Autodafé du Coran en Suède: Face à l’intolérance, pas de tolérance qui tienne

Des policiers suédois interviennent tardivement après qu'un groupe d'islamophobes a brûlé un exemplaire du Coran, le livre saint des musulmans, devant la mosquée centrale de Stockholm, le 28 juin 2023. (Photo, TT News Agency/Caisa Rasmussen/via Reuters).
Des policiers suédois interviennent tardivement après qu'un groupe d'islamophobes a brûlé un exemplaire du Coran, le livre saint des musulmans, devant la mosquée centrale de Stockholm, le 28 juin 2023. (Photo, TT News Agency/Caisa Rasmussen/via Reuters).
Le 30 juin 2023, des partisans du religieux chiite irakien Moqtada al-Sadr protestent près de l'ambassade de Suède à Bagdad contre un homme qui a déchiré et brûlé un exemplaire du Coran à l'extérieur d'une mosquée dans la capitale suédoise, Stockholm (Photo, Reuters/Saba Kareem).
Le 30 juin 2023, des partisans du religieux chiite irakien Moqtada al-Sadr protestent près de l'ambassade de Suède à Bagdad contre un homme qui a déchiré et brûlé un exemplaire du Coran à l'extérieur d'une mosquée dans la capitale suédoise, Stockholm (Photo, Reuters/Saba Kareem).
Des Iraniens brûlent un drapeau suédois lors d'une manifestation, le 30 juin 2023, devant l'ambassade de Suède à Téhéran, pour protester contre l'incendie d'un Coran en Suède (Photo, AP/Vahid Salemi).
Des Iraniens brûlent un drapeau suédois lors d'une manifestation, le 30 juin 2023, devant l'ambassade de Suède à Téhéran, pour protester contre l'incendie d'un Coran en Suède (Photo, AP/Vahid Salemi).
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Publié le Dimanche 02 juillet 2023

Autodafé du Coran en Suède: Face à l’intolérance, pas de tolérance qui tienne

  • Les autorités suédoises sont condamnées pour avoir autorisé la profanation du livre saint de l'islam par un immigrant irakien à Stockholm
  • L'incident soulève des questions sur les limites de la liberté d'expression et sur l'inégalité de traitement des différents textes, religieux ou laïques

DJEDDAH: La Suède, pays connu pour ses valeurs progressistes et son engagement en faveur des droits de l'homme, se trouve au centre d'une violente tempête diplomatique après qu'un membre d'un parti suédois d'extrême droite a brûlé un exemplaire du Coran, le livre saint de l'islam.

Cet incendie, que les autorités suédoises ont autorisé le 28 juin à Stockholm, a suscité la colère et l'indignation des musulmans du monde entier.

L'Organisation de la coopération islamique, un groupe de 57 pays, a déclaré qu'elle tiendrait une «réunion d'urgence» pour discuter de la situation, les discussions devant avoir lieu dimanche.

Selon un porte-parole, le comité exécutif de l'OCI se réunira dans la ville saoudienne de Djeddah pour «discuter des mesures à prendre contre cet acte odieux et adopter une position collective sur la marche à suivre».

L'incident s'est produit à l'extérieur de la mosquée centrale de Stockholm pendant l'Aïd Al-Adha, une fête islamique majeure et la fin du pèlerinage annuel du Hajj à La Mecque, en Arabie Saoudite.

Salwan Momika, qui a fui l'Irak pour s'installer en Suède il y a plusieurs années, proteste devant une mosquée de Stockholm le 28 juin 2023, pendant la fête de l'Aïd Al-Adha. Il a ensuite déchiré et brûlé un exemplaire du livre saint des musulmans (Photo, Jonathan Nackstrand /AFP).

L'acte a été commis par Salwan Momika, un immigré irakien de 37 ans vivant en Suède, qui prétendait exprimer son opinion sur le Saint Coran.

La police de Stockholm avait accordé une autorisation pour la manifestation après qu'un tribunal suédois a jugé que son interdiction porterait atteinte au droit à la liberté d'expression et que les forces de l'ordre ne disposaient pas de preuves suffisantes pour interdire de telles manifestations.

