En Nouvelle-Calédonie, les indépendantistes du FLNKS militent pour une indépendance négociée

La Première ministre française Elisabeth Borne (à droite) et le ministre français de l'Intérieur Gerald Darmanin (2e à droite) assistent à une réunion avec des membres d'une délégation du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, à Paris, le 11 avril 2023. (Photo, AFP)
La Première ministre française Elisabeth Borne (à droite) et le ministre français de l'Intérieur Gerald Darmanin (2e à droite) assistent à une réunion avec des membres d'une délégation du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, à Paris, le 11 avril 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 30 juin 2023

En Nouvelle-Calédonie, les indépendantistes du FLNKS militent pour une indépendance négociée

  • En vertu de l'accord de Nouméa signé en 1998, trois référendums d'autodétermination ayant rejeté l'indépendance, il faut prévoir le modèle institutionnel et changer la constitution
  • Mais le dernier référendum, en décembre 2021, est contesté par le FLNKS qui l'avait boycotté après avoir vu une demande de report refusée

NOUMÉA: Les dirigeants du Front de libération kanak (FLNKS), qui contestent la légitimité de la troisième consultation d'autodétermination en Nouvelle-Calédonie, veulent construire un accord "gagnant-gagnant" avec l'Etat, et militent pour une indépendance négociée.

En vertu de l'accord de Nouméa signé en 1998, trois référendums d'autodétermination ayant rejeté l'indépendance, il faut prévoir le modèle institutionnel et changer la constitution. Mais le dernier référendum, en décembre 2021, est contesté par le FLNKS qui l'avait boycotté après avoir vu une demande de report refusée.

Les discussions entre l'Etat et les indépendantistes ont difficilement repris depuis et pour l'instant il n'y a pas eu de réunions tripartites rassemblant Etat, loyalistes et indépendantistes.

A l'heure de discussions techniques en bilatérale sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie avec le préfet Rémi Bastille au haut-commissariat à Nouméa, les indépendantistes du FLNKS plaident pour une solution négociée, sur la base de l'accord de Nouméa, un processus inédit de décolonisation.

Ces échanges, également engagés entre les partisans du maintien de l'archipel dans la France et le haut fonctionnaire, sont censés préparer les négociations politiques avec le plus haut sommet de l'Etat sur le futur statut institutionnel du territoire.

Le président de la République, Emmanuel Macron, est d'ailleurs attendu sur le Caillou fin juillet, même si la visite n'est pas encore confirmée par les autorités.

"Nous sommes sur des voies parallèles" regrette Gilbert Tyuienon, premier vice-président de l'Union calédonienne, un des partis moteurs du FLNKS.

"L'Etat affirme avec force la validité de la troisième consultation d'autodétermination" tenue en décembre 2021 et contestée par les indépendantistes, "alors que nous, nous défendons la légitimité d'un peuple colonisé".

L'UC s'est ainsi présentée à la table des discussions avec "l'idée d'une négociation pour une indépendance au terme d'une période à déterminer, durant laquelle nous préparerons ensemble la sortie gagnant-gagnant".

Ce temps de transition s'inscrirait dans le prolongement de l'accord de Nouméa.

"Un accord en dessous duquel on ne peut pas descendre" ajoute Charles Washetine, porte-parole du Palika, autre force du FLNKS.

L'un des sujets sensibles du moment s'avère être le corps électoral pour les élections provinciales, un scrutin devant être organisé en 2024.

"Nous n'avons pas donné notre accord pour l'ouverture du corps électoral. Nous sommes favorables à l'ouverture de la discussion, nuance", précise Gilbert Tyuienon, en dépit de déclarations dans ce sens de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, en visite en Nouvelle-Calédonie début juin.

«Nous n'avons pas travaillé encore !»

Les élus partisans d'une Nouvelle-Calédonie française, dits loyalistes, militent pour une ouverture totale du corps électoral ou, dans d'autres groupes, pour un temps de résidence minimum de trois ans sur le territoire. L'Etat a proposé sept ans. Le FLNKS dit n'accepter qu'une durée d'au moins dix ans.

Et pour le Front de libération, cette question du corps électoral doit s'intégrer dans un accord global sur une trajectoire, "sur un projet d'avenir", aux côtés de bien d'autres sujets à traiter tels que le transfert des compétences à la Nouvelle-Calédonie ou encore la réhabilitation de l'identité kanak.

Tant qu'il n'y a pas d'accord global, selon les indépendantistes, il ne peut y avoir d'aménagements de la loi organique ou une révision constitutionnelle.

