France: décélération en vue pour l'économie et l'inflation en 2023

L'Institut national de la statistique a dressé le constat d'une dégradation conjoncturelle, avec des moteurs de la croissance tournant au ralenti, l'une des rares embellies venant de l'inflation qui devrait poursuivre un reflux amorcé au printemps (Photo, AFP)
L'Institut national de la statistique a dressé le constat d'une dégradation conjoncturelle, avec des moteurs de la croissance tournant au ralenti, l'une des rares embellies venant de l'inflation qui devrait poursuivre un reflux amorcé au printemps (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 15 juin 2023

France: décélération en vue pour l'économie et l'inflation en 2023

  • En moyenne annuelle, l'inflation s'établirait à 5%, contre 5,2% l'an dernier
  • Mais le ralentissement de l'inflation n'implique pas une baisse des prix

PARIS: L'économie française devrait connaître une forte décélération en 2023, les prix élevés continuant de freiner la consommation des ménages malgré un refroidissement attendu de l'inflation, notablement dans l'alimentation, a indiqué jeudi l'Insee.

En dévoilant pour la première fois ses prévisions annuelles, l'Institut national de la statistique a dressé le constat d'une dégradation conjoncturelle, avec des moteurs de la croissance tournant au ralenti, l'une des rares embellies venant de l'inflation qui devrait poursuivre un reflux amorcé au printemps.

Le produit intérieur brut (PIB) enregistrerait une hausse de 0,6% sur 2023 après une progression plus dynamique de 2,5% en 2022. Cette prévision est similaire à celle de la Banque de France mais plus pessimiste que celle du gouvernement (1%).

En moyenne annuelle, l'inflation s'établirait à 5%, contre 5,2% l'an dernier.

Mais le ralentissement de l'inflation n'implique pas une baisse des prix. Ceux-ci continueront à progresser, participant au coup de frein de l'activité puisque l'inflation grève la consommation des ménages.

 Maillons faibles 

Celle-ci reculerait de 0,2% en 2023 (après +2,1% en 2022), alors qu'elle contribue habituellement à faire tourner l'économie française.

Elle fléchirait au printemps, surtout dans l'alimentation dont les prix connaissent des envolées à deux chiffres, avant de rebondir légèrement à la faveur du ralentissement des prix.

C'est la première fois depuis 2012 que la consommation des ménages passe en territoire négatif, à l'exception de l'année de la pandémie en 2020.

Autre maillon faible de la croissance: les investissements des ménages, dans l'immobilier notamment, comme ceux des entreprises marqueraient le pas, sous l'effet de taux d'intérêts élevés après le resserrement monétaire musclé opéré par la Banque centrale européenne (BCE) pour juguler l'inflation.

Le commerce extérieur, grâce aux exportations, soutiendrait lui la croissance.

Il y a "cette inflation qui pèse sur la demande intérieure, et puis les premières conséquences du resserrement monétaire sur l'économie réelle", a résumé Julien Pouget, chef du département de la conjoncture de l'Insee, lors d'une conférence de presse.

"L'inflation (...) reste relativement élevée, même si elle a amorcé un reflux", a-t-il ajouté.

La hausse des prix à la consommation, qui touche directement les ménages au portefeuille, devrait poursuivre le repli amorcé au printemps pour s'établir à 4,4% en décembre sur un an. Elle avait ralenti à 5,1% en mai après 6% en janvier.

Elle profiterait d'une forte accalmie des prix de l'énergie qui s'étaient envolés après le déclenchement de la guerre en Ukraine.

Surtout, la hausse des prix dans l'alimentation ralentirait nettement grâce au reflux des cours des matières premières agricoles et de l'énergie.

Après +14,3% sur un an en mai, l'inflation devrait ainsi être quasi divisée par deux en décembre (+7,4%). En moyenne annuelle, ils seraient 11,8% plus élevés qu'en 2022.

Marges 

L'Insee souligne que l'évolution des prix alimentaires dépendra toutefois aussi du résultat des renégociations commerciales entre les distributeurs et l'industrie agro-alimentaire, rouvertes sous la pression du gouvernement, qui souhaite voir les étiquettes baisser dans les supermarchés.

Autre facteur susceptible d'influencer leur évolution: le taux de marge des entreprises du secteur, qui a fortement augmenté après avoir souffert durant la crise sanitaire.

L'industrie agroalimentaire a relevé ses marges, qui avaient souffert pendant la crise sanitaire, ce qui tire à la hausse les prix de production, souligne en substance Olivier Simon, chef de la division synthèse conjoncturelle.

Les produits manufacturés ralentiraient également, à l'inverse des services du fait des hausses de salaires. Le secteur deviendrait la principale composante de l'inflation devant l'alimentation en fin d'année.

Le ralentissement des prix, combiné à une augmentation des revenus, permettrait une stabilité du pouvoir d'achat des ménages.

Le taux d'épargne resterait à un niveau élevé, 18%.

Dans ce contexte de croissance modeste, l'emploi resté jusqu'ici très dynamique pourrait ralentir d'ici la fin de l'année. Mais compte tenu d'une progression moins forte de la population active, le taux de chômage se stabiliserait à 7,1%.

Dans le détail pour 2023, après une hausse de 0,2% au premier trimestre, le PIB progresserait de 0,1% au deuxième (révisé en baisse) et troisième trimestres, puis de 0,2% sur les trois derniers mois de l'année.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.