Dans une interview accordée au journal suédois Expressen jeudi, Momika a nié que son action constituait un «crime de haine» ou une «agitation envers un groupe quelconque». Il a également révélé qu'il a l'intention de brûler un autre exemplaire du livre saint dans les dix jours suivant sa première manifestation.

Selon un communiqué publié sur le site web du ministère suédois des Affaires étrangères, «le gouvernement suédois rejette fermement l'acte islamophobe commis par des individus en Suède. Cet acte ne reflète en aucun cas les opinions du gouvernement suédois».

La police suédoise a permis à Salwan Momika, un Irakien résidant en Suède, de déchirer et de brûler un exemplaire du Coran lors d'une manifestation non provoquée devant une mosquée de Stockholm, le 28 juin 2023, alors que les musulmans du monde entier célèbrent l'Aïd Al-Adha. (Photo, Jonathan Nackstrand/AFP).

Un porte-parole du service diplomatique de l'Union européenne a publié une déclaration à ce sujet: «L'UE se joint au ministère suédois des Affaires étrangères pour rejeter fermement l'incendie d'un Coran par un individu en Suède. Brûler le Coran ou tout autre livre saint est offensant et irrespectueux et constitue un acte de provocation évident. Les manifestations de racisme, de xénophobie et de tolérance qui en découlent n'ont pas leur place en Europe.»

Arab News a posé une série de questions au ministère suédois des Affaires étrangères, mais n'avait pas reçu de réponse au moment de la publication de cet article.

En réaction à l'incident de Stockholm, plusieurs pays à majorité musulmane ont exprimé leurs préoccupations et condamné l'acte comme une provocation délibérée et une attaque contre leur religion.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a publié une déclaration condamnant fermement l'incendie, soulignant que de tels actes incitent à la haine, à l'exclusion et au racisme, ce qui va à l'encontre des efforts visant à promouvoir la tolérance, la modération et le rejet de l'extrémisme.

«Le ministère des Affaires étrangères exprime la ferme condamnation et la dénonciation par le Royaume d'Arabie saoudite de l'incendie d'un exemplaire du Saint Coran par un extrémiste devant la mosquée centrale de Stockholm, en Suède, après la prière de l'Aïd Al-Adha», a déclaré le ministère.

«Ces actes haineux et répétés ne peuvent être acceptés avec aucune justification et incitent clairement à la haine, à l'exclusion et au racisme, et contredisent directement les efforts internationaux visant à diffuser les valeurs de tolérance, de modération et de rejet de l'extrémisme. Ils sapent le respect mutuel nécessaire aux relations entre les peuples et les États», a-t-il ajouté.

EN BREF

• Plus de 140 000 immigrés d'origine irakienne constituent le deuxième groupe d'immigrés en Suède.

• Rasmus Paludan, homme politique danois d'extrême droite, a brûlé un exemplaire du Saint Coran à Stockholm, le 21 janvier dernier.

Pour sa part, le Maroc a convoqué l'ambassadeur de Suède à Rabat et rappelé son propre ambassadeur, tandis que la Jordanie a exprimé son mécontentement à l'envoyé de Suède, qualifiant l'incendie d'acte de haine et de racisme.

Les Émirats arabes unis ont également convoqué l'ambassadeur de Suède et ont exprimé leur profond mécontentement quant à l’autorisation de l'action de Momika. Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, a déclaré dans un communiqué: «Les attaques flagrantes et répétées contre notre foi islamique sous le prétexte de la liberté d'opinion perpétuent la haine et la rivalité.»

Ce jeudi, une foule de manifestants irakiens, dirigée par le religieux chiite Moqtada al-Sadr, a fait irruption dans l'ambassade de Suède à Bagdad, mais l'a quittée au bout de 15 minutes lorsque les forces de sécurité sont arrivées sur les lieux.

