Autodafé du Coran en Suède: Face à l’intolérance, pas de tolérance qui tienne

Des policiers suédois interviennent tardivement après qu'un groupe d'islamophobes a brûlé un exemplaire du Coran, le livre saint des musulmans, devant la mosquée centrale de Stockholm, le 28 juin 2023. (Photo, TT News Agency/Caisa Rasmussen/via Reuters).
Des policiers suédois interviennent tardivement après qu'un groupe d'islamophobes a brûlé un exemplaire du Coran, le livre saint des musulmans, devant la mosquée centrale de Stockholm, le 28 juin 2023. (Photo, TT News Agency/Caisa Rasmussen/via Reuters).
Le 30 juin 2023, des partisans du religieux chiite irakien Moqtada al-Sadr protestent près de l'ambassade de Suède à Bagdad contre un homme qui a déchiré et brûlé un exemplaire du Coran à l'extérieur d'une mosquée dans la capitale suédoise, Stockholm (Photo, Reuters/Saba Kareem).
Le 30 juin 2023, des partisans du religieux chiite irakien Moqtada al-Sadr protestent près de l'ambassade de Suède à Bagdad contre un homme qui a déchiré et brûlé un exemplaire du Coran à l'extérieur d'une mosquée dans la capitale suédoise, Stockholm (Photo, Reuters/Saba Kareem).
Des Iraniens brûlent un drapeau suédois lors d'une manifestation, le 30 juin 2023, devant l'ambassade de Suède à Téhéran, pour protester contre l'incendie d'un Coran en Suède (Photo, AP/Vahid Salemi).
Des Iraniens brûlent un drapeau suédois lors d'une manifestation, le 30 juin 2023, devant l'ambassade de Suède à Téhéran, pour protester contre l'incendie d'un Coran en Suède (Photo, AP/Vahid Salemi).
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Publié le Dimanche 02 juillet 2023

Autodafé du Coran en Suède: Face à l’intolérance, pas de tolérance qui tienne

  • Les autorités suédoises sont condamnées pour avoir autorisé la profanation du livre saint de l'islam par un immigrant irakien à Stockholm
  • L'incident soulève des questions sur les limites de la liberté d'expression et sur l'inégalité de traitement des différents textes, religieux ou laïques

DJEDDAH: La Suède, pays connu pour ses valeurs progressistes et son engagement en faveur des droits de l'homme, se trouve au centre d'une violente tempête diplomatique après qu'un membre d'un parti suédois d'extrême droite a brûlé un exemplaire du Coran, le livre saint de l'islam.

Cet incendie, que les autorités suédoises ont autorisé le 28 juin à Stockholm, a suscité la colère et l'indignation des musulmans du monde entier.

L'Organisation de la coopération islamique, un groupe de 57 pays, a déclaré qu'elle tiendrait une «réunion d'urgence» pour discuter de la situation, les discussions devant avoir lieu dimanche.

Selon un porte-parole, le comité exécutif de l'OCI se réunira dans la ville saoudienne de Djeddah pour «discuter des mesures à prendre contre cet acte odieux et adopter une position collective sur la marche à suivre».

L'incident s'est produit à l'extérieur de la mosquée centrale de Stockholm pendant l'Aïd Al-Adha, une fête islamique majeure et la fin du pèlerinage annuel du Hajj à La Mecque, en Arabie Saoudite.

Salwan Momika, qui a fui l'Irak pour s'installer en Suède il y a plusieurs années, proteste devant une mosquée de Stockholm le 28 juin 2023, pendant la fête de l'Aïd Al-Adha. Il a ensuite déchiré et brûlé un exemplaire du livre saint des musulmans (Photo, Jonathan Nackstrand /AFP).

L'acte a été commis par Salwan Momika, un immigré irakien de 37 ans vivant en Suède, qui prétendait exprimer son opinion sur le Saint Coran.

La police de Stockholm avait accordé une autorisation pour la manifestation après qu'un tribunal suédois a jugé que son interdiction porterait atteinte au droit à la liberté d'expression et que les forces de l'ordre ne disposaient pas de preuves suffisantes pour interdire de telles manifestations.

