Au Soudan en guerre, les tribus arabes du Darfour pourraient changer la donne

Mohamed Hamdan Daglo, commandant des paramilitaires des Forces de soutien rapide (Photo, AFP).
Mohamed Hamdan Daglo, commandant des paramilitaires des Forces de soutien rapide (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 06 juillet 2023

Au Soudan en guerre, les tribus arabes du Darfour pourraient changer la donne

  • Des chefs tribaux arabes du Darfour appellent à rejoindre les paramilitaires et à déserter l'armée
  • Vingt ans plus tard, la fracture ethnique continue de se creuser dans cette région de l'ouest du Soudan

WAD MADANI: C'est une vidéo courte, mais elle pourrait changer la donne au Soudan en guerre: des chefs tribaux arabes du Darfour y appellent à rejoindre les paramilitaires et à déserter l'armée, un appel susceptible aussi d'exacerber le conflit ethnique dans cette vaste région du pays.

Vingt ans plus tard, la fracture ethnique continue de se creuser dans cette région de l'ouest du Soudan, encore davantage depuis le début au printemps d'une guerre dévastatrice entre les Forces de soutien rapide (FSR, paramilitaires) du général Mohamed Hamdane Daglo et l'armée, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane.

De nombreux habitants du Darfour-Ouest racontent les "exécutions" par des miliciens arabes de civils uniquement parce qu'ils sont Massalit, autre ethnie non arabe de la région. Les militants dénoncent des campagnes d'assassinats ciblées de personnalités Massalit dans leur fief d'El-Geneina, chef-lieu du Darfour-Ouest.

Les combats se sont désormais déplacés au Darfour-Sud et principalement à Nyala, son chef-lieu et surtout la deuxième plus grande ville du Soudan.

«Diviser le Darfour»
C'est dans l'Etat du Darfour-Sud que les chefs des sept plus importantes tribus arabes de la région ont appelé lundi les membres de leurs clans à rejoindre les FSR, enjoignant particulièrement ceux qui sont enrôlés dans l'armée à déserter pour passer à l'autre camp.

Pour Abdelmoneim Madibbo, journaliste indépendant au Darfour, "cette annonce va avoir un impact énorme" sur la guerre au Soudan, qui a fait depuis le 15 avril près de 3.000 morts, particulièrement au Darfour. "Comme à El-Geneina, elle va diviser le Darfour-Sud entre Arabes et non Arabes", affirme-t-il à l'AFP.

Or, renchérit Adam Mehdi, commentateur politique et fin connaisseur du Darfour, au Darfour-Sud, ce sont les tribus arabes qui tiennent les rênes: "le vrai gouvernement, ce sont elles, car la majorité des habitants appartiennent à leurs clans".

Aucune désertion n'a été annoncée mais au Darfour-Sud tout le monde rappelle que le numéro deux des opérations de l'armée à Nyala est un général de la tribu arabe des Misseriya -- de même que le numéro deux des opérations de l'armée au Darfour-Est.

Et l'armée compte aussi de nombreux officiers des Rizeigat -- la tribu du général Daglo. Les chefs de ces deux tribus apparaissent sur la vidéo de lundi.

L'armée, affirme M. Mehdi à l'AFP, risque de se retrouver face à un front large et uni qui pourrait "l'expulser définitivement du Darfour-Sud où la plupart de ses bases sont déjà tombées".

Elle serait alors tentée "d'armer les autres tribus et de lancer une guerre par procuration".

«Nos cousins»
Au sein de l'armée on nuance ce scénario. Les FSR, qui se sont empressées de saluer l'appel des chefs de tribus, veulent "un coup d'éclat médiatique", estime une source sous couvert d'anonymat.

Et en réalité les chefs de tribus privilégient "leurs propres intérêts" qui, pour le moment, convergent avec ceux du général Daglo, assure-t-elle encore à l'AFP.