Des partisans du leader musulman chiite Moqtada al-Sadr manifestent dans la cour et à l'extérieur de l'ambassade de Suède à Bagdad, le 29 juin 2023, pour protester contre l'incendie du Coran par un Irakien vivant en Suède (Photo, Ahmad Al-Rubaye /AFP).

Le ministère irakien des Affaires étrangères a condamné la décision de la Suède d'autoriser un «extrémiste» à brûler un exemplaire du Coran, déclarant que de tels actes «enveniment les sentiments des musulmans du monde entier et représentent une dangereuse provocation».

Le ministère a indiqué qu'il avait convoqué l'ambassadeur de Suède à Bagdad pour lui faire part de la «vive protestation» de son pays à l'égard de la décision d'autorisation.

Recep Tayyip Erdogan, le président turc, a critiqué la Suède pour avoir autorisé une telle manifestation, qui pourrait avoir encore affaibli les chances du pays nordique d'adhérer à l'OTAN — une démarche à laquelle la Turquie, membre de l'OTAN, oppose depuis longtemps son veto.

«Nous finirons par apprendre aux Occidentaux arrogants qu'insulter les musulmans ne relève pas de la liberté de pensée», a averti Erdogan lors d'une allocution télévisée. «Nous montrerons notre réaction dans les termes les plus forts possibles, jusqu'à ce qu'une victoire déterminée soit remportée contre les organisations terroristes et l'islamophobie.»

Des commentateurs politiques ont mis en garde contre le fait que l'acte de brûler une copie du Coran ne fait pas qu'attiser les tensions existantes entre les communautés musulmanes et non musulmanes en Suède, mais fait également le jeu d'éléments extrémistes qui exploitent de tels incidents pour alimenter la haine et polariser davantage les sociétés.

Des incidents antérieurs impliquant la profanation de textes sacrés ont également été condamnés. En 2015, un homme politique d'extrême droite a brûlé un exemplaire du Coran à l'extérieur d'une mosquée et, au début de l'année, un Égyptien vivant en Suède a projeté de brûler la Torah devant l'ambassade d'Israël à Stockholm, afin de susciter un débat sur la cause palestinienne.

Cependant, les leaders musulmans de Suède sont intervenus pour empêcher l'action et les religieux musulmans et juifs ont dénoncé la profanation de textes sacrés en guise de protestation.

Ulf Kristersson, le Premier ministre suédois, a déclaré que l'action de Momika était «légale mais pas appropriée».

Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, s'adresse aux médias au siège de l'UE à Bruxelles, le 29 juin 2023 (Photo, AFP).

Salmane al-Ansari, chercheur politique saoudien, a déclaré à Arab News: «J'ai visité la Suède. C'est un pays magnifique avec des gens formidables qui accordent de l'importance au respect des autres.»

«Toutefois, il est très regrettable que certains extrémistes aient exploité la Suède et ses lois peu contraignantes en matière de liberté d'expression. Le peuple suédois est l'un des plus aimables que j'aie jamais rencontrés», a-t-il ajouté.

«Je suis absolument certain que le peuple suédois n'est pas d'accord avec les discours et les actes de haine. Si brûler le livre sacré de 1,8 milliard de personnes n'est pas de la haine, alors qu'est-ce qui constitue un discours et un acte de haine ?», a-t-il demandé.

Soulignant les préoccupations relatives à une approche sélective de la liberté d'expression, certains analystes politiques affirment que la réaction d'un pays occidental aurait pu être différente si la manifestation avait été dirigée contre une autre religion ou une cause politique populaire.

Ils affirment que la profanation d'un symbole religieux juif, par exemple, aurait probablement donné lieu à des accusations d'antisémitisme. De même, toute manifestation dirigée contre les Noirs aurait certainement été contraire aux lois interdisant le racisme.

Au cours de la dernière semaine d'avril, un groupe de satanistes autoproclamés a applaudi lorsque deux dirigeants ont ouvert la SatanCon 2023 dans la ville américaine de Boston, avec une cérémonie officielle renonçant aux «symboles de l'oppression» en déchirant une Bible et un drapeau «Thin Blue Line» représentant la police.