Devant le Sénat, le 21 juin, la Première ministre Elisabeth Borne s'est dite convaincue d'arriver à une "solution consensuelle" sur la question du corps électoral provincial, avant d'inviter les partenaires politiques fin août à Paris pour conclure l'accord. Mais "nous n'avons pas travaillé encore !", rétorque le premier vice-président de l'Union calédonienne Gilbert Tyuienon, qui "la trouve très optimiste".

Les dirigeants du FLNKS attendent des signes forts lors de la probable visite d'Emmanuel Macron fin juillet.

Par ailleurs, "la stratégie Indo-Pacifique de la France, imposée, ne doit pas venir contrecarrer notre volonté de nous insérer dans la région", insiste Charles Washetine, du Palika. Tandis que pour Gilbert Tyuienon, de l'UC, "Emmanuel Macron arrivera soit en colonisateur, soit en libérateur".


Seine-saint-Denis: un homme fuyant un contrôle de police mortellement percuté sur l'autoroute

 Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
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  • L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier
  • L'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute

BOBIGNY: Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser, a-t-on appris de source policière, confirmant une information du Parisien.

L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier.

Il a été déclaré mort par le Samu (service d'aide médicale d'urgence) peu après 15H30. Des policiers avaient tenté de le ranimer avant l'arrivée de pompiers, selon la même source policière.

Selon cette source, l'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute.

 


La candidature Mélenchon met la pression sur le reste de la gauche

Au lendemain de l'officialisation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, le reste de la gauche se retrouve sous pression pour désigner son candidat sous peine d'être pris de vitesse par les Insoumis. (AFP)
Au lendemain de l'officialisation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, le reste de la gauche se retrouve sous pression pour désigner son candidat sous peine d'être pris de vitesse par les Insoumis. (AFP)
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  • Si le premier secrétaire du PS Olivier Faure est favorable à la primaire, le patron des députés Boris Vallaud est contre, tout comme Raphaël Glucksmann (Place Publique), le mieux placé selon les sondages, et François Hollande qui "se prépare"
  • A gauche du PS, les ex-Insoumis François Ruffin et Clémentine Autain sont candidats à cette primaire mais pourraient porter leurs propres couleurs si ce processus n'aboutissait pas, tout comme Marine Tondelier

PARIS: Au lendemain de l'officialisation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, le reste de la gauche se retrouve sous pression pour désigner son candidat sous peine d'être pris de vitesse par les Insoumis qui doivent convaincre que leur leader n'est pas "l'assurance-vie" d'une victoire du RN.

Pas de réaction d'Olivier Faure ni de Boris Vallaud... "Un non-événement" pour le député PS Jérôme Guedj (sur TF1). Les socialistes tentaient lundi de minimiser la quatrième candidature du chef insoumis avec qui les ponts sont rompus.

Mais derrière l'indifférence affichée, la gauche non LFI se retrouve renvoyée à ses divisions internes, notamment sur l'organisation d'une primaire pour désigner un seul candidat de ses rangs.

"Mélenchon, il va y aller à fond, il va avoir ses signatures, ses trucs, l'argent, les militants, les réseaux sociaux. Et nous on va faire quoi ?", s'alarmait dès vendredi la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, candidate à cette primaire.

"Nous avons une responsabilité de nous rassembler et de ne plus être la gauche la plus bête du monde", a admis lundi le secrétaire général du PS Pierre Jouvet sur Franceinfo.

Pour autant, pas d'urgence selon lui. "A partir de la rentrée de septembre, trouvons le chemin pour désigner notre candidat commun", a-t-il plaidé, que ce soit "par une primaire, un conclave, une convention citoyenne..."

De fait, la gauche est complètement empêtrée sur le sujet.

Multitude de candidatures 

Si le premier secrétaire du PS Olivier Faure est favorable à la primaire, le patron des députés Boris Vallaud est contre, tout comme Raphaël Glucksmann (Place Publique), le mieux placé selon les sondages, et François Hollande qui "se prépare".

A gauche du PS, les ex-Insoumis François Ruffin et Clémentine Autain sont candidats à cette primaire mais pourraient porter leurs propres couleurs si ce processus n'aboutissait pas, tout comme Marine Tondelier.

Jean-Luc Mélenchon ne s'y est pas trompé. "Les divisions internes dans les partis font qu'il y a une multitude de candidatures et c'est la confusion. Nous, c'est carré, il y a une équipe, un programme, un seul candidat", a-t-il fait valoir dimanche soir.

Et les Insoumis d'appuyer sur leur avantage de notoriété. "Dans les quartiers populaires, on me parle beaucoup plus d'un Jean-Luc Mélenchon que de tout autre candidat. Aucun ne me cite Olivier Faure, aucun ne cite le nom de +je ne sais qui+ du Parti communiste ou des écologistes", a assuré sur Public Sénat Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis où se déroulera le premier meeting de campagne le 7 juin.

