Derrière la hausse des marchés financiers, un équilibre fragile

Des piétons passent devant un tableau électronique affichant les chiffres de la Bourse de Tokyo après la fin de la séance du matin, dans une rue de Tokyo, le 23 juin 2023. (Photo, AFP)
Des piétons passent devant un tableau électronique affichant les chiffres de la Bourse de Tokyo après la fin de la séance du matin, dans une rue de Tokyo, le 23 juin 2023. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 28 juin 2023

Derrière la hausse des marchés financiers, un équilibre fragile

  • Même le directeur des investissements du premier gestionnaire d'actifs européen Amundi, Vincent Mortier, l'a reconnu lors du point semestriel du groupe: «pour être honnête, nous avons été surpris» par la trajectoire des marchés
  • Les gérants d'actifs «ont tous couru derrière» le début d'année, juge aussi Jérôme van der Bruggen, du belge DPAM

PARIS: Les Bourses mondiales ont défié la morosité économique et les politiques des banques centrales pour monter nettement au cours du premier semestre, mais derrière les quelques secteurs florissants se cache une réalité plus contrastée.

Même le directeur des investissements du premier gestionnaire d'actifs européen Amundi, Vincent Mortier, l'a reconnu lors du point semestriel du groupe: "pour être honnête, nous avons été surpris" par la trajectoire des marchés.

Les gérants d'actifs "ont tous couru derrière" le début d'année, juge aussi Jérôme van der Bruggen, du belge DPAM.

En Europe notamment, le début d'année a été marqué par une accélération des cours des actions, venant amplifier le rebond de la fin d'année 2022. Les indices phares de Londres, Paris et Francfort ont même battu leur record absolu en 2023.

Contrairement aux craintes de l'été 2022, l'hiver a été franchi sans encombre sur le plan énergétique. Mieux encore: le prix du gaz est descendu le 2 juin jusqu'à 22,85 euros, en baisse de 70% sur l'année, et le prix du baril de pétrole est en baisse de 10% en 2023 malgré les tentatives de l'OPEP de faire remonter les prix en baissant les quotas de production.

Les nombreuses hausses de taux d'intérêt des banques centrales en Europe et aux Etats-Unis n'ont pas freiné les investisseurs, qui ont anticipé très tôt une stabilisation de ces taux, voire une baisse d'ici 2024.

"Les économistes se sont trompés depuis un an et demi en nous expliquant que la hausse des taux allait provoquer une récession qu'on ne voit toujours pas (...) les anticipations sur les marchés actions étaient tellement négatives depuis très longtemps", explique aussi Catherine Guarrigues, directrice de la stratégie actions Europe chez Allianz GI.

Ailleurs dans le monde, le moral est aussi au beau fixe, de Tokyo, qui a retrouvé ses plus hauts en 35 ans, à l'indice technologique américain Nasdaq avec une performance qui rappelle son moment de gloire au moment de la pandémie (plus de 25% de gains en six mois) et qui permet de combler une partie des lourdes pertes de 2022.

Même les placements les plus spéculatifs, comme le bitcoin, ont bien réussi: la première crypto-monnaie a atteint un plus haut depuis un an en juin, retrouvant son niveau d'avant les deux graves crises de confiance qui ont frappé le secteur en 2022.

La crise bancaire de mars, qui a envoyé au tapis plusieurs banques régionales américaines ainsi que Credit Suisse, semble aussi déjà oubliée.

Concentration

Mais derrière la vitrine, le tableau est plus nuancé.

Au 8 juin, la quasi-totalité des gains de l'indice américain S&P 500 était imputable à dix entreprises seulement, principalement dans la tech (Apple, Microsoft, Amazon...). Celles-ci, à commencer par le géant des puces Nvidia, ont profité au cours du deuxième trimestre de la ruée des investisseurs sur toutes les entreprises liées à l'intelligence artificielle.

A Paris, les excellentes performances du luxe, secteur qui pèse le plus lourd, ont fourni une bonne partie du carburant du semestre notamment sur le pari de la réouverture de la Chine.

Les marchés ont commencé à être rattrapés par la réalité économique depuis juin, pris dans un "effet ciseau" selon Alexandre Baradez, analyste d'IG. D'un côté, les indicateurs de l'activité économique donnent toujours davantage de signes de ralentissement tandis que de l'autre, les banques centrales ont maintenu des mesures et des discours offensifs afin de combattre l'inflation, prenant à revers les pronostics des marchés.

