La planète toujours vers un réchauffement de 3°C, malgré la pandémie

Un enfant dans une zone touchée par une sécheresse le jour de la Terre dans la banlieue sud de Tegucigalpa. (AFP)
Un enfant dans une zone touchée par une sécheresse le jour de la Terre dans la banlieue sud de Tegucigalpa. (AFP)
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Publié le Mercredi 09 décembre 2020

La planète toujours vers un réchauffement de 3°C, malgré la pandémie

  • A trois jours d'un «sommet ambition climat» qui vise à donner un nouvel élan aux engagements internationaux pour maintenir le réchauffement climatique sous 2°C, et si possible 1,5°C
  • Pour garder un espoir de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an, chaque année de 2020 jusqu'à 2030, selon l'ONU

PARIS : La baisse des émissions de gaz à effet de serre due à la pandémie de Covid-19 aura un effet «insignifiant» et le monde file toujours vers 3 degrés de réchauffement, loin des objectifs de l'accord de Paris qui aura cinq ans samedi, avertit mercredi l'ONU.

A trois jours d'un «sommet ambition climat» qui vise à donner un nouvel élan aux engagements internationaux pour maintenir le réchauffement climatique sous 2°C, et si possible 1,5°C, par rapport à l'ère pré-industrielle, le Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE) sonne à nouveau l'alarme.

Et prévient, dans son rapport annuel comparant les émissions réelles de gaz à effet de serre et celles compatibles avec les objectifs de Paris, que la relance post-Covid devra être sérieusement verdie si le monde veut éviter le pire.

Pour garder un espoir de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an, chaque année de 2020 jusqu'à 2030, selon l'ONU.

Ces émissions augmentaient en moyenne de 1,5% par an sur la dernière décennie, pour atteindre un record en 2019 (59,1 gigatonnes, ou milliards de tonnes, soit +2,6% de plus qu'en 2018). 

Mais la pandémie du Covid-19, en mettant à l'arrêt pendant de longs mois une bonne partie de l’économie mondiale et des activités humaines, a entraîné une chute brutale. Les émissions devraient ainsi baisser d'environ 7% en 2020 pour le CO2, principal gaz à effet de serre (un peu moins pour les autres).

Négligeable

Mais ce retournement est conjoncturel et n'aura qu'un effet «négligeable» à long terme, avec environ 0,01 degré de réchauffement évité d'ici à 2050 préviennent les experts onusiens. 

Et de toute façon «la solution (au réchauffement) n'est pas de confiner le monde entier et de priver 1,9 milliard de jeunes d'éducation», explique à l'AFP la patronne du PNUE, Inger Andersen.

D'ici à la fin du siècle la trajectoire de réchauffement est estimée à 3,2°C de plus, même si tous les engagements actuels de Paris étaient tenus, ce qui est souvent loin d'être le cas.

Or, avec +1°C enregistré depuis l'ère pré-industrielle, les effets du réchauffement sont déjà sensibles. Les cinq années depuis la signature de l'accord de Paris ont été les plus chaudes jamais enregistrées et «les feux, tempêtes et sécheresses poursuivent leurs ravages alors que les glaces fondent à un rythme sans précédent».

Derrière ce sombre tableau, l'ONU veut voir une bonne nouvelle: la pandémie peut servir de leçon et le monde mettre en oeuvre une véritable «relance verte»: soutien direct et massif aux infrastructures et technologies décarbonées, réductions des subventions aux énergies fossiles, fin des centrales à charbon, développement des «solutions basées sur la nature», reforestation d'envergure par exemple.

Ce qui permettrait de «réduire jusqu'à 25% les émissions attendues pour 2030 sur la base des politiques pré-Covid-19» et donnerait 66% de chances de contenir le réchauffement sous les 2°C.

Moteur de crise

Mais pour l'heure, malgré les centaines de milliards consacrés par les Etats au sauvetage de leurs économies, «la fenêtre pour utiliser les mesures de relance afin d'accélérer une transition bas-carbone a globalement été manquée», préviennent les auteurs. «Sans un retournement de situation, les objectifs de l'accord de Paris s'éloigneront un peu plus».

Le PNUE encourage donc les Etats qui ont annoncé des engagements datés de  »neutralité carbone» à mettre en oeuvre sans attendre des stratégies pour les atteindre. Car la diplomatie climatique a elle aussi été perturbée par la pandémie et la COP26 qui devait recueillir les nouveaux engagements rehaussés a dû être repoussée d'un an à novembre 2021. Même si les Etats doivent quand même soumettre leurs nouveaux engagements d'ici à la fin de l'année.

L'ONU prévient aussi que «l'équité» dans les efforts sera «centrale» pour la réussite, puisque les émissions des 1% de la population mondiale la plus riche représentent le double de celles de la moitié la plus pauvre.

Appels auquel font écho des militants comme Tim Gore, responsable climat d'Oxfam International, qui appelle à une «relance verte et équitable», ou Jennifer Morgan, directrice de Greenpeace International enjoignant aux gouvernants de «prouver qu'ils font tout ce qui est en leur pouvoir» en prenant des engagements à l'occasion de l'anniversaire de l'accord de Paris.

«La pandémie est l'avertissement que nous devons d'urgence quitter notre chemin de développement destructeur, moteur des trois crises planétaires: changement climatique, perte de biodiversité et pollution. Mais elle constitue aussi clairement une opportunité (...) pour protéger notre climat et la nature pour les décennies à venir», conclut la cheffe du PNUE.

 


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.