Commentant sur Twitter une vidéo de Fox News montrant ces actions, Al-Ansari a clairement exprimé son point de vue sur la profanation, en disant: «En tant que musulman, je dis que ces actions satanistes contre le christianisme et la Bible ne sont rien d'autre que déplorables, dégoûtantes et pleines de haine envers les personnes de toutes confessions.»

«En quoi le fait de déchirer une Bible peut-il être utile? Qui sont les complices en coulisses de ce culte de la haine?»

L'incendie d'un exemplaire du Coran n'est pas seulement considéré comme profondément offensant par les musulmans du monde entier, il soulève également des questions importantes sur les limites de la liberté d'expression et sur l'inégalité de traitement des différents textes, religieux ou laïques.

Si la liberté d'expression est un droit humain fondamental et une pierre angulaire des sociétés démocratiques, de nombreux politologues estiment qu'elle ne doit pas être considérée comme un droit absolu permettant l'incitation à la haine ou le dénigrement délibéré des croyances religieuses.

S'adressant à Arab News, Al-Ansari a déclaré: «La Suède est chère à mon cœur et je suis triste de la voir exploitée par des radicaux et des extrémistes d'extrême droite. Il est temps que le Premier ministre, Ulf Kristersson, et le Parlement suédois assèchent le marais de la haine et de l'extrémisme.»

«Le gouvernement suédois devrait rectifier le tir et tracer une ligne claire entre la liberté d'expression et les actes de haine.»

«Sinon, le gouvernement et le peuple suédois seront considérés comme des prêcheurs de haine et des hypocrites, car ils interdisent de nombreux slogans tels que les slogans nazis et autorisent la haine antimusulmane.»

«Il s'agit clairement d’une situation de deux poids deux mesures qui ne peut être justifiée de quelque manière que ce soit. La Suède mérite mieux que cela.»

Des Iraniens manifestent devant l'ambassade de Suède à Téhéran, le 30 juin 2023, pour protester contre l'incendie d'un Coran par des islamophobes dans la capitale suédoise (Photo, AP).

Se référant à Momika, Al-Ansari a déclaré: «L'auteur de cette action serait un membre actif de la milice irakienne qui a travaillé avec des organisations radicales et militantes en Irak.»

«Il a continué à se rendre en Irak alors qu'il prétendait craindre pour sa vie. Si le fait de mentir aux services d'immigration suédois n'est pas suffisant pour révoquer son statut de demandeur d'asile, alors qu'est-ce qui l'est ?»

D'autres ont indiqué que l'incident de cette semaine souligne l'importance d'encourager le dialogue interconfessionnel, d'éduquer le public sur la signification des textes religieux et de combler les fossés par une communication respectueuse.

Pour parvenir à une coexistence harmonieuse dans les sociétés multiculturelles, les chefs religieux estiment que la tolérance et le respect des diverses croyances sont primordiaux.

Si la liberté d'expression reste essentielle, ils estiment qu'elle doit être exercée de manière responsable, en tenant compte des conséquences potentielles et en respectant les sensibilités d'autrui.

Dans une récente interview accordée à la chaîne d'information MBC, le cheikh Dr Mohammed al-Issa, secrétaire général de la Ligue musulmane mondiale, a souligné qu'une «copie du Saint Coran, et non le Coran», était tombée entre «les mains d'un extrémiste haineux et rancunier qui s'est réfugié dans une constitution qui lui permet de s'exprimer librement, «même si l'opinion qu'il exprime est une rancune qui incitera à la haine et à l'inimitié entre toutes les communautés».

Il a ajouté: «C'est la philosophie de la constitution qui le protège, et dans ce cas, il s'agit de la constitution suédoise qui représente en fait la volonté du peuple suédois en promulguant cette constitution.»

«Cependant, la majorité des Suédois font la distinction entre les articles de la constitution et le comportement qui bénéficie de la protection de ces articles de la constitution pour exprimer ces opinions, en particulier la rancune et la haine qui sont exprimées dans cet incident.»