Si l'inflation, la terreur des marchés depuis 2021, a nettement reflué aux Etats-Unis et en Europe depuis plusieurs mois, sa composante la plus tenace, celle des services, demeure partout à un niveau bien supérieur à la cible des 2% des banques centrales.

Dans ce contexte, les valorisations de certains segments du marché, notamment la technologie américaine, "ne prennent plus en compte les risques" relatifs à un affaiblissement de la consommation ou des résultats d'entreprises, selon Amundi. "Ignorer le niveau des valorisations", notamment les plus élevées, "serait une grosse erreur" dans les choix d'investissement.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Short Url
  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.

 

 

 

 


Veolia et Amazon accélèrent la transformation hydrique des data centers

Un avion survole une unité mobile de traitement de la pollution aux PFAS dans l’eau, fournie par Veolia, alors qu’il atterrit à l’EuroAirport de Bartenheim, dans l’est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
Un avion survole une unité mobile de traitement de la pollution aux PFAS dans l’eau, fournie par Veolia, alors qu’il atterrit à l’EuroAirport de Bartenheim, dans l’est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
Short Url
  • Un partenariat Veolia-Amazon pour déployer des solutions de réutilisation des eaux usées dans les data centers, avec un premier site opérationnel en 2027
  • Une économie annuelle estimée à 314 millions de litres d’eau potable, au service d’une stratégie globale de durabilité et de résilience hydrique

DUBAI: Dans un contexte de croissance exponentielle des besoins en infrastructures numériques et de pression accrue sur les ressources naturelles, Veolia et Amazon annoncent un partenariat structurant visant à transformer la gestion de l’eau dans les data centers. L’ambition : substituer l’eau potable par des eaux usées traitées pour les besoins de refroidissement, un poste particulièrement consommateur dans ces installations critiques.

Cette collaboration associe l’expertise de Veolia, leader mondial des technologies de l’eau et des services à l’environnement, aux capacités d’Amazon en matière de cloud et d’intelligence artificielle. Ensemble, les deux groupes entendent concevoir et déployer des stratégies de gestion de l’eau plus durables, adaptées aux data centers de nouvelle génération.

Le projet pilote sera lancé dans le Mississippi, où Veolia accompagnera les opérations d’Amazon afin de réduire significativement leur consommation d’eau potable. À l'horizon 2027, une première installation devrait entrer en service, marquant une étape importante : il s’agira du premier data center d’Amazon dans cet État à recourir à de l’eau recyclée pour ses systèmes de refroidissement.

Une innovation industrielle au service de la sobriété hydrique

Au cœur du dispositif, des systèmes de traitement de l’eau développés par Veolia, à la fois autonomes, modulaires et conteneurisés. Ces unités seront capables de capter des effluents issus de stations d’épuration locales ainsi que d’autres sources disponibles, puis de les transformer en une ressource conforme aux exigences de qualité des procédés industriels de refroidissement.

Cette approche permet de convertir un déchet en ressource stratégique, tout en limitant le recours aux nappes phréatiques et aux réseaux d’eau potable, particulièrement sollicités dans certaines régions. Une fois pleinement opérationnel, le projet devrait permettre de réutiliser plus de 314 millions de litres d’eau potable par an. Ce volume correspond à la consommation annuelle d’environ 760 foyers américains — une économie significative à l’échelle locale.

Au-delà de la performance environnementale, cette solution répond également à des enjeux de continuité opérationnelle. En sécurisant l’approvisionnement en eau via des sources alternatives, elle renforce la résilience des data centers face aux risques de stress hydrique ou de restrictions d’usage.

Un modèle réplicable à l’échelle mondiale

L’un des atouts majeurs du dispositif réside dans sa conception modulaire. Les systèmes conteneurisés de Veolia peuvent être déployés rapidement et adaptés aux spécificités locales, ce qui ouvre la voie à une duplication de la solution sur d’autres sites d’Amazon dans le monde.

Cette logique d’industrialisation s’inscrit dans la nouvelle offre « Data Center Resource 360 » développée par Veolia. Celle-ci vise à optimiser l’ensemble des flux de ressources — eau, énergie, déchets — au sein des data centers, en s’appuyant sur des technologies avancées et des outils de pilotage numérique.

Pour Amazon, cette initiative constitue un levier concret pour atteindre son objectif d’empreinte eau positive dans l’ensemble de ses opérations directes de data centers d’ici 2030. Cela implique non seulement de réduire ses prélèvements, mais aussi de contribuer activement à la restauration des ressources en eau dans les territoires où l’entreprise est implantée. 


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Short Url
  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

--
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com