Après les émeutes, le remaniement de nouveau dans toutes les têtes

La Première ministre, soucieuse d'avoir des ministres capables d'affronter des débats houleux à l'Assemblée et de riposter aux attaques, plaide de son côté pour un changement important, croit savoir un parlementaire de premier plan. (Photo, AFP)
La Première ministre, soucieuse d'avoir des ministres capables d'affronter des débats houleux à l'Assemblée et de riposter aux attaques, plaide de son côté pour un changement important, croit savoir un parlementaire de premier plan. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 07 juillet 2023

Après les émeutes, le remaniement de nouveau dans toutes les têtes

  • En attendant, les spéculations vont bon train. «Le fait que les émeutes se soient calmées laissent des fenêtres ouvertes», soulignent des conseillers dans deux ministères différents
  • Fragilisée par la crise des retraites mais finalement confortée par le président, Elisabeth Borne a obtenu quelques gages pour rester à Matignon. Signe avant-coureur s'il en est, elle doit donner une interview au quotidien Le Parisien à paraître dimanche

PARIS: Ira ? Ira pas ? La déflagration des émeutes à peine retombée, le gouvernement replonge dans la fébrilité des rumeurs de remaniement, à l'affût du moindre signal de l'Elysée où rien ne filtre malgré l'approche du 14 juillet.

Emmanuel Macron, qui avait dû annuler une visite d'Etat en Allemagne le week-end dernier pour suivre au plus près la situation sur le terrain, a renoué, une fois l'accalmie revenue, avec son agenda au long cours.

Il a assisté jeudi à la sixième étape du Tour de France dans les Pyrénées et présidé vendredi en Normandie un hommage national au dernier vétéran français du Débarquement allié en 1944.

Se profile un week-end tranquille, en théorie propice à un remaniement, avant le sommet de l'Otan, mardi et mercredi à Vilnius, et le 14 juillet qui marquera la fin des "100 jours" destinés à relancer le quinquennat après la crise des retraites.

En attendant, les spéculations vont bon train. "Le fait que les émeutes se soient calmées laissent des fenêtres ouvertes", soulignent des conseillers dans deux ministères différents.

"Je pense que ça se précise. En tout cas la rumeur est très, très forte et à tous les niveaux", renchérit un autre, tout en concédant que "personne n'a vraiment d'information fiable".

Fragilisée par la crise des retraites mais finalement confortée par le président, Elisabeth Borne a obtenu quelques gages pour rester à Matignon. Signe avant-coureur s'il en est, elle doit donner une interview au quotidien Le Parisien à paraître dimanche.

Gouvernement resserré

Sa cote de confiance a gagné trois points à 33% de bonnes opinions, devant Emmanuel Macron (31%), au sortir de la semaine d'émeutes provoquées par la mort d'un adolescent lors d'un contrôle policier.

Le remaniement, qui semblait sur les rails d'ici la fin des 100 jours ou à l'horizon de la rentrée, avait selon beaucoup perdu toute pertinence à l'aune des violences qui ont secoué la France pendant une semaine.

Mais "la crise a peut-être fini de convaincre de la nécessité d'un gouvernement resserré, ce qu'on attend tous depuis six ans", avance une observatrice avisée au sein de l'exécutif.

"C'est pas tant une question de noms que de nombre", abonde un ministre, qui "croi(t) plus à un resserrement".

Outre la cheffe du gouvernement, trois ministres sont particulièrement montés au "front" durant les émeutes : Gérald Darmanin (Intérieur), Eric Dupond-Moretti (Justice) et Bruno Le Maire (Economie). "Ca a plutôt bien marché", constate la conseillère.

Trois ministres seulement, loin des 42 membres de l'équipe gouvernementale (sans la Première ministre), dont beaucoup restent inconnus du grand public et sans réelle épaisseur politique.

Un remaniement offrirait un nouvel élan, voire une nouvelle légitimité à Elisabeth Borne, longtemps donnée partante avant de s'imposer comme la seule alternative du moment, en lui garantissant du temps long.