Au Darfour-Sud et au Darfour-Est -- où les tribus arabes sont majoritaires -- des combattants tribaux ont déjà rejoint les FSR, rapportent à l'AFP plusieurs habitants.

Adam Issa Bichara est l'un de ces volontaires. Membres de la tribu des Rizeigat, il s'apprête à aller combattre à Khartoum au sein des FSR.

"C'est comme nos cousins, on ne peut pas les abandonner", dit-il à l'AFP.

Lundi soir, de nouveau, des habitants rapportaient à l'AFP l'attaque d'une localité du Darfour-Ouest par des combattants tribaux arabes soutenus par les FSR.

Déjà avant la guerre, explique Adam Mehdi, les jeunes des tribus étaient courtisés par les deux camps. Côté armée, le renseignement tentait d'attirer au Darfour et "c'est pour cela qu'il y a eu l'annonce" de lundi, "pour couper la route à l'armée et dire clairement l'allégeance" des tribus arabes aux FSR, poursuit-il.

De quoi renforcer les effectifs des FSR qui n'ont jusqu'ici jamais annoncé leurs pertes mais subissent de plein fouet les raids aériens de l'armée à Khartoum.


Pentagone: Le Koweït a abattu «par erreur» des avions de combat américains

Les trois avions de combat américains qui se sont écrasés au Koweït ont été abattus "par erreur" par sa défense aérienne, a indiqué l'armée américaine lundi, alors que plusieurs sites ont été visés dans ce pays du Golfe.
Les trois avions de combat américains qui se sont écrasés au Koweït ont été abattus "par erreur" par sa défense aérienne, a indiqué l'armée américaine lundi, alors que plusieurs sites ont été visés dans ce pays du Golfe.
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  • Dimanche soir, "au cours d'une confrontation intense, comprenant des attaques d'avions iraniens, de missiles balistiques et de drones", des avions de combat américains "ont été abattus par erreur par la défense aérienne koweïtienne"
  • Les six membres d'équipage se sont éjectés et sont sains et saufs, a-t-il précisé dans un communiqué

KOWEIT: Les trois avions de combat américains qui se sont écrasés au Koweït ont été abattus "par erreur" par sa défense aérienne, a indiqué l'armée américaine lundi, alors que plusieurs sites ont été visés dans ce pays du Golfe.

L'Iran mène des frappes contre les riches Etats du Golfe depuis samedi, en riposte à la mort de l'ayatollah Ali Khamenei tué dans une attaque israélo-américaine.

Dimanche soir, "au cours d'une confrontation intense, comprenant des attaques d'avions iraniens, de missiles balistiques et de drones", des avions de combat américains "ont été abattus par erreur par la défense aérienne koweïtienne", a annoncé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, Centcom.

Les six membres d'équipage se sont éjectés et sont sains et saufs, a-t-il précisé dans un communiqué.

Les autorités koweïtiennes avaient plus tôt indiqué avoir "immédiatement lancé", après le crash, "les opérations de recherche et de sauvetage, et procédé à l'évacuation des équipages et à leur transfert vers l'hôpital".

Le Koweït a indiqué avoir intercepté des drones visant son territoire, où l'armée iranienne a affirmé avoir ciblé la base aérienne américaine d'Ali Al-Salem.

"Menace persistante" 

Du côté de l'ambassade américaine, une épaisse fumée noire s'est élevée en matinée, a rapporté un journaliste de l'AFP.

L'ambassade n'a pas dit si son bâtiment avait été touché, mais elle a publié un communiqué appelant à "ne pas venir à l'ambassade", en faisant état de "menace persistante d'attaques de missiles et de drones".

Le personnel de l'ambassade est "confiné sur place", a-t-elle ajouté.

De la fumée s'élevant au-dessus d'une centrale électrique dans le nord du pays a également été observée par trois témoins.