Dans une interview accordée au journal suédois Expressen jeudi, Momika a nié que son action constituait un «crime de haine» ou une «agitation envers un groupe quelconque». Il a également révélé qu'il a l'intention de brûler un autre exemplaire du livre saint dans les dix jours suivant sa première manifestation.

Selon un communiqué publié sur le site web du ministère suédois des Affaires étrangères, «le gouvernement suédois rejette fermement l'acte islamophobe commis par des individus en Suède. Cet acte ne reflète en aucun cas les opinions du gouvernement suédois».

La police suédoise a permis à Salwan Momika, un Irakien résidant en Suède, de déchirer et de brûler un exemplaire du Coran lors d'une manifestation non provoquée devant une mosquée de Stockholm, le 28 juin 2023, alors que les musulmans du monde entier célèbrent l'Aïd Al-Adha. (Photo, Jonathan Nackstrand/AFP).

Un porte-parole du service diplomatique de l'Union européenne a publié une déclaration à ce sujet: «L'UE se joint au ministère suédois des Affaires étrangères pour rejeter fermement l'incendie d'un Coran par un individu en Suède. Brûler le Coran ou tout autre livre saint est offensant et irrespectueux et constitue un acte de provocation évident. Les manifestations de racisme, de xénophobie et de tolérance qui en découlent n'ont pas leur place en Europe.»

Arab News a posé une série de questions au ministère suédois des Affaires étrangères, mais n'avait pas reçu de réponse au moment de la publication de cet article.

En réaction à l'incident de Stockholm, plusieurs pays à majorité musulmane ont exprimé leurs préoccupations et condamné l'acte comme une provocation délibérée et une attaque contre leur religion.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a publié une déclaration condamnant fermement l'incendie, soulignant que de tels actes incitent à la haine, à l'exclusion et au racisme, ce qui va à l'encontre des efforts visant à promouvoir la tolérance, la modération et le rejet de l'extrémisme.

«Le ministère des Affaires étrangères exprime la ferme condamnation et la dénonciation par le Royaume d'Arabie saoudite de l'incendie d'un exemplaire du Saint Coran par un extrémiste devant la mosquée centrale de Stockholm, en Suède, après la prière de l'Aïd Al-Adha», a déclaré le ministère.

«Ces actes haineux et répétés ne peuvent être acceptés avec aucune justification et incitent clairement à la haine, à l'exclusion et au racisme, et contredisent directement les efforts internationaux visant à diffuser les valeurs de tolérance, de modération et de rejet de l'extrémisme. Ils sapent le respect mutuel nécessaire aux relations entre les peuples et les États», a-t-il ajouté.

EN BREF

• Plus de 140 000 immigrés d'origine irakienne constituent le deuxième groupe d'immigrés en Suède.

• Rasmus Paludan, homme politique danois d'extrême droite, a brûlé un exemplaire du Saint Coran à Stockholm, le 21 janvier dernier.

Pour sa part, le Maroc a convoqué l'ambassadeur de Suède à Rabat et rappelé son propre ambassadeur, tandis que la Jordanie a exprimé son mécontentement à l'envoyé de Suède, qualifiant l'incendie d'acte de haine et de racisme.

Les Émirats arabes unis ont également convoqué l'ambassadeur de Suède et ont exprimé leur profond mécontentement quant à l’autorisation de l'action de Momika. Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, a déclaré dans un communiqué: «Les attaques flagrantes et répétées contre notre foi islamique sous le prétexte de la liberté d'opinion perpétuent la haine et la rivalité.»

Ce jeudi, une foule de manifestants irakiens, dirigée par le religieux chiite Moqtada al-Sadr, a fait irruption dans l'ambassade de Suède à Bagdad, mais l'a quittée au bout de 15 minutes lorsque les forces de sécurité sont arrivées sur les lieux.

Des partisans du leader musulman chiite Moqtada al-Sadr manifestent dans la cour et à l'extérieur de l'ambassade de Suède à Bagdad, le 29 juin 2023, pour protester contre l'incendie du Coran par un Irakien vivant en Suède (Photo, Ahmad Al-Rubaye /AFP).

Le ministère irakien des Affaires étrangères a condamné la décision de la Suède d'autoriser un «extrémiste» à brûler un exemplaire du Coran, déclarant que de tels actes «enveniment les sentiments des musulmans du monde entier et représentent une dangereuse provocation».

