BERLIN: Les autorités allemandes vont autoriser à nouveau à partir de janvier les renvois dans leur pays de Syriens considérés comme dangereux, malgré les protestations de partis de gauche et d'association de soutien aux migrants.
Une décision en ce sens a été actée jeudi soir lors d'une réunion des ministres de l'Intérieur des différentes régions du pays, compétents sur cette question, rapportent plusieurs médias.
Les responsables ont majoritairement refusé de prolonger une interdiction d'expulsion vers la Syrie en place depuis 2012.
Cette décision a été prise à l'initiative des dirigeants de régions conservateurs, membres de la famille politique de la chancelière Angela Merkel.
Ils sont parvenus à imposer leurs vues face aux dirigeants régionaux de gauche, opposés à ces expulsions en raison de la situation de guerre civile en Syrie et des exactions dont est accusé le régime de Damas.
Même si cela pourrait ne concerner au final que quelques dizaines de personnes, un tabou est ainsi brisé en Allemagne, pays qui s'était singularisé en 2015 en ouvrant largement ses portes aux demandeurs d'asiles syriens fuyant à l'époque la guerre dans leur pays. Plusieurs centaines de milliers d'entre eux y sont venus.
Le débat a été relancé en novembre dans le pays par le ministre conservateur de l'Intérieur, Horst Seehofer, à la suite notamment de l'assassinat à l'arme blanche d'un touriste en pleine rue à Dresde, qu'un jeune réfugié syrien proche de la mouvance islamiste est soupçonné d'avoir commis.
"Au lieu d'avoir une interdiction générale d'expulsion, il doit être possible à l'avenir d'examiner au cas par cas la possibilité d'expulsion pour les criminels et les personnes considérées comme dangereuses", a estimé M. Seehofer.
Cela pourrait concerner notamment 90 Syriens fichés pour leur militantisme islamiste, selon les médias allemands. Un responsable du parti écologiste, Claudia Roth, a dénoncé pour sa part un "scandale" et "une absence incroyable de sens des responsabilités".
La gauche radicale a elle parlé d'une "campagne d'intimidation contre les réfugiés" pour donner des gages à l'extrême droite anti-migrants dans le pays.
Dans la pratique, ces expulsions risquent d'être très difficiles à mettre en oeuvre dans la mesure où l'Allemagne n'a plus de relations diplomatiques avec Damas. Et le ministère allemand des Affaires étrangères lui-même juge la situation dans le pays encore très instable.