La compagnie pétrolière nationale, Kuwait National Petroleum Company, a indiqué que des débris étaient tombés sur la raffinerie de Mina Al-Ahmadi, l'une des plus importantes du pays, blessant deux travailleurs, sans toutefois perturber les opérations.

Dana Abbas, une résidente de Koweït City et ingénieure, s'est dit inquiète face à cette escalade, en affirmant à l'AFP s'être précipitée pour fait le plein de sa voiture et constituer des stocks de produits de première nécessité.

Six personnes ont été tuées dans le Golfe depuis samedi, toutes de nationalités étrangères : une au Koweit, trois aux Emirats, une à Bahreïn et une au large d'Oman, dans l'attaque d'un pétrolier.

Dimanche, les Emirats arabes unis ont annoncé que des débris avaient touché, lors de leur chute, la façade des Etihad Towers, qui abritent des ambassades diplomatiques, dont celle d'Israël, blessant légèrement une femme et un enfant.

Lundi matin, de nouvelles explosions ont été entendues à Dubaï, Abou Dhabi, Doha et Manama.

Les frappes iraniennes, qui ont visé des bases militaires, mais aussi des infrastructures civiles, notamment des immeubles d'habitation, des hôtels, des aéroports et des ports maritimes, ont ébranlé une région longtemps considérée comme un havre de paix et de sécurité au Moyen-Orient.

 

 


Liban: le gouvernement interdit les activités militaires du Hezbollah, exige qu'il remette ses armes

Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet. (AFP)
Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet. (AFP)
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  • "L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement
  • Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles

BEYROUTH: Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet.

Cette décision inédite intervient après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël lundi, entraînant le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran.

"L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement, ajoutant que "la décision de guerre ou de paix était du seul ressort" de l'Etat.

Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique.

Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles.

En riposte à une attaque de la formation pro-iranienne contre Israël visant à "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, des frappes israéliennes massives sur les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l'est du Liban ont tué 31 personnes lundi.

C'est la première fois que le Hezbollah attaque Israël depuis le cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre meurtrière.

Un mécanisme qui regroupe, outre le Liban et Israël, l'Onu, les Etats-Unis et la France surveille la trêve.

"Le gouvernement libanais demande aux Etats garants du cessez-le-feu d'obtenir un engagement clair et définitif de la part de la partie israélienne de cesser toutes les hostilités sur l'ensemble du territoire libanais", a ajouté Nawaf Salam.

"Il proclame son entière disposition à reprendre les négociations" avec Israël "avec une participation civile et sous parrainage international".

 


Ras Tanura: Incendie limité maîtrisé grâce à des débris de drones interceptés

Vue générale de l'usine de production de pétrole de Ras Tannura, près de Dammam, dans la province orientale de l'Arabie saoudite, le 27 décembre 2004. (AFP)
Vue générale de l'usine de production de pétrole de Ras Tannura, près de Dammam, dans la province orientale de l'Arabie saoudite, le 27 décembre 2004. (AFP)
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  • Aucun blessé ni impact sur les approvisionnements n'ont été signalés après l'incendie limité à la raffinerie de Ras Tanura, selon une source officielle du ministère de l'Énergie
  • Certaines unités opérationnelles de la raffinerie ont été arrêtées par mesure de précaution, sans impact sur l'approvisionnement en produits pétroliers des marchés locaux

RIYAD: Une source officielle du ministère saoudien de l'énergie a déclaré qu'à 7h04 lundi, la raffinerie de pétrole de Ras Tanura a subi des dommages limités en raison de débris provenant de l'interception de deux drones dans son voisinage.

L'incident a provoqué un incendie limité, qui a été immédiatement maîtrisé par les équipes d'intervention d'urgence. Aucun blessé ni mort n'est à déplorer.

Certaines unités opérationnelles de la raffinerie ont été arrêtées par mesure de précaution, sans impact sur l'approvisionnement en produits pétroliers des marchés locaux.