Le ministère a indiqué qu'il avait convoqué l'ambassadeur de Suède à Bagdad pour lui faire part de la «vive protestation» de son pays à l'égard de la décision d'autorisation.

Recep Tayyip Erdogan, le président turc, a critiqué la Suède pour avoir autorisé une telle manifestation, qui pourrait avoir encore affaibli les chances du pays nordique d'adhérer à l'OTAN — une démarche à laquelle la Turquie, membre de l'OTAN, oppose depuis longtemps son veto.

«Nous finirons par apprendre aux Occidentaux arrogants qu'insulter les musulmans ne relève pas de la liberté de pensée», a averti Erdogan lors d'une allocution télévisée. «Nous montrerons notre réaction dans les termes les plus forts possibles, jusqu'à ce qu'une victoire déterminée soit remportée contre les organisations terroristes et l'islamophobie.»

Des commentateurs politiques ont mis en garde contre le fait que l'acte de brûler une copie du Coran ne fait pas qu'attiser les tensions existantes entre les communautés musulmanes et non musulmanes en Suède, mais fait également le jeu d'éléments extrémistes qui exploitent de tels incidents pour alimenter la haine et polariser davantage les sociétés.

Des incidents antérieurs impliquant la profanation de textes sacrés ont également été condamnés. En 2015, un homme politique d'extrême droite a brûlé un exemplaire du Coran à l'extérieur d'une mosquée et, au début de l'année, un Égyptien vivant en Suède a projeté de brûler la Torah devant l'ambassade d'Israël à Stockholm, afin de susciter un débat sur la cause palestinienne.

Cependant, les leaders musulmans de Suède sont intervenus pour empêcher l'action et les religieux musulmans et juifs ont dénoncé la profanation de textes sacrés en guise de protestation.

Ulf Kristersson, le Premier ministre suédois, a déclaré que l'action de Momika était «légale mais pas appropriée».

Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, s'adresse aux médias au siège de l'UE à Bruxelles, le 29 juin 2023 (Photo, AFP).

Salmane al-Ansari, chercheur politique saoudien, a déclaré à Arab News: «J'ai visité la Suède. C'est un pays magnifique avec des gens formidables qui accordent de l'importance au respect des autres.»

«Toutefois, il est très regrettable que certains extrémistes aient exploité la Suède et ses lois peu contraignantes en matière de liberté d'expression. Le peuple suédois est l'un des plus aimables que j'aie jamais rencontrés», a-t-il ajouté.

«Je suis absolument certain que le peuple suédois n'est pas d'accord avec les discours et les actes de haine. Si brûler le livre sacré de 1,8 milliard de personnes n'est pas de la haine, alors qu'est-ce qui constitue un discours et un acte de haine ?», a-t-il demandé.

Soulignant les préoccupations relatives à une approche sélective de la liberté d'expression, certains analystes politiques affirment que la réaction d'un pays occidental aurait pu être différente si la manifestation avait été dirigée contre une autre religion ou une cause politique populaire.

Ils affirment que la profanation d'un symbole religieux juif, par exemple, aurait probablement donné lieu à des accusations d'antisémitisme. De même, toute manifestation dirigée contre les Noirs aurait certainement été contraire aux lois interdisant le racisme.

Au cours de la dernière semaine d'avril, un groupe de satanistes autoproclamés a applaudi lorsque deux dirigeants ont ouvert la SatanCon 2023 dans la ville américaine de Boston, avec une cérémonie officielle renonçant aux «symboles de l'oppression» en déchirant une Bible et un drapeau «Thin Blue Line» représentant la police.

Commentant sur Twitter une vidéo de Fox News montrant ces actions, Al-Ansari a clairement exprimé son point de vue sur la profanation, en disant: «En tant que musulman, je dis que ces actions satanistes contre le christianisme et la Bible ne sont rien d'autre que déplorables, dégoûtantes et pleines de haine envers les personnes de toutes confessions.»

«En quoi le fait de déchirer une Bible peut-il être utile? Qui sont les complices en coulisses de ce culte de la haine?»

