Le «drame» d'Haïti doit être une «priorité» internationale, plaide le chef de l'ONU

Jean Victor Geneus, ministre haïtien des Affaires étrangères, avec le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres lors d'une conférence de presse à Port-au-Prince le 1er juillet 2023 (Photo, AFP).
Jean Victor Geneus, ministre haïtien des Affaires étrangères, avec le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres lors d'une conférence de presse à Port-au-Prince le 1er juillet 2023 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 02 juillet 2023

Le «drame» d'Haïti doit être une «priorité» internationale, plaide le chef de l'ONU

  • Guterres avait relayé cet appel d'Ariel Henry pour une force non onusienne destinée à épauler une police dépassée par la violence des gangs
  • De nombreux responsables de l'ONU se sont succédé ces derniers mois pour décrire le cauchemar vécu par les Haïtiens

PORT-AU-PRINCE: Depuis Port-au-Prince "encerclé" par les gangs "prédateurs", le secrétaire général de l'ONU a appelé samedi le monde à faire du "drame" des Haïtiens une "priorité", déplorant les "hésitations" à envoyer une force internationale pour aider la police.

"Il faut mettre Haïti sur la carte de la vie politique internationale et mettre le drame du peuple haïtien comme première priorité de la communauté internationale", a plaidé Antonio Guterres à l'issue d'une visite de "solidarité" de quelques heures, sa première dans le pays pauvre des Caraïbes en tant que chef de l'ONU.

"J'ai été à la rencontre d'Haïtiennes et d'Haïtiens, et j'ai ressenti tout l'épuisement d'une population qui fait face depuis trop longtemps à une cascade de crises et à des conditions de vie insoutenables", a-t-il ajouté, disant avoir "écouté leur appel à l'aide".

"Ce n'est pas le moment d'oublier Haïti", a-t-il martelé, après avoir rencontré notamment le Premier ministre Ariel Henry, des responsables de divers partis politiques et des membres de la société civile.

Antonio Guterres a en particulier exhorté le Conseil de sécurité, qui doit discuter à nouveau de la situation courant en juillet, "à autoriser le déploiement immédiat d'une force de sécurité internationale robuste".

Il avait relayé en octobre cet appel d'Ariel Henry pour une force non onusienne destinée à épauler une police dépassée par la violence des gangs qui ne cesse de se propager.

Mais neuf mois plus tard, l'appel est resté lettre morte. Si quelques pays ont indiqué être prêts à participer, aucun ne s'est porté volontaire pour prendre la tête d'une telle opération dans un pays échaudé par de multiples interventions étrangères.

"J'appelle les États qui ont la capacité de fournir une force sécuritaire robuste à ne plus avoir des hésitations et à être prêts à suivre une décision du Conseil de sécurité", a insisté Antonio Guterres.

"Chaque jour compte. Si nous n'agissons pas maintenant, l'instabilité et la violence auront un impact durable sur des générations d'Haïtiens", a-t-il encore plaidé.

«Violences sexuelles généralisées»

De nombreux responsables de l'ONU se sont succédé ces derniers mois pour décrire le cauchemar vécu par les Haïtiens, snipers sur les toits, enlèvements, écoles prises pour cible...

"Port-au-Prince est encerclé par des gangs armés qui bloquent les principales routes qui mènent aux départements du nord et du sud, qui contrôlent l'accès à l'eau, à la nourriture et aux soins de santé", s'est alarmé samedi le secrétaire général.

Il a condamné "avec la plus grande fermeté les violences sexuelles généralisées utilisées par les gangs armés comme une arme pour installer la peur".

Des propos qui font écho aux "horreurs" décrites cette semaine par la patronne de l'Unicef Catherine Russell, parlant d'une situation "jamais pire qu'aujourd'hui".

"Une petite fille de 11 ans m'a dit de la voix la plus douce que cinq hommes l'ont attrapée dans la rue. Trois l'ont violée. Elle était enceinte de huit mois quand nous avons parlé et a accouché quelques jours plus tard", a-elle raconté.

Et près de la moitié de la population, soit 5,2 millions de personnes a besoin d'assistance humanitaire, dont près de 3 millions d'enfants.

Mais l'aide humanitaire n'est pas suffisante pour faire face à ces besoins. Alors là encore, Antonio Guterres en a appelé à la communauté internationale : "c'est une question de solidarité, mais c'est aussi une question de justice morale".

Il a d'autre part appelé à un retour "à l'ordre démocratique dès que possible", demandant à chacun de "dépasser ses intérêts personnels et de faire des concessions afin de faciliter l'émergence d'une vision commune et d'un chemin électoral viable et crédible".

Aucune élection n'a eu lieu depuis 2016, et Ariel Henry, nommé Premier ministre seulement 48 heures avant l'assassinat du dernier président Jovenel Moïse en juillet 2021, fait face à des questions sur sa légitimité.

Après Haïti, Antonio Guterres se rend à Trinité-et-Tobago pour le sommet des pays de la Communauté caribéenne (Caricom), sommet auquel doit également participer le secrétaire d'État américain Antony Blinken pour discuter du dossier haïtien.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Short Url
  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Short Url
  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.


Trump dit qu'il va appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles iraniens 

Short Url
  • "Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)"
  • "Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement"

WASHINGTON: Le président américain Donald Trump dit qu'il va appeler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles tirés dimanche par l'Iran vers Israël, rapporte dimanche le média Axios.

"Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)", a déclaré le président américain selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il ajouté selon la même source qui a publié le message sur son compte X.

Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".

"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.

Selon elle, M. Trump lui a dit être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.

"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.