil du major est recouvert du drapeau bleu blanc rouge et de trois coussins sur lesquels reposent ses décorations, la croix de chevalier de la Légion d'honneur reçue à titre posthume et la tarte, béret distinctif des chasseurs alpins.

"Le parcours d'Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l'exemple, l'une des plus belles figures du soldat français", a salué la ministre au côté du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill.

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021.

Il a été frappé avec ses compagnons d'armes alors qu'il se trouvait dans une base placée sous l'autorité des combattants kurdes peshmergas, située au sud-ouest d'Erbil, à Mala Qara, dans le Kurdistan irakien. Ils y étaient déployés dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste État islamique.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques de drones Shahed imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.


Macron convoque un nouveau conseil de défense mardi après-midi sur la situation au Moyen-Orient

Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron convoque un conseil de défense sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, dans un contexte de pressions de Donald Trump concernant la sécurisation du détroit d’Ormuz
  • Isaac Herzog appelle les pays européens à agir contre le Hezbollah, tandis que la France propose une médiation entre le Liban et Israël pour éviter une escalade régionale

PARIS: Le président Emmanuel Macron a convoqué un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale mardi après-midi "sur la situation en Iran et au Moyen-Orient", a annoncé l'Elysée.

Ce nouveau conseil de défense réunissant les ministres et responsables chargés des questions de sécurité - le dernier remonte au 10 mars - intervient alors que Donald Trump fait pression sur la France pour qu'elle réponde positivement à sa demande d'aide pour la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Le président israélien Isaac Herzog a de son côté appelé lundi les pays européens à "soutenir tout effort visant à éradiquer" le mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié de l'Iran.

Il a aussi salué l'offre française de faciliter des discussions directes entre le Liban et Israël qui a lancé des frappes aériennes massives et des "opérations terrestres limitées" contre le Hezbollah.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le Hezbollah a attaqué Israël le 2 mars pour venger l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué deux jours plus tôt par une frappe israélienne à Téhéran.

Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris", afin d'empêcher que "le Liban ne sombre dans le chaos".

Israël a poursuivi mardi ses bombardements sur Téhéran et contre le Hezbollah pro-iranien dans la banlieue sud de Beyrouth, au 18e jour de la guerre au Moyen-Orient qui embrase aussi l'Irak, théâtre de nombreuses attaques.


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
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  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.