L'incendie d'un exemplaire du Coran n'est pas seulement considéré comme profondément offensant par les musulmans du monde entier, il soulève également des questions importantes sur les limites de la liberté d'expression et sur l'inégalité de traitement des différents textes, religieux ou laïques.

Si la liberté d'expression est un droit humain fondamental et une pierre angulaire des sociétés démocratiques, de nombreux politologues estiment qu'elle ne doit pas être considérée comme un droit absolu permettant l'incitation à la haine ou le dénigrement délibéré des croyances religieuses.

S'adressant à Arab News, Al-Ansari a déclaré: «La Suède est chère à mon cœur et je suis triste de la voir exploitée par des radicaux et des extrémistes d'extrême droite. Il est temps que le Premier ministre, Ulf Kristersson, et le Parlement suédois assèchent le marais de la haine et de l'extrémisme.»

«Le gouvernement suédois devrait rectifier le tir et tracer une ligne claire entre la liberté d'expression et les actes de haine.»

«Sinon, le gouvernement et le peuple suédois seront considérés comme des prêcheurs de haine et des hypocrites, car ils interdisent de nombreux slogans tels que les slogans nazis et autorisent la haine antimusulmane.»

«Il s'agit clairement d’une situation de deux poids deux mesures qui ne peut être justifiée de quelque manière que ce soit. La Suède mérite mieux que cela.»

Des Iraniens manifestent devant l'ambassade de Suède à Téhéran, le 30 juin 2023, pour protester contre l'incendie d'un Coran par des islamophobes dans la capitale suédoise (Photo, AP).

Se référant à Momika, Al-Ansari a déclaré: «L'auteur de cette action serait un membre actif de la milice irakienne qui a travaillé avec des organisations radicales et militantes en Irak.»

«Il a continué à se rendre en Irak alors qu'il prétendait craindre pour sa vie. Si le fait de mentir aux services d'immigration suédois n'est pas suffisant pour révoquer son statut de demandeur d'asile, alors qu'est-ce qui l'est ?»

D'autres ont indiqué que l'incident de cette semaine souligne l'importance d'encourager le dialogue interconfessionnel, d'éduquer le public sur la signification des textes religieux et de combler les fossés par une communication respectueuse.

Pour parvenir à une coexistence harmonieuse dans les sociétés multiculturelles, les chefs religieux estiment que la tolérance et le respect des diverses croyances sont primordiaux.

Si la liberté d'expression reste essentielle, ils estiment qu'elle doit être exercée de manière responsable, en tenant compte des conséquences potentielles et en respectant les sensibilités d'autrui.

Dans une récente interview accordée à la chaîne d'information MBC, le cheikh Dr Mohammed al-Issa, secrétaire général de la Ligue musulmane mondiale, a souligné qu'une «copie du Saint Coran, et non le Coran», était tombée entre «les mains d'un extrémiste haineux et rancunier qui s'est réfugié dans une constitution qui lui permet de s'exprimer librement, «même si l'opinion qu'il exprime est une rancune qui incitera à la haine et à l'inimitié entre toutes les communautés».

Il a ajouté: «C'est la philosophie de la constitution qui le protège, et dans ce cas, il s'agit de la constitution suédoise qui représente en fait la volonté du peuple suédois en promulguant cette constitution.»

«Cependant, la majorité des Suédois font la distinction entre les articles de la constitution et le comportement qui bénéficie de la protection de ces articles de la constitution pour exprimer ces opinions, en particulier la rancune et la haine qui sont exprimées dans cet incident.»

«En général, les Suédois ne sont pas d'accord avec cette rancune et cette haine. Ils les rejettent. Cependant, ils disent ‘C'est son droit d'exprimer son opinion tant qu'il ne commet pas d'acte nuisible concret’.»

Al-Issa, qui considère l'action de Momika comme un crime, a ajouté: «Nous avons des divergences avec la philosophie de cette constitution. Nous dénonçons explicitement cet acte odieux. Nous le condamnons de toutes les manières possibles.»

En mars 2019, Arab News a pris clairement position contre ceux qui encouragent les discours de haine au nom de la religion en lançant un projet Prédicateurs de haine dont le thème portait sur le fait qu'il ne peut y avoir de tolérance à l'intolérance.  