«En général, les Suédois ne sont pas d'accord avec cette rancune et cette haine. Ils les rejettent. Cependant, ils disent ‘C'est son droit d'exprimer son opinion tant qu'il ne commet pas d'acte nuisible concret’.»

Al-Issa, qui considère l'action de Momika comme un crime, a ajouté: «Nous avons des divergences avec la philosophie de cette constitution. Nous dénonçons explicitement cet acte odieux. Nous le condamnons de toutes les manières possibles.»

En mars 2019, Arab News a pris clairement position contre ceux qui encouragent les discours de haine au nom de la religion en lançant un projet Prédicateurs de haine dont le thème portait sur le fait qu'il ne peut y avoir de tolérance à l'intolérance.  

«Chaque semaine, nous nous concentrerons sur un prédicateur particulier, nous expliquerons ses croyances, nous mettrons la lumière sur ses édits remplis de haine et, surtout, nous le tiendrons responsable de ses paroles», a écrit Faisal J. Abbas, rédacteur en chef d'Arab News, dans un article intitulé «Il ne peut y avoir de tolérance à l'intolérance», qui présente la série.

La série a présenté, contextualisé et analysé des prédicateurs extrémistes de toutes religions, origines et nationalités, afin de mettre en lumière l'impact de leurs paroles sur les populations du monde entier.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban : dix pays européens et l'UE appellent à garantir la «sécurité» de la Finul 

De la fumée et des débris tourbillonnent sur le site d'une frappe israélienne qui a visé un bâtiment situé à proximité de l'autoroute menant à l'aéroport international de Beyrouth, le 31 mars 2026. (AFP)
De la fumée et des débris tourbillonnent sur le site d'une frappe israélienne qui a visé un bâtiment situé à proximité de l'autoroute menant à l'aéroport international de Beyrouth, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • "Nous réaffirmons notre ferme soutien au mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban dans le Sud-Liban et appelons à garantir que les canaux de déconfliction restent ouverts"
  • Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche soir dans le sud du pays, victime selon une source sécuritaire de l'ONU à l'AFP, d'un tir d'un char israélien

PARIS: Dix pays européens et l'Union européenne ont appelé mardi dans une déclaration conjointe à garantir la "sécurité et la sûreté" de la force de maintien de la paix de l'ONU Liban, dont trois militaires ont été tués ces derniers jours.

"Nous exigeons de l'ensemble des parties, en toutes circonstances, qu'elles garantissent la sécurité et la sûreté du personnel et des locaux de la Finul", ont affirmé dans cette déclaration les ministres des Affaires étrangères de la Belgique, de Chypre, de la Croatie, de la France, de la Grèce, de l'Italie, de Malte, des Pays-Bas, du Portugal et du Royaume-Uni ainsi que la haute Représentante de l'Union européenne.

"Nous réaffirmons notre ferme soutien au mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban dans le Sud-Liban et appelons à garantir que les canaux de déconfliction restent ouverts", ajoutent les ministres, qui dénoncent des "pertes humaines inacceptables".

Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche soir dans le sud du pays, victime selon une source sécuritaire de l'ONU à l'AFP, d'un tir d'un char israélien. Deux autres Casques bleus indonésiens ont été tués le lendemain dans une explosion, qui pourrait être due à une mine, a indiqué la même source à l'AFP.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir mardi une réunion d'urgence après la mort des Casques bleus au Liban.

Dans leur déclaration, les ministres appellent également "Israël à éviter toute nouvelle aggravation du conflit, notamment par le biais d'une opération terrestre sur le territoire libanais" et condamnent "fermement les attaques du Hezbollah menées contre Israël en soutien à l'Iran".

Ils encouragent également le gouvernement libanais "à maintenir son cap en mettant en œuvre des mesures concrètes et irréversibles, à tous les niveaux, afin de rétablir sa souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais, notamment concernant le monopole de l'État sur les armes"

La Finul, qui compte près de 8.200 soldats issus de 47 pays, est prise en étau entre Israël et le groupe chiite pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part, et l'Iran d'autre part, à la suite d'une attaque le 2 mars.


