Emeutes: Macron reporte sa visite en Allemagne, le jeune Nahel inhumé

Le président français Emmanuel Macron s'adresse à une réunion de la Cellule interministérielle de crise (CIC) après les émeutes qui ont éclaté pour la troisième nuit consécutive à travers le pays suite à la mort de Nahel, le 30 juin 2023. (Photo YVES HERMAN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'adresse à une réunion de la Cellule interministérielle de crise (CIC) après les émeutes qui ont éclaté pour la troisième nuit consécutive à travers le pays suite à la mort de Nahel, le 30 juin 2023. (Photo YVES HERMAN / POOL / AFP)
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Publié le Dimanche 02 juillet 2023

Emeutes: Macron reporte sa visite en Allemagne, le jeune Nahel inhumé

  • Le chef de l'Etat a téléphoné à son homologue allemand pour l'informer «de la situation dans son pays» et de sa décision de renoncer à sa visite prévue de dimanche soir à mardi, a annoncé la présidence allemande
  • Samedi, une foule de plusieurs centaines de personnes s'est pressée au funérarium de Nanterre, dans une mosquée de la ville puis au cimetière du Mont-Valérien pour l'enterrement de Nahel

NANTERRE, France : Emmanuel Macron a été contraint samedi de reporter sa visite d'Etat en Allemagne au lendemain d'une quatrième nuit consécutive d'émeutes causées par la mort de Nahel, 17 ans, tué par un policier et inhumé loin des caméras dans sa ville de Nanterre.

Même si l'intensité des violences a semblé reculer dans la nuit de vendredi à samedi, les 45.000 policiers et gendarmes mobilisés ont procédé à plus de 1.300 interpellations, selon le bilan du ministère de l'Intérieur.

Saisi par une vidéo amateur venue contredire le récit initial livré par les policiers, le tir à bout portant d'un motard et la mort de l'adolescent lors d'un contrôle routier ont choqué jusqu'au sommet de l'Etat et embrasé tout le pays.

Quelques semaines après la longue crise causée par sa réforme contestée des retraites, le chef de l'Etat a téléphoné à son homologue allemand pour l'informer «de la situation dans son pays» et de sa décision de renoncer à sa visite prévue de dimanche soir à mardi, a annoncé la présidence allemande.

Samedi, une foule de plusieurs centaines de personnes s'est pressée au funérarium de Nanterre, dans une mosquée de la ville puis au cimetière du Mont-Valérien pour l'enterrement de Nahel, ont constaté des journalistes de l'AFP.

«Paix à son âme, que justice soit faite», a lancé sous couvert d'anonymat à l'AFP une Nanterrienne en sortant du funérarium. «Je suis venue soutenir la maman, elle n'avait que lui, la pauvre».

La cérémonie s'est déroulée dans un climat de vives tensions entre des groupes de jeunes et la presse, dont la présence avait été proscrite par la famille et l'entourage de la victime.

- Incendies et pillages -

De nombreuses villes de France ont encore été durant la nuit de vendredi à samedi le théâtre de heurts entre les forces de l'ordre et des jeunes issus des quartiers populaires criant leur haine de la police, de destructions de bâtiments publics et de mobilier urbain ou de pillages de commerces.

Quelque 1.350 véhicules ont été incendiés, 266 bâtiments ont été incendiés ou dégradés, dont 26 mairies et 24 écoles, et 2.560 feux comptabilisés sur la voie publique, selon le ministère de l'Intérieur, des chiffres en net recul par rapport à ceux de la nuit précédente.

Le ministère a par ailleurs recensé dans la nuit 31 attaques de commissariats, 16 attaques de postes de police municipale et 11 de casernes de gendarmerie, et fait état de 79 policiers et gendarmes blessés.

A Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise, un émeutier a tiré au fusil à grenailles en direction de trois policiers qui ont été blessés, a rapporté une source policière.

Lyon et Marseille ont été les deux agglomérations les plus touchées.

Marseille a à nouveau été le théâtre de heurts et de scènes de pillages, du centre-ville puis plus au nord, dans ces quartiers populaires longtemps laissés pour compte, que le président Macron a visités en début de semaine.

«Ils sont venus spécialement pour casser, voler et repartir», a déploré un commerçant du centre commercial du Merlan, Youcef Bettahar. «Moi j'étais là jusqu’à 05H00 du matin, de très très jeunes filles et garçons repartaient avec des sacs remplis, on est vraiment dégoûté de ce qu'il se passe».

Des armes de chasse ont été dérobées dans une armurerie de la ville mais sans munition, selon la préfecture de police.

A Lyon, une trentaine de magasins du centre-ville ont été pillés. «Lundi (...) je mets tout en vente, ça suffit», lançait, écoeurée, la patronne d'une boutique de lingerie dans une rue piétonne jonchée de débris.

La région parisienne n'a pas été épargnée par les flammes, notamment Colombes (Hauts-de-Seine).

A Saint-Denis, un centre administratif a été incendié, et dans le Val-d'Oise, la mairie de Persan-Beaumont et le poste de police municipale ont été en partie détruits par les flammes. «Un acte inqualifiable», a dénoncé sur place le ministre délégué au Logement, Olivier Klein.

- Renforts -

La nuit a été plus calme à Bordeaux, Dunkerque (Nord) ou Calais (Pas-de-Calais) mais de nombreuses villes ont été touchées par les incidents comme Lens ou Metz, dont une médiathèque a été entièrement brûlée. «Un cataclysme incroyable», s'est désespéré Patrick Thil, l'adjoint au maire en charge de la Culture.

Pour tenter d'enrayer la spirale des émeutes, de nombreuses communes ont instauré un couvre-feu et les bus et tramways d'Ile-de-France cesseront samedi, comme la veille, de circuler à compter de 21H00.

A Marseille, tous les transports en commun s'arrêteront samedi dès 18h00 et des renforts de CRS et des blindés sont attendus. Des éléments de la CRS 8, spécialisée dans les émeutes urbaines, ont également été dépêchés à Lyon.

La cellule interministérielle de crise s'est réunie une nouvelle fois samedi matin, autour du directeur de cabinet de la Première ministre, Elisabeth Borne pour faire le point de la situation. Les ministres ont pour leur part été priés de rester à Paris ce week-end.

La question de l'état d'urgence reste posée et surveillée à l'étranger, d'autant plus que la France accueille à l'automne la Coupe du monde de rugby, puis les Jeux olympiques à Paris à l'été 2024.

Les joueurs de l'équipe de France de football ont envoyé vendredi soir un «appel à l'apaisement».

Cette spirale de violences et la colère de nombreux jeunes habitants des quartiers populaires ont rappelé les émeutes qui avaient secoué la France en 2005, après la mort de deux adolescents poursuivis par la police.

Le policier de 38 ans auteur du coup de feu qui a tué Nahel a été mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention provisoire jeudi après-midi.


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

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  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".


A Toulouse, deux policiers municipaux blessés à l'arme blanche

Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Des propos à caractère terroriste ont été signalés
  • Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc

TOULOUSE: Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc.

Des propos à caractère terroriste ont été signalés, a rapporté l'édile sur Facebook et sur X.

Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc.

Les deux agents, un homme et une femme, effectuaient une patrouille en plein coeur de Toulouse lorsqu'ils ont été agressés par un passant armé de plusieurs couteaux, selon le quotidien la Dépêche du Midi, citant l'adjoint à la Sécurité de Toulouse, Emilion Esnault.

Blessés aux bras durant l'affrontement, ils ont pu finalement maîtriser l'homme à l'aide de gaz lacrymogène, selon la même source.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.