"Pour gagner une campagne électorale, il faut un programme, puis une incarnation. Et lui, il a tout ça à la fois et c'est vrai que par effet de contraste il peut jouer là-dessus", souligne auprès de l'AFP Adélaïde Zulfikarpasic de l'institut Ipsos-BVA.

Vote utile 

Mais les Insoumis doivent désormais convaincre les électeurs de gauche de ne pas se fier aux sondages qui le donnent pour l'instant autour de 11-12% au premier tour et surtout comme le plus mauvais candidat dans un éventuel second tour face au RN.

Car "la question qui va structurer la campagne, c'est +est-ce que le RN prendra le pouvoir ?+", pense Jean-Yves Dormagen de l'institut Cluster 17. "Du coup, quand vous êtes un mauvais candidat de second tour, vous risquez de le payer dès le premier tour", juge-t-il

Et les socialistes d'appuyer sur ce point. "S’il se qualifie au second tour, c’est la certitude de la victoire du RN", a martelé Jérôme Guedj. "Jean-Luc Mélenchon est l'homme politique le plus détesté de ce pays et le meilleur épouvantail pour la droite et l'extrême droite", a renchéri Pierre Jouvet.

Un argument balayé dimanche soir par Jean-Luc Mélenchon qui compte battre le RN "à plates coutures". Le coordinateur insoumis Manuel Bompard renvoie aux campagnes de 2017 et de 2022 où Jean-Luc Mélenchon, parti bas dans les sondages, a bénéficié du vote utile à gauche et fini aux portes du second tour.

"On a fait la démonstration à chaque élection présidentielle qu'on est en mesure de déclencher une dynamique de mobilisation. Il faut mettre des gens en mouvement, c'est comme ça qu'on peut contrer les scénarios écrits", a-t-il affirmé sur France Inter.


Détroit d'Ormuz: Macron appelle à une «réouverture concertée entre l'Iran et les Etats-Unis»

Emmanuel Macron a appelé lundi à une réouverture "concertée" du détroit d'Ormuz entre "l'Iran et les Etats-Unis", jugeant que le cadre de la nouvelle opération annoncée par Donald Trump pour débloquer cette voie stratégique majeure n'était "pas clair". (AFP)
Emmanuel Macron a appelé lundi à une réouverture "concertée" du détroit d'Ormuz entre "l'Iran et les Etats-Unis", jugeant que le cadre de la nouvelle opération annoncée par Donald Trump pour débloquer cette voie stratégique majeure n'était "pas clair". (AFP)
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  • "Nous souhaitons qu'il y ait surtout une réouverture concertée entre l'Iran et les Etats Unis", a insisté Emmanuel Macron
  • "C'est la seule solution qui permette durablement de rouvrir le détroit d'Ormuz, de permettre la libre navigation et de le faire sans restriction et sans péage", a-t-il ajouté

EREVAN: Emmanuel Macron a appelé lundi à une réouverture "concertée" du détroit d'Ormuz entre "l'Iran et les Etats-Unis", jugeant que le cadre de la nouvelle opération annoncée par Donald Trump pour débloquer cette voie stratégique majeure n'était "pas clair".

"Je ne sais pas quelle est cette initiative", a déclaré le président français à son arrivée au 8e sommet de la Communauté politique européenne en Arménie.

Donald Trump a annoncé une opération à partir de lundi pour débloquer des navires bloqués depuis deux mois dans le Golfe. L'armée américaine sera attaquée si elle tente de s'approcher du détroit d'Ormuz, a aussitôt rétorqué le commandement militaire iranien.

"Nous souhaitons qu'il y ait surtout une réouverture concertée entre l'Iran et les Etats Unis", a insisté Emmanuel Macron.

"C'est la seule solution qui permette durablement de rouvrir le détroit d'Ormuz, de permettre la libre navigation et de le faire sans restriction et sans péage", a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a aussi réitéré que l'initiative lancée conjointement avec le Premier ministre britannique Keir Starmer pour sécuriser la navigation dans le détroit ne serait pas mise en œuvre tant que les hostilités se poursuivraient entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Si les Etats-unis sont prêts à rouvrir Ormuz, c'est très bien. C'est ce qu’on demande depuis le début. Mais nous, on ne va pas participer à quelque opération de vive force que ce soit, dans un cadre qui ne me semble pas clair", a souligné le président français.

La mission à l'initiative d'Emmanuel Macron et Keir Starmer réunit une cinquantaine de pays de tous les continents qui ont entamé une planification militaire à Londres.

Elle se veut "neutre", "bien distincte des belligérants", afin d'accompagner et sécuriser les navires marchands qui transiteront dans le Golfe une fois la stabilité revenue, martèlent Paris et Londres.