«Chaque semaine, nous nous concentrerons sur un prédicateur particulier, nous expliquerons ses croyances, nous mettrons la lumière sur ses édits remplis de haine et, surtout, nous le tiendrons responsable de ses paroles», a écrit Faisal J. Abbas, rédacteur en chef d'Arab News, dans un article intitulé «Il ne peut y avoir de tolérance à l'intolérance», qui présente la série.

La série a présenté, contextualisé et analysé des prédicateurs extrémistes de toutes religions, origines et nationalités, afin de mettre en lumière l'impact de leurs paroles sur les populations du monde entier.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'UE en sommet avec l'Arménie, pour l'éloigner de la Russie

L'Union européenne et l'Arménie ont tenu mardi leur tout premier sommet, illustrant la volonté des Européens d'aider ce pays du Caucase à s'éloigner prudemment de la Russie, son allié historique. (AFP)
L'Union européenne et l'Arménie ont tenu mardi leur tout premier sommet, illustrant la volonté des Européens d'aider ce pays du Caucase à s'éloigner prudemment de la Russie, son allié historique. (AFP)
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  • Ce sommet est une "occasion de renforcer nos liens et de porter notre partenariat unique à un niveau supérieur", a expliqué Mme von der Leyen
  • Les dirigeants européens et arméniens ont ainsi signé plusieurs accords dans différents domaines comme les transports, l'énergie, la sécurité ou le soutien à l'économie

EREVAN: L'Union européenne et l'Arménie ont tenu mardi leur tout premier sommet, illustrant la volonté des Européens d'aider ce pays du Caucase à s'éloigner prudemment de la Russie, son allié historique.

"Nous vivons tous dans un contexte géopolitique volatil et, dans cet environnement difficile, le tout premier sommet UE–Arménie ne pouvait pas être plus opportun", a déclaré à Erevan la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, lors d'une conférence de presse aux côtés du Premier ministre arménien Nikol Pachinian.

Ce sommet est une "occasion de renforcer nos liens et de porter notre partenariat unique à un niveau supérieur", a expliqué Mme von der Leyen.

Les dirigeants européens et arméniens ont ainsi signé plusieurs accords dans différents domaines comme les transports, l'énergie, la sécurité ou le soutien à l'économie.

"Nous voulons faire de l'Arménie une destination clé pour les investisseurs", a encore affirmé la présidente de la Commission européenne.

Désormais, "l'UE appelle les entreprises à investir en Arménie. C'est aussi un fait historique, car nous n'avions encore jamais entendu un tel appel, un tel message", s'est félicité M. Pachinian.

"L'Arménie peut devenir un hub régional pour les nouvelles routes commerciales mondiales, en particulier dans le domaine crucial des matières premières critiques. Et l'Europe est prête à vous soutenir", a encore assuré Mme von der Leyen.

L'UE veut en outre aider l'Arménie à mieux résister face aux crises et à combattre la désinformation en matière électorale, alors que des élections législatives doivent se tenir dans un mois dans le pays.

L'Arménie espère également des avancées sur la question de l'assouplissement des visas pour ses ressortissants qui se rendent dans l'UE.

Candidate à l'UE ? 

Autre témoignage du soutien des Européens à l'Arménie, Emmanuel Macron, en visite d'Etat dans le pays et qui a reçu un accueil digne d'une star à son arrivée dimanche, a pris part mardi avec Nikol Pachinian à la deuxième édition du "dialogue d'Erevan", un forum consacré à de multiples sujets, de la résilience démocratique aux interconnexions régionales entre Asie et Europe.

"Je crois très profondément que la vocation de l'Arménie est une vocation européenne", a lancé le président français.

"L'Europe est le partenaire le plus naturel de l'Arménie et du Sud Caucase dans le moment que nous vivons", a-t-il insisté.

Lundi, Erevan a accueilli le 8e sommet de la Communauté politique européenne, rendez-vous qui rassemble deux fois par an des dizaines de dirigeants de toute l'Europe, à l'exception de la Russie et du Bélarus.

En toile de fond de cet étalage de soutiens, se pose la question d'une potentielle future demande d'adhésion de l'Arménie à l'UE, sur laquelle les autorités du pays avancent cependant très prudemment.