«Confiance du président»

Des noms d'entrants potentiels circulent déjà, dont ceux de Sacha Houlié, président de la Commission des lois, et d'Astrid Panosyan-Bouvet, membre de celle des Affaires sociales à l'Assemblée nationale, pour l'Outremer et le Travail. Soit des ajustements qui n'enverraient pas un signal d'envergure.

La Première ministre, soucieuse d'avoir des ministres capables d'affronter des débats houleux à l'Assemblée et de riposter aux attaques, plaide de son côté pour un changement important, croit savoir un parlementaire de premier plan. "L'importance du remaniement dira l'état de confiance du président" à son égard, analyse-t-il.

S'y ajoutent les craintes d'un nouvel embrasement dans les cités, notamment pour le week-end du 14 juillet. A moins que ce ne soit pour après, le 16 ou le 17 ?

"S'il y a un nouveau gouvernement et des violences le 14, le président tue en une journée sa nouvelle séquence", fait en tout cas valoir un des conseillers cités.

Reste enfin à savoir sous quelle forme le remaniement sera annoncé. Un simple communiqué, presque en catamini, pourrait en relativiser l'impact pour la Première ministre.

"Elle a aussi tout intérêt à ce que cela arrive vite. Mais le président n'aime pas agir sous pression, il ne l'a jamais fait, et les rumeurs de fritures sur la ligne Elysée/Matignon vont de nouveau bon train", observe un autre conseiller.


Macron dans un lycée en Lozère mardi pour la rentrée scolaire

Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra mardi au lycée Chaptal de Mende pour échanger sur la généralisation de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées dès la rentrée
  • Il visitera ensuite la faculté d’éducation de l’université de Montpellier à Mende pour présenter la réforme de la formation des enseignants, destinée notamment à renforcer le recrutement

PARIS : Emmanuel Macron se rendra au lycée Chaptal de Mende (Lozère) mardi, où il échangera avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, pour la dernière rentrée scolaire de son double quinquennat, a annoncé vendredi l'Elysée.

"Dans la suite de son engagement pour renforcer la protection des mineurs face aux expositions permanentes aux écrans, le chef de l'Etat échangera avec les élèves et les enseignants sur la généralisation de l'interdiction des téléphones portables au lycée, dans la continuité de ce qui est mis en place au collège depuis 2018", a précisé la présidence.

Déjà en vigueur de la maternelle au collège, l'interdiction du téléphone portable sera étendue aux lycées dès la rentrée par la loi visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a promulgué ce texte mardi alors que le Conseil constitutionnel a censuré sa mesure phare interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Il se rendra ensuite à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier sur le site de Mende à l'occasion de la mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants, "grand engagement du second quinquennat" selon l'Elysée.

Pour répondre à la crise du recrutement, le ministère de l'Education nationale a réformé le système de concours afin notamment d'élargir le vivier de candidats.

Le concours a été avancé cette année à la fin de la licence (bac+3). Jusqu'à l'an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier degré (écoles maternelles et primaires) comme dans le second degré (collèges et lycées) ne pouvaient passer le concours qu'après un master (bac+5).

Le manque d'enseignants, avec un nombre conséquent de postes non pourvus depuis plusieurs années, est une problématique de longue date dans l'Education nationale. En 2025, plus de 2.600 postes étaient restés vacants, selon des données compilées par l'AFP.

Cette réforme "permet de préparer plus tôt et plus progressivement les futurs enseignants à leur métier, grâce à des programmes rénovés, une formation renforcée et mieux répartie sur le territoire", estime la présidence.

"Elle doit renforcer durablement l'attractivité du métier et élargir le vivier de candidats qui seront rémunérés pendants leurs années de master", ajoute-t-elle.

Le chef de l’Etat échangera avec des étudiants se préparant au professorat des écoles, dont notamment les premiers lauréats du nouveau concours.


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".


Un soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
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  • Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source
  • José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio

BOGOTA: Un soldat franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée jeudi.

José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu'il circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays, selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP.

Les responsables présumés de cet enlèvement sont des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement, indique le document.

Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source.

José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio.

Le groupe accusé de cet enlèvement est dirigé par un homme connu sous le nom d'Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie.

Les groupes armés du pays, principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, affiche depuis son arrivée au pouvoir début août une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, avait échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.