Le roi Charles III en visite d'Etat aux Etats-Unis fin avril

Le roi Charles III et la reine Camilla se rendront en visite d'Etat aux Etats-Unis fin avril, a annoncé mardi le palais de Buckingham, un déplacement contesté en pleine guerre au Moyen-Orient et dans une période de tensions entre Washington et Londres. (AFP)
Le roi Charles III et la reine Camilla se rendront en visite d'Etat aux Etats-Unis fin avril, a annoncé mardi le palais de Buckingham, un déplacement contesté en pleine guerre au Moyen-Orient et dans une période de tensions entre Washington et Londres. (AFP)
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  • Les dates de cette visite, la première de Charles III, seront communiquées ultérieurement, a précisé le palais
  • Le roi et la reine se rendront ensuite aux Bermudes, pour le premier déplacement du monarque dans un territoire d'outre-mer du Royaume-Uni depuis son accession au trône en septembre 2022

LONDRES: Le roi Charles III et la reine Camilla se rendront en visite d'Etat aux Etats-Unis fin avril, a annoncé mardi le palais de Buckingham, un déplacement contesté en pleine guerre au Moyen-Orient et dans une période de tensions entre Washington et Londres.

Leur programme "célèbrera les liens historiques et les relations bilatérales actuelles entre le Royaume-Uni et les États-Unis, à l'occasion du 250e anniversaire de l'indépendance américaine", selon un communiqué.

Les dates de cette visite, la première de Charles III, seront communiquées ultérieurement, a précisé le palais.

Le roi et la reine se rendront ensuite aux Bermudes, pour le premier déplacement du monarque dans un territoire d'outre-mer du Royaume-Uni depuis son accession au trône en septembre 2022.

Londres et Washington, liés par 250 ans d'Histoire, ont forgé une "relation spéciale" caractérisée par des liens diplomatiques, militaires et économiques très étroits.

Au cours de son règne, la reine Elizabeth II avait été reçue à quatre reprises en visite d'Etat aux Etats-Unis, notamment en 1976 pour célébrer le bicentenaire de l'indépendance américaine et en 1991, avec une adresse historique devant le Congrès américain.

Donald Trump, connu pour être un grand admirateur de la famille royale, avait déclaré mi-mars à la Maison Blanche avoir "vraiment hâte de voir le roi".

Le président américain a lui-même été reçu en septembre en visite d'Etat au Royaume-Uni pour la seconde fois, avec tout le faste royal, de la procession en carrosse au somptueux banquet au château de Windsor.

Selon l'ambassadeur américain à Londres, Warren Stephens, le président de la Chambre des représentants Mike Johnson a proposé que Charles III prononce un discours devant les deux chambres du Congrès américain.

Appels au report 

Cette visite aux Etats-Unis est annoncée en pleine guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, et aux conséquences économiques planétaires.

Donald Trump n'a pas épargné le Premier ministre Keir Starmer depuis le début du conflit, accusant le dirigeant britannique d'avoir soutenu trop mollement son grand allié américain.

"Ce n'est pas à Winston Churchill que nous avons affaire", avait-il cinglé début mars, se disant "mécontent de Londres" qui avait dans un premier temps refusé que les Etats-Unis utilisent ses bases militaires.

Le dirigeant travailliste a assuré que malgré ces déclarations, la "relation spéciale" avec Washington était "à l'oeuvre".

Son gouvernement, au pouvoir depuis juillet 2024, a pris soin de ménager ses relations avec l'administration Trump. Il s'enorgueillissait d'avoir obtenu un meilleur traitement que de nombreux pays, notamment dans les négociations sur les droits de douane.

Selon un sondage YouGov publié jeudi, près de la moitié des Britanniques (49%) sont contre cette visite.