Interrogé mardi sur une éventuelle candidature, M. Pachinian a expliqué que son pays devait d'abord se mettre au niveau des exigences liées au processus d'adhésion.

L'an dernier, l'Arménie a adopté une loi déclarant officiellement son intention de se porter candidate à l'UE, dans la continuité d'un partenariat noué en 2017.

Mais Erevan n'a pas encore sauté le pas pour le moment, tandis que Moscou a prévenu qu'il serait "impossible" au pays d'adhérer à l'UE, vu ses liens très étroits avec l'économie russe.

Alliée de longue date à la Russie, notamment pour des raisons de sécurité, l'Arménie abrite une base militaire russe et reste membre d'alliances économiques et sécuritaires avec Moscou.

Les relations entre les deux pays se sont cependant refroidies, Erevan s'interrogeant sur la fiabilité de son allié traditionnel, qui n'est pas venu à son secours lors de la guerre avec l'Azerbaïdjan en 2023.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan ont signé en août un accord à Washington sous l'égide du président américain Donald Trump en vue de mettre fin au conflit territorial qui les oppose depuis des décennies.

Les Européens ne sont pas les seuls à se rapprocher de l'Arménie. Le vice-président américain J.D Vance a lui aussi fait le voyage à Erevan en février, première visite d'un tel haut responsable américain dans ce pays du Caucase.


Ormuz: l'armée américaine dit avoir détruit des missiles, des drones et six petits bâteaux iraniens

Les forces armées américaines ont abattu des missiles et des drones iraniens qui visaient les bâtiments de l'US Navy et des navires commerciaux, et ont détruit six petits bateaux iraniens, a annoncé lundi l'amiral américain chargé du Moyen-Orient. (AFP)
Les forces armées américaines ont abattu des missiles et des drones iraniens qui visaient les bâtiments de l'US Navy et des navires commerciaux, et ont détruit six petits bateaux iraniens, a annoncé lundi l'amiral américain chargé du Moyen-Orient. (AFP)
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  • Les forces américaines ont "neutralisé efficacement" l'ensemble des "missiles et drones tirés contre nos forces et contre la navigation commerciale ", a déclaré à la presse l'amiral Brad Cooper, à la tête du CENTCOM
  • Téhéran avait affirmé plus tôt avoir tiré des "missiles de croisière, roquettes et drones de combat" vers des bâtiments américains

WASHINGTON: Les forces armées américaines ont abattu des missiles et des drones iraniens qui visaient les bâtiments de l'US Navy et des navires commerciaux, et ont détruit six petits bateaux iraniens, a annoncé lundi l'amiral américain chargé du Moyen-Orient.

Ces hostilités surviennent au premier jour d'une opération américaine destinée à porter assistance à des navires bloqués dans la région du Golfe et du détroit d'Ormuz, Donald Trump affirmant qu'il s'agit là d'un "geste humanitaire" pour aider les équipages.

D'une part, les forces américaines ont "neutralisé efficacement" l'ensemble des "missiles et drones tirés contre nos forces et contre la navigation commerciale ", a déclaré à la presse l'amiral Brad Cooper, à la tête du commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Téhéran avait affirmé plus tôt avoir tiré des "missiles de croisière, roquettes et drones de combat" vers des bâtiments américains.

L'amiral a affirmé que la plus grande partie de ces attaques iraniennes ciblaient des navires commerciaux, et qu'une minorité avaient visé des bâtiments militaires américains.

D'autre part, des hélicoptères d'attaque Apache et Seahawk ont visé et détruit "six bateaux iraniens qui représentaient une menace pour la navigation commerciale ", a ajouté l'amiral Brad Cooper.

Donald Trump a affirmé de son côté que "sept petits bateaux" avaient été visés par les tirs américains.

Un haut responsable militaire iranien, cité par la télévision d'Etat, a démenti la destruction des navires iraniens.

"Ensemble défensif" 

Après ces tirs, l'armée israélienne a affirmé être en "état d'alerte élevé".

Selon Donald Trump, "il n'y a pas eu, pour le moment, de dégâts dans le détroit", à part des tirs contre un navire sud-coréen à propos desquels il n'a pas donné de détail.

