Au Pakistan, l'inflation galope et les acheteurs de chameaux sont rares avant l'Aïd

Sur cette photo prise le 26 juin 2023, un commerçant passe devant des chameaux sacrificiels sur un marché aux bestiaux avant la prochaine fête musulmane de l'Aïd al-Adha, à la périphérie d'Islamabad. (Photo Aamir QURESHI / AFP)
Sur cette photo prise le 26 juin 2023, un commerçant passe devant des chameaux sacrificiels sur un marché aux bestiaux avant la prochaine fête musulmane de l'Aïd al-Adha, à la périphérie d'Islamabad. (Photo Aamir QURESHI / AFP)
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Publié le Mercredi 28 juin 2023

Au Pakistan, l'inflation galope et les acheteurs de chameaux sont rares avant l'Aïd

  • Des centaines d'éleveurs campent depuis deux semaines sur des marchés au bétail entre la capitale et sa ville-jumelle de Rawalpindi, espérant vendre leurs animaux avant l'Aïd, qui commence jeudi au Pakistan
  • Mais avec l'inflation galopante que connaît depuis des mois le Pakistan, et qui a encore atteint près de 38% sur un an en mai, les marchés attirent beaucoup moins de monde qu'à l'accoutumée

ISLAMABAD: Amanullah Khan, un adolescent pakistanais, se dresse sur la pointe des pieds pour embellir au henné les chameaux qui le toisent et ainsi attirer les acheteurs sur un marché d'Islamabad, avant la fête musulmane de l'Aïd el-Adha.

Des centaines d'éleveurs campent depuis deux semaines sur des marchés au bétail entre la capitale et sa ville-jumelle de Rawalpindi, espérant vendre leurs animaux avant l'Aïd, qui commence jeudi au Pakistan.

Mais avec l'inflation galopante que connaît depuis des mois le Pakistan, et qui a encore atteint près de 38% sur un an en mai, les marchés attirent beaucoup moins de monde qu'à l'accoutumée.

18 chameaux

Le cousin d'Amanullah, Zakaria, a emmené 18 chameaux avec lui après avoir connu des ventes fructueuses l'an passé. Mais cette année, il n'en a pour l'instant vendu qu'un seul.

"Les gens n'ont pas les moyens d'acheter. Les clients ne viennent pas au marché et ceux qui viennent préfèrent repartir les mains vides en raison du prix élevé des animaux", explique Zakaria, 21 ans, à l'AFP.

Pour l'Aïd al-Adha ("fête du sacrifice"), beaucoup de musulmans sacrifient une bête, en général un mouton, pour commémorer la soumission à Dieu d'Ibrahim - Abraham dans les traditions juive et chrétienne -, prêt à immoler son fils auquel fut substitué in extremis cet animal. Cela peut aussi être une chèvre, un bœuf ou un chameau.

La viande est répartie en trois parts égales entre la famille, les proches et les pauvres.
«Où pourrions-nous trouver autant d'argent?»
Il s'agit de l'une des fêtes les plus importantes du calendrier musulman, mais cette année de nombreux Pakistanais des classes moyennes ne seront pas en mesure de perpétuer la tradition.

"Notre revenu est le même, mais les prix sont au plus haut. Où pourrions-nous trouver autant d'argent?", demande un client, Ali Akbar, un maçon de 46 ans.

Un autre acheteur potentiel, Zerak Ali, est venu s'enquérir du prix d'un chameau, qui peut monter jusqu'à 1 million de roupies (3.200 euros).

"Pour vous, ça coûte 700.000", tente Zakaria. Mais M. Ali, un commerçant de 56 ans, préfère se diriger vers l'enclos des bœufs, moins onéreux, avec ses deux petits-fils.

Le chameau n'est pas l'animal le plus communément sacrifié au Pakistan. Mais certaines personnes aisées le préfèrent, car 11 familles peuvent en partager la viande selon les règles de l'islam.

Les profits de Zakaria sont rognés

Plus de 250 chameaux ont été amenés sur le marché d'Islamabad, ainsi que des milliers de bœufs, vaches, chèvres ou moutons.

Les bœufs coûtent jusqu'à 500.000 roupies (1.600 euros), alors que le prix des chèvres varie entre 50.000 et 150.000 (de 160 à 480 euros).

Les profits de Zakaria sont rognés par les taxes imposées par le marché, la hausse des prix du fourrage et de la location des camions, ainsi que les salaires du personnel.

"Je perdrai des millions de roupies cette année", prédit-il tristement.

Bakht Zaman, un fermier venu du district de Mardan dans le nord-ouest du pays, a amené 10 chameaux mais n'en a vendu qu'un, pour seulement 500.000 roupies.

"La valeur de la roupie pakistanaise a chuté", constate Haq Nawaz, un autre client. "Qui achètera des animaux aussi chers?"


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.