Elon Musk vient faire le show à Paris et rencontrer Macron

Elon Musk arrive en superstar vendredi à Paris, où il donnera une conférence après une rencontre en fin de matinée avec le président Macron (Photo d'illustration, AFP).
Elon Musk arrive en superstar vendredi à Paris, où il donnera une conférence après une rencontre en fin de matinée avec le président Macron (Photo d'illustration, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 16 juin 2023

Elon Musk vient faire le show à Paris et rencontrer Macron

  • Emmanuel Macron, qui a déjà rencontré à deux reprises Elon Musk ces derniers mois, espère le convaincre d'installer en France une usine de batteries Tesla
  • Elon Musk arrive en superstar vendredi à Paris, où il donnera une conférence devant 4000 passionnés de tech

PARIS: Craint et courtisé, Elon Musk, l'excentrique et controversé patron de Tesla et SpaceX, arrive en superstar vendredi à Paris, où il donnera une conférence devant 4.000 passionnés de tech, après une rencontre en fin de matinée avec le président Macron.

Au menu de leurs discussions: intelligence artificielle, réseaux sociaux, cadres de régulation, avait énuméré mercredi le président français dans les allées de VivaTech, le grand salon européen de la tech. "Je vais lui parler aussi d’automobiles, de batteries, de ce secteur, pour vanter l’attractivité française et européenne".

Emmanuel Macron, qui a déjà rencontré à deux reprises Elon Musk ces derniers mois, espère le convaincre d'installer en France une usine de batteries Tesla, sa société pionnière dans les voitures électriques.

Au sommet Choose France mi-mai à Versailles, le milliardaire avait promis que Tesla ferait "des investissements significatifs en France".

Jusqu'ici, rien n'est venu, et son choix pourrait se porter sur l'Espagne, en concurrence avec la France, près de quatre ans après avoir choisi Berlin pour la première usine du constructeur de voitures électriques en Europe.

Emmanuel Macron sait que cet innovateur qui séduit autant qu'il inquiète - il vient d'obtenir aux États-Unis l'autorisation de tester des implants dans le cerveau pour sa société Neuralink - devient une force politique outre-Atlantique. Les conservateurs l'adulent pour son combat contre la censure et pour avoir rétabli le compte de l'ex-président Donald Trump.

Ses positions politiques extrêmes ne devraient pas décourager les visiteurs de VivaTech de se presser pour l'écouter. Le salon bruisse d'excitation depuis deux jours sur la visite de la plus grande star de la tech mondiale.

Guest star
Provocateur, libertarien, le patron de Tesla, de SpaceX et actionnaire majoritaire de Twitter, sera interrogé sur ses choix, en plein bras de fer avec l'Union européenne sur la régulation de Twitter.

Elon Musk est à la fois menacé par l'Europe et la France pour son refus de juguler davantage la désinformation et la haine sur Twitter.

Il est vrai qu'en rachetant le réseau social fin 2022, le milliardaire avait tweeté: "L'oiseau est libre" puis aussitôt licencié la moité des salariés, dont une bonne partie des modérateurs.

Fin 2022, le commissaire européen Thierry Breton l'a sommé, sous peine d'une amende de 6% de son chiffre d'affaires, de davantage contrôler les contenus, au nom du DSA (Digital Services Act) sur la régulation des grandes plateformes, qui s'appliquera dans les prochains mois.

Fin mai, Elon Musk a encore crispé davantage les Européens en sortant Twitter du code des bonnes pratiques de l'UE contre la désinformation. Ce qui a poussé le ministre français au Numérique Jean-Noël Barrot à menacer de "bannir" Twitter.

Elon Musk pourrait aussi évoquer sa vision de l'intelligence artificielle, lui qui, bien que cofondateur d'OpenAI (créateur de chatGPT) qu'il a quitté depuis, a réclamé une suspension de la recherche dans ce domaine en plein boom, qu'il considère comme une menace pour l'humanité.

Il a pourtant fondé ensuite sa propre société d'IA.

Prévue à 16H00, sa prise de parole à VivaTech risque d'éclipser un peu l'actualité du salon, où vendredi, à la même heure, se rendra la Première ministre Elisabeth Borne accompagnée de quatre ministres (Education, Recherche, Egalite femmes-hommes, Numérique) pour promouvoir l’égalité femmes-hommes dans la tech et le numérique.

C'est aussi vendredi que le ministre délégué au Numérique lancera un plan baptisé "Je choisis la French Tech" qui veut "doubler la commande publique et privée en direction des start-up à l’horizon 2027", grâce à l'engagement de 45 acteurs institutionnels et 255 entreprises.

Pour l'instant seuls 2,4% des achats de l’Etat (hors armement) sont effectués auprès de PME innovantes (en 2021) et 6% seulement des entreprises achètent auprès de start-up.


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Short Url
  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Short Url
  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
Short Url
  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.