Plusieurs parlementaires britanniques s'y opposent également. Cet honneur "ne devrait pas être accordé à quelqu'un qui insulte et porte atteinte à notre pays de façon répétée", a déclaré le chef des libéraux-démocrates, Ed Davey.

La présidente de la Commission des Affaires étrangères à la Chambre des Communes, la travailliste Emily Thornberry, a elle aussi jugé "plus sûr de reporter" la visite, par crainte que Charles et Camilla se trouvent dans une situation "embarrassante".

Tenu à une stricte neutralité politique, Charles III n'a pas fait de commentaire public sur les velléités du président américain de faire du Canada --dont le roi est le chef d'Etat-- le 51e Etat américain. Ce qui ne l'a pas empêché de défendre la souveraineté de ce pays lors d'une visite hautement symbolique en mai 2025.

Agé de 77 ans, le roi Charles a connu en plus de trois ans de règne plusieurs crises majeures. Il a été diagnostiqué en février 2024 d'un cancer pour lequel il est toujours soigné. Il est par ailleurs confronté aux répercussions de l'affaire Jeffrey Epstein, qui ont conduit en février à l'arrestation de son frère Andrew Mountbatten-Windsor, soupçonné d'avoir transmis des informations confidentielles au pédocriminel et financier américain décédé en 2019.


Guerre en Iran: «les prochains jours seront décisifs», affirme le ministre américain de la Défense

Les prochains jours de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran seront "décisifs", a affirmé mardi le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, refusant d'écarter la possibilité de déployer des troupes sur le sol iranien. (AFP)
Les prochains jours de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran seront "décisifs", a affirmé mardi le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, refusant d'écarter la possibilité de déployer des troupes sur le sol iranien. (AFP)
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  • "Les prochains jours seront décisifs. L'Iran le sait, et ils ne peuvent quasiment rien faire militairement contre cela", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse au Pentagone
  • Le ministre, qui a révélé qu'il avait rendu visite récemment à des troupes américaines déployées dans ce conflit, a affirmé que "les dernières 24 heures ont vu le plus faible nombre de drones et missiles ennemis lancés par l'Iran"

WASHINGTON: Les prochains jours de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran seront "décisifs", a affirmé mardi le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, refusant d'écarter la possibilité de déployer des troupes sur le sol iranien.

"Les prochains jours seront décisifs. L'Iran le sait, et ils ne peuvent quasiment rien faire militairement contre cela", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse au Pentagone.

Le ministre, qui a révélé qu'il avait rendu visite récemment à des troupes américaines déployées dans ce conflit, a affirmé que "les dernières 24 heures ont vu le plus faible nombre de drones et missiles ennemis lancés par l'Iran".

Selon Pete Hegseth, les discussions avec l'Iran pour mettre un terme à la guerre sont en train de s'intensifier.

Ces discussions "sont bien réelles, elles sont en cours, elles sont actives et -- je pense -- se renforcent", a-t-il affirmé.

Les-Etats-Unis constatent un "va-et-vient" avec l'Iran sur les termes de ces négociations, un "fait nouveau productif", selon Pete Hegseth.

"Nous ne voulons pas avoir à faire plus militairement que ce qui est nécessaire. Mais je n'ai pas dit ça à la légère quand j'ai dit qu'en attendant, nous négocierons avec des bombes", a-t-il déclaré.

Pete Hegseth a également refusé à nouveau d'écarter la possibilité de déployer des troupes américaines sur le territoire iranien.

"Nous n'allons écarter aucune option. Vous ne pouvez pas mener et gagner une guerre si vous dites à votre adversaire ce que vous êtes prêts à faire, ou pas prêts à faire, y compris des troupes au sol", a déclaré le ministre.

"Notre adversaire pense actuellement qu'il existe 15 différentes manières avec lesquelles on pourrait s'en prendre à eux avec des troupes au sol. Et devinez quoi? C'est vrai", a-t-il ajouté.

A ses côtés, le général Dan Caine, chef d'état-major, a déclaré que les Etats-Unis avaient frappé "plus de 11.000 cibles" au cours des 30 jours passés.