L'armée américaine affirme que deux destroyers, d'imposants bâtiments qui peuvent tirer des missiles, ont traversé le détroit d'Hormuz dans le cadre de l'opération "Freedom project", annoncée dimanche, tandis que deux navires commerciaux battant pavillon américain ont fait le chemin inverse et "poursuivent leur route en sécurité".

Selon l'amiral Cooper, les forces armées américaines n'escortent pas directement les navires à travers le détroit mais ont déployé "plusieurs couches qui incluent des navires, des hélicoptères, des avions, des avertissements aériens et des attaques électroniques". Le tout constitue selon lui "un ensemble défensif bien plus large" qu'une "simple escorte".

Il a assuré qu'"au final, il y aura une voie de passage dans les deux sens", mais que pour l'instant, "la chose la plus importante (...) est que les navires puissent partir."

Il n'a pas explicitement cité le détroit d'Hormuz, voie stratégique par laquelle transite d'ordinaire un cinquième de la consommation mondiale de pétrole contrôlée par Téhéran depuis le début des hostilités lancées par les Etats-Unis et Israël le 28 février.

 


Russie: un immeuble endommagé à Moscou dans une frappe de drone ukrainienne

Un immeuble résidentiel a été endommagé à Moscou dans la nuit de dimanche à lundi dans une rare frappe de drone ukrainienne, a indiqué le maire de la capitale russe Sergueï Sobianine. (AFP)
Un immeuble résidentiel a été endommagé à Moscou dans la nuit de dimanche à lundi dans une rare frappe de drone ukrainienne, a indiqué le maire de la capitale russe Sergueï Sobianine. (AFP)
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  • "Le drone a visé un immeuble" dans la rue Mosfilmovskaïa, dans l'ouest de Moscou, a écrit sur Telegram Sergueï Sobianine le maire de la capitale russe
  • Pour sa part, la chaîne de télévision russe Vesti a diffusé des images sur lesquelles on voit un appartement endommagé, avec des murs effondrés et des portes brisées

MOSCOU: Un immeuble résidentiel a été endommagé à Moscou dans la nuit de dimanche à lundi dans une rare frappe de drone ukrainienne, a indiqué le maire de la capitale russe Sergueï Sobianine.

Cette attaque intervient à quelques jours des célébrations le 9 mai de la victoire soviétique sur l'Allemagne nazie, à l'occasion desquelles la Russie ne déploiera pas cette année de matériel militaire pour le traditionnel défilé sur la place Rouge - pour des raisons de sécurité, selon le Kremlin.

"Le drone a visé un immeuble" dans la rue Mosfilmovskaïa, dans l'ouest de Moscou, a écrit sur Telegram Sergueï Sobianine. "Personne n'a été blessé", a-t-il précisé.

Pour sa part, la chaîne de télévision russe Vesti a diffusé des images sur lesquelles on voit un appartement endommagé, avec des murs effondrés et des portes brisées.

Selon M. Sobianine, deux autres drones visant Moscou ont été abattus dans la nuit par les systèmes de défense aérienne et un autre appareil sans pilote a été neutralisé lundi matin.

Depuis le début de son offensive en Ukraine en février 2022, conflit le plus sanglant en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, la Russie bombarde régulièrement l'ensemble du territoire ukrainien et notamment ses infrastructures essentielles.

En représailles, Kiev frappe des cibles en Russie, assurant viser des sites militaires mais aussi des infrastructures d'hydrocarbures afin de réduire la possibilité pour Moscou de financer son effort de guerre.

Si la région moscovite fait régulièrement l'objet d'attaques de drones ukrainiennes, Moscou elle-même est plus rarement visée.

L'Ukraine, qui tente de repousser l'offensive contre son territoire, avait cherché à perturber le défilé du 9 mai l'an dernier avec des attaques de drones visant Moscou les jours précédents.

Le Kremlin a annoncé que l'armée russe ne déploierait pas de matériel militaire lors du défilé sur la place Rouge samedi prochain en raison de la "menace terroriste" posée par Kiev.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé lundi que la Russie ne pouvait "se permettre" actuellement de faire défiler des équipements militaires à Moscou et avait "peur" que des drones ukrainiens ne perturbent les commémorations. "Cela montre qu'ils ne sont pas forts", a-t-il affirmé lors d'un sommet en Arménie.